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Balade en ville [PV Vaelh + ?]

Julien
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MessageSujet: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Dim 19 Jan - 12:16

Lentement, mais sûrement, les premiers rayons du soleil remontent la rue, ralentis par les nombreux passants. Ils finissent par se planter dans mes yeux, provoquant un grognement d'ours mal léché.
Je regarde devant moi, et me rend compte que je me suis endormi sur le ventre, la face en avant.
Pendant quelques instants, plongé dans un brouillard mental intense, je me demande comment j'ai réussi à trouver le sommeil dans cette position, puis, je me rend compte que...
Merde, j'ai dormi dans la rue ?
Je baisse les yeux, contemplant le béton et les roues de la voiture qui se trouvent juste devant moi, et essaye brusquement de me relever, en me rendant compte que des piétons passent à côté de moi et doivent sans doute me prendre pour un clochard.
Blam !
Une soudaine avancée encastre mon front dans le coffre de la voiture voisine. Pris par surprise, je tente une nouvelle fois de me relever.
Blam !
Cette fois, je recule brusquement, et j’entends un bruit métallique venant de mon arrière-train. Je tente de tourner la tête pour voir ce qui s'est passé, mais je finis par me rendre compte que je ne contrôle plus grand-chose.
J'ai l'impression d'être bloqué en position allongée, comme si j'étais pris dans un étau en métal. Je commence doucement à reprendre mes esprits, et tente de voir ce que je peux bouger sans risquer de me faire mal une nouvelle fois.
Après quelques minutes à jouer au pantin de crash-test, je commence peu à peu à me rendre compte de ma situation. Lorsque je tente de bouger les bras, j'avance vers l'avant. Lorsque je tente de bouger les jambes, je recule. Lorsque je bouge les épaules, je peux changer de direction.
Je... Je suis une voiture ?
Je découvre que je regarde via mes phares avant, et que je peux changer d'angle de vision en voyant le monde grâce à mes phares arrière et mes rétroviseurs.
Je constate les dégâts que j'ai infligés à mes voisines, puis fais tourner mes roues pour aller m'aventurer sur la route.
Qu'est-ce que je fous dans le rêve ? Je vérifie pourtant chaque soir que le miroir de ma chambre est bien couvert ! La seule possibilité, c'est qu'il ait glissé pendant la nuit, avant que je m'endorme...
Dès que je me réveille, je fous ce miroir dehors.
Je zigzague sur la route, faisant peur à de nombreux automobilistes, et prend des directions au hasard, ne sachant pas trop quoi faire. Je m'arrête au beau milieu d'une route déserte, un peu à l'écart de ce qui me semble être le centre-ville, et repêche des souvenirs pour savoir comment sortir d'ici.
J'ai entendu parler de deux parties de miroir à récupérer...
Après un rapide coup d’œil, je me rend compte qu'un morceau est posé sur ma banquette arrière, attendant patiemment son autre moitié. Je redémarre, faisant chauffer mon moteur, et me balade dans les rues de la ville, scrutant la route et les trottoirs, à la recherche de l'objet convoité. Après de très longues minutes, je m'éloigne de mon objectif et admire les rues, qui me rappellent vaguement quelque chose. Dans la lune, je frôle plusieurs passants, qui me traitent de tous les noms en tentant de cracher sur mon capot.
Soudain, je le vois.
Il est là, sur le trottoir, ne demandant qu'à être ramassé. Je m'avance immédiatement vers lui, mais je m'arrête à quelques pas. Comment le ramasser ? Je n'ai aucun moyen de le récupérer, et je n'ai pas envie de demander à un passant qui n'est que le fruit du rêve.
Un passant, s'avance, se baisse... Et me vole le miroir sous mes yeux. Par réflexe, je klaxonne, le faisant sursauter. Il détale comme un lapin, comme s'il avait vu le diable.
Je panique, cette réaction n'est pas naturelle, le rêve a décidé de me mettre des bâtons dans les roues ! Je démarre en trombe sur le trottoir, et le pourchasse en klaxonnant sans m'arrêter. Les passants s'écartent tous sur mon passage, parfois en sautant comme des gardiens de but ou des héros de film d'action.
Pris par l'adrénaline, j'accélère, mais le rêve donne un coup de boost à mon voleur et à chaque fois que je le rattrape, il me distance en moins de deux grâce à de grandes enjambées.
Blam !
Mon voleur s'encastre dans un passant qui ne regardait pas devant lui. Je freine à quelques centimètres d'eux, provoquant sans doute la peur de leur vie. Ils se relèvent tous les deux, mais restent immobiles, me fixant comme un tyrannosaure de Jurassic Park.
Le voleur sait qu'il n'a plus aucune chance de fuir, maintenant, si jamais il lève le moindre orteil, je l'écraserais avant qu'il ne fasse trois mètres. L'autre passant a l'air aussi perdu que moi, c'est peut-être un rêveur aussi...
Je tente de parler, et une voix similaire à la mienne, en plus robotique, sort de mon pot d'échappement :

- Prend lui son miroir, s'il te plait, j'en ai besoin.

Spoiler:
 
Vaelh
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Lun 20 Jan - 18:55

Il était des instant où Vaelh s'éloignait du petit village et de sa sérénité feinte pour se perdre dans quelque coin de verdure. Quand il essayait de justifier un tel isolement, il s'accordait à penser qu'il avait simplement besoin de voir, toucher, éprouver la nature, dusse-t-elle être factice comme tout le reste. Quoi que, à bien y penser, cette nature là semblait... Vraie. Sincère, si elle avait été capable d’interaction. Elle constituait comme un îlot minuscule de certitudes un peu bancales sur lequel il était plaisant de se réfugier pour méditer à tout le reste ; c'est à dire Espérance, les gens, et le concept même d'un monde duquel les plus gros défauts et les plus énormes erreurs de l'humanité avaient été effacés.

Même si le trajet de son bureau de poste à ce petit éden était long, il en valait la peine. Il aurait pu être plus long encore que ça n'aurait pas même dérangé le jeune homme qui aimait marcher. D'ailleurs, ses jambes durent le porter pendant encore une grosse poignée de minutes avant qu'il n'atteigne son coin secret, un petit lac clair qu'alimentait une chétive rivière. Le coin n'avait strictement rien de spécial, il n'était pas plus beau que le reste de la forêt. Seulement, Vaelh l'estimait spécial, et c'est tout ce qui comptait.
Grâce à l'habitude, il repéra vite la longue pierre plate -un galet géant !- sur laquelle il était agréable de s'allonger lorsqu'elle avait été réchauffée par le soleil. Il s'y installa sur le ventre, le menton posé sur ses mains croisées, ses yeux perdus dans les myriades de reflets lumineux que charriait l'eau du lac. La moindre petite vaguelette devenait un amoncellement de diamants argentés, tous plus lumineux et rayonnant qu'un soleil miniature.
Et au milieu de toute cette beauté naturelle, Vaelh voyait son reflet. Ses prunelles lui renvoyait un regard terne qui, après un instant, se faisait de plus en plus fatigué. Un gros coup de barre lui tombait dessus, monstrueux et implacable, lui coupant toute envie de se redresser. De toutes façons, il était bien ici. Peut être ne retournait-il jamais au village ?
En tandis que cette pensée se formulait, il se sentit aspiré par son reflet.

*
**

Il rouvrit les yeux après ce qui lui sembla être une titanesque sieste... Et vit qu'il se tenait debout, vêtu des mêmes fringues noires et grises, mais avec une grosse montre d'un genre antique au poignet. Autour de lui,la forêt avait complètement disparue. Plus d'arbre, plus de belle frondaison verte, plus d'herbe tendre ni de terre fraîche et fertile. A la place, un trottoir dur et terne, du béton et du goudron à la pelle. Et des murs de pierres... Ils adoptaient tous un design loufoque tout droit sorti d'un jeu vidéo. Ils n'étaient absolument pas droit, s'incurvant brutalement à gauche ou à droite pour atteindre le ciel en y traçant un parcours torturé, biscornu, si bien que certaines fenêtres sur les façades s'en trouvaient presque allongées sur le côté. Quant aux parodies de toits qui surplombaient le tout, elle n'étaient guères plus que des amoncellement de tuiles vives agencées en des flèches comiquement pointues. Tout ça demeurait bien loin des goûts du jeune homme. En fait, il eut cet endroit en horreur dès les premières secondes. Ville, pollution, bruit, fleuves de goudron. Et quelle foutue agitation ! Passants de tous les côtés, commerces à tous les étages... Toute l'affreuse capacité humaine à ruiner un environnement pour en faire un champ de pierre dégueulasse et bruyant s'étalait sous ses yeux.
La Colère montait, donnant de la voix dans le crâne de Vaelh.

-"P-putain d'béton de m-merde ! Gnnrrah !" Colère enrageait tant qu'elle en bégayait. "Faut tout y faire péter, TOUT ! S-salop'rie de mur à la con ! On voit même pas l'soleil !"


Cette dernière remarque attira l'attention de Vaelh sur la dimension grotesque des façades qui, effectivement, s'élevaient si haut qu'elles masquaient le soleil. On y voyait comme en plein jour, bien sûr, mais quand on levait le nez on ne distinguait qu'une raie bleue pâle, maigre vestige du ciel qui demeurait visible. Du coup, Vaelh sentit monter en lui un sentiment de pure oppression ; il était prisonnier de la superficialité d'une ville dans laquelle il s'était retrouvé catapulté... Et était persuadé que là, à l'instant, l'une des façades lui avait lancé un regard moqueur !

- C'est pas possible, j'ai dû rêver. Et tandis que ces mots franchirent ses lèvres, il comprit : il était effectivement bel et bien en train de rêver. Comme si s'en rendre compte lui avait permis d'y voir plus clair, il put distinguer avec une angoissantes netteté des faciès malicieux se dessiner sur toutes les façades, des fenêtres en guise d'yeux, des volets pour les paupières, et des rangées de balcons pour faire office de bouches.

Sous le coup d'une panique qui commençait à poindre, le jeune homme se mit à avancer prudemment, le nez toujours levé pour dévisager les façades-moqueuses tandis qu'Incrédulité répétait dans sa tête :

- "C'est pas vrai, c'est pas vrai !" En ça, Incrédulité avait raison. N'empêche que d'ici ça paraissait bien réel... Et puis, pourquoi était-il le seul à être choqué qu'un bête mur puisse sembler si vivant ? Les passants qui déambulaient s'étaient-ils habitués à une telle horreur ?

Vaelh n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps, percuté avec violence par ce qui lui sembla être un misérable connard trop pressé. Comme il n'était pas prêt à une telle agression, il s'étala par terre avec une force telle qu'il en resta sonné pendant une poignée de secondes. Le souffle coupé, il sentait l'arrière de sa tête et son dos pulser d'un vive douleur. Il oublia que tout ceci n’était qu'un rêve lorsque Colère, Violence et Rancune se mirent à beugler dans sa tête avec une telle force que son mal ne fit qu'empirer. Même si les propos de ces traits de caractères n'étaient guère plus que des beuglements haineux, l'on pouvait facilement deviner qu'ils poussaient Vaelh à cogner sur l'autre malade. Le rouge écarlate qui s'étalait sur son faciès endoloris et vexé, la colère irraisonnée qui se lisait dans ses yeux et le fait qu'il attrapa le type par le col suggéraient très bien que le jeune homme ne se contrôlait plus et qu'il venait de trouver un moyen d'oublier sa crainte de cette ville pendant un instant, dusse-t-il casser la gueule de ce type là.
Mais un immonde bruit l'empêcha d'aller plus loin. Un timbre désagréablement synthétique qui s'échappait de... D'une petite voiture au volant de laquelle ne se tenait aucun pilote.
Incompréhension totale. Des façades rieuses, et maintenant des véhicules dotés de paroles ? Profitant de l'étonnement de Vaelh, le voleur se dégagea brusquement, poussant sa victime sur le capot de la voiture vivante. A nouveau, le jeune homme n'était pas prêt, si bien que c'est cette fois ce furent ses avants bras et sa face qui heurtèrent le véhicule dans un "pang" sonore qui fit sourire plusieurs façades. Malheureusement pour la petite auto, Vaelh traîna à se rétablir pour se décaler du chemin. Au loin, le voleur gagnait du terrain.

Assis au sol, il contempla le véhicule un instant, plus abasourdi que sonné, se posant trop de question d'un coup. Existait-il d'autres entités du même genre ? Cette voiture n'était-elle qu'une saloperie polluante et répugnante comme toutes les autres qu'il entendait sur la route ? Ou peut être était-ce quelque chose de bien moins vilain qu'il ne l'imaginait ? Vaelh avait besoin de réponses. Mais quelque chose lui disait que le voleur embarquait avec lui quelque chose de très précieux, très important, et qu'il ne fallait pas perdre de temps. Nouvelle seconde d'hésitation puis, surmontant son horreur de cet être mécanique, inconscient de tout danger et ignorant parfaitement la porté de son geste... Il ouvrit la porte pour s'asseoir sur le siège passager avant. Constatant qu'il était encore entier -parce qu'entrer dans cette voiture pouvait, après tout, revenir à aller dans son ventre-, il souffla. Dans le fond, même si tout ça n'était qu'un rêve, Vaelh brûlait d'en savoir plus sur cette vie mécanique qui, peut être, s'avérerait plus douce et plus respectueuse du monde que tous les autres tas de pus ultra-fonctionnels conçus par l'homme. Du coup, Innocence, Curiosité et Étonnement le poussèrent à poser une vague question :

-T'es une voiture sympa ? Un blanc, puis se rendant compte de l'imprécision de ses propos, il essaya de se corriger. Mais comment pouvait-il mieux formuler ça ? Le concept même de dialoguer avec une véhicule était absurde ! Enfin, j'veux dire... Hmpf ! Puis la douleur derrière sa tête lui fit se rappeler le voleur. Vaelh riva ses yeux sur le volant du véhicule comme si ça avait été un visage. Tu peux t'conduire toute seule ? Ou tout seul, j'sais pas. Tu peux ? J'vais t'aider en tout cas. Après tu m'diras des trucs sur toi. Allez, c'te sale con a pris la deuxième à droite ! Cours ! Enfin, roule. Vite.

Sans trop avoir conscience de ce dans quoi il venait de s'engager, Vaelh attendit que le le véhicule se remette à rouler. D'ici qu'il redémarre, il baissa la fenêtre de son côté pour pouvoir s'y pencher pour attraper le voleur maintenant hors de vu.
Julien
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Sam 25 Jan - 14:40

Les phares rivés sur l'inconnu qui venait de débouler devant, moi, je klaxonne pour le faire réagir. Malheureusement, ce geste agit comme un signal pour le voleur, qui pousse son adversaire sur mon capot dans un grand bruit.
Le criminel s'enfuit avec de grandes enjambées, ce qui me fait klaxonner de plus belle, pour virer le poids mort qui gênait ma poursuite. Après un temps qui m'a semblé infini, à regarder, impuissant, mon voleur s'enfuir, le gêneur finit par ouvrir ma portière et rentrer dans mon ventre.
Je n'ai pas le temps de le faire sortir à coups de siège auto, alors je démarre en faisant crisser mes pneus, pendant que mon invité surprise me fait la discussion :

-T'es une voiture sympa ?

Oui, bien sûr, je suis une gentille tuture, maintenant, laisse-moi me concentrer sur la route. Un silence gênant, néanmoins comblé par le bruit du bitume, s'installe, je n'ai pas envie de gâcher de l'essence à lui répondre, alors je préfère parler dans ma tête.
Mon voleur doit avoir les propriétés physiques du photon, car je n'arrive toujours pas à le rattraper, alors que je dois être à la limite de la vitesse autorisée.

-Tu peux t'conduire toute seule ? Ou tout seul, j'sais pas. Tu peux ?

Non, je roule par l'opération du saint esprit, maintenant, ferme ton orifice buccal et regarde la route.

- J'vais t'aider en tout cas. Après tu m'diras des trucs sur toi. Allez, c'te sale con a pris la deuxième à droite ! Cours ! Enfin, roule. Vite.

C'est bon, j'ai vu, j'ai pas besoin que tu m'aides, t'es pas un professeur d'auto-école, et j'ai rien à te dire à propos de moi !
Je tourne immédiatement, manquant de faire un dérapage bruyant, en essayant d'ignorer le zigoto qui jouait avec mes fenêtres.
M'attendant à une longue rue bien droite, je me prépare à passer plusieurs vitesses d'un coup pour enfin écraser le guépard qui m'avait chapardé mon miroir. On peut dire que je suis servi.
La rue ne semble pas s'arrêter, et mon voleur semblait se jeter vers l'infini, longeant les maisons qui se suivaient dans une queue interminable. L'horizon avalait la fin des trottoirs, les piétons qui marchaient vers le néant ne semblaient pas inquiétés par la longueur du voyage.
J'avale le bitume avec plusieurs dizaines de kilomètres par heure de plus, ne craignant plus de rentrer dans un mur à cause d'un virage serré. Le voleur semblait aussi en profiter pour accélérer la cadence, ses jambes changent de place avec une vitesse terrifiante, non humaine, digne du rêve.
Je ne regarde plus mon compteur de vitesse, j'ai sans doute déjà dépassé la vitesse d'une voiture sur l'autoroute, et les limites de mon moteur ne semblent pas encore atteintes. Je ne fais pas attention à mon passager, qui s'est déjà pris sans doute plusieurs G dans la figure et doit être en train de vomir ses tripes.
Je finis par atteindre ma vitesse maximum, j'ai rattrapé le voleur, il me suffit de tourner le volant pour que ma portière heurte sa cuisse gauche.
De peur d'abîmer mon miroir en l'écrasant, je hurle à mon passager, à travers mon moteur bruyant comme plusieurs avions de chasse :

- Qu'est-ce que tu attends ? Chope-le !
Vaelh
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Mer 5 Fév - 15:03

Vaelh se serait sans doute vexé de se sentir ainsi ignoré s'il avait a faire à une personne ; mais là, les choses étaient très différentes, si bien que les raisons du silence du véhicule quant à la première question qui lui avait été posée pouvaient être multiples. Peut être n'entendait-elle pas les passagers dans son ventre ? Peut être était-elle incapable de leur répondre qu'ils n'était pas à l'extérieur ? Ou, plus simplement, peut être cette voiture vivante devait-elle faire silence pour mieux se concentrer sur la route ? Tant de questions mais aucune réponse ; et le jeune homme n'eut jamais le temps de s'interroger d'avantage puisque la voiture démarra furieusement. Ballotté dans tous les sens, Vaelh lutta pour boucler sa ceinture, mais c'était peine perdu. Tant pis. Il passa un bras autour du repose tête de son siège pour gagner un minimum de stabilité.
Alors il pu contempler la voie par laquelle le voleur avait pris la fuite. Une allée sans fin, absurde et effrayante dans son infinité, peuplée de pauvres inconscients qui ne daignaient ni s’alarmer de la vitesse du véhicule fou qui les dépassait, ni de celle du voleur -pourtant à pied-. D'ailleurs, le bougre semblait ne plus parvenir à distancer le véhicule toujours plus rapide.

Tandis que la distance entre l'homme et la voiture se réduisait, Vaelh était de plus en plus pressé dans son siège. La vitesse le clouait sur place sans pour autant le rendre malade. En fait, il ne s'affolait même plus vraiment du rythme alarmant de la poursuite, ni ne réfléchissait au caractère définitif que pourrait prendre une erreur de pilotage. Il baignait dans l'étrange et l’invraisemblable, noyé sous un vacarme motorisé digne de la fin du monde, mais c'était comme si plus grand chose n'avait d'importance -les coups reçus à la tête et l’invraisemblance de l'instant y étaient peut être pour quelque chose-. Il ne pensait plus, du moins pour l'instant.

Il était à présent assez près du voleur pour pouvoir agir. Il n'entendit pas l'injonction du véhicule tant à cause du bruit de son moteur que de sa fenêtre ouverte, alors il agit de son propre chef. Il tenta d'abord d'ouvrir la porte pour dévier la course de l'homme et le faire s'écraser, mais la vitesse de la voiture l'en empêchait. Le vent soufflait trop puissamment à l’extérieur, et sa force inexorable empêchait toute ouverture. S'il avait eu la pleine possession de ses capacité de réflexion, Vaelh se serait étonné qu'un tel phénomène du monde réel puisse se reproduire dans un rêve on ne peut plus loufoque.
Lâchant la poignée de la porte et le repose tête auquel il s'accrochait, Vaelh, sur une soudaine impulsion, passa tout son buste par la fenêtre ouverte. Le vent le fit se heurter au carde de la portière, mais il tenait bon, inconscient des risques encourus dans une telle manœuvres. A force de persévérance, il se rétablit et agrippa le col du voleur.
Alors, Rancune grinça dans son crâne :

-"Venge-toi !"

Et c'est ce qu'il fit. Il tira l'homme surpris de toute ses forces de sorte à ce que son crâne cogne la carrosserie du véhicule avec le plus de force possible. Un grand "Pang" sonore retentit et le type, malgré qu'il fut sonné, tenta de se libérer. Un second impacte, moins violent puisque Vaelh devait rétablir son équilibre, mais pas moins chargé d'une haine démesurée. Un troisième impacte. D'aussi près, Vaelh pouvait reprendre le miroir subtilisé, mais Rancune réclamait que plus de coups soient donnés.
Au moment où il inspirait pour un quatrième impacte, le voleur parvint à lui faire lâcher prise à force de gesticulations. Au comble de la frustration, le jeune homme cogna rageusement la portière en rentrant dans l'habitacle.
C'est alors que la course poursuite déjà farfelue vira à l'absurde.
Horizon, ciel, terre : tous trois s'inversèrent, se brouillèrent, se mêlèrent brusquement. La rue se mit à vriller comme l'une de ces circonvolutions de grand huit, mais en largement plus démesurée. A chaque centaine de mètre parcourue, le ciel devenait sol, puis le sol glissait sur un horizon qui se faisait firmament. L'univers tout entier devint mouvement et inconstance abstraite. Et pour ne rien arranger, un total de neuf autres rues interminables en vinrent -allez savoir comment- à se connecter à l'immense allée qui s’élargissait, sur laquelle fonçait le voleur pourchassé.

Désorienté au possible, Vaelh essayait de trouver un repère, quelque chose de stable et cohérent à quoi se raccrocher. Les maisons sur le côté. Il se concentra pour en fixer une que son véhicule dépassait... Et constata que le bâtiment était devenue une fusion entre l’habitation et le gradin, bourrée de spectateurs. Sa rage s'en trouva balayée par le profond état de désorientation dans lequel cette découverte et l'environnement dans lequel il évoluait l'avait plongés. Il parvint malgré tout à entendre... Un bruit puissant qui provenait de l’extérieur.
Le son d'un moteur rugissant.
Un véhicule tout vert dépassa laborieusement le taxi-Julien. De près, l'on pouvait constater qu'hormis la couleur, les deux véhicule était jumeaux ! Plus troublant encore, le bolide émeraude transportait son propre passager, lui aussi tout en vert. Sous le coup de l'incompréhension, Vaelh lâcha une onomatopée exclamative du genre "Mgneuurhein beuh ?" sur un ton purement ahuris. Un autre bruit de moteur, et un second véhicule-copie tout rouge vint faire une queue de poisson rageuse au petit taxis tandis que son passager, tout vêtu de rouge lui aussi, adressa un gros doigts d'honneur à quiconque il dépassait, criant rageusement que le miroir était à lui.
Derrière, une essaim coloré de voitures gagnait du terrain.

La donne avait complètement changé. Tout ça n'était plus une course poursuite, mais une authentique compétition acharnée avec, à la clef, le bout de miroir salvateur.
Dix concurrents colorés pour un seule récompense. Un seul équipage vainqueur, neuf autres condamnés à rester dans le reflet.
Au moment où cette pensée se forma dans l'esprit bousculé du jeune homme, il vit dans le rétroviseur et devant lui que les neuf autres voitures s'étaient rangée en deux colonnes, incluant le petit taxi dans celle de gauche en deuxième position. Le peloton lancé à pleine vitesse dépassa une grosse banderole avec inscrit "GO !" dessus.

Le groupe se dispersa, les uns cherchant à doubler les autres.
Julien
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Mar 11 Fév - 22:31

Je fonce à toute allure, sans pouvoir vraiment observer ce qui se passait autour de moi, tellement cette forme m'encombre d'angles morts.
Apparemment, mon passager a décidé de jouer au James Bond et de passer la moitié de son corps par la fenêtre... Merci, c'est sympa, mais moi, même pour tout l'or du monde à mes pieds, je risquerais pas ma vie autant. Même si ce n'est qu'un rêve.
Bon, d'après ce que je vois dans le rétroviseur, il est en train de lui coller des mandales, ce qui est moyennement utile et ce n'est que très moyennement mon objectif, s'il pouvait se contenter de récupérer ce qui m'intéresse, ce serait génial.
Je pousse un coup de klaxon lorsque le voleur finit par lui échapper, et je manque de faire un virage brusque pour virer ce poids mort aussi fiable que la pince qui attrape les peluches qu'on trouve dans les parcs d'attractions...
Le paysage, qui a lui aussi décidé de me mettre des bâtons dans les roues, se soulève, se roule en boule, fait un quadruple salto arrière et finit sa pirouette, en manquant de me faire vomir tout mon diesel.
Je reste immobile de longues secondes, tentant de reprendre un semblant de contrôle sur la situation, puis je vérifie que le sac de farine est toujours à bord. Je l'observe via un de mes nombreux angles de vue, m'amusant sur le fait que son visage a prit une nouvelle teinte de blanc.
Je remet mes yeux dans mes phares en entendant un autre bruit de moteur, arrivant juste à temps pour voir un magnifique doigt pointé vers le ciel en mon honneur, par un passager habillé comme un tampax usagé.
Sa voiture étant également rouge ragnagna, je lui klaxonne à la tronche pour lui reprocher ce manque de goût et de politesse, tout en ouvrant mes portières pour paraître plus imposant.
Je remarque soudain que les bâtiments ne sont plus pareils, comme s'il avaient sauvagement copulé avec des gradins d'un stade de football, et aperçois une dizaine de voitures colorées s'organiser autour de moi, comme pour le départ d'une course.
Je n'ai même pas le temps de comprendre ce qu'il se passe que tout le groupe démarre d'un coup, la voiture derrière moi me poussant sauvagement dans un grand bruit métallique. Je hurle une insulte qui résonne dans toute l’arène, puis je fais crisser mes roues en vociférant des comparaisons entre leurs mères et des animaux de toutes sortes.
Je ne connais même pas l'objectif du troupeau, alors je me contente de suivre le mouvement, bousculant les tacots qui m'effleurent de trop près. De temps en temps, je jette un coup d’œil à mon passager, puis je retourne au volant, de peur de me manger une poubelle ou un bout de trottoir. La route est droite, la vitesse est constante, c'est une course tranquille, et j'ai presque oublié mon miroir, qui est toujours dans la poche du voleur, qui fait son footing à une centaine de mètres du peloton.
Soudain, une voiture blanche me survole. Pris par surprise, je crache une nouvelle fois, avec une haleine qui sent l'essence :

- Oh, hé, triche !

Mais lorsque le même véhicule s'écrase à quelques mètres devant moi, je me dis que le conducteur a mal calculé son coup de poker. J'esquive la carcasse d'un violent mouvement de volant, et fais de mon mieux pour revenir au centre de la route, tout en essayant de regarder ce qui se passe derrière.
Un énorme troupeau d'éléphant, qui ont attendu que je les vois pour barrir, me suit à la trace, écrasant et renversant les autres véhicules avec leurs grosses pattes et leurs défenses.
Mais les pachydermes ne sont pas seuls, il y a aussi des otaries, des chiens, des cochons, pleins d'animaux pas particulièrement rapides, mais qui parviennent quand même à ne pas se faire distancer par un taxi qui file à une vitesse qui ne doit pas être autorisée partout.
Mais alors que je tente d’accélérer une nouvelle fois la cadence, je réalise : Toutes les insultes que j'ai craché au visage de mes concurrents sont en train de me poursuivre, littéralement.
Impuissant face à toute la brousse qui me poursuit, j'interpelle mon passager, en faisant bouger les sièges pour attirer son attention :

- Hey, le poids mort ! Défend notre peau, un peu ! Balance leur des cacahuètes, je sais pas, mais fais un truc !
Vaelh
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Sam 22 Fév - 2:13

Il y eut un violent bruit d'impacte, une ombre qui masqua le soleil, le bruit d'un moteur emballé, et un fracas apocalyptique de métal blanc et de verre brisé. Devant, un véhicule blanc partait littéralement dans tous les sens. Dans sa course faite de rebonds et de glissades à bases de grandes gerbes d'étincelles, la voiture-épave perdait rétroviseurs, portières et roues. Choqué d'être témoin d'un tel niveau de destruction, Vaelh était resté silencieux. Il ne put détacher son regard de l'épave lorsque le petit taxis la dépassa, comme pour bêtement s'assurer qu'elle était bien en miette.
Mais là où Vaelh avait été secoué, le public dans les gradins était fou de joie. "Les accidents, c'est ce qu'il y a de mieux !" pouvait-on les entendre dire malgré la vitesse et le brouhaha.

Alors qu'il revenait doucement à lui au milieu du vacarme et des secousses, il en vint à se demander ce qui avait bien pu bazarder une voiture avec autant de force. Il se retourna donc... Pour contempler une ménagerie aussi colossale que vindicative lancée à leurs trousses, retournant tout sur son passage, suivie par... Par des choses à la fois mots et idées qui véhiculaient haine et surprise. Et le tout rattrapait les voitures lancées à pleine vitesse !
Absurde.
Absurde...
C'en était simplement trop pour le jeune homme à l'esprit déjà fragile. Il y avait bien trop d'incohérences en ce monde, sans parler du manque de point de repère. Ainsi, Vaelh se mura dans un silence qui ne dura qu'une poignée de secondes et qui finit par se muer en un rire d'abord discret, puis hystérique.
Plus rien ne comptait vraiment. Des considérations telles que le danger n'avaient plus de sens. Rêve, réalité ? Plus aucune idée. C'est ce point de rupture que Folie choisit pour souffler au jeune homme :
- "Jouons !"
Et comme si une telle déclaration avait pu faire grimper la situation d'un échelon supplémentaire sur l'échelle de l'absurdité, des caisses flottantes de cristal et de saphir apparurent sur la piste. Le soleil étincelait sur leur surface plane pour y révéler un gros point d’interrogation aux reflets irisés. Avant même que Julien ne puisse s'en détourner, Vaelh avait agrippé son volant avec une force surprenante, le condamnant à la collision avec l'une des boite. Et pouf ! Un malicieux petit bruit de bulles de savon géantes éclatées et des éclats dorées partout dans les airs, et le taxis ne fut même pas égratigné. A la place d'une secousse, un bruit de machine à sous en action se fit entendre dans l'habitacle. Il y eut un "Ting Ting Ting !" très sonore caractéristique d'un gros gain et, comme s'il avait toujours su que ça se passait comme ça, Vaelh ouvrit à la volée la boite à gant du petit taxis.
Une grosse carapace burlesque blanche et orange en jaillit.
Il s'en empara, hilare, avant de cracher sur le concept même de "sécurité du passager" en s'asseyant sur le cadre de la fenêtre ouverte, tout le haut du corps dehors, le visage fouetté par des vents trop violents. Devenu incontrôlable, jubilant sans se rendre compte du danger et défiant, il hurla à qui voulait l'entendre :
- Comme dans un vrai jeu ! Ahah !
Et tandis qu'il s’esclaffait, il lança la grosse carapace vivement colorée droit sur le plus proches des éléphants. L'objet adopta immédiatement une trajectoire propre, se déplaçant à une vitesse effrayante en produisant un "Woop Woop Woop" des plus comiques. Bien sûr, en comparaison, l'animal était ridiculement plus gros qu'une carapace ; mais lorsque celle-ci explosa contre l'une de ses pattes, ce fut comme si le pachyderme avait été bousculé par un troupeau de colosses. Il se mit à rouler, rebondir et se cabosser, exactement comme la voiture blanche qu'il avait percuté. Dans sa course folle, il renversa tout un monstrueux pan de la ménagerie folle, entraînant d'autres animaux dans un carambolage sans plus aucune logique.
Et Vaelh riait, louant son joli coup.

Tout ça n'était plus qu'un jeu. Et les jeux, Vaelh connaissait. Il se rappelait que ça avait été sa passion, dans l'avant. Il avait passé des heures et des heures devant des écrans. Et aujourd'hui, c'étaient ses heures de jeu qui l'animait. Il n'avait plus besoin de sa conscience ni même de son identité. Il n'était plus qu'amusement et réflexes de gamer : une caisse suspecte en plein chemin ? Rouler dessus pour obtenir un objet ! Chaque jeu avait ses mécaniques, et celles de cette course semblait reprendre des choses qu'il connaissait bien.
Alors il allait faire ce qu'il avait toujours su faire avec talent. Il allait jouer en oubliant absolument tout le reste.
Cette réflexion déclencha un nouveau fou rire chez le jeune homme qui, à présent sans munition mais toujours poursuivi, se jeta dans l'habitacle pour mieux pouvoir guetter la prochaine caisse d'objet. Il y en avait tout un lot... Dans le ciel. Même pas le temps de se demander comment aller s'en emparer que la piste convulsa comme le corps d'un vieillard sous le coup d'une quinte de toux avant de brusquement se dresser vers les nuages. Plus la route gagnait en altitude, et plus son bitume se changeait en... Arc-en ciel. Malgré l'angle de cette nouvelle piste onirique, les premières voitures à l'emprunter y restaient solidement collée. D'ailleurs, tout devant, la compétition pour attraper le voleur faisait rage. On se bousculait, se klaxonnait au visage et s'envoyait toutes sortes d'objets et d'attaque. D'ailleurs, la tortue que le premier concurrent voulu lancer sur son poursuivant pour marquer son avance manqua sa cible, fila en plein centre du peloton et arriva à la base de la piste dressée pour s'orienter droit sur Julien. Avec effarement, le petit taxis pu constater qu'il n'était en fait pas question d'une tortue animale, mais d'une tortue formation militaire composée de légionnaires romains nains qui tournoyait droit sur lui, tous pilums dehors !
Mais pas le temps de rester le capot grand ouvert. Soit le petit taxis évitait le chose qui filait vers lui, soit lui et son passager -encore mort de rire- allait finir empaler par des dizaines de lances.
Julien
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Dim 23 Fév - 18:31

Au lieu de balancer des cacahuètes aux bestiaux, le gros sac de farine qui me sert de passager prend le volant et me force à m'encastrer sur un grand cube transparent qui flottait sur le chemin.
Je me prend le cube aussi solide que de l'air sur le capot, et klaxonne lorsque j'ai enfin retrouvé mes esprits.
Un petit bruit de loterie résonne pendant quelques secondes, puis mon passager ouvre la boîte à gants pour en sortir une arme.
Un flingue ? Une grenade ? Un piège à loups ?
Hahaha, non, rien de tout ça.
Une carapace de tortue.
Sérieusement ?
Je klaxonne de plus belle, lui demandant de se tenir tranquille et de ne pas faire n'importe quoi, surtout si c'est pour récupérer des vieilleries inutiles. Celui-ci ne m'écoute pas et grimpe sur la portière, le haut du corps totalement hors de la voiture.
Il veut mourir, ou quoi ? J'hésite à ouvrir ma portière et me débarrasser de ce guignol, mais la curiosité me pousse à ne rien faire et à continuer d'avaler du bitume.
Mais, alors que je me concentrais sur la route, il hurle au vent :

- Comme dans un vrai jeu ! Ahah !

Un jeu ! Mais c'est bien sûr ! La carapace, les boites translucides qui flottent en l'air, mais oui ! Comme si mon passager avait activé le cheat code de ma mémoire, je rigole en même temps que lui lorsqu'il balance son projectile en pleine pomme d'un des éléphants qui nous collait au train.
Le carambolage qui suit ne m'est que partiellement visible, mais je continue de me bidonner, faisant rebondir le siège passager comme s'il faisait partie de mon thorax.
Mais mon fou rire est rapidement stoppé par la route, qui décide d'aller faire la bise à St Pierre en passant par les nuages et en se travestissant en arc-en-ciel. Entraîné par l'adrénaline qui fait surchauffer mon moteur, je ne réagis pas et continue de rire doucement, peu affecté par ce changement d'itinéraire.
Je regarde la mêlée, à quelques dizaines de mètres de moi, en train de se bouffer le nez avec des objets de toutes sortes. Bombes, peau de bananes, missiles, poulpes...
Je glapis intérieurement lorsqu'un de ces projectiles fonce vers moi, avec l'apparence d'une petite armée de kirikou en armure qui prennent la formation de la tortue, la fameuse tactique des soldats romains.
Par réflexe, j'utilise ma technique spéciale :
Je saute 2 fois sur place, secouant mon passager comme un prunier en faisant crisser mes pneus.
Je fais jouer 2 fois mes suspensions, comme si je rebondissais sur l'arc-en-ciel qui me soutient.
Je fais un petit virage à gauche, puis un autre à droite, et recommence la même manœuvre, avant de hurler à mon assaillant, qui n'est plus qu'à quelques mètres de moi :

- B ! A !

Et hop, Konami Code !
En une fraction de seconde, mes pneus triplent de volume, laissant passer la tortue en dessous de ma carrosserie. Je rigole de plus belle, avec une impression de puissance.
Mes pneus, pourtant énormes, tournent à la même vitesse, ce qui me fait accélérer d'une manière brusque.
Je secoue le siège, interpellant mon passager, et hurle encore plus fort pour couvrir le bruit du moteur :

- Alors ? T'as eu peur ?

Il n'a pourtant encore rien vu !
Par surprise, je fais un virage... Droit dans le vide. On flotte quelques instants en l'air, mais une nouvelle incantation perce cet univers de folie :

- Do a barrel roll !

Et encore une fois, ça marche.
Je fais un tonneau, et je gagne par la même occasion le droit de voler. Je crie comme si j'étais dans un parc d'attraction, puis interpelle une nouvelle fois mon passager :

- A ton tour, montre moi ce que tu sais faire !

Je reprend le contrôle de ma direction et survole la course, à vingt mètres du champ de bataille qui se déroule en contrebas.
Le voleur ? Complètement oublié.
Vaelh
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Dim 2 Mar - 14:57

Secousses, rebonds, heurts, convulsions. Et survint la violente compression contre le siège lorsque, par quelque improbable prodige, les pneus du taxis enflèrent monstrueusement, conservant leur diabolique vitesse de rotation. Le jeune homme, complètement secoué, laissa échapper un grognement désorienté, douloureux, mais dans lequel transparaissait toujours une large part de folie joueuse. Même pas encore remis, son instinct de joueur reprit le dessus dès qu'il entendit le fameux "do a barrel roll", si bien qu'il se cramponna comme un fou furieux à la petite poignée au dessus de la porte. Ce réflexe lui épargna d'être fatalement bazardé dans l'habitacle, mais acheva de l'exciter plus qu'il ne l'était déjà.

Il eut besoin d'un bref instant pour retrouver ses repères, et lorsque ce fut fait, il entrevit en contrebas une minuscule tunnel dans lequel un véhicule n'aurait jamais pu s'engouffrer. Pourtant, si l'on suivait ce tunnel des yeux, on pouvait remarquer qu'il passait droit sur une série d'accélérateurs super colorés qui permettraient de se retrouver instantanément près du peloton de tête.
Et sans même réfléchir plus que ça, Vaelh poussa de toutes ses forces le volant de Julien en avant comme s'il avait s'agit d'un manche à balais d'avion, le forçant à piquer dangereusement. Le tunnel se rapprochait beaucoup trop vite, et demeurait évidemment bien trop étroit pour éviter que le petit taxis ne finissent en un ridicule tas de tôles froissées. Pourtant Vaelh piquait, piquait encore, sa frénésie tenant ses yeux grands ouverts et sa bouches étirées en un trop grand sourire...
Et un gros bouton apparut en plein centre du volant. Vaelh l'écrasa du poing et... Le taxis se mit à tourner sur lui même à une vitesse improbable, sa carrosserie éclatant tandis que tout son intérieur et son passager étaient réduits à l'état de plasma énergétique bleuté autour duquel la carrosserie envolée revint s'agencer en une morph ball orangée qui, dès quelle s'introduisit dans le tunnel, fut propulser par une colossale loquet, telle une bille de flipper. Le projectile ultra-rapide qu'était devenu le petit taxis fonça ainsi au travers du tunnel en acier, accélérant en passant contre les zones colorées, avant d'être recraché sur la piste. Il y roula quelques instant avant que le morph ball mod ne se désactive, le plasma bleu revenant matière, la carrosserie reprenant sa forme original.

De nouveau consistant et entier, le premier réflexe de Vaelh fut de vomir par une fenêtre ouverte juste à temps ; mais ça ne l'empêcha pas d'ajouter, défiant et s'amusant toujours plus :
- Et là, qui c'est qu'à eu peur ?
Le duo était à présent proche du peloton de tête, pouvant ainsi observer trois véhicule, un violet, un jaune, un gris, se battre entre eux -littéralement-. La joute était sèche et violente, faite de vicieux coups de volants, de saut, de coups d'arrière train et d'esquive le tout à une vitesse improbable, au milieu d'une piste pavée de trous, de pièges, de joyeusetés telles que des plaques à gravité aléatoire, des téléportails courte portée permettant de gratter quelques mètres ou de finir dans un mur.... A chaque coup reçu, chaque véhicule semblait moins bien encaisser les suivants, se trouvant à chaque fois propulsé plus loin.
Alors on entendit le conducteur du véhicule noir crier à l'attention du bolide jaune :
- Wombo Combo !!
La voiture violette fut poussée par la jaune, renvoyée par la noir, cognée de nouveau par la jaune et smashée comme une balle de tennis de nouveau par la noire. Là, la jaune attendit son rebond pour la propulser hors de la piste, où la noire revint lui rentrer dedans dans les air pour la propulser si fort, si loin qu'elle disparue en laissant une vague reflet scintillant dans les cieux. "Tiing !" Ce fut la folie furieuse dans les gradins -qui venait de réapparaître pour le l'occasion-. Même le deux vicieux conducteurs n'en revenaient pas de leur manoeuvre, si bien qu'ils s'extasiaient à n'en plus finir à coup de "Ohh ! Ooohh !"
A coup sûr, ces types étaient de mèches. mais leur hystérie laissait -peut être- à Julien le temps de les dépasser avant que le reste des concurrents ne le rattrape.
Julien
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MessageSujet: Re: Balade en ville [PV Vaelh + ?] Sam 22 Mar - 14:23

Satisfait de ma pirouette dans les airs, la carrosserie joliment teintée des reflets de l'arc en ciel, j'attends que mon passager se remette du tonneau, en surveillant de près qu'il ne gerbe pas dans la boîte à gants. Lorsqu'il a enfin un regard qui ne louche plus, je m'apprête à lui lancer une phrase d'encouragement, mais je me retiens lorsqu'il regarde la course en contrebas, avec un air toujours aussi enjoué.
Soudain, il s'élance sur mon volant comme un policier s'élance sur un donut, et le pousse vers le bas pour me faire piquer. Surpris par sa manœuvre, je n'ai pas le temps d'invoquer une énième incantation vidéo-ludique, et vois la piste se rapprocher avec une vitesse effrayante.
Bordel, pourquoi, à chaque fois que je lui fais confiance, cette abruti s'amuse à prendre mon contrôle ? Quand je pense à toutes ces occasions où j'aurais pu lui faire bouffer le bitume en l'éjectant comme un toast sort de son grille-pain !
Mais alors que l'impact est imminent, je sens le moteur se plier, les jantes se tordre... Jusqu'à ce que toute ma carcasse ne ressemble plus qu'à un cochonnet tout droit sorti d'un jeu de pétanque. Compressé à l'extrême, sans aucun point de repère, avec une vive lumière orange qui m'arrive dans le coin du phare, je pourrais presque me croire dans le ventre de ma mère.
Ma mère...
Je laisse tranquillement la petite crotte de nez qu'est devenue mon corps flotter dans le vide inconnu, et me met à réfléchir sur le souvenir de celle que j'appelais sans doute autrefois « Maman ». Est-elle encore vivante ? Est-ce que je l'ai connu ? Tant de questions qui resteront sans réponses... Tant que je n'aurais pas chopé cette petite raclure de miroir.

Alors que la pensée traverse mon esprit, la petite burne phosphorescente qui me sert de corps reprend la silhouette d'un véhicule motorisé et fait crisser ses pneus dès qu'ils entrent en contact avec le sol. Dans ce bruit assourdissant, le paysage défile à une vitesse folle. Ça ne m'étonnerais pas que plusieurs théories d'Einstein se soit faites tranquillement latter la tronche durant cette course.
Alors que mes dossiers de siège allaient défoncer l'apprenti Ben Laden qui me sert de co-pilote, d'affreux cris de métal froissé atteignent mes rétroviseurs, et reportent mon attention sur la route. A 100 mètres, 3 véhicules se tatanent à s'en décrocher le parc-choc, se filant des coups, des high-kicks et des prises de judo grâce à leurs roues par un moyen qui chie tellement sur la tête de la physique que Newton doit s'en retourner dans sa tombe.
Le véhicule le plus faible se fait victimiser, puis éjecter du terrain avec une facilitée déconcertante, le bruit de son perçage de l'espace-temps largement couvert par les hurlements du public et par les beuglements de bovins en transe de ces deux concurrents.
Mais alors que leur joie est à son comble, une petite balle apparaît dans le ciel.
C'est un ballon faite d'un matériau inconnu, peut-être du verre, tagué d'un gros X pas tout à fait en son centre et flottant au-dessus du combat comme une mouche autour d'un pot de confiture. Son apparition brise tout de suite la nuque de la pseudo-alliance entre les deux concurrents, qui se mettent aussitôt sur le pare-brise pour essayer de récupérer la récompense qui s'amusait à leur tournicoter autour. L'un des véhicules, profitant d'une pause de son adversaire, s'élance, et donne un grand coup de portière sur l'objet, et répète cette action plusieurs fois, causant de grandes fissures sur la surface de l'artefact.
L'objectif est donc de briser cette boule ? Bien reçu.
Je fonce, oubliant complètement le postier que je transporte, rentre simultanément dans les deux voitures comme un bélier et, profitant du fait qu'elles se soient éloignées de plusieurs mètres, je saute sur mes suspensions et brise le bonus avec mon toit.
Un bruit de verre brisé.
Une sensation d'une sorte de halo de chaleur.
Et brusquement, un flash lumineux.
Quand mes neurones parviennent enfin à reprendre leurs connexions... Mon point de vue est situé à 10 mètres du sol. Après un rapide état des lieux, passé à me scruter dans tous les sens, je constate que j'ai repris une forme humanoïde.
Mais aussi la forme d'un robot géant à roulettes.
Je continue de rouler sur l'arc-en-ciel, qui plie presque sous mon poids, et regarde les deux figurines que sont devenues mes concurrents s'éloigner, affolés. Alors que j'allais les choper pour en faire une boule de métal et faire un dunk avec un poteau de basket imaginaire, une petite pression m'oblige à regarder ma main en fer froid.
Une minuscule petite poupée y gigote, coincé dans son étau métallique, prise dans une main qui la saisit sans s'en rendre compte. Le truc que je trimballait depuis le début dans ma carcasse est là, dans ma paume. Je me retiens de lui éclater le crâne comme du vulgaire papier-bulle, et continue la course, gigotant comme un patineur sur glace pour avancer, le petit jouet de fast-food posé sur l'épaule.
En deux mouvements de jambes, mes pieds envoient valser les deux derniers concurrents dans le décor, et me laissent le champ libre pour rattraper mon voleur, qui trottinait à 100 mètres. La vitesse est toujours aussi élevée, et je sens mon partenaire s'accrocher pour ne pas tomber de mon épaule.
Le combat est presque terminé, le criminel perd du terrain, ne pouvant pas lutter contre mes enjambées de titan.
Mais, encore une fois, le rêve a plus d'un tour dans son sac.
Dans le dos du voleur pousse deux excroissances, augmentent en taille et déploient une toile de chair. Grâce à ses ailes, il se propulse vers le ciel et se met à tournoyer autour de nous, multipliant les mutations, les destructions de vêtements pour former...
Ça.
Le monstre, qui mesure plus de la moitié de ma taille, semble nous narguer, hors d'atteinte.
Une des griffes, anciennement un doigt, se pointe vers nous, et deux mots sortent de la gorge de la bête :

- Boss final, bitch.

La créature, après m'avoir traité de lieu rempli de sable en anglais, jette le miroir dans sa gueule et l'avale tout rond, malgré les côtés tranchants du verre.

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Balade en ville [PV Vaelh + ?]

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