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(libre) Le bord et la limite

Virgile
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MessageSujet: (libre) Le bord et la limite Lun 3 Fév - 14:48

Virgile promenait son malheur romantique près de la plage et ses botes de cowboy dans le sable humide. Il avait laissé sa boutique aux araignées, ses élèves à leur après-midi et ses bouquins au silence de la couverture rabattue. Abandonné à lui-même, seul entre ses botes et sa morosité, il avait battu le sentier de ses semelles épaisses jusqu'à parvenir à la plage. Ses joues s'emplirent de rougeur tandis qu'il se remémorait son arrivée à Espérance. Lorsqu'il avait été trouvé nu. A cet instant, il se sentait aussi vulnérable : un flip qui ne se posait sur rien et qui lui sapait l'assurance que d'habitude il portait comme un manteau. Et le voilà déshabillé de nouveau, mais pas en plein centre de la ville cette fois, loin du milieu confortable. Loin du lieu peuplé, vers le lieu du vide : là où l'on ne savait plus.
En fait, il n'était jamais bien loin de cet endroit dont on ne sait rien du tout. Il en faisait l'expérience à chaque coin de page et dans le prolongement de chaque idée qu'il se faisait sur le monde. Et le voilà tout près de cette fin liquide du monde solide de l'endroit où il vivait : la mer. Le pêcheur était absent. Il aurait bien aimé discuter avec lui. Mais la plage était vide. Il n'avait pas enlevé ses pompes et la marée lui lapa le pied. Il pensa alors que le sel de la mer allait lui bouffer le cuir dont elle était faite. Il pensa simultanément à la légende qui disait que celle-ci était potable. Il s'empressa de vérifier ce détail qui s'avéra vrai. Alors il n'y avait pas de mer en face de lui, juste un grand lac. Cette idée le raidi. Il se senti encore plus à l'étroit dans ce qu'il ne pouvait élargir au delà des frontières d'espé-rance. Le fait qu'il n'ait aucun souvenir de sa vie et qu'il soit confiné à cet espace ne pouvaient ne pas coïncider. Le Reflet était la seule zone qui fisse excroissance à ce bulbe étanche. Mais les dispositions de Virgile dans cet espace ne lui permettaient pas d'en faire le tour ni d'en déterminer la dimension. Une de ses hypothèses concernant les miroirs se basait sur une lecture métaphorique de leur emploi : peut-être agissaient-ils comme hypnotisants et que les habitants d'espé-rance y menaient une psychanalyse d'un nouveau genre. L'effet thérapeutique de ces états de "somnolences" ne laissaient de doute quant au fait qu'elles permettent de recouvrir la mémoire. Ce qui semblait insupportable à Virgile fut qu'on les ait parqués dans un centre de soin sans leurs consentement. Mettons qu'ils se soient retrouvés là par "hasard", comment expliquer que tous ceux qui arrivaient ne pouvaient dire comment ? Virgile n'écartait pas l'idée d'avoir été conçu ici même, bien que cette idée ne se suffise pas car elle entrainait une interrogation concernant sa filiation (dont les hypothèses s'étendaient de la parenté biologique jusqu'au clonage performatif). Pourtant, les nombreuses arrivées auxquelles il avait assisté lui rendaient plus plausible l'idée d'avoir connu le même sort, d'autant que cette idée était plus cohérente avec les explications qui lui ont été faites par les personnes l'ayant découvert. Atterri ici par la volonté de quelqu'un d'autre. Quelqu'une.e, qui l'aurait vu nu. Virgile rougit de nouveau en s'imaginant être arrivé ici par lui-même, autrement dit, traversant on ne sait quelle distance nu, pour venir s'allonger en plein centre du Bourg.
Pendant qu'il réfléchissait, Virgile marchait le long de l'eau en désespérant de repérer une sinuosité, sur l'horizon, qui lui aurait signalée un ailleurs par delà le lac. Un ailleurs qui puisse le situer géographiquement et temporellement. Un ailleurs qui puisse le situer sur sa résonance éthique (s'agissait-il d'un coin reculé où des humains pouvaient se retrouver périodiquement s'ils se perdaient à côté ? cela lui semblait bien peu plausible, il s'agissait plus réalistement d'une prison ou d'un centre de soin ce qui revenait strictement au même car ils y étaient contre leur gré). Un ailleurs où l'on puisse vieillir. Maintenant qu'il avait 23 ans il commençait à angoisser d'être rayé de la carte d'un moment à l'autre étant donné qu'il n'y avait que des jeunes à Espérance...
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Dim 9 Fév - 16:58

Je n'avais plus de rendez-vous depuis une bonne heure, et Dieu seul sait qu'il me reste pourtant une bonne partie de la journée à remplir d'occupation ! Cela fait bien des jours que je ne suis par sortie de ma demeure ou de mon lieu de travail, peut-être est-il temps que je sorte un peu ? Je ne sais pas vraiment, pour ainsi dire, j’appréhende toujours autant le monde extérieur depuis mon arrivée.
Un long soupir s'échappe de mes lèvres, réfléchissant si je dois sortir maintenant ou attendre le crépuscule. Cette peur est toujours aussi présente, mais cela fait trop de temps que je reste enfermée. J'en ressens un autre sentiment, du dégoût de la solitude.

_ C'est soit l'un, soit l'autre... c'est pas compliqué pourtant, dis-je pour moi-même en fronçant les sourcils.

Non je ne sais toujours pas, et si quelqu'un rentre chez moi pendant mon absence ? Je me frappe la tête en poussant un juron, puis je regarde par la fenêtre en étant adossée contre elle. Les rayons du jour m'agresse les yeux, tandis que je vois des villageois marcher avec un objectif bien précis. Enfin presque tout le monde, car à en juger certaines attitudes, quelques villageois semblent errer comme une présence fantomatique. Ce qui ne me surprend nullement, il m'arrive parfois d'errer de cette façon. Je continue donc de scruter la population d'un air las, ayant les bras croisés. Je vais sûrement sortir oui, mais il faudra que je m'assure que ma porte soit bien fermée et je dois trouver quelque chose à faire.
Au bout d'un certain moment, une certaine personne attire subitement mon attention. Marchant elle aussi d'une nonchalance presque... mais ce n'est pas l'antiquaire du village ? Je me redresse en arquant un sourcil, que va-t-il faire ?

_ Pour une fois que ce n'est pas un enfant, ça va un peu changer souris-je en parlant une nouvelle fois toute seule.

J'accours presque vers l'entrée, et m'inspecte rapidement du regard avant de prendre ma veste noire et une petite écharpe de la même couleur. Mon corps est habillé toujours de la même façon, en noir. De mes Martens au slim, et à mon haut à dentelle sombre. Vite, vite, vite ! Je quitte ma maison en hâte, n'oubliant pas de prendre un petit objet au cas où pour me défendre... être une sorte de paranoïaque c'est vraiment handicapant. Mais qu'importe, il ne faut pas que je perde du regard mon objectif.
Je le suivait discrètement, petit à petit nous quittons la foule pour déboucher à un lieu plus tranquille. Il semble pensif, mais qui ne l'est pas après tout au village ? Ce lieu me donne l'impression d'avoir sans cesse une camisole de force invisible, et que le Reflet est comme une sorte de thérapie. Une vraie prison utopique, le meilleur asile que je n'ai jamais vu jusqu'ici. Et pourquoi nous ? Il y a pourtant des fous pire que ça dans le monde, pourquoi ?
Je secoue la tête pour me reprendre, avant de reporter mon regard sur le jeune homme. Il marche le long du lac, je le rejoins très bientôt. Et c'est en jetant un coup d’œil sur cette longue étendue d'eau, que je déclare dans un souffle remplit de regret.

_ N'y a -t-il donc pas de frontière qui stoppe ce lac ...?
Virgile
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Dim 9 Fév - 18:24

Quand il entend ça, virgile se retourne d'un bloc et tombe sur qui ? la psy en personne. Là, il a une très grosse frayeur. ça lui prend au ventre et à la gorge et ça lui donne presque envie de faire l'autruche ou de s'enfoncer à l'intérieur du matelas de son lit qui est si loin. Elle sait. Elle est venue le chercher. Connasse est le mot qui lui vient dans la tête du temps qu'il reste persuadé qu'elle joue avec ses nerfs en posant une question rhétorique. Il scrute ses yeux noirs avec un mélange de répulsion et de terreur. Face à lui, elle reste immobile, la phrase en suspend, les cheveux aussi. Il est pris d'une tristesse immense et il veut presque la mort. Virgile se fait trois films dont il serait le héros tragique. Le premier ressemble foutrement à Shutter Island (bien sûr, il serait à la place de Léonardo di carpaccio), dans le second, il se voit frapper le sol avec une balle dans le poumon et dans le troisième, il se sauve à la nage.
Comme rien ne se passe, son coeur fini par retrouver une cadence plus tranquille. Ses pupilles retrouvent leur taille. Il relâche sa respiration qu'il ne s'était pas aperçu avoir coupé. Taïga n'est pas une connasse. La preuve en est donnée par ses doc Martens, son slim ainsi que son haut à dentelle sombre. Virgile sait lire les fringues, même ici où les codes sont différents. Taïga n'est pas une connasse, c'est un individu sensible et délicat qui rêve d'autres horizons. Elle porte la plus belle non-couleur.
Passé le moment de panique, Virgile est saisi de stupeur parce que la question de Taïga prolonge sa pensée. Il pourrait bien être en plein délire mais il ne s'attarde pas trop sur cette éventualité parce qu'il vient d'avoir une idée géniale : une traversée.

- La définition d'un lac c'est d'être entouré de terre, pourquoi tu doutes qu'y en ait ? Eh Taïga, on t'a déjà parlé de quelqu'un qui aurait nagé jusqu'à l'autre côté ?

L'idée le grise. Il est comme un enfant dans sa tête à se voir se déshabiller et courir dans l'eau jusqu'à ne plus avoir pieds et envoyer des grosses gerbes de flotte sur la psy. Mais ils ne sont pas assez intimes pour qu'il concrétise cette partie de son délire. Son interlocutrice a l'air sage et il n'est pas assez à l'aise avec elle pour que l'idée qu'elle voit son slip ne le laisse pas hésitant. Et vu le slip, ce serait un peu délicat de la draguer après ça. A la place, il passe sa main sur son menton et pose son index sur ses lunettes dans une attitude de poseur qu'il ne calcule même pas. Il a la tête vers le sol, toujours scrutateur et sans changer de position, il lève d'un coup les yeux vers Taïga et dit avec emphase :

- J'en peux plus de pas savoir où on est, j'ai envie d'aller voir. Je crois que je vais aller dans l'eau. Tout de suite. Je vais nager jusqu'à ce que j'en puisse plus et si j'aperçois toujours rien, je prendrais le bateau du pêcheur.


Après un frisson, virgile se sentit con d'avoir fait part de ses plans à une presque-inconnue. L'hypothèse qu'elle soit là pour le surveiller le rongeait.
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Dim 9 Fév - 19:53

Il avait fait volte-face à une vitesse qui m'a presque fait sursauter, mais j'en reste pas moins calme. Je suis habituée aux réactions plus ou moins imprévisibles, celle de Virgile ne m'incite qu'à vouloir le rassurer et que tout va bien. Toutefois, il change rapidement de sentiment pour se noyer dans la stupeur. Je m'apprête à dire quelque chose, mais il déclare avant que je ne puisse parler :

- La définition d'un lac c'est d'être entouré de terre, pourquoi tu doutes qu'y en ait ? Eh Taïga, on t'a déjà parlé de quelqu'un qui aurait nagé jusqu'à l'autre côté ?

Puis il se fige et adopte une position assez énigmatique, tandis qu'un doux sourire se dessine sur mes lèvres. J'avais peur au début, la peur de me faire rejeter. Je n'aime pas être seule, bien que je m'isole de mon plein gré de temps à autre. Mais maintenant c'est différent, contrairement à tout à l'heure je peux enfin me sentir un peu plus à l'aise. Mais je ne pense pas que ce soit vraiment le cas pour mon interlocuteur.
J'ai beau être la psychologue du village, je ne suis pas du genre à vouloir mettre des anti-dépresseurs ou écouter mes patients en hochant simplement la tête tout en dessinant sur mon calepin. Bien au contraire, je suis à leur écoute certes, mais je n'hésite à discuter avec eux et participer aussi à des activités. Pendants des heures à quelques minutes, n'importe quand... je suis à leur totale disposition.

- J'en peux plus de pas savoir où on est, j'ai envie d'aller voir. Je crois que je vais aller dans l'eau. Tout de suite. Je vais nager jusqu'à ce que j'en puisse plus et si j'aperçois toujours rien, je prendrais le bateau du pêcheur.

Je ne me dispense pas de perdre mon sourire, bien au contraire. J'avance donc d'un pas, tout en quittant du regard Virgile et le porte sur l'étendue d'eau. Un voile nostalgique passe sur mon visage mais repart très vite, approuvant les dires du jeune homme. Qu'est-ce que je donnerais pour partir d'ici... où juste savoir où l'on est oui. Mais mon désir est de retrouver cette personne, faisant partie de ma vie d'Avant... il y a une très faible pour probabilité qu'il soit ici. Je ne sais pas s'il est mort, vivant et où ? Je n'arrête pas de me triturer l'esprit, il était ma raison de vivre. Étrangement, je n'ai plus rien de lui, juste le fait de savoir qu'il ou a existé. Et son nom...?
Je commence à me perdre dans mes pensées, mon visage s'assombrit un peu. Que va-t-il se passer ? Il y a-t-il des gens qui m'attendent ? Suis-je destinée à rester seule dans ce village...? Non je ne veux pas, je veux partir d'ici et arrêter d'avoir peur. Mon corps commence à trembler, mais je ferme les yeux et secoue la tête pour me reprendre.
Je détourne mon visage pour le porter à Virgile en souriant.

_ Tu sais Virgile ? J'approuve totalement tes paroles. Mais je ne veux pas que tu risques ta vie...

Je marque une petite pause en désignant l'un des bateaux de mon index :

_ Si je suis ta logique, au moment où tu seras épuisé tu vas prendre le bateaux. Mais comment vas-tu faire pour regagner le large ? Tu vas te noyer.. à moins d'avoir une très grande force et tirer le bateau, tout en nageant.

Je me retourne complètement vers lui et croise les bras, il veut voir ?

_ Tu sais quoi ? Propose moi ce que tu veux, on le fera ensemble. Comme pour voir le large de l'autre côté du lac par exemple. Ou bien autre chose je ne sais pas... c'est comme tu veux, et si tu ne le souhaites pas, je ne vais pas te blâmer.

Je suis juste... un tantinet intriguée et excitée comme une puce de voir au-delà, défier et et prouver que j'ai raison. Peut-être est-ce que je peux faire peur ? Ou bien être totalement désespérante, mais je n'y peux rien. Toutefois, je garde toujours ma mine calme, quoiqu'un peu plus joviale tout de même.
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Lun 10 Fév - 16:54

Virgile restait interdit encore un moment suite à ces déclarations qui lui semblaient tout à fait obscures. Il avait l'impression qu'on lui parlait dans une langue inconnue, il n'avait pas compris la moitié de ce que l'on venait de lui dire. Par politesse, il hocha rapidement la tête et se concentra sur la seule chose qu'il ait compris dans le fil du raisonnement de Taïga : plus pratique de prendre une barque. Elles étaient là, juste à côté. Elle marquait un point, dans son ingéniosité ingénue. plutôt partir direct avec un bateau que de faire le keke dans l'eau. Alors, Virgile rougit de sa bêtise et pinça les lèvres, jusqu'à ce qu'un rire franc prenne la place de son renfrognement :

-tu es maline, toi. Si j'étais pas angoissé à l'idée que tu sois là pour me surveiller, sûr que je devrais te prendre avec moi pour que tu puisse faire reluire ma bêtise avec brio et qu'en passant tu me donnes des idées plus logiques !

Il avait lâché ça en la regardant droit dans les yeux pour tenter de percer tout mouvement qui aurait trahit d'une façon ou d'une autre sa gêne. En doutant ouvertement de sa bienveillance, virgile espérait la pousser dans son retranchement, au cas où effectivement elle serait là pour le surveiller. D'un autre côté, si tel était le cas, elle serait désormais encore plus vigilante quant au camouflage de ses intentions. virgile posa sa main sur la joue de Taïga sans la lâcher du regard une seconde.

- t'as vraiment pas intérêt à me cacher un truc, si tu es là pour m'empêcher de... quoi que ce soit, je m'en rendrais compte bien assez vite, entendu ? N'essaie même pas de me retenir de découvrir un truc, tu sais que c'est mon seul but dans la vie ?

Ces paroles prononcées, il retira sa main et s'approcha des barques. C'étaient des petites barques de merde qui n'auraient pas tenu une tempête. Bien leur veine que l'étendue d'eau ne soit pas une mer, il ne se serait pas risqué à voyager longtemps sur de telles embarcations. Très vite, il fit le tour de ce qu'il laissait ici : une quantité de bouquins et de relations. Entre toutes, il laissait la belle Dante. Mais cet arrachement lui semblait mortellement beau et puis il trouverait bien un autre bloc de glaise à manipuler ! Virgile laissa tomber ses yeux plus bas que le menton de Taïga. Il les ramassa en un battement de cil pour se concentrer de nouveau sur son regard :

-Mais t'as pas répondu à ma question, tu connais quelqu'un qui a déjà traversé ?
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Ven 14 Fév - 12:01

Pour une des rares fois de ma vie, je parviens à émettre un semblant de paroles logiques dans mon raisonnement avec des foutues barques. Mais comme toujours, j'ai fini par perdre le Nord et partir en plein délire. Toutefois, ce n'est pas pour autant que je détourne la tête. D'abord embarassé, Virgile finit par émettre un rire franc. Puis il déclare de dires, venant à m'indiquer (enfin selon point de vu) que je ne suis pas aussi bête que ça finalement. Mais le début de ses paroles, me laissent un tantinet contrariée. Est-ce à cause de mon métier ou bien est-ce une sorte de paranoïa ? Il ne veut surtout pas que je sois ici pour le surveiller, essaye-t-il de donner une quelconque raison à ma présence en supprimant strictement le " hasard " ? Ce n'est pas impossible, même si c'est assez peu probable.
Pour cause, j'avais arqué un sourcil tout en gardant un air nonchalant. Malgré le fait qu'il me fixe droit dans les yeux comme pour m'analyser, je ne peux empêcher un sourire apparaître sur mes lèvres. Si je suis ici, c'est purement par un désir de coup de tête. Pas pour le surveiller, au contraire !
Je suis coupée quans sa main se place sur ma joue tout en continuant à me fixer du même air, mon sourire s'efface un peu laisser place à une mine légèrement surprise. Quelques rougeurs apparaissent, non pas de honte. Mais je n'ai pas vraiment l'habitude qu'on me touche, qu'importe la façon. Je suis les trois quart du temps seule, évitant au mieux et discrètement les contacts physique. Pourquoi ? Peut-être à cause de cette peur que je ressens habituellement, même si elle n'est pas très présente en ce moment. A vrai dire, j'ai relevé les yeux et le regarde de la même façon, mais avec une mine indécise et perplexe.

- t'as vraiment pas intérêt à me cacher un truc, si tu es là pour m'empêcher de... quoi que ce soit, je m'en rendrais compte bien assez vite, entendu ? N'essaie même pas de me retenir de découvrir un truc, tu sais que c'est mon seul but dans la vie ?

Il reste ferme dans ses paroles, arborant une expression très sérieuse. Je cligne des yeux et affiche un grand sourire, tout en reculant un peu et secouant légèrement ma tête. Tandis qu'il s'approche des barques. Il n'a rien à craindre, je ne suis pas là pour l'espionner ou le surveiller. A quoi ça me servirait ? Enfin je veux dire, je suis là pour faire quelque chose avec quelqu'un sans arrières pensées.
Je me rapproche des barques et croise les bras tout en le regardant faire, étrangement, un sentiment d'aise me prend. Tant mieux pour moi, ça veut dire que je vais pouvoir passer une journée routinière plutôt tranquille. Mais je ne garantie rien pour ce soir, peut-être vais-je faire un tour dehors pour dessiner.
Il me faut quelques instants pour percuter le parcourt des yeux aventureux du jeune homme, je ne peux empêcher de rougir pendant quelques secondes. Mais je secoue la tête en poussant un juron silencieux, tandis qu'il me déclare en ayant reporter son regard vers mon visage :

-Mais t'as pas répondu à ma question, tu connais quelqu'un qui a déjà traversé ?

Je le regarde en arquant un sourcil, puis je souris et m'approche pour arriver à hauteur de la barque. Une fois arrivée, je me tourne face à l'étendue d'eau. Réfléchissant un peu, non personne. Ah si... mes pensées sont allées bien au-delà de cette limite bleue, s'avanturant dans des endroits très isolées. Rêver c'est beau, mais c'est une torture languissante.

_ Pour tout te dire, je ne connais personne.

Je ne me départis pas de mon sourire et lui jette un coup d'oeil.

_ Nous pourrions sûrement être les prochains, tu sais ?

Puis je repporte mon regard au loin, qu'est-ce que je rêverais partir d'ici aussi facilement ! Je ne comprends toujours pas pourquoi je suis privée de Le voir, et c'et un des raisons pour lesquelles j'en veux à Celui-là en haut.

_ Et toi ? Tu connais quelqu'un ?
Virgile
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Ven 14 Fév - 18:32

- tu ne connais personne ?

Virgile leva les yeux de son tabac auquel il était occupé à donner la forme d'une cigarette, en le tassant dans une feuille translucide, à l'aide de ses deux pouces. Il chercha un éclat, un reflet, dans le coin des yeux de Taïga qui lui aurait indiqué le ton sur lequel il devait prendre cette information. S'agissait-il d'un constat tragique ou indifférent? S'agissait-il d'humour ou d'humeur ? Virgile n'était pas prêt de le demander. L'empathie était un sport qu'il avilissait en le gainant d'utilitarisme, mais qu'il pouvait pratiquer régulièrement. Par exemple, quand cela lui apportait un point de vue plus proche de la réalité et qu'il s'agissait d'une réalité qu'il daigna vouloir connaître. Pour l'heure, il était auto-centré et sourd. Indécis, ne parvenant à déchiffrer l'expression de la psy, il finit d'humidifier le bord collant de la clope qu'il tint entre le pouce et l'index à la hauteur de ses lèvres du temps qu'il farfouillait dans ses poches.

"-...mch'est bi'ch'arre quand même... pour une p'ch'y...mmh.."

Son marmonnement traversa difficilement la barrière de ses lèvres pour s'évanouir à quelques centimètres de celles-ci. Aussi courte était sa pensée. Il finit par limiter la réponse de Taïga à sa question : autrement dit, au fait qu'elle ne connaisse personne qui ait tenté de se barrer par voie maritime.
L'inatteignable gommait successivement toutes les peaux du concret qui prenait l'aspect du superflux. Le but qu'il venait de se fixer arrachait à son présent toutes ses boutures. Seules les branches coriaces pointant vers le par-delà parvenaient à trouer le mur de son Ambition. Ce n'est pas comme si la question de connaître l'enracinement physique d'espé-rance ne faisait pas partie des premières et des plus sinueuses. Ce n'est pas comme si elle ne l'avait pas déjà maintes fois sorti du lit. Il devait néanmoins reconnaître que la gélatine de la routine avait recouvert de son baume la démangeaison provoquée par l'ignorance. ça prend du temps et de la rigueur de se relever d'un oubli aussi mordant que celui de son passé. Il lui en avait fallut, à Virgile, pour se convaincre qu'il venait d'ici et encore plus de temps pour supposer qu'il avait vu l'ailleurs. Aujourd'hui, il le ressentait nostalgiquement cet En-dehors. Comme quelque chose au quel il appartenait sans ne l'avoir jamais connu, pareil à un Amour mythique. Sortant de sa veste un briquet, il l'actionna et approcha la flamme de manière à brûler le cône de papier sur lequel il tira une courte inspiration.

"- moi non plus je connais personne qui s'y soit risqué." finit-il par déclarer."en même temps vu l'état des planches, c'est pas étonnant, pour peu qu'il faille y passer la nuit... Bon, on se risque à embarquer ? Si on voit que dans une heure y a toujours rien dans le viseur, on se rentre au sec pour manigancer un meilleur plan ?"

La plage et le bruit des vagues commençaient à le rendre claustro...


Dernière édition par Virgile le Mar 25 Fév - 17:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Sam 22 Fév - 17:46

Il me scrute, je me contente de le regarder avec un petit sourire amusé tandis qu'il prépare de quoi fumer. Il semble plutôt étonné de savoir que je ne connais vraiment personne qui a été tenté de se casser d'ici. C'est simple, ces quelques individus ne sont jamais revenus, alors je ne les connais pas, pour moi ils n'existent plus. A quoi ça me servirait de penser à eux, s'ils ont réussit ou pas... Je n'ai aucunes nouvelles, donc je n'y vois pas mon intérêt à me poser des questions. Mieux vaut qu'ils s'effacent de ma mémoire, comme ça je ne connais personne et je ne me prends pas la tête.

Après avoir tiré une latte, il approuve ma réponse à la sienne puis me propose qu'il serait temps d'embarquer. En effet il n'a pas tort, on ne vas pas y passer l'année ! De toute façon, si on n'y parviens pas, ont trouvera autre chose. Comme on dit, il y a toujours une solution à tout, aussi négative ou misérable elle peut l'être.
Je m'étire et me frotte les mains d'une manière motivée, on va pouvoir enfin y aller ! Je n'ai rien à craindre pour ma sécurité, enfin je le pense. Et puis s'il tente de faire quoique ce soit, j'ai toujours un moyen de me défendre, vive la débrouillardise. Non, il faut absolument que j'arrête d'avoir ce sentiment de peur. mais c'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher d'imaginer ce qu'il pourrait me faire. Me frapper à mort avec ces poings une fois isolés au milieu de cette étendue d'eau, ou bien me noyer en maintenant ma tête dans l'eau et j'en passe et des meilleures. Je ne le connais pas, mais ce n'est pas pour autant que je montre mon angoisse, qui pourtant me retourne l'estomac dans tous les sens. Mieux vaut ne pas me montrer méfiante, ça ne sert à rien, pourtant je l'aime bien Virgile.

Je secoue la tête pour me reprendre et pousse un juron dans ma langue maternelle, puis m'abaisse et empoigne une vieille corde qui retenait une barque en étant attachée. Un sourire en coin se dessine sur mes lèvres, on va pouvoir enfin bouger nos petits postérieurs d'enfant d'Adam et d'Eve.

_ C'est parti alors Virgile ! m’exclame-je en détachant le nœud avec un grand sourire.

Je me redresse et saute sur la barque, et bien sûr, ma maladresse me manque de me faire tomber mais je me rattrape d'un geste vif. La petite barque donne l’impression d'avoir des années, elle tangue dangereusement mais semble pouvoir supporter de jeunes gens à son bord. Je me retourne et porte mon attention au jeune homme en face de moi :

_ Aller, on va enfin pouvoir de là. On fait comme tu as dit !

J'enroule correctement l'écharpe autour de moi, ressentant un frisson à cause de la froideur du bois.
Virgile
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Mar 25 Fév - 17:22

-Let's go !

A deux mains, Virgile propulse l'embarcation dans les flots avant de se hisser à son bord. Il n'est pas monté à temps pour sauver son pantalon et ses chaussures de l'immersion ce qui le plonge dans une profonde agonie. Pris de panique au contact du cuir mouillé, il retire ses pompes et essore son fut du mieux qu'il peut en essayant de préserver sa cigarette des giclées d'eau provoquées par les soubresauts du bateau. Les lèvres pincées remuent la cigarette à chaque juron qui leur est imprimé. Virgile peste un moment. Un fois un peu au sec, il attrape une rame et tend la seconde à Taïga qui est assise en face :

-tiens, rame de l'autre côté pour stabiliser notre avancée sinon on va revenir à la plage en moins de deux.

De sa main rendue libre il tire une nouvelle fois sur sa cigarette avant de la jeter par dessus bord. Pagayer s'avère être un sport intense qui demande une emprise solide. Au bout de trois coups de rames maladroits, Virgile repose la sienne en demandant à Taïga de s'arrêter.

- Attends, ne perdons pas le Nord ! Je veux dire.. l'Est !

Se corrige-t-il après un coup d'oeil à la boussole qu'il venait de sortir de sa poche. Une vieillerie qu'il avait gardé un mois durant au fond de sa veste après l'avoir amenée en cours pour la montrer à ses élèves. En y repensant, il avait dans sa boutique de quoi s'équiper pour concurrencer le meilleur loup des mers. Le magasin regorgeait de longues-vues, d'astrolabes, de compas, de cirés, de thermos et de tout ce dont ils auraient pu avoir besoin. A cette pensée, il se dit que la précipitation dans l'action le ralentissait conséquemment dans les idées. Il posa la boussole devant lui et repris la rame en souriant. Allons bon, il était toujours prudent de faire du repérage, cette première tentative ferait parti des préparatifs s'il ne s'agissait pas d'un départ définitif.

- En avant!!
Taïga
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Sam 8 Mar - 20:48

Après quelques malheureuses petites mésaventures au jeune homme, je suis contrains de me stopper alors qu'il sort une boussole de ses affaires. Je dois me retenir de soupirer contre notre propre bêtise, nous n'avions rien pris comme matériel. Ce n'est si important finalement, mais ça n'aurait pas été stupide d'avoir embarquer avec nous quelques affaires. La boussole est donc la bienvenue à bord, je dois bien remercier Virgile d'avoir oublié de ranger cet objet dans son magasin qu'importe le pourquoi du comment il s'en était servi. Comme quoi, être tête en l'air a parfois du bon !
Après avoir posé cette boussole entre nous, nous reprenons notre dure labeur de ramer. L'enthousiasme de Virgile me fait sourire, ce dernier me motive à le pousser dans son objectif. Alors nous ramons en rythme et de manière organisée, cette fois nous sommes parti pour de bon. Mais alors que nous continuons, une pensée ne tarde pas à percuter mon esprit, ou plutôt des suppositions. Par exemple ce que nous pourrions faire si nous parvenons à trouver ce que nous cherchons, si nous retrouverons nos mémoires ou autre. Et qu'est-ce que je ferais si c'est la cas, si j'irai retrouver ma place dans le monde normal. Mais peut-être que les habitants d'Espérance sont ici parce qu'ils n'avaient plus leur place ? Est-ce un refuge temporaire ? J'ai ce sentiment de n'avoir peut-être -plus- aucunes attaches dans l'Avant, et au village aussi. Je ne considère pas mon mal comme un défaut, au contraire, il m'aide à m'endurcir. Donc je ne me soucis guère de moi, je préfère amplement aider les gens à sortir d'ici.

Cela fait bien un moment que nous effectuons notre labeur, mon corps n'étant pas vraiment habitué commence à se contracter douloureusement. Mon souffle est coupé et saccadé par l'effort, mon visage quant à lui est légèrement humide et le corps brûlant à l'exercice du rameur. mais je ne faillis pourtant pas, ma volonté veut continuer et refuse un peu de repos. Je suis bien une femme, sachant que je n'ai pas passé ma vie à soulever des altères mon corps n'est pas adapté pour du sport intense. Bien que j'ai remarqué que j'ai tout de même pratiqué un art martial en voyant mes réflexes, et ai fais du vélo de course durant quelques années. Enfin bref.
Jetant des coups d’œil à l'horizon, je voyais cet étendue d'eau à en perdre la vue. On se dirige vers l'Est, et c'est là qu'une question se pose : pourquoi l'Est ? Je reporte mon regard sur Virgile en arquant un sourcil.

_ Je sais que ça peut paraître étrange ou inutile, mais pourquoi l'Est ? Généralement d'instinct, on dis le Nord ou le Sud, non ? je souris amicalement, ne t'en fais pas. C'est juste une question de curiosité.

Ce qui était vrai d'ailleurs, il m'arrive de poser des questions par curiosité banale ou paranoïaque.
Virgile
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Ven 14 Mar - 8:10

-Eh bien, tout simplement pour que l'on ne revienne pas sur la plage... ou un peu plus loin sur la côte. Si nous sommes bien sur un lac, alors nous devrions rejoindre l'autre bord en allant tout droit... Et tout droit, c'est la direction de l'Est !

Sa réponse était entrecoupée de profondes inspirations. Virgile commençait lui aussi à dégouliner de sueur, ses cheveux s'étaient collés à ses tempes et ses petites lunettes rondes étaient embuées. Il jeta un regard par dessus son épaule et vit que le rivage avait bien rapetissé. En face de lui, l'horizon restait désespérément vide. L'eau était lisse, à peine déformée par les ondes qu'y dessinaient les vagues. Le silence était brisé cycliquement par le bruit des rames qui s'enfonçaient et qui remontaient. Virgile tentait de se concentrer sur l'action de celles-ci mais son esprit était sans cesse assaillit par des craintes douloureuses. La littérature d'horreur dont il s'était nourrit ces derniers jours provoquait son esprit rationnel dans des retranchement de justification hasardeux. Et si...
Et si ce lac abritait un monstre aquatique, un serpent géant, un poisson magique qui se nourrissait des voyageur.e.s égaré.e.s. La faune d'espérance était bien assez étrange pour que cette idée ne lui semble pas gratuite. Par exemple, il lui était arrivé de voir des insectes inconnus de ses manuels d'entomologie sur les fleurs de la forêt... Tous.te.s ces espéRancien.ne.s qui disparaissaient rendaient antipathique les zones sombres comme cette eau profonde sur laquelle il.le.s naviguaient à cet instant.
Et si le reste du monde avait péri suite à une guerre nucléaire comme celles qui étaient relatées dans les livres d'Histoire ? Et si un virus avait éradiqué l'espèce humaine, oubliant ce petit retranchement de vie entre tous ? Et si ce qui les attendait par delà ce lac ce n'était que la mort elle-même ? Des zombis ? Des robots ? la famine ? Désespérance, le miroir déformant d'Espérance ?
Et si il n'y avait que Espérance d'un bout à l'autre du lac, qu'on le prenne par l'Est, le Nord, le Sud ? Mais à quoi serviraient les murs dans ce cas ? A titiller la Curiosité des habitants ? A leur donner une raison de servir Bird ? Mais dans ce cas, tous les bouquins que Virgile avait lu étaient inventés et ce qu'il croyait être de la science fiction serait en fait plus proche de la réalité sociale ? Etc.
Plus il.le.s s'éloignaient du bord, moins Virgile était sûr de vouloir quitter cet havre de paix dans lequel tout compte fait, il se sentait bien. Peut-être qu'il voulait bien être dupé et contrôlé à son insu. Peut-être qu'il aimait bien ça être dorloté dans un monde de conte de fée où il pouvait avoir l'illusion de détenir la Connaissance en lettres d'encre, du Savoir rigidifié, validé par la communauté Intellectuelle de L'Au-delà, de la putain de Théologie. Et tous les livres cachés brûlés pas écrit ? Comment lire ceux-là. Comment savoir ?

(H.J. : j'ai demandé à Bird et y a pas moyen de traverser le lac, il faut que Virgile et Taïga échouent. Si tu n'as pas trop d'idées j'avais pensé peut-être à une tempête impromptue.. qu'est-ce que t'en dis ?)
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Lun 17 Mar - 11:50

J'avais écouté sa réponse coupée de temps à autre par ses respirations dû à l'effort, je l'encourage intérieurement. J'affiche un petit sourire pour répondre à ses dires, n'ayant plus la force de parler correctement.
Il semble un tantinet soucieux des environs qui nous entourent, une soudaine impression que notre idée était complètement naïve et insouciante me serre l'estomac. Ma peur du danger me gagne une fois de plus, se transformant en un mauvais pressentiment grandissant un peu plus chaque seconde. Je ferais bien de me fier à elle, cette dernière ne m'a jamais trompé en temps général. Je ne peux m'empêcher de déglutir difficilement, des sueurs froides perlent désormais sur mon corps. Je m'arrête subitement de ramer, puis je lève mon regard vers Virgile, m'essuyant les mains moites sur mon jean slim noir.

_ Attends Virgile... Il y a quelque chose qui cloche

Je ne prends qu'une petite pause, dans laquelle je balaye du regard cette vaste étendue d'eau avant de regarder anxieusement vers le ciel. Mais cela n'arrange rien à mon tourment, en effet, ma respiration se fait plus inquiètante en regardant les cieux ombreux. Je ne sais pas si c'est moi, mais je n'ai pas souvenir que le ciel était dans cet état lorsqu'on avait guitté le rivage il y a bon moment maintenant. " Nous sommes en danger !", ne cesse de hurler cette petite voix en moi.

_ L'air est plus chargé, je crois que nous allons être victime d'une tempête, d'un ouragan ou je ne sais quoi.

La pensée des disparus me reviennent en mémoire, est-ce que ça s'est passé de cette façon pour nos prédécesseurs qui voulaient quitter le village ? C'est fort propable. Ca veut dire que nous allons mourir ?
Mes yeux s'écarquillent d'horreur, je serre les dents en poussant un juron non dissimulé. Puis je repporte mon regard vers Virgile, il ne faut pas paniquer. Mais que faire ? Nous sommes à un peu plus d'une heure du rivage, et nous chavirerons obligatoirement avec une barque aussi pourrie que la nôtre. Et shit !
Je fronce les soucils en poussant un long soupir, mais c'est peine perdue d'essayer de calmer mon coeur qui bat à tout rompre et cette horrible chaleur d'angoisse qui prenent douloureusement d'assaut mon corps fébrile de jeune femme. Par tous les démons de Satan, je promets de laisser sortir mes tortues se balader chez moi si je ne crève pas d'ici là.

_ On est bien dans la merde je dirais, ironisais-je avec un sourire en coin.

(D'accord, et bien c'est O.K. pour la tempête... enfin si ça te convient)
Virgile
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Dim 30 Mar - 10:03

- Tiens, c'est vrai, on dirait que le ciel s'est assombri.

Virgile contemplait avec surprise le ciel ronronnant. Comment avait-il pu s'assombrir à ce point en un laps de temps aussi court ? Une caricature conspirationniste agita dans l'ombre l'hypothèse de la Manigance mais l'esprit rationnel de l'instituteur la chassa promptement. Les phénomènes météorologiques naturels sont indépendants de toute volonté humaine, aussi totalitaire soit-elle. Pour ce qui est du surnaturel, Virgile ne lui accordait aucune place dans son esprit, allant jusqu'à contredire le principe fondamental de parcimonie pour maintenir sur son trône l'illusion du Réel. Il n'y avait que la science et la logique qui fixaient leur valeur explicative sur le monde. Virgile attribua donc à l'orage la place confortable du Hasard qui était la seule assez souple pour contrevenir aux aléas de son entendement.

Les nuages gonflaient rapidement. Des nervures sombres zébraient leur ventre de cétacé. Le soleil avait complètement disparu, laissant à l'eau une couleur concupiscente dans laquelle Virgile voyait se refléter leur propre absorption. Deux visages graves s'y agitaient dans un mouvement de pagaie désordonné. C'étaient ceux des navigateur.e.s qui se démenaient à la surface. Le bon sens et l'état de l'embarcation murmuraient à Virgile qu'il était grand temps de mettre fin à cette stupide expédition qui allait tourner au désastre si il s'entêtait dans son amateurisme. Une voix beaucoup plus forte recouvrait ce chuchotement pour lui crier d'aller de l'avant, que c'était le moment de savoir. Sans qu'il ne s'en aperçoive, la pulsion de recherche qui l'avait toujours tiré vers la vie l'entraînait en ce jour vers la mort avec la même férocité. Connaître à tous prix, connaître, sentir... Le visible ne se suffisait plus.

- Ne t'inquiète pas, on y est presque...

Virgile avait presque grogné entre ses dents serrées par l'effort. Il n'était pas accoutumé à avoir une activité physique soutenue et ses bras maigrelets peinaient sous la tension qu'il leur imposait. La volonté de connaître la limite du lac lui faisait oublier la douleur qui s'était réveillée aux muscles de ses épaules. Les rames étaient lourdes et sortaient de l'eau péniblement.

- On va y arriver. On va y arriver... On va y arriver !

Invectives contre l'eau, contre la douleur, contre le mauvais temps. Une formule d'auto-persuasion également. Virgile avait un regard fou vissé sur l'horizon. Ses lunettes floutées d'embrun voilaient sa vue, ce qui le faisait froncer les sourcils pour voir à travers et lui donnait un air de dément, les cheveux soulevés par l'air violent.
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MessageSujet: Re: (libre) Le bord et la limite Lun 31 Mar - 10:57

Cette misérable barque menace de chavirer à chaque mouvement de vague plus ou moins agité, j'entends clairement le ronronnement ténébreux du Ciel au-dessus de nos têtes de mortels. Mes yeux sont écarquillés, et ma petite voix me disait qu'on allait clairement crever. Que si je voulais atteindre mon objectif, ce n'était pas par voie maritime. Je devrais plutôt retourner fouiller au village, c'est bien moins risquer. Je dois ramener Virgile à la raison, je ne voulais pas mourir. Je sais que je vais souffrir, mon corps va subir des dommages à cause de la tempête, une stupeur bouillonnante me frappe l'esprit et la raison. Nous ne pouvons retourner en arrière, ou du moins nous ne devons pas aller plus loin ! Cet enfoiré de Dieu n'y est pour rien, à vrai dire le Hasard n'existe pas non plus. Chaque événement est la cause d'un autre, qui entraîne des conséquences qui seront les causes d'un autre phénomène ou comportement. C'est juste une question de probabilité, pour moi Dieu n'existe seulement dans mes prières tel un journal intime oral. Je suis comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je ne vois. Et là je constate qu'on ne doit compter que sur une foutue de misérable probabilité qu'on s'en sorte vivant malgré les dégâts, et une autre proche de zéro de pouvoir ramener Virgile sur Terre.

_ Virgile ! cris-je en tentant de l'interpeller malgré les secousses de la barque.

Je n'existe plus, ou du moins, cet homme ne voit que son objectif et l'horizon derrière. Il parvient à voir à travers moi, je suis totalement transparente. Son visage n'a plus d'un calme antiquaire et professeur posé derrière ses belles petites lunettes rectangulaires, l'homme que j'ai devant moi veut savoir, il s'accroche à son objectif comme s'il en résulte de sa vie. La démence qui tire son visage, cette force décuplée qui le pousse à aller plus loin... elle vient de son entrave. Le pourquoi du comment il est ici, c'est lui-même qui lui procure force et volonté pour atteindre ce qu'il veut. Tout comme mon propre mal, me fait violence et me hurle de faire n'importe quoi pour ne pas mourir et souffrir. Une bête beugle en moi de sauter sur Virgile et le couvrir dans mes bras, tout en faisant chavirer la barque. Je le savais, nous allons survivre si nous respectons la volonté du village, nous avons une dernière chance.
Je ne veux pas me plier à cette volonté, mais il y a des fois où il faut paraître raisonnable pour sauver sa peau, ce n'est que partie remise. Nous devons nous arrêter !

Je lâche cette foutue rame en poussant un juron, ça ne sert à rien de vouloir continuer, cela fait belle lurette que nous ne bougeons plus par notre propre volonté. Cette saloperie de boussole a réussie sa tentative de suicide par dessus bord, et c'est la même chose que je compte faire avec Virgile, sauf que nous allons nous en sortir. Je tombe sur le jeune homme malgré cette folie qui le prend, puis l'empoigne fermement par les épaules en fronçant les sourcils. Pendant ce temps là, un éclair déchire ce voile sombre et grondant, les vagues sont de plus en plus violentes.

_ Ecoute-moi bien, on va crever O.K. ?! Nous ne pouvons pas aller plus loin, la mer contrôle cette putain de barque depuis bien longtemps maintenant ! Virgile !

Je n'écoute pas sa réaction, mon cœur explose littéralement, une poussée d'adrénaline me procure assez de force établir un plan d'urgence. J'assure de garder un minimum d'équilibre, puis empoigne mon écharpe qui comme par miracle, ne s'est toujours pas envolée au contraire de ma veste. J'attire par le bras Virgile et le plaque contre moi en le redressant, nos corps se percutent. J'entoure vivement l'écharpe autour de nos tailles à deux reprises, puis je fais le nœuds le plus solide et mal fait de toute ma vie. Dans un autre contexte, on peut donner mon geste par une action sexuelle mais là ce n'est pas vraiment mon objectif.
Une fois fait, je donne un violent coup de pieds grâce à mes Dr Martens contre le bord de la barque et j'entraîne Virgile que je serre contre moi par dessus bord. Tout se passe très vite, mais je savais que je n'aurais pas réussit à faire raisonner le prof, alors autant être victime de quelques coups non intentionnelles et insultes de sa part que de crever !
Même pas une seconde après, nos corps se retrouvent submergés par l'eau, mais ma tête percute quelque chose et tout devient noir après un cri. Je ne voyais plus rien, mais je continuais de serre Virgile contre moi pour ne pas sombrer, ça aurait été ma dernière volonté avant que je parte en fumée.
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(libre) Le bord et la limite

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