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Lorsque la pluie tombe [PV : Latika]

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MessageSujet: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mar 25 Oct - 21:05


Laisse la pluie effacer tes souvenirs.
Mélodie pour un jour de pluie
L'internat, un si beau jour... Dans un couloir où transparaît la lumière tempérée d'un jour de pluie, Vishva marchait, de son pas lent et peu pressé. Son regard parvenait à capter quelques gouttes qui s'effondraient sur les vitres si bien entretenues, pour ce lieu presque fantomatique selon les jours... Ou simplement moment. Oui, la notion du temps filait entre ses doigts, comme une toile que l'on aurait bien trop rapidement tisser pour que ses prunelles ne puissent en comprendre les mystères. Et alors ? Qu'importe, depuis son arrivée, le jeune Indien avait compris qu'il fallait oublier, ne jamais se rappeler. C'était une notion dure à accepter, mais nécessaire pour avancer toujours aussi fièrement, la tête droite... Vishva l'avait accepté. Vishva marchait fièrement.

Ses pas se fondaient parfaitement avec le décor : silencieux et naturels. Ce n'était pas ses chaussures en toiles qui viendraient ruiner le clapotis musical de la pluie. Mais s'en préoccupait-il seulement ? Sans doute non. Les nuances auburn de ses yeux dévoraient le paysage pluvieux, plutôt que de s'attarder sur les bruits. Les décors sont un tableau plus prestigieux que les sons. Mais ça reste une interprétation personnelle et idéologique. Celle d'un Utopiste appréciant la nébuleuse formée dessus le verre, par rencontre inopinée entre chaud et froid... Tant de mots pour simplement dire qu'il y avait un flou.
Et ce flou, cette buée, il la longeait en solitaire, jusqu'à rejoindre la salle commune de l'internat. Un lieu parfait pour se reposer et méditer - si tenté qu'il n'y ait pas trop de monde. Dans le cas contraire, Vishva était assez sociable pour se mêler aux diverses conversations.

Or, justement notre pseudo-prophète espérait croiser quelques personnes, à même d’égayer son après-midi pluvieux. Malheureusement, lorsqu'il poussa la porte, il ne vit personne. Un léger soupire traversa ses lèvres. Parfois, se retrouver seul, comme ça... Lui apportait un sentiment de mélancolie. L'Homme est un être sociable de nature. Vishva a parfaitement intégré ce principe... Son Espérance désir la solidarité de ses membres. Oui, exactement, dans son utopie, il faudra que chacun soit soudé.

Relancé dans ses élucubrations fanatiques, il finit par se demander si le Divin, en ce jour, allait lui adresser quelques paroles. En voila un bon compagnon, s'il osait l’appeler ainsi. Mon son Divin était capricieux et il arrivait plus souvent que ça soit Vishva qui s'adresse à lui, que l'inverse. Allons donc, deviendrait-il fou à force ? Jamais. Jamais, n'en doutez pas !

Tranquillement, il s'avança dans la salle commune, venant toucher une table du bout des doigts, avant d'attraper un paquet de cartes négligemment rangé dans sa boite. Il vida cette dernière, la jetant ensuite d'un geste leste sur la table, pour venir s'asseoir sur un canapé d'allure confortable.
Sans même regarder ce qu'il faisait, Vishva tria les cartes. Ses gestes étaient vaguement maladroits, si bien qu'elles tombèrent par terre.
- A la bonheur ! grogna-t-il, avant de se pencher dans le but de les ramasser.

La première carte qu'il saisit, était cornée. Elle représentait l'As de trèfle. S'il avait la connaissance de ce genre de symbole, il aurait pu rire en se disant chanceux, mais ne les connaissant pas... Il ne dit que cela :
- Il faut vraiment s'ennuyer dans sa vie pour être réduit à ramasser des cartes.
Les jours des pluies pourtant, laissent toujours apparaître un arc-en-ciel divertissant, non ?


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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mar 25 Oct - 23:02


Aujourd'hui, après un bel été et un chaud mois de septembre, il pleuvait sur Espérance. Le ciel était grisâtre, la température fraîche, et l'ambiance générale sur le simili-campus était maussade. On a tous besoin de soleil pour avoir le moral. Néanmoins, il y a certaines personnes qui aiment la pluie, qui y voient quelque chose de beau, de mélancolique et de captivant. Latika était de ces gens la.

Affublée d'une robe orangée, d'un gros parapluie et de bottes en plastiques qui lui donnaient l'air enfantin, la jeune indienne avait fait un petit tour jusqu'à la ferme, pour le plaisir de se promener après avoir mangé. Elle avait fait exprès d'aller en cours dans la matinée, où le ciel n'était encore qu'un peu grisâtre, pour se consacrer ce moment par la suite. Cela faisait partie de ses rituels, comme d'aller regarder les orages depuis la fenêtre de sa chambre quand il y en avait, peut être était-ce lié à son passé, à ses goûts dans l'Avant ? Cela lui offrait surtout des moments pour penser à elle, à ses journées, à son mal et aux erreurs qu'elle avait pu commette à cause d'icelui.

Maintenant de retour dans les locaux de l'internat, elle s'attendais à voir foule de monde comme tous les jours pluvieux, mais apparemment ses camarades avaient préféré la chaleur de leurs couettes ou les salles de classe, car elle ne croisa que peu d'enfants. Il était tôt dans l'après midi, peut être y aurait il quand même des personnes avec qui discuter dans la salle commune ?
A peine avait elle poussé les portes qu'elle fit une moue déçue : Il n'y avait là aucune de ses amies, seulement un garçon à la tignasse brune assis dans un canapé. Latika hésita un instant, après tout, cela faisait toujours une personne avec qui discuter ! Restait à savoir si il était bavard, et pour cela, la fillette s'approcha. Manifestement, le garçon était du genre à discuter, tant et si bien qu'il marmonnait tout seul. Voyant les cartes éparpillées au sol, la demoiselle se baissa instinctivement pour aider à les ramasser.

"Il faut vraiment s'ennuyer dans sa vie pour être réduit à ramasser des cartes."

En tendant des cartes qu'elle avait prise au garçon, elle répondit à ces pensées dites tout haut.

"Et il faut vraiment s'ennuyer pour jouer aux cartes tout seul !"

En faisant cela, Latika put d'avantage détailler le brun en face d'elle, et une chose la marqua : la couleur de peau de l'autre était légèrement halée, comme celle de notre petite indienne. Elle resta quelques secondes ainsi, le visage marquant l'interrogation, puis détourna la tête, s'en voulant de l'avoir ainsi dévisagé. Devait elle lui demander d'où il venait ? Cela ferait bizarre comme premiers mots, généralement on demandait en premier le prénom. Prénom qui pourrait peut être révéler une origine ?

"Comment tu t'appelles ?"

Elle l'avait presque murmuré, chuchoté, parce qu'en regardant à nouveau son interlocuteur, elle s'était un peu ravisée. Il semblait assez agé par rapport à elle, il risquait de la prendre pour une petite gamine, et s'en agacer. Alors elle resta stoïque, la tête un peu baissée, attendant une réponse de l'autre.


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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mar 25 Oct - 23:56

Ce sont de simple cartes... Cinquante deux pour être précis, qui doivent être éparpillées par terre dans un chaos grand d'à peine un mètre carré. Heureusement d'ailleurs. Pas sûr que notre ronchon ait envie de se lever, de se pencher et de formuler tout autre action inutile pour simplement ramasser des bouts de cartons arrondis. S'il avait eu l'esprit scientifique, peut-être serait-il même resté sans bouger dans son canapé, à regarder ce lot gisant, tout en calculant la surface qu'il occupait. Mais Vishva n'avait pas l'esprit cartésien. Le Divin en était témoin...

Un autre témoin s'était en plus glissé dans la scène. Une demoiselle, toute jeune au vue de sa taille, pensa Vishva, dont le regard brun remontait lentement jusqu'à son visage bronzé. Sa mine agréable et ouverte à la parole, en aurait fait une fraîche convertie de ses idéologies d'Espérance. Mais il n'était sans doute pas assez vache pour oser convertir un bout de jeune femme - à moins qu'elle ne soit plus vieille en réalité. Non... Il faudrait être parano' pour supposer une telle chose. Et la confiance de notre Indien, le baladait loin de ces sentiers. De même que son inconsciente tolérance d'Hindou. Elle aurait pu être une transsexuelle, qu'il n'en aurait eu cure... Mais ne nous égarons pas.

Vishva attrapa les cartes tendues, les mêlant à celle qu'il avait déjà ramassé. Il se passa de mélanger une nouvelle fois le tout, préférant ne pas s'humilier en les éparpillant au sol pour la seconde fois. Étrange tout de même, il ne se savait pas maladroit. Qu'importe, ce n'était qu'un détail inutile.

Autrement, il revint sur son "petit témoin". Un souffle amusé courut hors de ses lèvres, tandis qu'il hochait la tête à ses paroles.
- C'est sans doute le cas... Je m'ennuie... scanda-t-il de sa voix lente.
Il sourit ensuite, la voyant l'observer. Il savait que sa carnation n'était pas celle d'un caucasien. Il savait aussi que sa coupe de cheveux ou même ses petits caprices à l'hennés, portaient à la curiosité. Mais cette gamine pouvait se targuer d'une peau encore plus foncée que la sienne ! Ainsi que d'une chevelure brune bien fournie et légèrement éparse, qu'il aurait aisément comparé à la sienne, si la teinte n'en était pas rouge à présent. Cas cela ne tienne, elle lui semblait autant commune qu'étrangère. Et cela... Cela lui offrit une brève interrogation, dont il intima le Divin de lui donner une réponse. Autant dire, qu'il allait attendre longtemps, avant de l'avoir.

Ses doigts continuèrent de remettre en ordre les cartes entres elles, tandis qu'il se perdait dans ses absences divinatoires. Elles étaient peu importantes pour l'instant, mais suffisamment pour que les silences l'y conduisent. Fort heureusement, la demoiselle intrigante reprit la parole, attirant l'attention de Vishva, qui fixait sans ciller ce brin de fille.

C'était, comment dire... Adorable ? Oui, voila. Adorable la manière dont elle avait chuchoté ses paroles, comme s'il allait se montrer cruel ou l'envoyer voir ailleurs. Cependant, elle se trompait lourdement. Un Gourou qui ferait ça, aurait bien mauvaise réputation. Et entre nous, Gourou ou pas, c'était pas lui qui cracherait sur une conversation offerte. Surtout quand le temps le rendait assez maussade pour qu'il cherche la compagnie... Auprès d'une petite fille, soit, mais tout de même !
- Vishva... Et toi ? demanda-t-il d'une voix qui se voulait confiante, rassurante presque... Ou peut-être était-elle juste lente, comme d'habitude.

Il se redressa dans un même temps, appuyant une main dans le canapé. Aux quelques gouttes qui s'éparpillaient sur sa tenue, Vishva devinait qu'elle avait été dehors. Eh bien... Elle avait du courage.
- Que faisais-tu dehors... Par un temps pareil ?
Ce n'est pas lui qui irait de son plein gré se prendre la flotte sur le dos. Et puis quoi encore. Plus il fait chaud, mieux c'est.


Dernière édition par Vishva le Lun 14 Nov - 0:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Dim 30 Oct - 22:00

Le garçon aquieça en hochant brièvement la tête, les mains toujours au prises avec le jeu de cartes. Il avait tout de même une attitude, une lenteur, assez étrange et atypique remarquait Latika : Silencieu, droit, il semblait absent et présent à la fois. Il intriguait vraiment la jeune demoiselle, qui commençait à se poser de plus en plus de questions, nottement sur ses cheveux rouges, mais en même temps elle était intimidée. Il avait remarqué qu'elle le regardait et en jouait, et ça la rendait hésitante. Mais la situation fut de courte durée, car l'adolescent à la peau matte répondit à la petite question de Latika.

Vishva... Et toi ?

C'était comme si un flot de souvenirs passait par la tête de notre demoiselle, sans qu'elle ne puisse l'attraper de ses mains. Assez étrange impression que voila. La consonance était effectivement hindoue, et cela lui fit ouvrir en grand ses yeux d'enfants. Il venait donc du même endroit qu'elle ? Et si il l'avait connu ? S'en souvenait il ? Cette foule de question titillait son esprit, elle avait naïvement envie de croire qu'il pourrait l'aider à reconstituer son Avant, sous le seul prétexte qu'il avait pu vivre dans le même pays qu'elle.
En même temps, Latika connaissait peu de prénoms hindous, elle n'aurait pu dire avec certitude que s'en était un, mais quelque chose lui disait que le garçon en face d'elle n'était certainement pas un inuit. Elle hésita à tenter une autre question, mais Vishva la devança. Elle réfléchissait vite, essayant gauchement de ne pas avoir l'air de trop l'observer.

Que faisais-tu dehors... Par un temps pareil ?

Le ton de l'autre se voulait rassurant, mais Latika ne pouvait s’empêcher d'être troublée. Elle aurait voulu lui répondre en langue hindoue, pour voir sa réaction, mais sur le moment elle ne pu que grommeler. Il fallait dire que, malgré son apparente culture indienne, elle parlait d'avantage l'anglais que la première langue de son pays, elle s'était rendue compte de cela lors de ses premiers contacts avec les enfants d'Espérance. Elle finis tout de même par se décider à répondre à la question … Et à en poser une autre.

"J'aime bien la pluie, c'est … Joli … Tes cheveux, pourquoi ils sont rouges ?"

La question avait néanmoins déconcertée et déconcentrée la petite curieuse. La pluie, encore quelquechose qui lui rappelait des souvenirs … Décidément, cette journée aurait été riche en réminiscences. Posant son parapluie contre un meuble, elle vint s'asseoir aux cotés de Vishva pour répondre à son autre question, qu'elle avait faillit oublier.

"Moi c'est Latika !"

(daah, te répondre après tant de temps un truc aussi nul, j'ai honte, en plus je vais être en retard sur mes RP si je continue ! Inspiration, es tu la ?)
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mar 1 Nov - 2:08

[Pas de soucis Latika, je te presse pas de toute manière~]
L'intrigue... L'intrigue qu'une carte, un valet de carreau semble accorder à l'Indien ayant retourné le paquet de face. Un valet de profil, au regard inquisiteur. Un messager. Messager de quoi ? Bonne nouvelle ou mauvaise ? Inutile ou bien profonde ? Il ne connaissait pas la symbolique... Ce valet était pour lui aussi insignifiant qu'un Avant trop prenant. Il oublia très vite ses cartes, les abandonnant au creux de ses mains, qu'il chercha machinalement à croiser entre elles, avant de laisser tout simplement tomber.

Ces cartes avaient le don de prendre de la place... Symboliques ou non.
Il se pencha et posa le tas de cartons sur une table basse placée de travers par rapport au canapé, qu'un gamin avait sans doute rapproché, pour y poser les pieds. Enfin seulement, il revint sur son inquisitrice, au regard plein de malice.
A l'entendre grommeler, Vishva ne sut que hausser un sourcil. Ses paroles intelligibles le laissèrent perplexe. La situation méritait-elle qu'elle agisse ainsi ? Bah, il n'était pas dans sa tête... Et ne voulait certainement pas y être. C'était déjà assez compliqué de se gérer soi-même, tout en ayant un coin du cerveau investi par un Divin aux apparitions capricieuses. Ah... Très vite, il s'excusa mentalement. Son Divin avait le monopole du choix, ce n'était pas un petit humain comme lui - même prophète - qui avait le droit de discuter les choses.

Tout en s'accordant lui-même le pardon - tant qu'à faire, Vishva se laissa aller à un sourire. Il fallait vraiment qu'elle soit jeune, pour argumenter pareillement. Pour elle, la pluie était alors simplement jolie... Certes, pas la peine de traîner dehors pour s'en assurer. Encore une fois, il faisait preuve d'une légère mauvaise foi. Mais que voulez-vous, n'est pas Gourou celui, qui de la pluie, n'a pas le dégoût. Humour, humour, qui dit que certains "Gourous" n'aiment pas la pluie ? L'Indien lui, en tout cas, l’exècre, surtout celle d'aujourd'hui. Il lui suffit en effet de couler un regard sur la fenêtre, pour voir une nuée de fines gouttelettes, qui clapotent sur le verre. Berk, ce genre de pluie là, vous picotent comme une légion d'insectes et s'infiltrent partout. C'est avec ce genres de pensées, qu'il arrive à se sentir encore mieux à l'intérieur. Vraiment, oui. Il se cala davantage contre le dossier du canapé, pour appuyer son idée, tandis qu'il regardait la demoiselle, au patronyme toujours inconnu.

Si ses impressions se faisaient naïves, elle passait aussi du coq à l'âne. De la pluie à ses cheveux. De l'eau à un rouge feu. C'était déjà plus appréciable. Sa coloration exprimait chaleur et passion. Mais aussi mystère d'une carnation à l'origine inconnue - bien que chimiquement modifiée.
- Hé là... C'est une bonne question. Je ne me rappelle plus pourquoi je les ai teint comme ça, dit-il en haussant les épaules, montrant son indifférence quant à ses souvenirs perdus. "Pourquoi ? Ça n'est pas jolie ?
Jolie... Jolie comme la pluie, comme l'eau. Petit côté superficiel, intérêt du physique. Oui, Vishva aimait savoir ce que pensaient les autres de lui. Était-il laid ? Faisait-il peur ? Tout était intéressant... Mais inutile à savoir aussi. Parce qu'importe ce qu'on lui reprochait, il ne changeait pourtant pas. Son lent débit en était par exemple la preuve.

Lui laissant le temps de la réflexion, il se tut un moment et détacha son regard d'elle, pour le baisser sur son bras droit, où se dessinait avec élégance un Mehndi tatouage à l'henné, fait de sa propre main. Les livres qu'il avait trouvé à la bibliothèque sur cet art, lui avaient entre autre appris, que son petit caprice était à l'origine, seulement une pratique féminine. Il s'en était d'abord vexé, se demandant bien ce qui l'avait poussé à aimer ça. Puis, lentement, à force d'imaginer les spirales orientales, il s'était persuadé de la possible mixité du geste. Espérance, lieu de tolérance... Espérance, religion bannissant les différences entre hommes et femmes. Mouai, dans la mesure où ça correspondait avec ce que lui voulait... Lui et le Divin.

Une pression à ses côtés et l'ombre de la petite, lui fit tourner la tête. Dans un léger silence, il revint l'observer, s'accrochant aux rubans dans ses cheveux, à ses traits juvéniles. Elle aurait pu être sa petite soeur, se dit-il. Mais à défaut de savoir s'il y avait lien de sang ou non, elle resterait une inconnue.

Non. Elle n'était plus une inconnue. Elle venait de lui dire son prénom. Latika. Contraste d'un K sur un fond de voyelles. Présence d'une consonne douce, comme première lettre : L. Qui glisse sur la langue, avant de claquer. Impossible de s'endormir en prononçant Latika. A côté, son prénom à lui, sonnait comme fade. Vishva. Trop de "V" et un A. Un Shiva contrarié et mélangé. Comme un souffle de serpent enrhumé. Oui, à côté, son prénom faisait pâle figure...

Et pourtant. Mis à côté. Vishva... Latika... Du I et du A, qui s'entendent, s'accordent, se complètement. Décidément, Vishva n'est pas un prénom à placer tout seul dans une phrase. Dommage qu'un personnage se voulant plus ou moins charismatique, se soit affilié d'un "pseudonyme" si peu emblématique. Quoi que... C'était juste après s'être présenté, qu'elle avait grommelé. Apparemment, il provoquait d'étranges réactions. Voila quelque chose à méditer. Il rangeait alors l'information dans un coin de sa tête.
- Latika donc... Quel genre d'histoire une jeune fille comme toi, pourrait-elle bien raconter ? Demanda-t-il en croisant les jambes.
Conte d'un jour pluvieux, histoire du merveilleux. Il la regardait, attendant qu'elle se précise en une fable occidentale... Ou au contraire, en une épopée orientale. Enfaîte, il attendait simplement qu'elle lui fasse la conversation.

A ce qu'il savait, lui était un bon conteur. Sa voix nuancée donnait à ses histoires des airs sempiternels. Il réussissait à tenir aux aguets les autres, par des actions décrites assez lentement pour permettre d'être imaginées. Des sabres se fracassant en une danse sablonneuse ou un enfant au turban tout blanc, courant le long d'une rue, dans laquelle des vases fissurés, se faisaient fiers avec leurs formes bombées.
Les prophètes ont l'art des mots
Mais aussi l'inconsciences des sots
Et la frontière avec Jeanne est si mince
Que même leurs faits de Prince
Sont réduits en des outrances
Leur valant la potence
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mer 30 Nov - 13:34

«Hé là... C'est une bonne question. Je ne me rappelle plus pourquoi je les ai teint comme ça. Pourquoi ? Ça n'est pas joli ?»

Vishva avait haussé les épaules et sourit en posant la question, une seconde l'impression qu'elle l'avait vexé éffleura l'esprit de Latika, mais elle était trop captivée par cet étrange personnage pour s'en formaliser. Cette journée pluvieuse devenait de plus en plus sympathique, et la demoiselle répondit avec son timide enthousimasme.

«Nan, nan, ils sont jolis aussi ! C'est juste … étrange ! J'ai déjà vu des couleurs exubérantes ici, j'aime bien. Ils étaient déjà comme ça quand tu es … arrivé ?»

C'était déjà une amorce, toute petite certes, à un « d'où viens tu ? » un peu déguisé, qui lui brulait les lèvres depuis le début de la conversation. Elle ne se doutait pas que son interlocuteur n'était très porté sur son avant - bien au contraire.

«Latika donc... Quel genre d'histoire une jeune fille comme toi, pourrait-elle bien raconter ?»

C'était un peu LA question qu'il ne fallait pas poser à Latika. C'était bien simple, elle n'aimait pas tellement parler d'elle. Les histoires, elle préférait entendre parler de celles des autres, dans les siennes elle finissait toujours « victime ». Cela ne lui apportait aucune fierté. Que raconter d'autre a part cela ? Ce grand garçon à la chevelure rouge se fichait sûrement de ses émerveillements enfantins à la fermette un peu plus tôt. La jeune fille se força néanmoins à répondre, question de politesse.

«Oh, moi je n'ai pas grand chose à raconter … Ce matin, on m'a encore fait croire qu'il y avait contrôle, alors qu'en fait, non. Ce n'était pas la première fois. Je suis trop naïve, on arrète pas de me dire ça ...»

L'adolescente s'empourpra un peu, puis se reprit.

«Enfin ce n'est pas ma faute … Mais toi, tu semble gentil ! Tu es gentil ?»
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Lun 5 Déc - 22:11

Les plus jeunes ont un don particulier. Celui de poser naïvement des questions à même de faire apparaître de grands problèmes existentiels. Bon, grand est une exagération, mais c'est embêtant d'expliquer le pourquoi du comment de chaque parcelle de son attitude.
Pourquoi était-il si important pour chacun de rapporter toutes les actions à un début, une arrivée ? Oui, Vishva venait de quelque part, d'un pays chaud si vous voulez tout savoir. Mais était-ce si essentiel de chercher la profondeur des choses, à travers une teinte carmine, une carnation vaguement foncée et un regard brun aux nuances prophétiques.
    Alors oui, les enfants avaient le don des questions agaçantes.
Cependant, heureusement pour elle, Vishva ne faisait pas parti de ce genre de personnes se complaisant en remontrances. Il préférait laisser couler. C'était plus simple d'attendre que la tempête passe, que d'essayer de la braver... Quoi qu'encore, les prophètes sont sensés aimer défier les éléments, non ? Moïse en tout cas oui.

Dans l'attitude apaisée qui lui sied, Vishva passa ses doigts sur ses tatouages. Il aurait pu les contempler des heures entières, définir une à une les spirales enchevêtrées, les fleurs esquissées en une succession de traits ondulés. C'était un véritable art de jouer de l'instrument pour faire tout ça. On décelait la patience dont il avait usé dans les détails d'une spirale dentelée. Vraiment, le Mehndi ne pouvait simplement se réduire à un art de femme musulmane. C'était plus que ça ! Et si la virilité ne transpirait pas de l'henné, la beauté de la chose, elle, si.

Avec tout cela, il n'avait finalement pas répondu à la question de Latika. Le silence qu'il préférait laisser courir dans la salle, témoignait de son désir de mystères. Quoique mystère il n'y a pas vraiment. Il n'avait juste pas envie de s'étaler en dires d'un passé qui ne servait à rien. A présent qu'il était en Espérance, Vishva ne voyait aucun intérêt à parler d'un quelconque pays chaleureux, d'une quelconque vie antérieur. Avec un peu de chance, l'intemporalité des lieux finirait même par lui faire croire qu'il était né ici... A si seulement.

Le dénie de l'Avant dans lequel l'Indien adorait se perdre, ne pouvait remplacer la vérité pourtant. Il y avait dans sa tête, son mental, les effluves d'une culture d'un autre monde. L'envie d'une histoire, d'un conte oral que l'on s'échange au soir, devant un décor désertique, de maisons blanches ou bidons villes animés.
Les histoires de Shéhérazade avaient passé les décors d'une Perse d'avant, pour l'Inde de maintenant. Ce petit Jeanne d'Arc avait l'esprit assez enfantin d'un prince capricieux ou prophète averti, pour ne jamais se lasser des fabulations des autres.
    Latika, Latika
      Parle moi d'histoires enfantines
        Expose moi le regard d'une innocente
          Purifie par le feu le décor d'un prophète fataliste
Avait-il trop espéré ? Latika n'avait vraiment pas l'air emballé de répondre. En même temps, les enfants n'aiment pas être pris au dépourvu... En même temps les enfants aiment bien se perdre dans leurs dire, raconter l'inutile, se pavaner de détails à peines utiles. Mais cela le faisait quand même sourire, comme à présent, tandis qu'elle parlait de sa naïveté, récurant défaut des plus jeunes. Ce dernier semblait s'être particulièrement éprit d'elle, à ce qu'elle disait.

Pauvre, pauvre Latika. Mais parfois, vraiment, l'innocence à ses vertus qu'un adulte aimerait récupérer. Un esprit libre et candide n'évolue-t-il pas mieux que celui, entravé des vices d'une société corrompue ? Ah, heureusement que l'Espérance est une utopie. Ici, il ne peu y avoir plus de vices, que de vis dans un temple Antique.

Affichant la mine passive des jours de pluies, Vishva s’enfonça mollement dans le canapé, ramenant une jambe contre lui, alors qu'il tournait la tête vers sa jeune compagne de l'ennuie. Il eut un petit rire amusé, lorsqu'elle lui demanda s'il était gentil. Allons, qui pourrait répondre "non je suis un monstre de cruauté" ? Elle avait raison quand elle se disait naïve. Mais elle avait aussi de la chance que Vishva ne soit ni un pédophile, ni un autre dangereux personnage.
- Gentil... ? On peut dire que je le suis, répondit-il un brin pensif. "Qu'appelles-tu méchant ? Ceux qui te racontent qu'il y a des contrôles, alors que non ?"
Les enfants avaient la belle tendance d'être méchant les uns envers les autres, alors bon.
"Tu peux me dire qui sont ceux qui t'embêtent... J'irai leur parler" proposa-t-il ensuite, avec la voix lente et douce d'un grand frère protecteur.
Vishva sauveur de la veuve et de l'orphelin ? Bah oui ! On est pas un représentant d'Utopie pour rien. "Ou bien simplement me dire ce qui t'ennuie..."

Tout ça pour écouter. Tout ça pour passer le temps. Petit brin d'égoïsme ? Peut-être. Mais il n'y avait pas de mauvais sentiments derrière ça. Non, vraiment.
InvitéInvité
MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mar 20 Déc - 15:42

Petite Latika était bien une enfant, une enfant qui pouvait changer de sujet comme de chemise, elle n'avait même pas remarqué que Vishva avait éludé sa question. Toujours avec ses grands yeux, ces mêmes yeux naïfs qu'elle ne quitteraient peut être qu'en quittant son entrave, elle l'observait effleurer ses complexes tatouages, comme elle triturait parfois sa crinière brune. Avec une lenteur mesurée, il répondit à sa question.

"Gentil... ? On peut dire que je le suis. Qu'appelles-tu méchant ? Ceux qui te racontent qu'il y a des contrôles, alors que non ?"

Méchant ? Non, pour Latika, ce mot avait une connotation trop négative. La demoiselle se sentit un peu honteuse de les faire passer pour des "méchants". Pour elle, ils étaient juste ... "Pas Gentils" ? Quelque chose comme ça.

"Tu peux me dire qui sont ceux qui t'embêtent... J'irai leur parler. Ou bien simplement me dire ce qui t'ennuie..."

"Non non non, ils ne sont pas méchants, ils sont même drôles parfois ! Ce n'est pas la peine d'aller les sermonner, Bird le fait aussi parfois. Ce n'est pas grave si ils m'embêtent ... Tu dois être gentil. Tu ne te moque pas de moi, alors je pense que tu es gentil !"

Voila que Vishva souhaitait l'aider, elle se dit qu'elle n'en méritait pas tant ! Ce grand garçon aux cheveux roux était décidément un adulte respectable. Qu'est-ce qu'il faisait la d'ailleurs, était il un élève ? Un bref hausement de sourcil passa peut être sur son visage. Bah, encore une question qu'elle lui poserait plus tard, ou qu'elle n'oserait pas lui poser en fait, tout dépendrait de la conversation.

[Oo, pourquoi tu es passé en indépendant ?]
InvitéInvité
MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Jeu 22 Déc - 1:03

[Je suis passée en Indépendant à cause de l'âge de Vishva, mais aussi à cause d'un contexte de RP avec le Lièvre, où il était plus logique pour Vish' de se carapeter dans la maison à Cali huhu. Mais pour ce RP je suis encore à l'internat \ o /]

Le temps avait vraiment quelque chose d'apaisant finalement. Vishva ne se sentait particulièrement bien, mais pas non plus accablé. Il baignait dans une sorte de sérénité touchée de mélancolie. C'était plaisant... Déplaisant. Apaisant.
La salle commune, vide à cette heure là, était tout à fait appréciable. Il se sentait maître des lieux, pour le moment. Personne ne pourrait lui dire d'abandonner sa place. Et il n'aurait pas à supporter les pleurs des plus jeunes, chouinant de mauvaise foi devant un jeu de l'oie perdu. Non qu'ils ne soient pas mignons ces bouts de choux, mais parfois... Parfois ça tapait sur le système.

Ah... Il ne manquait plus que les effluves de narguilés et il se sentirait comme un pacha. Quoi que ! Minute papillon, stop toi là ! C'était insupportable cette tendance qu'il avait de se complaire dans l'Avant ! Le narguilé, la chaleur, le calme, c'étaient là des vertus d'une Orient. Pas d'une Espérance.
Or, à ses yeux, l'Espérance représentait un univers doux... Doux mais froid. Une sérénité impersonnelle, car tellement collective. Il y avait tellement d'opposition entre ses envies d'Orient et son accomplissement d'Espérancien. Pourtant, la sagesse le guiderait à faire de grandes concessions.

Si facile à dire. Il ferma les yeux et rejeta lentement sa tête contre le dossier du canapé. A se perdre ainsi dans ses pensées, il en deviendrait presque pessimiste. C'était pas bon ça. Mieux valait écouter Latika et sa naïveté. Latika et ses débats futiles sur si oui ou non, ses camarades de classe peuvent être considérés comme méchants.

Au final, il se mit à sourire, puis à rire. Doucement bien sûr, sans excès. Il rouvrit les yeux, pour mieux regarder la petite Indienne. Il aimait bien ce genre d'enfants là. De bonne humeur. C'était si sympathique de rester à leurs côtés. Ils ne houspillaient jamais. Cependant, est-ce que les plus joyeux n'étaient pas non plus ceux cachant les plus lourds secrets ? Non, non... N'allons pas voir les choses de manière si sombre.
- Latika... Tu as raison de prendre si bien les choses, la félicita-t-il en appuyant une main sur sa tête. "Mais fais attention quand même à ne pas te laisser trop avoir..."

Il se cala encore mieux dans le canapé et regarda alors au plafond, retirant sa main de la tête de Latika.
- Tu sais Latika... Les enfants comme toi, sont souvent les héros des contes... Mais avant cela, ils passent par de nombreuses péripéties. Es-tu courageuse ? demanda-t-il en tournant la tête vers elle.

Qui était vraiment cette indienne ? Simple naïve ou chevalier ?
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mer 18 Jan - 18:09

"Es-tu courageuse ?"
Courageuse ? Encore un mot qui n'avait qu'une signification vague dans la tête de Latika, comme « méchant », un signification un peu exagérée. Le souvenir de personnages d'épopées indiennes qu'on lui avait lue petite ou les contes qu'elle avait pu lire ici lui passèrent devant les yeux.
Quand il lui tapota affectueusement le crane, elle se dégagea avec le sourire, faisant voleter ses couettes.

"Je suis courageuse ! Enfin je crois, je sais pas ... Je me vois mal dans un conte."

C'était fou ce talent que la gamine avait de se dénigrer ainsi, perdant de l'assurance au fur et a mesure qu'elle allongeait sa phrase. Latika ne pensais jamais à elle, sans autre forme de modestie. En véritée elle ne savait pas si elle était courageuse, car elle n'avait jamais eu à l'être … Pas dans cette « vie » en tout cas, dans l'Avant peut être … Même dans le rêve, elle n'avait pas à être courageuse, elle cassait toujours sont miroir avant d'aller trop loin – ou se le faisait casser en fait. Mais elle était déterminée, doucement déterminée, pas au point de traverser mont et vaux, pas comme les personnages de conte, mais assez pour que quand elle ait envie de faire quelque chose, elle n'abandonne pas a la première difficultés.
Latika elle préférait se tourner vers les autres plutot que fouiller au fond d'elle. Vishva, elle le voyait bien dans un conte. Y avait il un personnage de conte auquel elle aurait pu le rattacher ? Aucun ne lui vint spontanément à l'esprit. Mais parler d'histoires lui donnait envie d'en écouter une. Avec a voix lente, Vishva devait être bon conteur.

"Tu me racontes une histoire ?"

Elle s'était redressé d'un coup sur le fauteuil pour dire ça. L'autre avait gardé les yeux rivés sur le plafond. Encore une fois elle changeait de sujet. C'est amusant de voir comment a chaque fois que la conversation tournait autours d'elle, elle reposait une question, ce n'était pas intentionnel.



[Ok ^^]
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Lun 23 Jan - 22:17

Plus Vishva la regardait, plus il se disait qu'il y avait chez elle une force de simplicité. Elle prenait tout avec légèreté et ses réponses lui laissaient penser qu'il n'aurait pas à chercher un énième sens derrière elles. De toute façon, Latika lui racontait le fin fond de ses réflexions d'une manière telle, qu'elle arrivait à se contredire toute seule devant lui.

Alala... Il lui avait juste demandé si elle était courageuse. Spontanément, et comme tous les enfants, elle avait dis oui, puis tic, tac, tic, tac elle n'en avait plus était très sûre.
Quoi dire là-dessus ? Pas grand chose selon le Gourou. Il voyait aussi clairement le manque de confiance en soi de Latika, que si elle avait était une plaque de pétrole dans l'océan Indien. Mouai, la remarque avait de quoi manquer de subtilité, mais elle restait véridique. La gamine était un livre ouvert, qui refusait pourtant de se confier.

Certes, Vish' pouvait se targuer d'être un bon lecteur - ou lecteur tout court - il n'avait pourtant pas envie, pas aujourd'hui en tout cas, de se lancer dans la lecture du caractère de la p'tite. Elle aurait pu tout dire, avouer, dénigrer, mentir... dire. Mais non, il fallait qu'elle lui demande de conter une histoire.

Lui voulait entendre l'histoire de Latika. Elle ne voulait pas s'entendre parler, apparemment tout du moins.

Alors Vishva soupira légèrement, se calant dans le sofa. Une histoire... Non un conte. Elle voulait qu'elle lui en raconte un. Mais lequel ? Innocemment, il aurait pu lui sortir celui d'Hansel & Gretel, de La belle au bois dormant, ou tout autres, devenus des adaptations de Walt Disney. Mais non.
Il lança un coup d'oeil à l'indienne qui s'était redressée dans son fauteuil et se mit à réfléchir. Qu'est-ce qu'il pourrait lui raconter ? Qu'est-ce qui serait assez prenant pour se confondre au caractère de Latika ? De lui fournir une morale à travailler ?

Boucle d'Or peut-être ? L'histoire d'une naïve s'invitant un peu trop facilement chez autrui. Oui, cela lui irait très bien. Sauf qu'il remanierait l'histoire pour coller à la fois à ses goûts de l'Orient et aussi à la bouille de sa petite spectatrice. Enfaîte, il innoverait complètement.

- Une histoire donc... commença-t-il, de sa voix foncièrement traînante. "Hum, alors... Il était un vizir, Asal-banou... qu'on connaissait plus pour la dernière de ses filles, que pour sa prospérité." il se tut un instant et prit une grande inspiration, avant de reprendre, toujours aussi posément. "... La dernière de ses filles ne nommait... Shahla. Elle venait d'atteindre l'âge auquel un père commence à chercher un bon prétendant, c'est-à-dire environs quinze ans. Au vu de ses grands yeux noirs et de sa grâce, il n'y avait aucun doute quand au fait, qu'Asal-banou puisse la donner en mariage assez rapidement. Cependant, Shahla était de ces filles dont la naïveté les conduit aux pires maladresses... Aux plus grands soucis."

Pendant un long moment, Vishva cessa de parler, laissant le temps à son histoire, tout juste inventée, de prendre suffisamment place dans l'esprit de la jeune Latika... Et puis, il lui fallait aussi réfléchir à la manière dont il raconterait la suite. L'exercice était assez dur, dans le fond.

- Shahla se baladait souvent près de l'oasis, en contrebas de la ville. Les animaux des marchands s'y abreuvaient parfois, au même titre que les nomades qui passaient par là.
Un soir, tandis qu'elle s'apprêtait à reprendre le chemin jusqu'à chez elle, un étranger, le visage caché derrière un amoncellement de tissus, s'approcha pour boire. Elle supposa qu'il était un nomade. Ces hommes se protégeaient souvent le visage d'une telle manière. Naïve, elle vint à sa rencontre et se mit à lui parler... Maladroite, elle en vint à lui confier à combien s'élever la fortune de son père."


Il continua ainsi les péripéties de la naïve Shahla, jusqu'à l'arrivée du courageux chevalier du désert qui lui porta secours, mettant hors d'état de nuire le nomade soit disant cupide. Le chevalier prétendit alors être un prince s'étant perdu et, sous la beauté de la demoiselle, voulu en faire sa princesse...

"A présent Latika... Une question persiste... Shahla s'est-elle encore faite avoir ou bien ce prince est bien ce qu'il prétend être ? Je te laisse méditer là-dessus" fit-il, d'un ton presque pédagogue.

Pour lui, le nomade était le vrai prince en tout cas... Mais prince ne signifiait pas que l'on soit forcément bon. Alors il était cupide.
Quant à l'homme du désert, il n'était qu'un mauvais bonhomme qui convoitait une naïve...
Parfois, il faudrait vraiment qu'il cesse de voir le mauvais côté des contes... Même des siens.
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Mer 25 Jan - 18:52

Revenons en arrière, Tac tic-tac tic ... Est-ce vraiment un geste maladroit ?
Ces cartes, pourquoi se sont-elles ainsi répandu ? En réalité tout ceci est faux.
Non pas que cela ne se soit jamais passé, disons simplement que ce moment ne se déroule pas vraiment ... dans Espérance.

Le sommeil ayant emporté notre cher Vishva, les cartes se rependirent à ses pieds. Hélas, chaque gouttelette sur la vitre, représente un reflet de trop ...

Quelques minutes s’écoulèrent est voilà qu'une petite fille entra à son tour dans la pièce.
Ramassa les cartes du jeune homme assoupie, puis prit place à ses côtés. Le calme régnait dans la pièce, si bien, que la jeune Latika finit par imiter le jeune homme à la chevelure rouge. Tous deux se retrouvèrent alors plongés dans le rêve.

" Les souvenirs sont liés aux attentes, attitudes ou pensées des personnes

Il est établi que les souvenirs de scènes vécues rapidement peuvent présenter de nombreuses lacunes. Si l'histoire ou la scène dont se souvient une personne présente des lacunes, il va inconsciemment les combler avec des morceaux de souvenirs antérieurs. Le souvenir aura pour lui la valeur d'événement réellement vécu, alors qu'il sera bien différent de ce qu'il s'est réellement passé. "


Aucun d'eux n’était conscient de ce qu'il venait de se passer. La mémoire, quelque chose de si fragile. Les hommes ont la capacité d'effacer ce qui les dérange. Espérance en est la preuve, combien de souvenirs sont resté à la porte de cet établissement.

"A présent Latika... Une question persiste... Shahla s'est-elle encore faite avoir ou bien ce prince est bien ce qu'il prétend être ? Je te laisse méditer là-dessus"

Au fur et à mesure que les mots s’échappaient de la bouche du jeune Vishva, la chaleur de la pièce grimpa. A tel point que les murs, ainsi que les objets de celle-ci se mirent à fondre lentement.
Le toit tomba en petite pluie au-dessus de leur tête, les murs s’écoulèrent laissant apparaître un immense désert. En effet il n’y avait plus rien autour d’eux, mis à part cette étendue de sable et les taches de couleurs que les objets anciennement présent avaient laissés sur le sol sableux.
InvitéInvité
MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Sam 11 Fév - 12:10

Tous les contes se ressemblent un peu, reproduisant le même schéma inlassablement. Pour beaucoup il aurait parut assez évident, vu la tournure des phrase du conteur, que le prince n'était pas ce qu'il disait être, dans les contes il y a toujours anguille sous roche. Mais Latika était du genre a ne voir qu'une vielle femme vendant des pommes en la sorcière de blanche neige, et suspendue aux lèvres de Vishva, elle rêvassait aux paysages de l'oasis, imaginant la scène, visualisant les décors et les habits. Aussi ne comprit-elle pas tout de suite que le décors de la "véritable" scène était en train de changer. Les rêves ont cette manie de paraître un peu trop réels, a tel point qu'on oublie le fait même qu'on soit en train de rêver. Néanmoins des choses auraient dut lui mettre la puce a l'oreille : le fait par exemple qu'ils soient toujours seuls dans la salle commune, alors que l'heure avançait et que les cours devaient être finis. Non, au lieu de ça elle suivait l'histoire de Shalala et de son prince du désert.

"A présent Latika... Une question persiste... Shahla s'est-elle encore faite avoir ou bien ce prince est bien ce qu'il prétend être ? Je te laisse méditer là-dessus"

Pour Latika, oui, il était évident, le prince était autant un prince que le nomade était cupide et "méchant", puisque Vishva l'avait dit, c'était une certitude. Et puis Shalala était l’héroïne d'une histoire, elle ne pouvait pas se faire avoir, pas comme Latika !
Mais après qu'il ait laissé un de ses habituels longs silences, elle hésita à répondre. Et c'est a cause de cette hésitation qu'elle s'arracha a la contemplation de l'autre indien - parce qu'il lui était maintenant évident qu'il était indien - et qu'elle se rendit compte de ce qui se passait autour d'eux. Elle se releva soudainement, regardant de tous cotés, émerveillée et paniquée a la fois. C'était un paysage magnifique, mais un paysage inconnu, la chaleur grimpait de secondes en secondes, et le soleil se reflétant sur le sable l'aveuglait. Les sourcils froncés, la voix un peu stridente et angoissée, elle s'écria en se retournant vers Vishva, toujours installé dans le fauteuil qui jurait avec l'étendue désertique autour de lui :

"Qu'est-ce qu'il se passe ?!!"
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MessageSujet: Re: Lorsque la pluie tombe [PV : Latika] Aujourd'hui à 19:41


Lorsque la pluie tombe [PV : Latika]

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