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— Par un matin d'hiver —

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MessageSujet: — Par un matin d'hiver — Jeu 12 Jan - 18:26


Une fois n'était pas coutume, Sidka avait gagné son combat quotidien contre la flemme. C'était donc avec sa démarche gracieuse habituelle qu'il avait pris la direction de la petite ferme de Bird, afin d'aller chercher des provisions pour son épicerie. Forcément, en plein hiver, il n'y avait pas grand chose ; le jeune homme espérait tout de même s'en retourner avec des poireaux, des choux, voir quelques navets et carottes. C'était rare qu'il se déplace lui-même à la ferme, mais en ce moment il s'ennuyait à mourir, alors une petite promenade était la bienvenue. Le comble, c'est qu'il n'avait croisé personne en venant, bien qu'il ne se soit pas levé aux aurores... Que c'était fade, l'hiver ! Et puis ça diminuait considérablement ses charmes ! Devoir s'engoncer dans des couches et couches de tissu n'avait jamais rendu personne attirant, et même Sidka ne faisait pas exception à cette règle. Au moins, le froid faisait rougir ses joues et lui donnait bonne mine... Il fallait qu'il voit le bon côté des choses.

C'était donc avec une moue boudeuse qu'il ne semblait pas vouloir quitter que le jeune homme avait débarqué à la ferme, se dirigeant directement vers la zone des cultures. Il espérait y trouver quelqu'un qui voudrait bien lui donner quelques légumes, sinon il serait obligé d'aller rendre visite à Bird pour lui demander de le faire. D'accord, l'idée de rendre visite à Bird n'était pas désagréable, mais si ce dernier n'était pas dans son bureau, il devrait le chercher ou l'attendre. S'il pouvait s'éviter cette peine, ça ne serait pas plus mal ! Au pire, s'il ne trouvait personne... Il irait au café, tiens ! Ça, c'était une bonne idée. Certainement une meilleure idée que de venir ici alors que le froid était vraiment glacial. C'était un froid sec, pénétrant, et même si le soleil blanc daignait honorer la ferme de sa présence, il n'était guère utile lorsqu'il s'agissait de produire de la chaleur. Le paysage était magnifique — on aurait dit une peinture à l'encre de chine, les arbres décharnés se découpant sur le ciel blanc — mais il restait difficile d'en apprécier la vue lorsqu'on grelottait malgré des vêtements chauds. Une bonne tasse de chocolat brûlant, voilà ce qui accaparait l'esprit de Sidka. Mais d'abord... Ses légumes, qu'il n'ait pas fait le déplacement pour rien !

Le jeune homme s'avança dans le potager, plissant les yeux face au soleil et au ciel laiteux qui lui brûlaient la rétine maintenant qu'il n'était plus à l'ombre des arbres. Il lui semblait voir une silhouette s'activer au milieu des choux, certainement un des jeunes habitants de la ferme... C'était du moins ce qu'il espérait. Les rayons de son épicerie se faisant désespérément vide, il lui fallait au moins quelques poireaux et carottes pour remplir le rayon des légumes. Surtout qu'en hiver, les fruits étaient presque inexistants — il ne lui restait que des noix et quelques pommes rescapées ! Bref, il manquait cruellement de produits frais à fournir aux habitants.

Il s'avança donc en direction de ce qui lui avait paru être une silhouette humaine, ses yeux ne quittant pas la petite allée de terre. Parce que oui, il jugeait plus mignon de regarder ses pieds que d'avoir les yeux plissés comme une taupe à la lumière du jour —même si de cette façon, il était incapable de vérifier s'il y avait bien quelqu'un ou non. Quitte à parler aux choux, il lança un « Bonjooour ! » plein d'entrain. Si une voix féminine lui répondait, il se déciderait à relever les yeux pour voir si elle était jolie. Sinon... Il aviserait.

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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Dim 29 Jan - 14:01

Il faisait froid aujourd’hui, un peu plus froid que d’habitude. Quoi de plus normal au début de l’hiver ? Le vent était frais, les arbres dégarnis de la moindre feuille. Pourtant l’adolescent se sentait bien dans ce cadre hivernal, comme s’il n’avait connu que ça durant sa courte vie. Il n’avait pas vraiment froid ainsi vêtu d’un t-shirt blanc à longues manches au-dessous d’un t-shirt brun à manches courtes sur lesquels il avait tout de même pris la peine de mettre un manteau d’hiver noir - vous savez ceux avec une capuche qui vous fait ressembler à un esquimau ?- Et comme à son habitude, il ne se séparait pas de ses gants de cuirs et son écharpe écossaises aux teintes noisettes. C’est en jean clair et bottes noires qu’il sorti du Foyer de Bird pour respirer à plein poumons l’air campagnard qui s’offrait à lui. Oui, il se sentait vraiment chez lui ici.

Le jeune homme constatant que les cultures étaient encore gelées aux aurores, se dirigea alors vers l’écurie où il alla rendre visite à son ami Star. Le cheval l’accueillait avec entrain, ce qui fit sourire le jeune homme qui s’affaira à lui brosser la crinière jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun nœud. Ceci fait, il plaça une couverture qu’il avait confectionnée pour le cheval sur ce dernier avant de l’amener à l’extérieur. Le soleil donnant sur les cultures avait réchauffé le sol et permettait à Caleb de les entretenir un minimum. Il rouquin attacha Star à une des barrières qui entouraient le terrain et s’en retourna à la ferme pour chercher une pioche et un râteau. Il se mit donc à débroussailler la terre qui était toutefois dure malgré l’aide de son ami le soleil. Mais il aimait entretenir le potager : rendre service lui avait toujours fait plaisir. Il vérifiait au passage si certaines denrées étaient prêtes à la récolte où s’il leur fallait encore quelques jours d’entretient.

Complètement absorbé dans sa tâche de désherbage des éventuelles mauvaises herbes (qui serviraient d’engrais naturel pour les prochaines semences), le jeune homme habitué à ce genre de travaux réussit à récolter une dizaine de carottes mûres, 7 gros choux, une quinzaine de navets et trois sacs de poireaux. Une belle récolte dont le jeune homme était fier de ranger dans la réserve de la grange qu’il ferma à clé ensuite. Il avait même eu droit à des choux de bruxelles et des choux-fleurs. Dieu devait avoir posé sa main d’abondance sur lui aujourd’hui. Caleb ne put se retenir d’un sourire à cette pensée.

C’est fier de sa récolte que l’adolescent se dirigea vers les cultures sous film protecteurs, vérifiant attentivement qu’il n’y avait aucun défaut sous ces serres-miniatures et ôtant les quelques mauvaises herbes qui pointaient encore le bout de leur nez. Dommage pour elles que c’était Caleb qui était chargé de l’entretient des cultures aujourd’hui. Tout le monde au foyer savait qu’il avait la main verte et qu’il était sans pitié avec les erreurs de mère nature ! Cependant, alors qu’il vérifiait l’état d’un plan de tomate, une voix masculine vint le surprendre par derrière via un « Bonjour » clamé tel une offrande au Dieu Soleil.


« Ouaaah ! »

Caleb en sursauta, lui qu’on laissait habituellement dans son coin bien tranquillement tomba sur son arrière train et fit face à l’homme qui l’avait – à ses yeux – agressé verbalement. D’un simple reflexe d’auto-défense, il s’arma de la pauvre petite pelle à potager qu’il avait sous la main et pointa cette dernière vers l’intrus de sexe masculin qui avait troublé sa paix intérieure. Les yeux exorbités de peur, le cœur palpitant et les membres tremblants à cause de cette fichue phobie, le jeune homme détailla l’aîné qui lui faisait face. Il détailla sa chevelure bleuté et ses yeux assortis, ainsi que sa peau pâle rougie par le froid de l’hiver. Un bel homme, qui n’avait point l’air hostile, mais auquel Caleb n’était pas prêt à accorder sa confiance.

« Q-Q-Que me voulez-vous ? » Bredouilla-t-il à demi-voix, comme s’il avait du mal à s’exprimer.
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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Dim 29 Jan - 16:41

« Ouaaah ! »

Dommage, ce n'était pas une voix féminine. Le jeune homme releva malgré tout la tête, surpris par une telle exclamation. Il avait juste dit bonjour, pourtant... Mouai, il était au courant qu'il y avait des gens un peu étranges au Foyer, soit. Puisque le mal était fait — il plissait ses yeux — il se décida à détailler l'apparence de l'adolescent en face de lui. Déjà, il ne l'avait jamais vu, ce qui était carrément étonnant. Soit ce gars-là était un arrivant fraîchement débarqué, soit il ne sortait presque jamais du Foyer. Alors, passons à la description : Sidka put constater que l'inconnu avait l'air un tantinet plus jeune que lui, il gardait des traits quelque peu enfantins. Des cheveux châtains, couleur banale. Des yeux plus particuliers, grosso modo turquoise. Sidka pouvait parfaitement observer les iris de son interlocuteur, puisque celui-ci avait l'air totalement terrifié et écarquillait donc les yeux. Le jeune homme arrêta son examen en remarquant cette peur qui émanait de son cadet. ... Comment ne l'avait-il pas remarqué avant ? Ce mec était carrément en train de pointer une petite pelle sur lui, et il tremblait — pas à cause du froid. Sidka en était presque vexé : qu'il ait surpris cet adolescent en arrivant, d'accord, mais qu'il le terrorise à ce point... Il n'avait pas l'habitude de ce genre de réaction, puisqu'il était loin d'être quelqu'un d'inquiétant ou d'intimidant.

« Q-Q-Que me voulez-vous ? »

Décidément, il avait vraiment l'air effrayé... Bon. D'abord, expliquer la raison de sa venue, au cas où ça puisse le rassurer. Et ensuite, tenter de nouer un dialogue ; Sidka n'aimait pas rester sur un échec, et effrayer quelqu'un était quelque chose qu'il considérait comme tel.

« Je tiens une petite épicerie dans le Bourg, j'aurais besoin de me ré-approvisionner en légumes, si c'est possible. Moi, c'est Sidka... Et je n'ai pas l'impression d'être quelqu'un de dangereux, tu peux poser cette pelle tu sais ! »

Il lui adressa ensuite un sourire qui se voulait rassurant, et qui l'était très certainement étant donné la capacité du jeune homme à exprimer ce qu'il désirait rien qu'avec son visage. Il avait aussi pris garde à laisser ses mains apparentes — qu'il avait froid, maintenant qu'elles n'étaient plus à l'abri de ses poches ! — et à ne pas s'approcher davantage du garçon : celui-ci pourrait voir qu'il n'avait nullement l'intention de l’agresser s'il faisait attention à ces détails. La courtoisie aurait voulu qu'il tende une main amicale à son interlocuteur, mais ce dernier risquerait d'interpréter ce geste comme une menace. Ne pas mettre la charrue avant les boeufs, un point essentiel.

Sidka ne cherchait pas à se faire un ami, après tout il était juste venu récupérer des légumes. Et il était lui même réticent à l'idée de se lier à quelqu'un au delà de la simple connaissance. Mais il mettait un point d'honneur à bien s'entendre avec les gens, ou en tout cas à essayer de faire bonne impression lors du premier contact — même s'il en resterait toujours pour ne pas l'aimer, c'était un fait dont il était conscient. Bref, il serait contrarié s'il n'arrivait pas à mettre ne serait-ce qu'un minimum en confiance cet adolescent apeuré.
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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Lun 30 Jan - 15:28

L’apparition masculine qui se tenait devant le jeune homme l’avait littéralement tétanisé sur place. Tremblotant de peur, armé de sa valeureuse petite pelle, il menaçait son agresseur en lui demandant verbalement ses intentions. Son aîné mis les mains hors de ses poches de manteaux pour exprimer sa venue en paix avant de se mettre à son tour à parler. L’épicier ? Il n’avait pas la tête de l’emploi. Plutôt celui d’un mannequin ou d’un acteur. Bref, le rouquin avait du mal à le croire et cela se remarquait facilement dans son plissement de regard. J’aimais auparavant le jeune homme n’avait eu affaire à ce genre de drôle d’oiseau auxquels il devait fournir des denrées pour fournir le village. Certes ses coéquipiers de travail lui en avaient déjà parlé, et Bird leur en avait vaguement expliqué le fonctionnement, mais de là à tomber sur la situation elle-même il y avait un monde ! Même avec sa mine d’ange et toute la bonne foi du monde, Caleb ne pouvait se résoudre à lui accorder sa confiance. Aussi un voile de méfiance se peint sur le visage angélique de l’adolescent au sol tandis qu’il descendait avec une lenteur déconcertante sa pelle jusqu’au sol sans quitter son ennemi du regard.

Constatant que ce dernier ne semblait pas prêt à lui sauter dessus, le jeune homme se décida à lâcher sa petite pelle et à se relever. Ceci fait il évita ostensiblement de regarder le dénommé Sidka dans les yeux, fermant ses paupières tandis qu’il s’époussetait l’arrière-train. Eh oui la terre ça marque, encore heureux qu’elle était gelée sinon il aurait été bon pour en changer. D’ailleurs il en avait encore les fesses douloureuses et refroidies… Mais passons. L’adolescent sortit un petit calepin de son jean ainsi qu’un stylo et s’appliqua à calligraphier au mieux son prénom à son tour. Ce dernier ne prenant que peu de place sur la feuille, il déchira le petit morceau de papier et le tendit vers son opposant, enfin décidé à l’affronter du regard jusqu’à ce qu’il ne saisisse le bout de papier.


Il patienta ainsi le temps qu’il lise son prénom, droit comme un piquet en épiant docilement le moindre de ses mouvements. Mais quand son regard revint de nouveau sur lui Caleb lui tourna le dos et l’incita à le suivre d’un signe de la main. Ses joues étaient un peu rosies d’être en présence d’un autre homme que lui ou que ceux qu’il avait rencontré, heureusement que la fraicheur ambiante pouvait le faire passer pour un frileux. L’autre devait le prendre pour un fou, mais qu’importe ? A Espérance, on est tous plus ou moins dérangés : telle est la leçon que le jeune homme aux yeux clairs avait tiré de ses observations au fil du temps. Il avança donc à grandes enjambées pour garder une égale distance entre lui et la personne qui le suivait, lui le phobique des hommes ne se sentait tout de même pas rassuré. Cette distance était pour lui nécessaire, après tout il avait bien constaté que l’autre était plus grand que lui. Et qui dit plus grand, dit longues jambes. Il ne tenait pas à être au même niveau que cet intrus dans son havre de paix, il en avait peur, même s’il émanait une aura agréable de ce dernier. Mieux vaut prévenir que guérir.

Caleb l’amena donc jusqu’à la réserve qui était toujours fermée à double tour depuis qu’il l’avait quittée précédemment. Non loin se tenait son tendre ami et cheval Star qui broutait l’herbe perlée de rosée. Avoir la présence de l’animal près de lui le rassurait dans le sens où se dernier pourrait le défendre ou du moins alerter autrui si son maître venait à être agressé. Un fin sourire s’étira sur ses douces lèvres avant qu’il ne reporte son regard vers son calepin, sur lequel cette fois il prit le temps de griffonner plus de mots que précédemment.


Le jeune homme lui tendit alors la petite feuille froissée sur laquelle il était allé à l’essentiel, gardant toujours une distance de sécurité entre lui et le pseudo-épicier du Bourg. D’ailleurs ? Qui lui disait que c’était vraiment un épicier ? Et s’il s’agissait juste d’un voleur ou d’un sans abri qui tenterait habilement de voler les récoltes du Foyer ? Caleb, paranoïaque ? Si peu. N’empêche que ces spéculations intérieures le laissèrent perplexe et renforcèrent l’idée de méfiance qu’éprouvait Caleb vis-à-vis de cet étranger. Il verrait bien pour tirer ça au clair par la suite de toute manière.

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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Lun 30 Jan - 19:33

L'adolescent avait consenti à lâcher sa pelle avec une lenteur effarante. Sidka avait l'impression d'être immobile depuis une éternité lorsqu'il le vit sortir de sa poche... Un carnet et un stylo. « Mais quelle idée de vouloir écrire par ce froid de canard ! En plus, il a des gants... » fut la première pensée qui lui traversa l'esprit. La seconde disait qu'il aurait bien aimé avoir des gants, lui aussi : il lui semblait que ses mains étaient en train de se pétrifier. Et le froid allait les abîmer et les assécher, tss ! Pendant que ce genre de réflexions très développées s'entrechoquaient dans sa tête, le jeune du Foyer avait eu le temps de finir d'écrire et de lui tendre le papier. Il n'avait pas l'air beaucoup plus à l'aise qu'avant, avec sa posture figée et son air méfiant... Sidka se saisit du papier avec le plus de douceur possible, et put y lire un prénom. Caleb. Pourquoi diable ce jeune homme était-il devenu muet ? Il l'avait pourtant bien entendu parler quelques minutes auparavant ! Le bleuté restait interloqué face à cette logique qui lui échappait, mais il allait de toute façon devoir se contenter de ça. Au moins, il avait un prénom... Etait-ce vraiment un progrès, maintenant que Caleb avait perdu la parole ?

A peine avait-il posé ses yeux sur son cadet que ce dernier se détournait de lui, lui adressant tout de même un signe pour lui faire comprendre qu'il devait le suivre. Sidka en profita pour ranger ses mains bien au chaud dans son manteau, et lui emboîta le pas tranquillement, laissant une certaine distance entre eux afin de ne pas affoler davantage Caleb. D'ailleurs, ce dernier avançait bien vite, comme s'il cherchait à le fuir alors même qu'il lui avait demandé de le suivre. Bon... Ce n'était pas tout à fait ce genre de compagnie que Sidka aurait aimé trouver ; il était clair que ce n'était pas avec son interlocuteur actuel — si l'on pouvait parler d'interlocuteur — qu'il serait en mesure d'avoir une conversation digne de ce nom. A moins qu'il ne retrouve sa langue, qui sait !

Le plus jeune marqua l'arrêt devant la réserve ; il semblait un peu plus détendu et eut même un sourire discret, allez savoir pourquoi. Ça arrangeait Sidka, en tout cas. A un moment, il se surprit même à espérer entendre une nouvelle fois la voix de Caleb... Mais non, ce fut une feuille de papier qui se présenta à nouveau sous ses yeux. Feuille qui confirma une de ses premières hypothèses : l'adolescent n'était pas à Espérance depuis bien longtemps, puisqu'il ignorait qu'il n'y avait pas de notion d'argent ici. On fonctionnait plutôt avec le troc. Et en échange d'une partie des récoltes de la ferme, Sidka rendait de temps en temps service à Bird — ce qu'il ne faisait pas avec grand plaisir cependant, lui qui était si feignant.


« J'ai surtout besoin de poireaux et de choux, mais si tu as des carottes ou des navets, je suis partant aussi ! Pour ce qui est de l'argent, il n'y en a pas ici. La mentalité, c'est plus de se rendre service mutuellement ou de faire du troc... Du coup je m'arrange avec Bird, il m'appelle quand il a besoin de mains supplémentaires à la ferme en échange d'une partie de ses produits. »

Sidka se voulait toujours le plus rassurant possible, il faisait des efforts pour avoir une voix chaleureuse — bien qu'elle le fut déjà naturellement, à priori. Il se dit ensuite que pour quelqu'un qui n'était pas habitué au mode de fonctionnement d'Espérance, et méfiant qui plus est, il pouvait paraître vraiment suspect, à demander à ce qu'on lui fournisse des légumes sans rien donner en échange dans l'immédiat.

« Tu pourras lui demander confirmation quand tu en auras l'occasion, si tu doutes de mon honnêteté. Je ne crois pas avoir l'air d'un malfrat... Mais je t'accorde que les apparences sont parfois trompeuses. »

Sidka ne put s'empêcher de sourire après cette remarque. Ou plutôt, il ne jugea pas nécessaire de retenir ce sourire ; il était plutôt connu à Espérance, Caleb aurait donc forcément l'occasion d'entendre parler de lui un jour ou un autre... En bien, il l'espérait.
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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Mar 31 Jan - 15:27

Le dénommé Sidka possèdait toujours cet air mielleux complètement inutile face à Caleb qui renforçait sa méfiance vis-à-vis de cet étrange personnage aux cheveux bleus. Comment ça il n’y avait pas de monnaie ici ? Le visage du garçon se défit petit à petit, plongé dans une profonde réflexion. Après tout on ne lui avait jamais demandé d’acheté ou de vendre quoi que ce soit ici alors cette idée de troc était tout à fait possible… Enfin, et si c’était encore une entourloupe de ce pseudo épicier ? Dans ses souvenirs, il se rappelait très bien que les frères donnaient des pièces d’or ou d’argent pour obtenir ce qu’ils désiraient. Cela s’appelait-il du troc ? Il ne s’en rappelait plus, c’était trop flou, trop loin pour lui. Mais ce qui était sûr, c’est que le rouquin, lui, ne possèdait pas un sous. Il ne pourrait donc pas faire la différence si l’autre lui donnait trop d’argent. Des services contre de la nourriture ? Décidemment ce Sidka prenait vraiment Caleb pour un idiot.

« Les frères ont toujours payé leur nourriture avec des pièces, ne te moques pas de moi. »

Soudainement, Caleb avait retrouvé la voix, ce qui lui ôta un frisson d’effroi : il commençait à s’énerver. Le ton était sec bien qu’enfantin et le jeune homme ne put retenir sa main de se poser sur sa bouche comme s’il n’avait pas le droit de parler. Il était perdu, et ce sourire accroché aux lèvres de celui qui lui faisait face ne lui inspirait nullement confiance. Sa main retomba donc contre sa cuisse avant que ses deux paumes ne se rangent sagement dans les poches avant de son jean. Le rouquin prit une profonde inspiration avant d’aller s’appuyer contre la porte de la réserve. Provocateur malgré son jeune âge, le plus jeune releva son regard transperçant vers son aîné, le défiant du regard et tentant d’examiner son inconscient bien que cela eut été impossible pour un vulgaire humain.

Prenant alors conscience qu’il s’était sans le vouloir rapproché de son ennemi, Caleb se mit à trembler de manière presque imperceptible tant il voulait contrôler ses gestes et son corps. Pourquoi diable avait-il une telle peur des hommes ? Pourquoi son corps réagissait plus vite que son esprit ne le faisait ? Caleb enrageait mentalement de ne pas avoir la réponse à cette question et serra les dents, tentant de ne plus penser à cette phobie dérangeante.

Pour revenir au sujet de son malaise, ce dernier semblait des plus inoffensifs. Mais comme il l’avait dit lui-même, les apparences sont souvent trompeuses… Qui était en réalité cet oiseau ? Une volaille qui voulait s’accaparer les réserves de la fermette ? Si seulement Bird était là, il aurait pu rassurer –ou protéger- son jeune élève craintif. Ce dernier se voulait pourtant courageux, et c’est avec une assurance mal contrôlée qu’il déglutit avant de croiser les bras sur son torse, de plus en plus méfiant et provocateur envers celui qui lui semblait suspect. Ses sourcils se froncèrent d’avantage pour se donner du courage – ainsi qu’un air un peu plus menaçant que d’habitude- avant qu’il ne prenne de nouveau la parole. Après tout maintenant qu’il avait entendu sa voix et qu’il l’avait agacé, Sidka ne serait pas surprit de l’entendre à nouveau.


« Et puis d’abord, qu’est-ce qui me prouve que tu es vraiment l’épicier du village, hein ? »

La moue presque boudeuse du jeune Caleb pouvait certes attendrir, mais à l’intérieur de lui régnait une foule de sentiments aléatoires et mauvais contre la personne qui se trouvait face à lui. Mais à bien y réfléchir, c’était peut-être sa trop grande méfiance envers son entourage qui l’avait rendu aussi associable ? Lui, il ne demandait rien d’autre que d’avoir des amis, des vrais. Ces personnes sur qui on peut reposer toute sa confiance. Néanmoins, il n’y arrivait pas, il était bloqué et franchement, ça le faisait souffrir… Mais il ne le montrait pas. Car montrer ses faiblesses à l’ennemi était le pire moyen d’atteindre ses objectifs.
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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Mar 31 Jan - 20:25

« Les frères ont toujours payé leur nourriture avec des pièces, ne te moques pas de moi. »

Allons bon. Après un tel temps de réflexion, Sidka s'attendait à ce que l'adolescent accepte d'ouvrir la porte de la réserve afin de lui donner les fameux légumes. Mais non, la méfiance semblait être un trait de caractère dominant chez lui. Le plus âgé était abattu de voir que personne n'avait jugé bon de lui expliquer les bases de la vie à Espérance, et ce n'était certainement pas lui qui pourrait le faire correctement, étant donné la confiance que Caleb lui accordait. Attendez. Il n'avait pas utilisé son carnet ! Voilà qu'il avait donc retrouvé l'usage de la parole... Et visiblement, c'était en cas d'émotion "fortes" que cette capacité lui revenait : la première fois, la surprise, voir la peur. Cette fois-ci, une certaine colère si l'on s'en tenait au ton sec qu'il avait employé. La colère, c'était déjà un moins mauvais signe que la peur, selon Sidka. Cela lui paraissait moins contre-nature : lui qui n'avait peur que de l'abandon, il était perturbé par cet adolescent qui fonctionnait à l'envers, terrifié dès qu'on lui adressait la parole. Pourtant, ce dernier semblait déjà regretter ses mots : une main vint cacher sa bouche, comme s'il avait fait une énorme gaffe. Une fois cette main retombée, Caleb vint s'adosser contre la porte de la réserve ; au lieu de lui dégager le passage comme la courtoisie l'aurait voulue, voilà qu'il le lui bloquait ! Face au regard perçant que lui lançait désormais l'adolescent, Sidka retint un long soupir. Il n'était pas vraiment exaspéré, juste... Blasé par un tel comportement. A cette allure, il devrait aller chercher Bird, ce qu'il aurait précisément souhaité éviter pour cause de flemmardise aiguë. Et si le directeur n'était pas là, il devrait dégoter un autre jeune du Foyer qui le connaisse... Pas si évident que ça, vu qu'il mettait rarement les pieds à la ferme. Alors que le jeune homme réfléchissait à la solution qui lui demanderait le moins d'effort, la voix de Caleb brisa à nouveau le silence. En recentrant son attention sur lui, Sidka put constater que ce dernier était... Tremblotant — toujours pas de froid — et crispé à la fois. C'était un exploit plutôt particulier, de contenir autant de tension.

« Et puis d’abord, qu’est-ce qui me prouve que tu es vraiment l’épicier du village, hein ? »

Aller chercher Bird commençait à devenir la seule solution envisageable... S'il était sûr d'avoir ses légumes au bout du compte, Sidka voulait bien patienter ; après tout, il n'avait rien de particulier à faire de sa journée. Le problème, c'est qu'il n'était pas sûr d'obtenir ses légumes. Et ça, c'était ce qui l'enquiquinait le plus : attendre dans le froid pour rien, hors de question ! Bon. Le dilemme se présentait sous cette forme : tenter de convaincre cet adolescent méfiant qu'il n'était pas ici pour l'escroquer, au risque de voir des craquelures dues au froid apparaître sur ses jolies mains pour rien... Ou s'en aller boire le chocolat chaud dont il rêvait, et être obligé de revenir plus tard. Comme il n'arrivait pas à se décider — et que laisser planer un silence pesant était loin d'être une solution — Sidka laissa son cadet choisir pour lui.

« Et bien... Rien. Je n'ai pas l'habitude qu'on me prenne pour un imposteur, alors je n'avais pas encore songé à préparer une preuve infaillible de mon identité. » dit-il tout d'abord, réprimant un rire. Car la situation était comique, à y réfléchir ; presque tout le monde à Espérance le connaissait, et il fallait qu'il tombe sur une des rares personnes qu'il n'avait jamais rencontré. Et il était certainement tombé sur la plus méfiante d'entre elles ! Plutôt que de l'irriter en mettant en doute son statut, l'adolescent l'amusait. Mais ça, il allait éviter de le laisser paraître ; il doutait que la moquerie aide son interlocuteur à se relaxer.

« Si Bird est dans le coin, tu peux aller lui demander directement. Sinon, à moins que tu acceptes tout de même de me donner quelques légumes, je reviendrais un autre jour. »

Sidka laissa alors le froid ambiant le faire frissonner. Si Caleb le remarquait, il pourrait éventuellement le prendre en pitié ; après tout, le bleuté avait vraiment froid, il ne faisait même pas semblant. Le jeune habitant du Foyer, lui, avait l'air insensible à la température glaciale — Avant, vivait-il dans un pays froid ? Il avait mentionné des frères, tout à l'heure... Mouai, ça n'était d'aucune utilité, il y avait des congrégations religieuses un peu partout. Et Sidka venait du Nord, ce qui ne l'empêchait pas de grelotter, après tout. Tant pis pour l'analyse, il allait se contenter de conclure que le plus jeune n'était pas frileux.
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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Mar 31 Jan - 22:09

Un silence pesant s’installa entre les deux jeunes hommes, récompensant grassement les doutes qu’avait le plus jeune sur son aîné. Peut-être faisait-il totalement fausse route ? Et s’il harcelait ce garçon pour rien du tout ? S’il était vraiment un épicier et pas un vagabond ? Après tout au vu de sa tenue vestimentaire il n’en avait pas vraiment l’air. Pas du tout d’ailleurs. L’homme était beau, le nier aurait été une injure. Le petit rouquin était donc en proie à un gros doute sur les ambitions de l’homme qui lui faisait face. L’oiseau bleu semblait un tantinet amusé de la situation, chose qui n’agaçait pas particulièrement Caleb, trop habitué aux moqueries lorsqu’il se rendait – rarement – en cours. Il se demandait juste ce qu’il y avait de drôle. Qu’un si frêle corps veuille protéger une si grande réserve face à un homme qui devait faire plus de 10 centimètres de plus que lui ? C’est vrai qu’à y réfléchir, c’était assez comique comme situation. Il avait l’air fin et on pouvait lire à l’encre invisible l’étiquette « petit nouveau » à en croire le regard presque attendri de Sidka.

Ce qui surprit le rouquin c’était l’air confiant qu’il avait cet homme. C’est qu’il y tenait à ses légumes ! Il le prit toutefois en pitié en constatant qu’il frissonnait de froid. Apparemment ce n’était pas un homme du nord comme lui. Non, sans doute lui avec sa peau claire avait dû être élevé avec une petite cuillère en argent dans la bouche et pas abandonné à un monastère dans les montagnes de l’Allemagne du Nord. Il se dérida alors petit à petit avant de pousser un long soupire qui en disait long sur l’énergie qu’il avait dût donner pour protéger ses légumes. Il n’y pouvait rien s’il avait un bon fond. L’autre avait l’air trop aimable et trop naïf pour que le rouquin ne ploie pas sous son sourire.

Il dégaina ainsi son trousseau de clés et pénétra dans la remise où étaient entassés les provisions de la Fermette de Bird. Il saisit l’un des sac de tissu fabriqué main par une des habitantes – et largement solide à ce que le jeune homme avait déjà pût tester – avant de se diriger vers les légumes. Le petit Allemand s’affaira alors à remplir le sac de deux bottes de poireaux (5 poireaux la botte), de 5 choux comme les provisions de ces derniers étaient encore faibles pour le moment, une dizaine de grosses carottes – non pas parce qu’on le surnommait poil de carotte au lycée je vois prie ! – et 8 navets si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Le tout pesait assez lourd et c’est en posant le dit sac de tissu sur le dos qu’il remarqua un tableau en ardoise sur lequel étaient griffonné des chiffres en fonctions de colonnes : il s’agissait d’un récapitulatif des dons de Bird à l’épicerie. Le rouquin se saisit de la craie et nota le contenu de son sac avant de signer, histoire que le directeur puisse vérifier plus tard.

Il sortit donc de la réserve tel le père noël apportant ses cadeaux aux petits enfants. Il posa lourdement le sac devant lui et l’épicier présumé avant de planter à nouveau son regard verdâtre dans le bleu des yeux de l’autre.


« Poireaux, Choux, Carottes, Navets, tout y est en quantité. Mais maintenant je crois bien qu’il est temps pour vous de venir déguster un chocolat chaud à l’intérieur, non ? »

Il avait bien remarqué que l’autre était glacé par le temps qu’il faisait dehors et s’en voulait un peu de l’avoir fait attendre aussi longtemps. Aussi rougit-il de honte fasse à sa propre proposition avant de se retourner pour fermer la porte de la réserve, qui devait absolument être hors de portée des rongeurs en tout genre qui traînaient en cette campagne. Il pensait déjà que l’autre refuserait poliment l’invitation après avoir attendu si longtemps dans le froid et s’être fait soupçonné durant si longtemps. Certes le froid est un mal pour certains, mais il est aussi un bien pour d’autres, comme Caleb en l’occurrence. C’est alors que ses joues étaient toujours un peu rougies d’une gêne enfantine qu’il se retourna vers Sidka pour savoir sa réponse à l’offre qui lui était proposée.
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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Mer 1 Fév - 15:06

Il y eut un moment de flottement, qui paru bien long à Sidka. La dernière fois que Caleb avait pris un tel temps de réflexion, cela ne s'était pas avéré concluant... A chaque seconde qui défilait, l'épicier se résignait donc un peu plus à devoir revenir un autre jour. Au pire, il pourrait envoyer quelqu'un, ce n'était pas bien grave. Ce qui l'embêtait, c'était de s'être déplacé pour rien ; mais il ne pouvait pas en vouloir à l'adolescent en face de lui, dont les doutes étaient légitimes. Et puis un soupir attira son attention : pendant cette attente, Caleb s'était détendu — il n'était plus aussi raide et avait desserré les dents. C'était toute sa tension qui semblait partir en fumée avec ce soupir. Bon signe ? Sidka n'en savait trop rien, cela pouvait vouloir dire soit qu'il venait d'obtenir sa confiance, soit qu'au contraire l'autre était soulagé de le voir partir dans les secondes à venir. Cependant, les gestes suivants confirmèrent à Sidka que la première solution était la bonne ; il fut réellement ravi lorsqu'il vit Caleb ouvrir la réserve et s'affairer à remplir un sac de provisions. D'une part, il était heureux d'obtenir ses légumes alors même qu'il n'y croyait plus. D'autre part, cela le réjouissait de voir qu'après tout, il ne faisait pas si peur que ça... Puisque l'adolescent farouche avait fini par l'accepter. Finalement, il n'était pas si étrange que ça, juste un peu trop méfiant — arrivé depuis peu, l'ambiance apaisante d'Espérance n'avait pas encore du faire effet sur lui.

Une fois le sac rempli et le petit tableau des dons complété, Caleb sortit de la réserve et posa le sac sur le sol avec une certaine fierté, comme s'il faisait vraiment une bonne action. Sidka était touché par ce comportement : le plus jeune avait l'air d'avoir un bon fond, en fait. Et surtout, il n'avait plus l'air terrifié par sa présence — bien que Sidka conservât une certaine distance avec lui, afin de ne pas l'affoler à nouveau. Lui qui était plutôt tactile, aimant jouer de ses charmes en frôlant une main ou une joue de temps en temps, il ne lui serait pourtant pas venu à l'esprit de poser la main sur Caleb. Bon... D'une part c'était un garçon, et Sidka n'avait pas l'habitude de reluquer les individus de sexe masculin. Mais la question n'était pas là, il était évident que le rouquin ne souhaitait aucun contact physique : hormis la distance qu'il mettait volontairement entre eux, et son inquiétude lorsque Sidka était arrivé, quelques signes en faveur de cette théorie venaient s'ajouter. Les gants, d'abord. Ou encore le fait qu'il ne lui ait pas donné le sac de légumes en main propre, mais qu'il l'ait plutôt posé sur le sol. Bref, l'épicier n'ayant pas pour but de faire fuir l'adolescent, il lui paraissait pour une fois naturel de ne pas trop s'en approcher.


« Poireaux, Choux, Carottes, Navets, tout y est en quantité. Mais maintenant je crois bien qu’il est temps pour vous de venir déguster un chocolat chaud à l’intérieur, non ? »

Sidka n'aurait jamais imaginé un tel revirement de situation. Peut-être que finalement, ses tremblements dus au froid avaient vraiment fait effet sur le plus jeune, qui l'avait pris en pitié. Ou alors ce gamin était télépathe, pour avoir deviné qu'il n'avait qu'une seule envie à l'heure actuelle : boire un chocolat bien chaud. Quoiqu'il en soit, le bleuté était agréablement surpris par cette proposition. Il hésitait cependant à accepter ; peut-être Caleb avait-il demandé cela par pure politesse, mais que ça l'embarrasserait de se trouver plus longtemps en sa présence. Il ne savait pas vraiment comment interpréter le rougissement de son cadet : une gêne pour s'être montré aussi audacieux ? Malgré toutes les réflexions qu'il se faisait, Sidka marchait plutôt à l'instinct — ce qui lui permettait de ne pas mettre cinq minutes pour répondre à la moindre question, par chance. En l'occurrence, son instinct s'imposait en braillant « CHOCOLAAAAAT ! » Et puis mine de rien, en savoir plus sur cet adolescent était une idée plaisante, pour une commère un curieux comme lui.

« C'est vraiment sympa de proposer, à vrai dire j'en rêve depuis que j'ai mis le nez dehors ce matin ! »

Sidka affichait désormais un sourire radieux (à lire : un sourire un peu plus large et franc qu'en temps normal). Il s'empara du sac de légumes — hors de question de les abandonner dans le froid maintenant qu'il les avait en sa possession — et fit quelques pas en direction du bâtiment principal de la ferme, avant de s'immobiliser en attendant que Caleb le dépasse pour le guider. D'accord, il savait tout à fait où aller... Mais en temps qu'invité, il y avait certaines choses à respecter. En parlant de ça, il était tellement obnubilé par sa tasse de chocolat qu'il n'avait pas songé à remercier Caleb pour le sac de légumes, erreur qu'il s'empressa de réparer.

« Merci pour les légumes, au fait. On se croisera peut-être dans le potager à l'occasion, quand je devrais accomplir mes travaux forcés en échange de ces provisions ! »

Il avait évidemment ajouté cette dernière phrase sur le ton de la plaisanterie ; mais il apprécierait vraiment que Caleb le voit aider à la ferme, un jour prochain. Histoire de ne plus passer pour un imposteur... Car ce n'était pas parce qu'il avait obtenu gain de cause qu'il avait prouvé son identité d'épicier. Et ça l'embêtait un peu, de se dire que l'adolescent pouvait toujours douter de sa bonne foi.
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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Mer 1 Fév - 18:08

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MessageSujet: Re: — Par un matin d'hiver — Aujourd'hui à 7:43


— Par un matin d'hiver —

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