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No difference, all monster, all Human.

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MessageSujet: No difference, all monster, all Human. Mar 14 Fév - 19:58

Qu’est-ce que le Reflet ?
Le sujet, complexe et simple à la fois, aurait fait un excellent thème de réflexion pour certains penseurs d’Espérance. Mais pour une gamine de onze ans à l’esprit étrangement canalisé vers un pôle unique que pouvait-il bien être ?
Le monde du rêve était aux yeux de Lili un cauchemar intérieur, une immersion dans sa psychologie. Il était aussi cruel qu’utile, un mauvais moment qu’il fallait passer pour évoluer. Personne par peur ne devait le fuir.
Vous l’aurez compris, c’est en connaissance de cause qu’elle avait dévoilé le miroir ce soir-là.

Se réveiller dans le Reflet était une sensation inédite : celle de savoir que tout en étant debout dans un univers fictif, on dormait toujours, chacun devenant alors un rêveur lucide dans ce songe.
Comme chaque fois qu’elle venait, elle était apparue sous la forme d’un ectoplasme invisible, inaudible et inutile, un état en soi qui peinait la gamine souhaitant dans les moyens de ses faibles capacités aider autrui.
Néanmoins aujourd’hui était un rêve un peu différent des autres. Même si sa transparence et son immatérialité n’avait pas disparu, un filet de voix portait dans le silence du décor, seulement audible pour les oreilles les plus attentives. C’était une voix de gamine à l’honneur blessé, qui se sentait profondément incomprise et victime.

Autour d’elle, les même machines à laver ce matin dans la réalité . Tout était semblable mais le gourou aux morales de contes n’y était pas. Au fond, n’était-ce pas elle le problème à ce moment-ci ? Devait-elle se remettre en question ?
Un sentiment désagréable noua son ventre, pourtant elle, trouver enfin le moyen de quitter cette apparence désavantageuse.
Elle quitta la laverie déserte et s’engouffra sur la grande place. Là, recroquevillé contre la fontaine centrale un être vivant à l’apparence de petit homme sauvage attendait. La gamine la scruta quelques instants sur d’avoir déjà entendu parler de ce corps recouvert par sa longue chevelure brune. Un nom et un visage apparurent à l’esprit de l’écolière. Une pointe de pitié piqua sa compassion.
Lili accourut vers la « bête » pour l’enserrer dans ses bras. Cependant, fantôme inexistant aux yeux du matériel la fillette la traversa. Des larmes commencèrent à humidifier à ses yeux, sa voix à trembler.

« Alice, pourquoi je n’existe pas dans cet univers ? »


Pourquoi parlait-elle ? L’entendait-on au moins ? Une fois de plus elle devait s’exprimer dans le vide.
Au loin ; venant de l’école, une existence semblable à la sienne arrivait. Peut-être que ce deuxième fantôme la verrait…


[je devrais avoir honte de faire un truc aussi à l'arrache^^' mais en fait non... l'avancée du jeu avant tout è_é. Par contre j'ai franchement honte pour le titre... si vous avez une meilleure idée. ]
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MessageSujet: Re: No difference, all monster, all Human. Jeu 16 Fév - 23:40

    Le Reflet. C'est comme ça que s'appelle l'endroit où se trouvait Alice, en ce moment. Il paraît que c'était étrange, que dans l'Avant ça n'existait pas. C'est ce que Bird lui avait dit, alors elle l'écoutait. Mais Avant, c'était comment? Comment arrive-t-on à s'imaginer quelque chose dont on ne se souvient plus? Le présent, c'était plus important, pour la gamine. Sa vie avec les animaux, à la ferme, à Espérance, même si les autres la trouvaient bizarre et lui faisaient mal à l'intérieur, cette vie là était importante, et puis, Avant, c'était trop lointain pour qu'elle y fasse attention. Elle aimerait juste ne plus voir ces choses noires et arrêter de disparaître comme ça, puisque cela effrayait son directeur adoré et la faisait passer pour une menteuse...

    Le rêve avait pris l'apparence habituelle de la ville, dans la réalité. Il n'y avait seulement personne, et un grand silence régnait sur la Place Centrale, un silence tellement étrange, tant on n'était habitué à savoir celle-ci pleine de rires et de chants d'enfants. C'était vide, tout simplement. Comme si tout était mort, comme si l'espoir était parti, envolé, en même temps que la vie qui animait la Place.

    Alice était assise, prostrée, son petit corps chétif et nu contre la pierre froide de la fontaine centrale. L'eau coulait doucement, comme un garant de la sérénité du lieu. Il semblait que tant qu'elle continuerait à se déverser dans le bassin, rien ne changerait, tout resterait identique et paisible.
    Les longs cheveux bruns de la fillette d'une douzaine d'année lui faisaient comme une rivière soyeuse et emmêlée, rivière qu'elle pressait entre ses petits doigts minces, qu'elle laissait tomber jusqu'à ses pieds nus.

    Une silhouette intangible et humaine sortit de la laverie voisine, sans faire de bruit, silencieuse et mélancolique, parfaite représentation que l'on se faisait du fantôme d'une petite fille. Elle s'approcha de Alice, l'observant un instant. Lili, car c'était son nom, reconnut en la forme chétive et nue la deuxième arrivée à Espérance, celle que peu appréciait vraiment et essayait d'approcher. L'âme errante prit pitié de la petite fille, qui avait l'air si faible, et chercha à la serrer dans ses bras, sans succès. Ce n'était qu'une forme dénuée de substance, simple projection inutile et immatérielle... Les larmes lui vint aux yeux, perles d'une tristesse profonde et sourde.

    « Alice, pourquoi je n’existe pas dans cet univers ? »


    Une voix douce, empreinte de lassitude et de chagrin, une voix quasiment inaudible. Alice faillit ne pas l'entendre, mais dans le silence total qui entourait la place, elle réussit à capter la question, avec difficulté, néanmoins. L'amnésique chercha un instant la source de ce bruit, mais puisque la voix disait qu'elle n'existait pas, alors c'était inutile, non? La petite brune baisse les yeux, alors, et conserva le silence un instant. Elle ne savait que répondre à cette question, mais la compassion lui dictait de dire quelque chose de gentil, n'importe quoi. Pourtant, si elle répondait, ne risquait-elle pas de plonger encore plus profondément le fantôme dans la souffrance?


    « Parce que... Parce que... C'est pas bien...»


    Alice ne savait pas ce qu'elle disait, exactement. Cela n'avait aucun sens... Dans son désir d'aider Lili, de trouver un mot pour la réconforter, elle n'avait fait qu'exprimer son désarroi de façon maladroite et anarchique vis-à-vis de la situation de la voix qui lui avait adressé la parole.
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MessageSujet: Re: No difference, all monster, all Human. Mer 29 Fév - 22:43



Le rêve est dérangeant. Soulever le drap est une mauvaise idée. Se retrouver ici est dérangeant. C’est comme du whisky. On boit et on oublie, on s’enivre ça aide à danser au milieu des autres, au sein de la vie. Et le lendemain le réveil est d’autant plus brutal. L’alcool est comme un reflet, comme le Reflet. Après notre cerveaux a une bonne gueule de bois, on peine à se réveiller et on ne le désire pas. Après le présent semble trop vrai et le passé trop flou. C’est une illusion qui se brise comme la dernière goutte tombe de la bouteille. Il laisse un coup pâteux dans la bouche comme après avoir mâché un chewing-gum à la menthe trop longtemps. Le rêve est comme ceci, comme cela. Mais il ne se définit pas. Il n’y pas de réponse précise à son existence, pas de règles à suivre. On est lâché dans le rêve et alea jacta est. Ceux qui rêvent te saluent, toi l’inconnu.

Alors tu ne soulèves pas le drap. Pour ne pas te bercer d’une illusion qui serait trop courte tout comme un coucher de soleil qui s’efface plus rapide qu’une larme. Trop ou pas assez, il n’y a pas d’alternative. Tu ne restes pas assis le cul entre deux chaises, non. Tu gigotes incessamment entre les deux solutions, passant de l’une à l’autre, de l’autre à l’une. Plus pratique, pas trop fatiguant, jamais indécis. Mais cette nuit tu es tombé de l’autre côté. Dans le Reflet. Donc tu es là dans le reflet, mais pas dans le tien. Pas dans ton reflet à toi. Le tien est vide et flou. Celui-ci est réaliste, tellement réaliste que tu n’as pas compris tout de suite que tu y étais. Mais il était vide aussi. Vide de personnes et de bruits.

Enfin presque. Il y a eu un léger mouvement, une ombre qui passe et que tu suis des yeux. Puis ton corps la suit aussi, de loin, de très loin. Vous êtes dehors, il y a de la lumière mais pas de soleil, ni de ciel, c’est flou en haut. Ça t’énerve. De ne pas voir le ciel, de ne pas avoir de repères, ça t’énerves. Tu grognes un peu, il y a trop de lumière ici, c’est explosant. La lumière est très vive, pour toi du moins. Vois le bon côté des choses, la fine ombre translucide n’en est que plus visible. Il faut rester maître de la situation. Rester maître de son corps et de ses réactions.

Mais ici tu ne l’es pas. Quand tu vois l’ombre de moins en moins visible assise à côté d’une jeune fille. Que tu connais. Alice. La sauvageonne, la protégé de Bird, celle que tu le monde prend pour une menteuse. Au fond ils ne savent peut-être pas juste l’écouter. Compassion. Pauvre fille, pauvre ombre. Que faites-vous ici, perdues dans cette école vide ?

Et l’ombre murmure soudain. Pour toi cela équivaut à une explosion de décibel. Mais c’est juste un murmure, un son ténu qui s’échappe étreint d’angoisse. Pourquoi je n’existe pas ? Ce souffle est un cri à ton cerveau. Un cri de peine que personne n‘entend. Comme se croire en vie alors qu’on est mort, se croire inexistant alors qu’on est là… Ne pas savoir, être condamné à la question sans réponse. Pourquoi ne suis-je pas réellement ? Tu te poses aussi cette question. C’est le chaos dans ta tête. Hiroshima c’est de la gnognotte comparé à cette question. Parce que tu ne peux pas y répondre.

Alors tu t’avances à grands pas, tu cours presque. Il n’est plus temps de songer à une quelconque modération. Tu doit connaitre la réponse. L’autre fille. Que dit-elle ? Nan. Ça ne peut pas être ça. La réponse, ça ne peut pas être ça. C’est trop …facile ? Non, horrible conviendrait mieux. Tu n’existes pas parce que tu ne devrais pas exister, voilà c’est tout. Mais non, parce que vous êtes bien là. Ombre mais là.

Alors tu t’accroupis vivement et à l’ombre tu dis :

« Bienvenue parmi les fantômes.»


Une main sur le cœur et la mort dans l’âme.



Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: No difference, all monster, all Human. Dim 11 Mar - 6:45

Si la vérité sort de la bouche des enfants que voulait dire celle ci ?
Les quelques mots d'Alice étaient à doubles tranchants, ambiguë, accusant tout à la fois la fillette nordique et cet univers.

Qu'est ce qui n'était pas bien ?

La phrase de réconfort, maladroite, se transforma en lame acérée, confirmant ce que la gamine au crin clair ne voulait pas admettre : le «  pas bien » ici, c'était elle. Contrairement à ce qu'elle avait souhaité elle ne servait à rien, ne pouvait soigner personne et n'en avait pas les capacités. Elle n'avait pas réussi à débarrasser Vishva de son mal, créant tout au plus de la colère et du mépris chez l'individu. Peut-être qu'elle était la raison de sa disparition soudaine.
Le cœur de Lili se serra, profondément blessé. Si elle ne pouvait pas être utile comme ses parents l'avaient été, qu'elle ne pouvait s'accomplir dans cette volonté, alors le but de sa vie disparaissait. Plutôt mourir que de mal tourner .
Lili s'écarta de l'enfant sauvage, le regard embué. Son corps déjà peu opaque s’éclaircit laissant transparaitre la lumière du jour. Elle, comme le miroir dans sa poche s'atténuerait jusqu'à ne plus exister, jusqu'à ce que, comme toutes les fois, le rêve prenne fin.

Elle recula, se retourna, vit que le fantôme auparavant au loin était à présent là, près d'elle. Elle reconnu son visage, entendit ses mots amers :


« Bienvenue parmi les fantômes.»

Lili ne voulait pas en faire parti. Elle voulait apparaître. Toucher, sentir : Exister.

Elle avait envie de pleurer, de crier sa tristesse.
Elle avait envie mais rien ne sorti. Le silence.
Un silence mortuaire. Car Alice ici était la seule à vraiment exister.
Lentement la nordique se serra contre le torse du garçon. Même si son corps était froid, son cœur ensanglanté ne battant plus, elle pouvait l'enserrer, lui qui, dans le rêve, lui était si semblable.

«  Logan... Aide moi s'il te plait... Alice ne doit pas repartir comme elle est arrivée... car sinon je disparaîtrait...Que ce soit toi ou elle... je dois vous aider. »

Elle se tourna vers l'enfant sauvage et incertaine qu'elle l'entende lui cria :

« Alice ! Quel est ton problème !? »


La douleur lui avait fait perdre sa timidité. Un bien pour un mal dit on. Mais dans tout les cas, quelque chose au fond commençait d'évoluer.
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MessageSujet: Re: No difference, all monster, all Human. Mar 24 Avr - 20:07

Les mots qu'avaient prononcé Alice, dans son innocence un peu bête, aveuglément méchante, ces mots résonnèrent durement dans l'air de la place triste. Trop embrouillée, pas habituée à parler, la fillette avait, par ses enchaînements de syllabes, profondément meurtri Lili. Celle-ci perdit le peu de consistance qu'elle avait, pour devenir encore plus translucide, si cela était possible. Et pourtant, les larmes qui manquaient de subir une chute vertigineuse en quittant l'abri qu'étaient ses yeux étaient bien visibles, mais le fantôme s'était détourné pour ne pas que son interlocutrice ne les voit.
Et pendant ce temps qui passait, cette tristesse qui perdurait, une autre silhouette immatérielle s'approchait. Elle était masculine, cette fois, et avançait aussi vite que ses jambes le permettaient, ces jambes qui le propulsaient pour qu'il atteigne le plus rapidement possible son homologue féminin et la petite sauvage qui se faisaient interminablement face. Une fois arrivé, il posa une main sur son coeur, et souhaita la bienvenue à Lili. La bienvenue chez les fantômes.
L'apparition ne pipa mot, trop désespérée, trop choquée pour parler. Elle entreprit de chercher quelque réconfort en se serrant contre son compagnon d'infortune, appelé Logan. Et elle le supplia de l'aider à faire quelque chose pour Alice, n'importe quoi, pour que la sauvageonne reparte sous sa véritable apparence, celle qui était sienne dans la Réalité. Elle fit donc volte-face, pour se trouver devant Alice, perdue et touchée par l'état immatériel de son interlocutrice.

De toute la force de sa voix pour essayer de se faire comprendre, ele lui posa une question. Cette question qui soignait, dans le Rêve, pour que ceux qui arpentaient les lieux de cet étrange univers irréel abandonnent leurs peurs, leur Entrave.
Mais la chétive brunette, ses longs cheveux cachant sa nudité, ne savait que répondre. Du moins, pas comme l'aurait espéré Lili. Parce qu'Alice ne pouvait penser que quelque chose clochait chez elle. Elle n'aimait pas parler avec les autres d'elle-même. Et alors ? Eux la prenait pour une menteuse, une folle dont Bird avait pitié. Peut-être même que le Directeur était malade, lui-aussi, pour se prendre d'affection pour l'asociale qui préférait les animaux du Foyer aux humains.
Bird... Il occupait presque en permanence les pensées de sa protégée. Parce qu'elle l'adorait, c'était une évidence, plus, une certitude. Et avec l'arrivée progressive des arrivants à Espérance, le jeune homme avait beaucoup moins de temps à lui accorder, et ça, elle le supportait difficilement. Sans lui, elle était perdue, totalement déboussolée. Après tout, c'était lui qui lui avait tout réapprit, alors que la fille ne se souvenait plus de rien. Si elle aurait connu la signification de ce mot, Alice l'aurait qualifié de "Papa".

Avec une moue désabusée, la sauvage entreprit d'expliquer ce qui clochait.

- Bird... Il y a trop de gens... Il, il ne s'occupe plus de... C'est plus comme avant ! Je le vois pas beaucoup, c'est pas bien.

La gamine avait cette façon de parler qui lui était propre, qui n'était pas de son âge, comme si elle était attardée, trop perdue dans son monde qu'elle ne s'en rendait pas compte. Ses yeux se perdirent dans le vague, mais elle ne pleura pas. Non... Mais au fond, elle était peinée, déçue. Elle ne faisait pas même attention aux deux fantômes.
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MessageSujet: Re: No difference, all monster, all Human. Jeu 12 Juil - 13:33

Il ne fallait pas. C’était une idée qui frappait, qui te frappait. Il ne fallait pas. Pas être ici. Pas être comme ça. Elle était laide la réalité trop brutale, mais le rêve ne l’adoucissait en rien. Elle était moche la réalité, trop violente et acérée. Mais que faire de ces mots prononcés sans sens, si séparés, détachés les uns des autres ?

Tu n’as pas de cœur Logan. Tu es insensible aux larmes, aux cris, aux pleurs, aux supplications. Et la petite spectre qui s’accroche désespérément à ton bras, ne sera jamais une exception. Tu ne souffres pas les exceptions. Parce qu’elles sont horribles, parce qu’elles font mal parce qu’elles te martyrisent. Non, tu ne souffrent pas les exceptions. Le monde n’est qu’une succession d’événements, de couleurs, de brouhaha sans continuité. Tu sens le monde, mais refuse de le toucher. Tu le vois et résistes à le regarder. Jamais, tu ne t’arrête pour admirer. Car tout est trop éclatant pour toi.

Mais ces deux filles, là, n’ont aucun éclat. Elles sont noirceur, elles sont transparence. Peu importe leur apparence, peu importe leurs mots, ces phrases lancées pour harponner tes tympans. Peu importe. Tu es là. Vous êtes là. Vous existez. Et tu sait cette existence. Tu sens le sang pulser à tes tempes, tu peux voir leur teint devenir plus pâle ou plus rouge, elles vivent. C’est une vérité fière et triomphante, il n’y a aucune énigme à cela. C’est une évidence.

Elle parle d’aider. Mais comment ? Mais qui ? Le rêve n’est pas réel. C’est sa définition. On ne peut aider le rêve, on ne peut aider dans le rêve. Cela n’a pas de sens. Ton cerveau ne comprend pas, il ne comprend pas ce qui pousse une enfant à souhaiter de toute son âme la libération des Entraves. Car toi, Logan, qui te targue de tout déchiffrer, de tout démêler, tu ne sais même pas que tu es Entravé.

Alors tu ne comprends pas, même dans ce simulacre de réalité.

L’autre ne semble pas comprendre non plus. Perdue. Et tu as envie de partir soudain, de fuir ces deux folles. De retourner dans un sommeil réparateur, de fuir ces couleurs et ces bruit. Et tout ce qui s’enchaîne sans que tu ne puisses émettre une logique qui explicite chaque geste. Ça te tue. Ça te tue… Tu veux savoir, tu veux comprendre, tu veux pouvoir tout ranger dans des cases et te recoucher l’esprit enfin apaisé. Réfugié dans ton monde, enfin sans l’Extérieur toujours aussi agressif. Tu veux les quitter. Mais quelque chose t’empêches de les abandonner. Pas de la sympathie, une soif de comprendre, une curiosité déplacée.

Tu ne sais pas qui elles sont. Tu ne sais pas quel est leur problème. Tu te fous des humains. Tu te fous de leur vie agitée. Tu cherches à savoir. Tu cherches à prévenir. Et là, tout ce que tu veux c’est avoir une réponse à ta question. Son problème est que le Directeur s’occupe des autres à sa place. Mais pourquoi est-ce gênant ? Il a du travail, et alors ? Il n’est pas mort. Ce n’est pas gênant. Ce n’est pas une réponse.

« Je ne comprend pas. Pourquoi ce n’est pas bien ? Du moment que l’on existe, du moment que le monde existe, il n’y a pas de problème, non ? »

Tu es à côté de la plaque. Tu regardes celle qui t’agrippe. Tu lui tiens le poignet, doucement, pour ne pas la briser. Tu la repousses, délicatement, comme si elle menaçait de s’évaporer à chaque instant.

« Est-ce à cause de ton cœur que ce n’est pas bien ? Est-ce pour cela que je ne peux comprendre ? »

Et tu te rappelles. Pour paraitre accueillant, il faut un sourire. Toujours sourire, tu oublies à chaque fois. Alors tu fais comme dans un livre. Tu penches un peu la tête sur le côté, fermes les yeux et esquisse un retroussage de lèvres. Rictus mécanique. Aucune joie ne t’anime.

Mais tu veux tout savoir. Tu veux tout ressentir.
Savoir si tu as le droit d’être appelé « humain ».

Spoiler:
 





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MessageSujet: Re: No difference, all monster, all Human. Ven 20 Juil - 9:41

L'homme et la femme étaient diamétralement opposés.
Si la femme était sentimentale, l'homme se moquait de ce genre de chose, ou tout du moins, c'est ce que Lili avait souvent pensé. Elle se souvenait d'affaires où des hommes avaient battu cruellement leur femme à se demander alors quel être humain pourvu d'un cœur pouvait ainsi agir.
Logan faisait parti de ces bipédes indifférents au sort d'autrui.
Lili et Alice étaient de ces créatures que l'homme ébranlent et brisent par des mots.

Même s'il feignait une quelconque compagnion, Lili lisait en Logan : il ne cherchait qu'à comprendre. Il se moquait du sort malheureux d'Alice, analysant la situation sans le moindre sentiment.

« Je ne comprend pas. Pourquoi ce n’est pas bien ? Du moment que l’on existe, du moment que le monde existe, il n’y a pas de problème, non ? Est-ce à cause de ton cœur que ce n’est pas bien ? Est-ce pour cela que je ne peux comprendre ? »

La phrase piqua Lili empourprant ses joues. Logan était un monstre. Un Monstre hypocrite, un pantin blasé qui souriait sans qu'aucune joie ne l'anime. Elle le détestait. L'homme n'était pas une machine, il ne pouvait pas se contenter d'une façon de voir aussi simpliste.

Lili était en colére. De fréle fantôme transparent, l'énergie de l'aigreur l'avait rendue un peu plus opaque , juste assez matérielle pour agir dans un élan de courage.

Sa petite main vola et vint s'écraser sur le visage du géant nordique. Les larmes embuérent ses yeux et son cri du cœur rententit. Pour elle, pour Alice, pour l'incompréhension.

«  Il n'y a pas de probléme ???!!! Tu ne comprends donc rien ? N'as tu pas de cœur ? N'as tu jamais renssenti ce vide quand une personne que l'on aime n'est pas là pour soi ?? Nous ne sommes peut-être rien comparé à ce monde mais nous avons besoin des sentiments ! Ce n'est pas une chose secondaire !! »

La gamine vint enserrer le corps nu et à peine formé de son ainée. Elle, Lili, avait besoin de pleurer car Alice ne le faisait pas alors qu'elle était si triste pour son Oiseau.
Une fois de plus la nordique elle était inutile.... Jamais elle ne serait comme ceux qu'elle aimait et admirait tant, jamais elle ne serait comme ses parents.


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MessageSujet: Re: No difference, all monster, all Human. Lun 6 Aoû - 12:08

Une ville, une école fantôme. Perdue dans le reflet. La véritable Espérance, vidée de ses habitants. Vide sidéral, émotionnel. L'Empire de Bird façon Miséricorde.
Nuit sans rêveurs? Le rire de la Reine du Reflet résonne. Clair, froid, puissant et terrible. A vous en remuer les tripes. Est-ce à cause d'elle que les entravés ne viennent plus autant s'endormir ici? Son rire aux éclats démoniaques résonne, encore et encore et encore. Et l’écho, comme un porte-parole désespéré aux bottes de la Reine, continue à transmettre ce rire. Elle rit elle rit.

"Le rire est un comportement réflexe, exprimant généralement un sentiment de gaieté, qui se manifeste par un enchaînement de petites expirations saccadées accompagné d'une vocalisation inarticulée plus ou moins bruyante. Ces mouvements concernent en premier lieu la musculature respiratoire et le larynx et sont accompagnés d'une mimique provoquée par la contraction de muscles faciaux, entraînant notamment l'ouverture de la bouche. D'autres mouvements plus ou moins contrôlés peuvent accompagner le rire."

Fond sonore du Reflet. Et si seulement l'Oiseau pouvait entendre ce rire, et en percevoir toute son entité ! Toute sa violence, toute cette flamme vengeresse qu'elle exprime.
Miséricorde s'abattra sur vous. Miséricorde enflammera du regard le monde des rêves. Car lui, ce pitoyable oiseau, a mit fin à ses festivités. Ce bal dont elle tenait les brides, où elle s'amusait comme une folle à l'imiter. Fini. Il avait mit fin à un épisode se déroulant dans son empire. Il avait décidé de la fin du cauchemar, piquant en même temps le rôle de Miséricorde, comme elle, avait prit le sien.
Étonnant tour de passe-passe. Je suis toi, tu es moi. Comme s'ils étaient proches, et au fond d'eux, les mêmes.
Miséricorde, doppelgänger de Bird. Bird, doppelgänger de Miséricorde. Drôle de pensées...

Son rire résonna, cruel et froid, et s'abattit sur l'austérité de la nuit sans rêveurs.

Mais pas totalement. Un, deux, trois, vus. Encore son rire secoue les habitations vides de l'Espérance du rêve. Les trois souris doivent bien l'entendre.
Deux fantômes et une vivante. Fantômes ; fantômes.
Et une vivante. Une sauvage, une petite écervelée perdue. Alice. Alice, petite protégée de son ennemi l'Oiseau.
Alice, petit canari faiblard.

Et si Espérance se changeait en ville peuplée de fantômes? De fantômes errants, abandonnés et désespérés, à la marche mélancolique. Des fantômes que l'on connait, des fantômes que l'on aime vivants. Au regard si vide qu'il vous plonge dans une agonie de l'âme. Des fantômes que l'on a connu du côté de l'Empire de Bird.
Au coin de la rue apparaît une ombre, ectoplasme errant. Grand et brun, mais l'on ne distingue guère les couleurs effacées. Le regard souffrant et perdu. Tellement désespéré. Froid, à l'haleine glacé. Un fantôme, qui une fois vu par Alice, blessera celle qui l'aime le plus. Un spectre de Bird. Un Directeur qui passe à côté du petit groupe, sans un coup d'oeil pour Alice. Sans la moindre émotion. Ignorance.
Et derrière lui, un gourou. Vishva, cet homme disparu. A la marche lente, mais encore fière et empreinte de piété. Un gourou au regard accusateur. Aux yeux qui - seule trace de vie dans ce corps fantomatique - fusillent Lili. Ils brûlent, ils consument, ils accusent.

Mais il en manque un. Qu'est-ce qui cloche chez le troisième? Ce grand jeune homme? Chercher. Scruter. Chercher. Trouvé. Un air... qui lui dit quelque chose.
Elle sait. Un petit pincement à la poitrine. Ce rêveur lui fait penser à quelqu'un.

Alors derrière les deux fantômes avançant, égarés, un vivant les suit. A l'allure fière et à la marche joyeuse. Il est beau, heureux, il sourit, et jette un regard plein de gaieté et de vivacité à son double fantôme, qui se tient plus loin avec Alice et Lili.
Alors, ça fait quoi de voir ce à quoi on pourrait ressembler?
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