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Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné]

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MessageSujet: Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné] Lun 27 Fév - 21:18

« Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque »

Un nouveau jour se lève. Un nouveau jour dans ce petit paradis où la jeune Biga s'épanouit au fur et à mesure dans son utopie. Sa petite bulle qu'elle entretient régulièrement en allant à la bibliothèque lire des contes ou des histoires pour enfants. Après tout, elle en est encore une, du haut de ses quinze-seize ans.
Dans cette petite bulle qu'elle s'est construite en arrivant à Espérance, le monde est beau, joyeux et enchanté. Oui, ce matin même, elle avait ouvert les yeux dans une chambre baignée par le soleil et habitée par des papillons colorés. Belle vision pour commencer la journée. Aussi décida-t-elle de la continuer ailleurs, pour voir ce merveilleux monde se développer tout autour d'elle. Essayant de ne pas croiser d'autre personne. Les critiques et les rumeurs vont vite à se diffuser, et à percer cette protection pour arriver à ses petites oreilles. Biga ferait comme d'habitude, elle marcherait lentement, évitant les coins trop peuplés de l'internat afin d'arriver à destination.
Cet univers qu'elle s'est crée est aussi fragile qu'une bulle de savon. L'utopie est toujours là, à portée de main, mais il ne suffit que d'un élément non voulu pour tout détruire et faire revenir l'utopiste à la réalité.
C'est d'ailleurs un choc brutal pour Biga, de se retrouver ainsi projetée dans cette réalité qu'elle a si souvent voulu bannir de sa vie, mais c'est impossible de fermer les yeux sur la réalité. Elle revient toujours. Toujours.

En se levant, elle jeta un coup d'œil à sa camarade qui somme toute, n'était déjà plus dans le monde des rêves, elle aussi. Elle lui fit un signe de main et se leva pour faire sa toilette. Biga, au lieu d'aller faire comme les autres, et prendre le petit déjeuné avec eux, préfère profiter de toutes les occasions pour passer inaperçue dans les couloirs, quitte à sauter les repas pour avoir plus de chance. Un petit réveil auprès des livres, c'en était presque jouissif. A la place de sentir l'odeur du thé, du café, son nez avait une préférence particulière pour l'odeur des vieux livres jaunis. Sa vue, au lieu d'être attirée par les mines endormies de ses compagnons d'internat, semblait se délecter des dessins multicolores des livres pour enfants. Le tout surplombé par un silence qui était alors le maître incontesté de cet endroit paradisiaque. Paradisiaque parce que le silence était alors comme les bornes du Jardin d’Éden. C'était la limite à ne pas franchir pour les rumeurs et autres moqueries. Elle pouvait alors se concentrer sur ce qu'elle lisait, sans craindre que sa bulle n'éclate.

Elle avait réussi à passer les couloirs en rencontrant une seule personne. Un type qui ne lui lança qu'un regard. Mais ce regard avait suffit à fissurer cette protection. Un son arriva à s'introduire par la brèche : « misérable ». Pas encore. Pas encore. Assez ! La faille s'ouvrit encore un peu plus, la bulle était à deux doigts d'éclater en mille morceaux. Biga courut, encore et encore pour trouver la tranquillité de la bibliothèque. Cette journée qui avait pourtant si bien commencée allait être réduite à néant, encore. « Traînée. » Taisez vous ! « Salo- ». Elle entra dans la salle qui semblait assez peu peuplée pour un matin bien entamé. Elle soupira. La voix s'était tue. Sa bulle avait tenu un peu le choc, non sans dégâts, mais si elle restait là, dans son petit coin habituel, elle se rétablira, et elle pourrait espérer passer une journée à peu près tranquille. Si personne ne venait la déranger.
À force de venir se réfugier ici, ou à la salle d'art, Biga s'était aménagé une petite place douillette entre le rayon des contes, et celui des romans d'amour. Oui, elle aimait bien ce genre de roman à l'eau de rose. Ils sont simples à lire, et puis ils font rêver. Celui qu'elle aime tout particulièrement, c'est Jane Eyre de Charlotte Brontë. Le personnage principal, petit être à l'apparence bien loin des princesses et autres canons de beauté, avait trouvé l'amour de sa vie au delà des apparences. Sans porter de jugement. Sans critiquer et et surtout sans se moquer de son Jules. Elle a réussi à passer au delà de ce que Biga à peur. L'héroïne parfaite en somme. Si seulement elle pouvait être comme elle...

Une fois arrivée dans la bibliothèque, elle se dirigea vers le fameux rayon des romans d'amour, où la galanterie a une place importante. La bienséance oblige à ne pas dire du mal d'un tel ou un tel en présence de ce dernier. Même l'hypocrisie suffit à Biga pour se sentir à peu près bien avec certaines personnes. Certaines, car d'autres peuvent sentir le mensonge à plein nez. Et rien de pire pour que ces mots tels que « misérables » ou encore  « putain » reviennent à ses oreilles. C'est ainsi qu'elle fit courir ses doigts le long des cotes de livres vieillies par le temps. Sa main s'arrêta sur une, plus abîmée, sans doute à cause de l'utilisation plus poussée qu'on avait dû produire.

« Jane Eyre... Ou Charlotte Brontë... Qui que vous soyez, votre monde remplit le mien d'espoir. » murmura-t-elle avant de coller le livre contre sa poitrine. Un sourire passa alors sur ses lèvres, et elle s'en alla gaiement vers son coin. Son coin rien qu'à elle pensait-elle alors.

Elle tourna à gauche, au bout du rayon et là...là sa petite bulle qu'elle avait eu du mal à préserver s'éclata. Les petits papillons qui l'avaient alors accompagnés et qui avaient tenus bon pour elle, s'envolèrent comme de la vapeur d'eau. Un homme, là, était assis dans son coin à elle. Il lui avait prit sa place sans rien demander. Sans s'être demandé si elle n'appartenait pas déjà à quelqu'un. Ou peut-être qu'il le savait au final. Il devait être supérieur à elle pour faire ce genre de chose. Elle, misérable fillette qui ne valait rien par rapport à lui, et ne pourrait pas lutter. « Salope, misérable, tu ne vaux rien, dégage. » Encore cette même voix résonnait dans sa tête, l'assaillant sans arrêt depuis que sa protection avait disparue, à cause de cet homme. Non, à cause d'elle, puisqu'elle ne valait rien, c'était vrai au final. Biga, abattue, recula pour partir, et pour fuir. Où ? Se morfondre dans sa chambre comme d'habitude. Mais le destin en avait décidé autrement pour elle. Une pile de livre la fit basculer en arrière. Elle tomba à terre, l'air piteuse avec ses cheveux recouvrant une partie du sol, et le vieux livre éventré à côté de sa tête. Oui elle avait mal. Mal aux reins, et surtout au cœur. Parce qu'avec la chance qu'elle avait, il viendrait sûrement se moquer de sa chute pitoyable.


Dernière édition par Biga le Lun 5 Mar - 19:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné] Mar 28 Fév - 14:37

another day in paradise.

Il n’avait pas fermé l’œil de la nuit.
Regardant le plafond de sa chambre pendant des heures, se retournant dans son lit, se levant, se recouchant, faisant les cent pas. Il avait même fini par s’assoir à son bureau, griffonnant quelques mots. Des phrases, parfois, voir quelques vers au détour d’une ligne. Les heures passaient et il restait là, incapable de retrouver le calme pesant de la nuit, ne songeant qu’à l’écriture pour rompre le silence et remplir celui-ci par sa plume qui s’agitait sur la feuille. Avec lenteur puis frénésie, avec douceur et acharnement, avec ou sans logique. Juste pour penser à autre chose, occuper son esprit jusqu’à ne plus rien visualiser d’autre que ses quelques mots. L’aube arrivait et il commença à rédiger une lettre, une de celles qu’il écrivait sans jamais la donner à son destinataire : il avouait ses sentiments et pensées vulgaires, ce qu’il ne disait pas, ce qui le brûlait parfois, ces passions qu’il n’admettait pas.
Il parlerait à Anneke la première ; et il mettrait le point final à cette lettre une petite heure plus tard, alors que le soleil pointait à l’horizon et qu’il lui était désormais possible de sortir de chez lui. Malgré les cernes sous ses yeux, ses mouvements encore plus lents que d’habitude, sa tête lourde et sa soudaine migraine, il ne désirait plus rester dans cette pièce, seul, le silence que la nuit avait laissé l’oppressait.

Il n’aimait pas le silence.
Ni la nuit ; tout ce qui le forçait à fermer les paupières et ne rien faire d’autre que d’écouter ses pensées le perturbait. Parce qu’après il y avait ça, l’Avant. Les tirs, les bombes, les hurlements, le vide. Et derrière ses paupières closes des cadavres, des cendres, du sang, de la boue. C’était tout ça mélangé, ça bouillonnait dans son esprit, ça l’empêchait de dormir, ça le perturbait quand il restait éveillé. Jamais de repos, la fatigue le prenait, voilà quelques jours que ça s’intensifiait et qu’il ne dormait plus très bien. Ecrivant des phrases sans queue ni tête, des lettres qu’il n’enverrait jamais, des songes qu’il n’osait pas même s’avouer. N’importe quoi pour ne plus penser à cela. Ne plus avoir peur : et il ne connaissait qu’un seul et unique moyen pour cela, la bibliothèque.

C’était un peu son endroit fétiche ces temps-ci, il y allait tous les matins et lisait un peu tout et n’importe quoi. Entre ouvrages scientifiques, essaies philosophiques, romans d’aventure ou d’amour. Il avait fini par s’y intéresser, lisant ce qu’on lui conseillait et cherchant peu à peu à consulter des chefs-d’œuvre de littérature. Arrivant dans l’imposante bâtisse – sans véritablement s’en apercevoir, la fatigue comprimant légèrement ses sens - ; il choisit de s’installer dans un coin un peu isolé, histoire si possible de ne croiser personne, il se sentait trop fatigué pour faire la conversation à qui que ce soit pour le moment. Entre deux rangées de livre, un peu de tranquillité, il s’y installa et ne vit pas le temps passer trop occupé par les écrits de Victor Hugo. Occuper ainsi ses pensées ne lui permit pas de savoir quelle heure il était, cependant il fallait admettre qu’il n’avait pensé à rien d’autres que ces lignes qu’il dévorait avec une fureur discrète.

Relevant les yeux quelques secondes, il put voir une jeune fille aux longs cheveux bruns. Il ne put s’attarder sur son visage car ses yeux avaient été immédiatement attirés par le livre qu’elle tenait dans ses bras, voilà quelques jours qu’il cherchait à le lire. Alors qu’elle rebroussait chemin il se leva pour l’interpeller – à croire qu’il avait à présent l’énergie suffisante pour faire cela. Mais elle tomba si brutalement en arrière qu’il prit quelques secondes.

Elle avait dû se faire mal, et lui qui était un véritable gentleman ne prenait pas même cette peine d’aller l’aider à se relever ? Il fallait aller plus vite que ça. Oubliant un peu cette réticence suprême qu’il ressentait à l’idée du moindre contact physique, il saisit le bras de la demoiselle pour l’aider tout doucement à se relever. Une fois debout il put observer ses grands yeux et sa mine… effrayée.

    « Est-ce que tout va bien ? Tu ne t’es pas blessée ? »

Le tutoiement vint naturellement compte tenu de l’âge de la demoiselle qui avait ainsi chuté. Se baissant il ramassa le livre, observant sa couverture abîmée. Il eut un léger sourire.

    « Jane Eyre. »

Se dit-il à lui-même. Il releva les yeux vers elle.

    « Oh, excuse-moi, c’est juste que je cherche ce livre depuis quelques temps. Tiens le voilà. »

Et il le lui tendit comme un vrai gentleman.
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MessageSujet: Re: Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné] Mar 28 Fév - 20:55

« L'enfer c'est les autres, le paradis aussi »

[justify]La bulle fissurée. La bulle éclatée. La bulle envolée. La chute avait achevé le travail de la voix plus tôt dans la matinée. Biga se retrouvait alors sans plus aucune protection. Son monde avait disparu comme sa petite utopie qui la faisait plus ou moins tenir ici.
Alors qu'elle se maudissait d'avoir été aussi stupide pour buter contre une pile de livre, la voix chanta de plus belle, de son timbre mielleux et doux. « Même pas capable de marcher correctement. Ce type, ce type regarde le comme il t'a prit la place, rien qu'en voyant ce que tu avais pu faire, il a comprit à quel point tu ne servais et tu ne sers toujours à rien. Je ne te plaindrais pas, puisque tu ne le vaux même pas. »
La fillette laissa monter quelques larmes en elle. Ces fameuses larmes qu'elle avait fini par accepter. Parce qu'au final, elle en avait prit l'habitude. Son visage devait avoir un goût salé, et même le savon qu'elle devait utiliser alors, ne suffisait pas à l'enlever et à parfumer son visage de cerise. Mais cette fois ci, elles ne coulèrent pas, elle vinrent simplement humidifier son regard assez clair.

Biga était simplement surprise voire choquée. Depuis quand la touchait-on ? Depuis quand daignait-on s'approcher d'elle et lui demander si elle était...quoi déjà ? Ah oui, « blessée ». Au fond qui s'en souciait ? Pas lui...si ? Elle secoua la tête, et dans un petit gémissement, le repoussa. Bizarrement, ses genoux s'entrechoquaient dans un mouvement réguliers, et de ce fait, elle n'eut pas d'autre choix que de rester plantée là comme un piquet, regardant cet homme toujours près d'elle. Le plus étrange dans tous ces événement était qu'il continuait à lui parler. Il voulait sans doute l'humilier encore plus. Sa tenue n'allait pas ? Sa tête ne lui revenait pas ? Il voulait l'aider à se remettre droite pour mieux la faire plier sous ses mots moqueurs et horripilants ? Il devait être de mèche avec la voix.


« Oh, excuse-moi, c'est juste que je cherche ce livre depuis quelques temps. Tiens le voilà. »

…Il le lui a rendu. Le livre était là, suspendu en l'air par une main. Celle du jeune homme. Ses yeux allaient du livre à lui. Dans un perpétuel mouvement d'incompréhension. Il l'avait aidé à se relever et il lui rendait son livre. Il lui rendait ce qu'elle avait alors qu'il aurait pu le lui prendre comme il avait fait avec sa place. Ça ne devait pas tourner rond dans sa tête pensa-t-elle. Mais elle se devait de le remercier pour ce geste. Ou peut-être le remercier de sa future humiliation. De plus, elle ne voyait plus ses petits papillons ni la lumière dorée qui l'avait jusqu'alors noyée bien heureusement. Paradoxale en un sens. Un noyé est-il heureux ? Somme toute comme le bébé dans le liquide amniotique, Biga se complaisait dans l'eau et dans cette noyade aux couleurs chaudes dont sa bulle était remplie.

Elle prit le temps de rassembler le peu d'énergie et de préparer une phrase de remerciement à un inconnu qui somme toute avait été....gentil. C'était étrange de le penser. Que quelqu'un ait pu être gentil avec elle, sans mots blessant. Pourtant à y voir de plus près, il avait toujours ses yeux fixés sur elle. Pourquoi la regardait-il ? Elle devait être laide, aujourd'hui encore. Laide comme hier, et comme demain. Laide physiquement et intérieurement. « laideron. » Tais-toi bon sang !
Mais il fallait le remercier quitte à...à ce qu'il se moque. Non, il ne pouvait pas... il n'avait pas le droit après avoir semer le doute dans son petit esprit, de la trahir, et de se moquer, de critiquer et de la juger.

« 
Pitié, murmura-t-elle avant de secouer la tête, merci. »
Elle se fit toute petite et récupéra le livre dans une main. Baissant toujours la tête, ses genoux ne s'entrechoquaient plus, et contre toute attente, elle n'avait plus vraiment envie de partir.
Elle osa même une autre phrase : «
 Vous vouliez lire Jane Eyre... J-je pourrais peut-être vous le passer ?


Dernière édition par Biga le Lun 5 Mar - 19:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné] Mer 29 Fév - 0:29

Il n’avait jamais connu une telle jeune fille.

Quelques secondes à regarder ses pupilles qui cherchaient de l’aide, qui le regardaient de façon névrosé, qui n’osaient jamais véritablement se poser sur lui : restant dans une perpétuelle danse entre son visage et le livre qu’il tenait dans la main. Ses genoux qui claquaient l’un contre l’autre, ses légers tremblements au creux de ses lèvres, son corps qui paraissait soudainement si faible et fragile, comme s’il allait se briser au moindre mouvement brusque – elle venait quand même de faire une sacré chute, et pourtant elle semblait plus délicate que jamais. Il eut une seconde d’hésitation, se demandant s’il l’avait effrayée d’une quelconque façon, s’il avait dit quelque chose qu’il ne fallait pas. Il aurait presque capable de noyer son interlocutrice sous un flot d’excuses et de mots rassurants. C’était peut-être son côté trop fraternel qui ressortait là, mais voir ainsi une jeune fille semblant si pure et vulnérable lui faisait de la peine et il eut une envie de s’assoir là à l’écouter. Il se dit, le plus banalement du monde qu’elle devait une jolie voix, peut-être un peu cassée par la peur et la timidité.

    « Pitié… merci. »

A peine plus audible qu’un murmure, mais au moins il ne s’était pas trompé : une très jolie voix. Il doutait de son âge véritable mais elle ressemblait à une enfant perdue à la recherche de ses parents, ayant peur de l’inconnu qui se présentait là pour l’aider. Cependant il était certain qu’une simple présence bienveillante ne lui serait pas bien utile à cette jeune demoiselle au regard fuyant et aux genoux flageolant – bien qu’à présent, ce n’était plus le cas. Il aurait aimé regarder ses yeux où il avait cru percevoir une certaine brillance, indiquant peut-être que des légères larmes menaçaient ses yeux. Il voulait s’assurer que ce n’était pas le cas.
Trop gentil ce Frederick, il en deviendrait presque flippant parfois.

    « Vous vouliez lire Jane Eyre... J-je pourrais peut-être vous le passer ? »

Il avait dû se pencher vers elle pour distinguer le faible timbre de sa voix toute maigre et douce. Il esquissa un léger sourire, sachant cependant qu’elle ne pouvait le voir, se demandant s’il devait faire un signe quelconque pour la pousser à relever la tête vers lui. Il se contenterait de parler, de sa voix monotone mais qui avait le don d’être gentille et rassurante.

    « Je ne me permettrais pas, garde le. Je le lirai après. »

Le plus banalement du monde.
Cependant il ne pouvait achever cette conversation ainsi, il devait en savoir plus, comprendre qu’est-ce qui agitait ses genoux et faisaient tanguer ses lèvres de façon si précipitée. Il mit ses mains dans son dos, regardant les cheveux bruns de la demoiselle tomber devant ses yeux, lui empêchant la moindre vue.

    « Tu es sûre que ça va ? »

Il s’inquiétait, le gentil Frederick. Voilà tout.
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MessageSujet: Re: Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné] Lun 5 Mar - 11:42

« Je ne me permettrais pas, garde le. Je le lirai après. »
« Tu es sûre que ça va ? » « Tu es sûre que ça va ? »
« Je ne me permettrais pas, garde le. Je le lirai après. » « après. »« après. » « après. »

Autant de mots posés les uns à côtés des autres sans que la petite Biga ne puisse réellement saisir leurs sens. Il faut dire, après les bribes de mots désagréables et humiliants répétés à longueur de journée dans son oreille, entendre ce genre de phrase est....surprenant. Et agréablement surprenant. Au premier abord.
Lire « après » elle, a quelque chose de flatteur en un sens, puisqu'il prendrait le temps d'attendre. Attendre qu'elle ait fini. Ça sonnait comme un rêve, une sorte de conte où le beau prince charmant passait les pseudos caprices de la princesse. Quoiqu'il en soit... Biga sourit à travers sa barrière capillaire. Elle releva la tête en reculant un peu, pour ne pas qu'il la voit agir ainsi. Quelle honte de la voir sourire. Aussi rougit-elle et lui tourna le dos .

«
 Vous pouvez le lire...vraiment » dit-elle en se retournant de moitié, assez pour lui passer le vieux bouquin.
«
 Je l'ai assez lu, pour que vous en profitiez »

Presque un miracle. Elle avait réussi à parler, plus que d'habitude avec des étrangers. Ces étrangers qui lui font si peur à force de se moquer -ou non- d'elle, et ce, sans sa bulle de protection. Sans son petit monde imaginaire, sans sa carapace, elle avait pu formuler plus d'une phrase sans ''faillir''.
« Misérable créature. Tu es assez bête pour penser qu'il s'inquiétait pour toi ? S'il veut que tu lise ce livre en premier c'est pour te démonter ensuite d'avoir mit trop de temps à le lire ! Mais que crois-tu, pauvre enfant stupide, qu'il s'intéressait à toi ? Qu'il s'intéressait à Rien, au Néant ? À la stupidité ? Tu me fais bien rire, non, tu me ferais presque pitié. »
Envolées les douces illusions et rêves de princesse. La petite utopie qu'elle avait voulu se créer en l'espace d'un instant, venait d'être détruite par la vilaine sorcière. Encore et toujours invaincue par quiconque. Biga sentit ses genoux s'entrechoquer à nouveaux. Dieu qu'elle pouvait être facilement décelable ! Elle en avait presque honte. Elle se faufila, dans un élan de bravoure, jusqu'à son coin, que le jeune homme avait quitté, et ramena ses jambes contre elle.

«
 Partez...partez, vous me faites du mal à rester ici ! Je sais ce que vous voulez, et vous avez réussi à l'avoir ! J-je... vous vous êtes suffisamment moqué de moi. Allez vous en ! »

Depuis quand pouvait-elle donner des ordres ?

« 
Je suis désolée...ne m'en voulez pas... » Elle s'enfonçait encore plus dans ses propres mots, sans trop savoir qu'elle attitude aborder. S'il se moquait réellement d'elle, ou non. S'il était vraiment gentil, ou non ? S'il s'inquiétait pour elle, ou non ? Des doutes l'assaillirent comme à chaque fois qu'elle rencontrait des gens, encore plus, si ces gens lui parlaient ou restaient avec elle.

« 
Je voulais pas....enfin si...mais non...qu'est-ce que vous me voulez ? »

La question était claire et simple. Il ne devrait pas, ne pas comprendre non ? Et puis au fond, tout ce que la petite Biga espérait, était une réponse qu'il l'inclurait avec gentillesse. Comme avec Ekaterina qui l'avait accueillie à bras ouverts sans la juger ni la critiquer. Une sorte de présence bienveillante à son égard. D'une pour se rassurer, et gagner de la confiance, et de deux, pour faire taire cette voix insupportable. Mais il faudrait du temps, et des passages dans le rêve. Enfin, espérons qu'au moins cet homme ait la délicatesse de ne pas porter un jugement de valeur sur la demoiselle. Ça serait indigne d'un chevalier, n'est-ce pas ?

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné] Dim 11 Mar - 14:20

Il fut surpris de la voir se retourner, ayant vaguement cru voir un sourire sur ses lèvres. Il s’était peut-être trompé, il releva un sourcil, perplexe, ne sachant pas quelle attitude adopter avec cette demoiselle. Se demandant même s’il n’avait pas été maladroit d’une quelconque manière sans s’en apercevoir.

    « Vous pouvez le lire...vraiment »

Il saisit mollement le livre qu’elle lui tendait, ne décrochant pas son regard de ses cheveux et de son profil qu’il pouvait légèrement voir de là où il était.

    « Je l'ai assez lu, pour que vous en profitiez »

    « Dans ce cas, merci beaucoup. »

Dit-il d’une voix basse, étonné bien que légèrement joyeux à l’idée de lire cet ouvrage qu’il ne trouvait pas, n’arrivant pas manifester ce léger contentement dans sa voix : se demandant, encore une fois, pourquoi cette jeune fille se comportait comme cela, si c’était de sa faute ou pas. Et pour tout dire, voir ses jambes et ses épaules se secouer de nouveaux spasmes ne l’aidèrent pas à comprendre la situation qui semblait lui échapper un peu plus à chaque seconde. Alors qu’il s’apprêtait à l’interpeller elle fit demi-tour, passant derrière lui jusqu’à l’endroit qu’il venait de quitter. Il fit quelques pas, méfiant, en direction du coin sombre de l’étagère où elle s’était réfugiée. Dans un cocon qui semblait la rassurer, ses jambes contre son visage, protégée dans l’ombre.

Il s’approcha, doucement, craignant de l’effrayer. Il eut un mouvement de recul en entendant sa voix secouée de ce qu’il aurait pu assimiler à des sanglots.

    « Partez...partez, vous me faites du mal à rester ici ! Je sais ce que vous voulez, et vous avez réussi à l'avoir ! J-je... vous vous êtes suffisamment moqué de moi. Allez vous en ! »

Et qu’était-il censé faire, Frederick ? Alors qu’il ne connaissait rien de cette fille, pas même son prénom ? Avait-il fait quelque chose de mal ? Avait-elle peur des hommes, des inconnus ?
Il n’osa pas s’approcher, restant debout, à quelques pas d'elle, la regardant avec empathie. Ayant cette désagréable impression qu’il ne pouvait rien pour elle, finalement.

    « Je suis désolée...ne m'en voulez pas... »

Il n’en avait pas l’intention, il voulait seulement comprendre : il ne pouvait rien faire de plus, après tout. Il ne put répondre quoi que ce soit, restant en silence, attendant de trouver quoi dire.
Si seulement il pouvait faire les choses correctement. Il se sentait désolé.

    « Je voulais pas....enfin si...mais non...qu'est-ce que vous me voulez ? »

Il lui fallait agir en adulte responsable et rassurant, comme il savait d’ordinaire si bien le faire. Il s’avança, s’accroupit juste devant elle, essayant d’attirer son regard vers elle.
Il avait un léger sourire sur les lèvres.

    « J’aimerais connaître ton prénom. »

Ils allaient recommencer les présentations correctement, cette fois-ci.

    « Moi je m’appelle Frederick. »

InvitéInvité
MessageSujet: Re: Un autre jour au Paradis ou en Enfers.||Frederick [abandonné] Mer 21 Mar - 17:36

C'était bizarre.

Recroquevillée sur elle, Biga essayait par tous les moyens de se calmer. Elle devait être piteuse là. Tellement faible et vulnérable, encore, qu'elle s'en voulait à présent. Elle s'en voulait de sa lâcheté, et d'avoir été aussi nulle. Il devait bien se marrer, le jeune homme, à la voir paniquer pour un rien somme toute. Depuis quand faire des rencontres était quelque chose de mauvais ? En temps normal, c'était plutôt une bonne chose, de se dire qu'au final on appréciait la compagnie d'un tel ou un autre. Parce qu'en fait, lorsque l'on reste avec une personne, c'est pour découvrir qui elle était réellement.... voulait-il la connaître correctement ?

Biga secoua la tête encore dans le creux de ses genoux. Elle ne voulait pas qu'il la connaisse, avec tous ses problèmes. Elle serait sans doute encore un fardeau, déjà qu'avec Ekaterina ce n'était pas simple d'être au naturel, mais avec un homme, plus âgé et probablement plus occupé, ça n'allait pas le faire. La voix en pensait tout autant. « Tu crois véritablement qu'il va s'arrêter, et commencer les présentations ? Tu n'en vaux pas la peine, Biga, tu ne vaux la peine de rien »

Elle avait raison, cela ne servait à rien de lutter contre la voix, parce qu'elle a toujours raison ? Cette voix qui n'a pas de visage et qui vient sans cesse la perturber quand sa bulle s'évapore. Bien que sa tête était enfouie, elle percevait les mouvements de l'étranger. Et il ne semblait pas partir, au contraire. Bizarre. En restant assise ainsi, elle pensait avoir réussi à le faire fuir. Après tout, parler avec une boule effrayée, et surtout peu bavarde n'est pas très intéressant.
Mais ce qui la surprit le plus c'était qu'il continuait à lui parler.

« J’aimerais connaître ton prénom. Moi je m'appelle Frederick »

Stop. Stop. Stop. Que venait-il de dire ? Il lui demandait son prénom. La voix venait d'avoir tort là, n'est-ce pas ? Merveilleux. Elle se surprit même à sourire -un peu- contre ses genoux. Elle releva doucement la tête, et le regarda avec de petits yeux.

« ...J-je m'appelle... »

Elle se tut quelques instants, elle allait révéler son identité. Et le faire, signifiait qu'ils allaient sûrement continuer à parler. À parler de pleins de choses ? Comme avec Ekaterina ? Elle ferma fort les yeux, se disant que la voix allait revenir à l'attaque. Mais pas du tout. Que pouvait-il bien se trafiquer dans sa tête ?
Toujours ces questions. Quelle plaie. La voix et les questions. C'était ce qui définissait le mieux Biga pleine de doutes. Pourquoi ne pas profiter un peu encore du bonheur qu'elle ressentait quand la voix vexée se taisait pour la laisser parler avec un étranger ? Pourquoi ces satanées questions qui trottaient dans sa tête ? Encore, toujours de questions.

Elle garda toujours ses jambes contre elle, même si sa tête était relevée, cela servait de barrière au cas ou. Mais elle se pencha un peu plus vers lui.
« ...Biga. Je m'appelle Biga » lâcha-t-elle finalement, de sa voix douce et presque enfantine. « … Tu ne veux pas te moquer de moi ?... » demanda-t-elle juste par prudence.
Mince. Elle l'avait tutoyé, et ce n'était pas convenable. Mince, mince, mince.
« Désoooolée... vraiment, je ne voulais pas vous offensez, je suis désolée, je ne vous tutoierais plus... » Elle ramena ses jambes plus contre elle et piteuse encore s'en voulu. Elle avait ce sale don de gâcher les bons moments. Et puis, c'était quoi cette question qu'elle venait de lui poser. Se moquer d'elle ? Là, c'était sur qu'il allait le faire.
Imbécile. Idiote.
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