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[Event] It's time for the Masquerade

Bird
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MessageSujet: [Event] It's time for the Masquerade Mer 21 Mar - 17:18

Prologue:Miséricorde avait encore frappé, modifiant les rêves à son avantage, les transformant en terrain de jeu pour ses lubies sadiques. Personne n'y échappait. Habitants, élèves et enfants du foyer, tous craignaient à présent son intervention. Même dans Espérance, la peur criblait les cœurs.

Spectateur privilégié de ce triste spectacle, le Directeur n'en pouvait plus. S'il voulait rester digne de son grade, il se devait de trouver une solution. Supprimer Miséricorde lui semblait impossible, mais au moins pouvait-il essayer de remonter le moral de ses « frères ». Mais comment ? Cela. il l'ignorait encore.
Bird se détourna de la fenêtre devant laquelle il se trouvait et attrapa son livre de chevet, "les Trois mousquetaires" de Dumas. Un livre passionnant, plein de combats, d'actions, d'amour, et de fêtes fantastiques. Comme une évidence, l'image d'un merveilleux bal masqué apparut à son esprit.
L'Oiseau sourit.
Voilà l'idée qui permettrait que tous oublie leurs problèmes.
Une festivité monumentale guidée par la joie, la danse et la musique.

Bienvenue au bal de votre très cher Oiseau.
Bienvenue dans le Rêve... Mais votre cœur serait-il plus apte à l’ivresse, à l'intérêt ou à la trahison ?

____________________________________________________________________

Grande fête au château il y a bien longtemps,
Les belles et les beaux nobliaux, noble sang.
De tout le royaume on est venus dansant,
Tournent les vies oh tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les vies oh tournent les violons.

L'homme par nature était il conditionné à obéir au jeu hypocrite de la société ?
L' Oiseau s'en était persuadé devant le spectacle s'affichant à son regard. Comme des animaux de cirque attendant le levé de baguette de leur dresseur pour s'activer, tous attendaient silencieusement le signal du début des festivités.
De son trône aux multiples dorures et arabesques il se leva, toussa légèrement pour mieux s'éclaircir la voix.

« Gentes Demoiselles, gentes Dames, gentes Messieurs, Bienvenue au Bal du Roi l'Oiseau ! Ce soir de fête, amusez vous en l'honneur de votre princesse farouche ! »


Le Roi, tout de velours pourpre vêtu, désigna le brin de fille qui, gardée de sa fuite par deux serviteurs tentait de se cacher au mieux possible.
Il frappa des mains et la musique et les danses commencèrent.
Certains convives valsaient, d'autres se dirigeaient vers le buffet, aussi avides des quelques mets que de répandre les ragots de la cours.
Pourtant, tout le monde ici savait que ce rendez vous et cette fête pour la jeune Alice n'étaient qu'un prétexte pour oublier Miséricorde, un subtil moyen pour renforcer le pouvoir du Roi et débusquer ceux qui seraient susceptibles de le trahir. Car si le Reflet avait été remodelé pour abolir certaines apparences désavantageuses, il restait égal à lui même. La vérité referait toujours surface et le traître se dévoilerait.
Tout ceci était une mise en scène où ses petits comédiens s'appliquaient avec un trop grand naturel.

La fête était synonyme d'opulence.
Entres les hautes colonnades corinthiennes, l'homme paraissait fourmi.
Éclairé par les lustres de cristal, l'homme paraissait lumière.
On assistait au règne des couleurs, des toniques et des dominantes, des camaieus et des complémentaires. Bleu orange, clair-obscur.
Dans cet univers de cours et de fête, d'étoffe et d'apparence, il régnait, mais la Mascarade ne risquait elle pas de le détrôner ?


Dernière édition par Bird le Jeu 28 Juin - 11:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mer 21 Mar - 22:14

    Cours de fées. Conte de fêtes.
    Un cauchemar éveillé.

    La musique était la seule mesure du temps qui fût encore fiable, mais s’il n’avait d’emprise sur le bourg du séraphin, pourquoi en aurait-il eu par ce biais sur un microcosme plus affecté encore par l’immobilité. Les horloges étaient figées ou ne bougeaient que de la volonté des danseurs aux pensées éparpillées. La valse des fards frappait du pied au mouvement de l’archet et c’était une éclosion de robes à chaque tour que faisaient les corps croisés. Confondus dans des entrechats, les troubadours s’agitaient entre des serviteurs qui s’improvisaient cette condition. Mais, ils n’étaient pas moins rois que ne l’étaient les princes farcesques de ce vaste carnaval. Lorsqu’il pénétra dans la galerie où pendait une monstrueuse kyrielle de lustres en cristal, il prit le temps de contempler ce spectacle. Il était endimanché d’une longue veste en brocart aux teintes crépusculaires. Ses bas blancs rappelaient la touche beige du loup qui ne laissait percevoir que ses jades dans deux fentes et ses lèvres figées au-dessus de son menton finement taillé. Son regard impérieux balayait l’assemblée festive cependant qu’il tendait à quelque comédien de cette réunion sa canne et sa rapière avec nonchalance.

    Ses talons battaient les temps sur lesquels s’exaltait l’orchestre lors de son ascension vers le fond de la salle. Plus personne ne tenait son rôle. Ou alors chacun le retrouvait enfin. Ganymède avait songé que cette mondanité apparemment novatrice, réminiscence de plaisirs d’autrefois, fantôme d’un souvenir de ceux que n’ont que les ouvrages d’Histoire, était l’invitation au déclin du règne de celui qu’il soutenait. Au lieu de rassurer dans une joie prisonnière d’un vernis, il offrait la représentation du couronnement d’une plaie béante, ouverte dans l’essence de son royaume. Tout tenait au domaine chimérique pour lequel chacun gravitait autour de l’Oiseau. S’il était le despote là où il avait bâti son utopie, il n’était là que l’imposteur qui présidait depuis son trône à une supercherie. C’était l’empire de Miséricorde.

    Non. C’était celui du plus fort.

    Tous étaient des fantoches dans cet entourage auquel la démesure du jeu ôtait toute crédibilité. On assistait là à une vaste plaisanterie aux accords stridents. C’était des saturnales qui invoquaient la malice et convoquaient le péché. La première viendrait dérober l’un d’eux pour s’incarner sous les effets du rêve. Le second était cette hiérarchie hâtivement calculée, sans qu’on n’envisageât jamais les conséquences qui, certes, n’apparaîtraient peut-être aux yeux de personne. Par une science cabalistique, Bird était parvenu à maintenir son autorité comme la seule digne d’allégeance à Espérance qui prospérait autour de son aura. Il était la mère qui nourrit les peuples, le poing ferme du guide et la tendresse d’un frère. Il avait commis la faute ce soir de verser à leurs lèvres une liqueur qu’on nomme liberté, car s’il était toujours monarque absolu, l’on était qui l’on désirait dans une société graduée. Un servage s’instaurait, mais ceux qui goûteraient à l’infinie puissance des sociétés succomberaient vite à l’ivresse de cette ambroisie.

    Le blond haïssait le verso qu’il voyait, entre les mains d’esprits malléables, un berceau de corruption qui gangrènerait Espérance. La liberté ne s’éprouve que dans la contrainte. Il chérissait cet accomplissement qu’avait permis l’union d’un homme et des siens. S’il était venu assister à cette cérémonie, c’est qu’il était un être substantiellement sociable et qu’il lui importait de faire acte de présence. Surtout, il voulait assister à ce pivot de la communauté où enfin se trahiraient les travers de l’humanité. Le comportement de Bird l’intéressait ; était-il tyran ou visionnaire ? Un despote éclairé aux velléités humanistes ? Un clown triste qui ne devait pas manquer de faire rire, pour conserver ses lauriers. Ganymède n’était pas un trublion, même si en arts il témoignait d’un goût prononcé pour la subversion, il ne ferait rien qui fût regrettable ce soir. Il était là venu en spectateur de cette tragédie dont le second acte serait peut-être bientôt clos. Non en partisan.

    Quand il fut enfin proche de Bird , il se courba ironiquement, relevant sa face pâle avec un sourire dessiné par le mystère. Il le félicita de la qualité de la réception, échangea quelques banalités, et prit congé de lui après l’avoir salué avec davantage de sincérité. Normes de la bienséance ou franche communication ? Il était meilleur dramaturge qu’acteur. Le parquet gémissait sous ses semelles quand il se mouvait dans la foule. Sur le côté de la piste où dansaient les convives, il patientait avec un air détaché, une coupe d’un autre breuvage spirituel entre ses mains de soie blanche…

    Il patientait…
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Ven 23 Mar - 20:36

Le lustre se dresse fièrement dans ce ciel de lumières artificielles. Ultime spectateur des agissements les plus obscures de la cité insulaire. Sous sa lueur dorée, toutes les personnes se ressemblent, toutes les ombres se mêlent, toutes les menaces s’y fondent. Illuminés des éclats nocturnes, les reflets de porcelaine révèlent toute leur splendeur.

L'Oiseau fou, Bird, se tenait sur son trône, dominant l'assemblée dansante, voltigeante, dans un concerto de froufrous et de dentelles. Kaleoï se glissait entre ces gens, dans leurs beaux accoutrements. Les décors victoriens, les valses, lui faisaient tourner la tête. Mais elle gardait la tête haute. Si quelque chose devait se passer, ce serait ce soir, sans aucun doute. Elle avait abandonné sa tenue classique pour un habit plus saillant. Ses cheveux noirs, ramenés dans un chignon sophistiqué, laissant seulement quelques sombres mèches caresser ses pommettes rosées. De ses iris bleus, marines à la pupille, elle dévisageait ces danseurs. Une robe noire coquette, passe-partout, ornée d'un blason bleu, rappel inconscient à la couleur de son regard de glace. Une cape noire recouvrant ses épaules, de cette façon, elle était toujours entourée d'ombre. Entre ses longs doigts, elle tenait un loup blanc, pour recouvrir son visage des éventuels curieux qui la remarquerait.

Ce soir, pourrait virer au drame. Elle le savait, et elle se sentait comme une araignée, qui tirait les fils du piège invisible. La fête ne serait pas ennuyante toute la nuit. Discrètement, sous sa cape, elle fit voltiger un couteau. Elle se délectait de l'éclat presque mystique qu'il lui renvoyait. Arme défensive ou offensive ? Nul ne le savait. Sauf elle.

Elle rangea l'arme dans une poche secrète de sa cape. Et lâcha quelques tourterelles qui s'envolèrent dans un ballet de plumes blanches, au dessus des danseurs. Les festivités pouvaient commencer, et personne ne s’ennuierait. Car, par la fenêtre, l’œil argenté de la lune devait déjà savourer avec douceur la vision de ces petits protagonistes.

Par courtoisie, elle vint faire une délicate révérence au maitre de la cérémonie. Tout ce conformisme ne lui plaisait guère, mais elle se sentait obligée, dans un cadre aussi idyllique, de témoigner son enthousiasme à ce très cher Oiseau, perché sur son estrade. Puis, elle retourna vaquer à ses occupations. Elle alla se loger près d'un Blondinet. Car tel serait son surnom jusqu'à ce qu'il prononce ses premiers mots. Elle s'approcha de cette silhouette masculine, le loup porté à son regard.

« Faites attention, vous marchez sur l'une de mes cartes. »

Elle s'éloigna, un sourire ornant ses lèvres pleines et charnues. Ils se reverraient plus tard, quand la fête serait à son apogée. Et ainsi, on pourrait enfin donner le coup de grâce. Car sur le recto de la carte se cachait bien un mot. Un mot destiné à une unique personne. Et Kaleoï avait le sentiment qu'elle ne s'était pas trompée.

...

Résine
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Lun 26 Mar - 20:25

« Paradis où l’on trouve avec des lauriers-roses
Des sorbets à la neige et des ballets divins !
»
T. de Banville.
________________________________________________________________________________

Paradis. Si ce n'était que cela. Si cette vaste assemblée, si cette réunion festive n'étaient que cela. Elle aurait pu s'en tirer sans grand mal. Et si seulement on avait pu y trouver des sorbets à la neige, la poésie aurait été à son comble. Enfin, les convives ne voyaient aucun inconvénient à se reporter sur l'immense banquet situé sur un côté de la salle, coincé entre deux colonnes de marbre torsadées. Il faut dire qu'il y avait de quoi oublier des glaces imaginaires au profit de mets bien réels -bien oniriques surtout- et aussi fumants que s'ils sortaient de la cuisine. Rien qui ne dégoutte trop au point de tacher le superbe carrelage luisant de la salle, rien qui ne colle aux vêtements pour qu'ensuite s'y accrochent les poils et les poussières. Sur les plats d'argent ou de porcelaine s'entassaient plutôt des meringues multicolores ; les jaunes d'un citron encore ferme, les roses des fleurs de pruniers au printemps, les bleus d'un ciel au petit matin et les blancs d'un duvet de cygne au bord d'un lac. Il y avait du vert plus pâle qu'une absinthe diluée lorsqu'on lui a fait prendre une douche de sucre, et un parme qui rappelait les frêles violettes s'épanouissant au travers des mousses. Une pyramide de tuiles superbement dorées, aux pourtours de dentelle croustillante, trônait au blanc milieu de la table. Si Bird était le Roi de ce bal, cette construction-là était la Reine du festin.
Quelques vases où fleurissaient de longues agapanthes, des lys et des arums égayaient la disposition des plats, sans pour autant leur voler la vedette. Pour la beauté de l'ensemble, aucun pétale ne devait tomber parmi les pâtisseries ; on peut parfois s'empoisonner avec le pollen toxique d'une fleur. Heureusement, celles-ci n'étaient pas réputées pour être dangereuses. Pas d'inquiétude à avoir, donc. Profitez plutôt des autres amuses-bouches proposés. Les petits fours entortillés sur eux-même avec, couronne translucide à leur sommet, une cerise confite ou un morceau de poire colorée. Des bols remplis d'amandes, de noisettes et d'autres bricoles croquantes. Des brocs avec des jus de fruits pour les plus jeunes, des carafes aux vagues relents de raisin et de levure pour les plus âgés. Des fruits élevés en d'ingénieuses collines. Le reste, si certains se sentent oubliés dans leurs péchés-mignons, je le laisse à leur imagination et à leur bon vouloir. Résine s'est d'ailleurs esquivée depuis longtemps, il faut que je la retrouve maintenant.

Ondulant, ondoyant encore les divers corps enserrés dans leurs robes froufroutantes à souhait et leurs vestes de velours, Résine n'avait cessé de se faufiler. Toujours insaisissable, jamais immobile, elle vaquait d'un bout à l'autre de la salle en faisant vagabonder des plateaux au bout de ses mains, plateaux qu'elle découvrait vides une fois qu'elle daignait les regarder de plus près. Alors elle repartait les recouvrir de coupes pétillantes, de coupelles rougeoyantes, avec la vague impression de s'être faite arnaquée sur la marchandise. La gamine ne se sentait pas à son aise parmi ce foisonnement de couleurs et de brillance ; ce n'était pas dans son habitude d'être aussi tape-à-l'oeil. Pour sa fonction de serveuse, elle n'avait choisi qu'une robe couleur crème resserrée en son centre par un serre-taille brun. La finesse que cela procurait à son ventre lui permettait ensuite de se glisser avec plus d'aisance entre les anatomies des habitants du village, dont elle ne reconnaissait pas tous les visages. Ses pieds étaient tressés par les rubans de chaussons ressemblant à ceux des danseuses, en moins mièvre, qui ne parvenaient pas à dissimuler la noirceur de ces jambes. Cette caractéristique-ci, propre au rêve, Résine n'avait pu la modifier. Elle ne savait pas vraiment comment si prendre, ou s'il y avait une solution. Mais elle ne s'y intéressait guère ; ça la rassurait presque, de savoir qu'elle voyait à l'extérieur ce qu'elle ressentait à l'intérieur. Sa crasse. Toujours et encore.
Il arriva qu'au fil de ses allers et retours entre le buffet et les quatre coins de la pièce, Résine se retrouve auprès de Bird, de la Princesse et de ses gardes. Près, auprès, trop près pour repartir comme si de rien n'était. C'était sa fête à elle par ailleurs. Et l'enfant semblait si affolée par tout cette précipitation autour d'elle. Se rend-on compte de ce qui nous arrive lorsqu'on a trop peur du monde pour oser si jeter ? En dépit de la bienveillance de certaines personnes, nous ne pouvons pas avancer si nous ne nous donnons pas nous-même les capacités de le faire. Résine jeta un coup d'oeil à la princesse, dépourvu de tout mépris, puis lui tendit le plat qu'elle tenait. Par chance -ou par miracle- il était encore à moitié couvert de biscuits.

« Prends ? » lâcha-t-elle en douceur devant la mine apeurée de la fillette.

Hmph. Résine eut la sensation qu'elle avait fait un pas de trop dans la hiérarchie. Hiérarchie fictive mais, quoi qu'il en soit, visible dans les fastes habits des uns et des autres. Et puis ses jambes. Qui ne pouvait pas avoir peur de cette marée noire qui les recouvrait sans que sa propriétaire ne puisse rien y faire ? Si l'enfant prenait un gâteau, alors peut-être qu'elle serait contaminée par cette saleté aussi ? De princesse elle deviendrait souillon, pour avoir obéit à une interrogation. Désagréable image. Pourtant, il était déjà trop tard, parce qu'une main venait de se tendre en direction du plateau.


_________________
« Supportez courageusement ; c'est par là que vous surpassez Dieu.
Dieu est placé hors de l'atteinte des maux ; vous, au-dessus d'eux. »
Sénèque.
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Sam 31 Mar - 21:10

Le Rêve, en délicat vautour,
Ne se lassait plus de faire des martyrs,
Espérance perdit ses beaux atours
Et l’Oiseau son sourire

Qu’à cela ne tienne,
Les Festivités firent leur épiphanie
Et moi, je fus reine,
Triste spectatrice de cette vaste tromperie

Le Rêve sut dès lors qu’il avait triomphé,
Car les hommes qui ne savent que se divertir
Sont des hommes qu’il est si facile d’endormir

Miséricorde, cette fable est de ton fait. Monstre.


_______


Prisonnière de son propre rôle, la Reine restait clouée à son siège, comme écrasée sous le poids de son riche vêtement. Magnifique comme elle ne l’avait jamais été, le Reflet lui avait épargné son apparence hideuse pour cette fois, la revêtant à la place d’une somptueuse robe vermeille, vaporeuse. Reine, elle ne l’était pas. C’était le Reflet qui l’avait ainsi choisie. Sa beauté était tout autant irréelle que Lui.
Si cela avait été vrai, Ekaterina aurait simplement profité du spectacle, et changé les choses qui la dérangeaient. Comme dans un rêve, modulable à souhait. Mais le Rêve est différent. Ekaterina prenait conscience de son écrasante et paradoxale réalité. Et elle regardait, impuissante, la démonstration de tout ce vain faste.

Quoique Bird pût faire, c’était plus fort qu’elle. Le Reflet la rendait malade. Ses angoisses les plus profondes remontaient et ses sens exacerbés se mettaient à traquer les moindres détails qui auraient pu renforcer son impression qu’elle était en danger. Un cercle vicieux, en quelque sorte. Ekaterina voyait l’hypocrisie sous les révérences, la félonie derrière les sourires, la menace à l’envers de toute cette opulence.
Nombreux furent ceux à venir les saluer, l’Oiseau et la Reine, cependant elle ne leur accordait rien de plus que les politesses dûes. L’un d’entre eux, un jeune homme à la longue natte blonde, resta plus longtemps que les autres, à échanger quelques mots avec le Roi, mais Ekaterina ne les écouta pas, l’esprit déjà ailleurs.

Tentant tant bien que mal de vaincre son malaise, puisqu’ils étaient tous là pour ça, elle s’appliqua à fixer son attention sur toutes les joyeusetés qui pouvaient emplir la salle. Elle resta un long moment à admirer la grâce de quelques couples emportés par une valse, et à rire gentiment de la maladresse d’autres. Puis, ses yeux s’attardèrent sur le buffet gargantuesque, auquel elle n’avait pas encore touché, elle qui était en temps normal une grande gourmande. Elle se promit d’honorer le travail du pâtissier qui avait réussi à ériger des obélisques de choux, meringues, marrons glacés, nougats et autres délices. Plus tard, quand l’appétit lui reviendrait.
Son regard nonchalant continuait de se promener autour d’elle, sans croiser celui d’Alice. La tête trop lourde pour en rajouter à ses inquiétudes, elle ne la chercha pas plus longtemps, et resta sur la conclusion qu’elle devait être en train de s’amuser quelque part. La petite était de toute manière efficacement gardée, tous gardaient un œil sur elle. Bienveillant ou non, d’ailleurs.

Ekaterina déglutit, une énième fois. Cette dernière pensée refusait de quitter son esprit. Plus qu’une préoccupation vis-à-vis d’Alice, c’était un véritable malaise qui écrasait son estomac, avec la force d’une enclume. Supplice que lui infligeaient ces visages figés, dont elle ne voyait pour la plupart que les yeux. Loin et haute comme elle était de toute cette peuplade, elle était incapable de distinguer les pupilles. Les regards n’étaient plus que fentes noires impersonnelles. Impossible de savoir si elles étaient réellement toutes dirigées sur elle, ou si elle se faisait des illusions.

Insupportable.

« Pardonnez-moi, je vais… danser, peut-être… »

La jeune Russe n’accorda pas davantage de précisions à Bird, toujours assis à ses côtés. Elle tenta de paraître la plus naturelle et détendue possible en se levant, pour aller se fondre dans la foule.

Au final, elle était comme tous les autres : à noyer ses inquiétudes dans un divertissement illusoire. Mais finalement… Avait-elle d’autres choix ?


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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Dim 1 Avr - 11:11

Requiem pour une Flamme

« Petit, tu es né Saltimbanque.
De ville en ville, tu iras.
Jongle avec tout ce que tu as
Et si tu manques,
Cent fois, tu recommenceras. »

Tout était en place. Le spectacle pouvait commencer. L'excitation emplissait déjà son cœur trop sensible. Il s'enflammerait probablement mais là n'était pas le problème. Le mieux était de se dire qu'il était dans le rêve, entouré de population à divertir. Sans être livré à lui-même, donné à cette foule, Elloy s'épanouit et se sent euphorique à l'idée de donner sa représentation.


Je rentre en scène. Je marche à travers les convives, me prêtant au jeu des artistes : celui des apparences. Je n'ai plus qu'une seule idée en tête, comme la flamme qui court sur le bois, et qui ne s'évaporera laissant derrière elle qu'un tas de cendres, je veux jouer. Jouer avec le feu, même si le résultat pourrait tout anéantir. Sentir ce sentiment de puissance, c'est jouissif. Se dire qu'au final, le feu peut tout brûler, annihiler toute forme de vie, et que moi, pauvre saltimbanque richement vêtu, j'en suis le seul maître, le seul possesseur. Au moins, ça fera une arme de défense... ou d'attaque, contre le vil maître de ses lieux.
N'y pensons plus, jouons à divertir les convives, et ce Monseigneur le Roi.

« Petit, tu es né Saltimbanque.
Il faut qu'ils rient, il faut qu'ils pleurent,
Qu'ils applaudissent, qu'ils aient peur
Mais si tu manques,
Pour nous, tu seras un voleur. »



J'ai retenu l'enseignement. Je crois bien qu'il coule en moi comme le sang dans mes veines. Je les ferais s'émerveiller devant ma flamme grandissante. Mes allures de saltimbanque dotés d'une incroyable habilité me donne plus de confiance et de self-contrôle. Je suis le roi du feu. Et personne ne pourra me contredire ou en douter. Vous allez voir, convives, roi, princesse, serveurs, gueux, vous allez voir un spectacle magnifque pour ouvrir ce bal sous le signe de la chaleur, de la convivialité. Il est temps de commencer, vous en mourrez d'envie. Moi j'en brûle d'impatience.


« Petit, tu es né Saltimbanque.
Méfie-toi de ces pistes-là.
Quand ton numéro passera,
Si tu le manques,
On ne te ramassera pas. »



Elloy s'avance au milieu de la salle avec tout son matériel. Il se défait de son costume qui est déjà sous le signe de l'opulence. Il se dépouille pour ne laisser place qu'à la dévorante passion du feu. Celle qui s'élèvera parmi les foules, et qui les laissera bouche-bée. Tu y crois. Tu le sais. Tu le veux. Tu n'as pas le choix. Tu dois les émerveiller. C'est ton rôle. T'en es capable ? Vas-y.

« Oyez oyez, moi le cracheur de feu, je vous offre votre ultime lumière. Ouvrez grands vos yeux, et voyez passer ce que vous ne reverrez que par ma bouche. La flamme de votre méfiance. La lumière de votre ignorance. »

Il se saisit de sa torche et son eau de feu, qu'il avait réussi à se procurer auprès de son bon roi. Il lui dédirait ce spectacle. Au nom de son règne. Jeu des apparences. Ô oui. Accompagné d'une musique aux rythmes entraînants, Elloy met à profit son art. Le cracheur de feu illumine la salle de sa flamme. Les vérités apparaissent au grand jour. Sous la lumière étouffante, comment masquer l'obscurité glaciale ? Il n'y a plus de secret. Monstres cachez vous tant qu'il est encore temps, le feu vous aura. Vous dévorera et vous consumera. Tel est la mission de ce feu. Tel est ce qu'Elloy veut. Ou espère.

Reprenant la chanson qui trottait dans sa tête, il fit jaillir un nouveau nuage flamboyant.

« Laissez-moi rester Saltimbanque.
J'aime la lumière et le feu,
Les tours et les mots dangereux
Toujours je manque.
Mon numéro n'est pas fameux.
Je jongle avec ce que je peux
 »


Il était temps que l'on vienne divertir cette population qui ne formait plus qu'un tas de piètres danseurs. Émerveillez vous.
Elmeraud
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mar 3 Avr - 19:17

Il suffisait d'une étincelle. Et c'est pourquoi le feu jaillit.

Elmeraud regardait. Il observait le rêve comme il ne l'avait jamais vu. Il était plein, prêt à exploser sous la densité écrasante des convives. Étaient ils vraiment si nombreux à Espérance? Certains semblaient à l'aise et profitez des danses autant que du buffet, d'autres se démenaient tant bien que mal pour ne pas faire tâche. Et lui dans tout ça?

Était il femme? Était il homme? Bien sûr, les apparences disgracieuses des habitants avaient été abolies. Il fallait être au mieux de son physique pour des festivités de cette envergure. Mais lui, c'était autre chose.

Il avait l'habitude d'être cette poupée aux actions indépendantes et scandaleuses lorsqu'il s'endormait. Mais aujourd'hui, quelque fut son sexe, il restait vide. Alors homme ou femme? Pourquoi pas les deux? Il pouvait tricher? Être le seul à jouer la mascarade jusqu'au bout. Le seul être inconnu de tous. Oui l'idée était tentante, mais restait toutefois trop dangereuse. Si nous faisions une petite danse?

Se glissant habilement entre les convives, saisissant les mains d'une telle, tournoyant dans les bras d'un tel, il cachait son identité sous un masque d'ivoire et une large tunique. Peu importait sa nature, il pouvait être ce qu'il voulait. Il était acteur. Il n'avait pas d'identité propre, tel était son rôle. Et puis, qui savait combien de temps cette mascarade tiendrait? Un malheureux accident et pouf! Le Rêve reprendrait ses droits et tous retrouveraient leur ignominie. Sauf lui.

Lentement il se glissait dans l'ambiance, s'approchant peu à peu du centre de l'attention général, le trio royal. Au passage il jetait de bref coup d’œil aux alentours, cherchant du regard quelques visages qui lui seraient familier. Il en trouvait. Trop à son goût. Heureusement qu'ils ne le reconnaissaient pas.

S'insinuant sans mal dans la foule épaisse - c'est l’intérêt d'être petit et mince - Elmeraud arriva enfin face au Roi et à sa reine. Quel spectacle saugrenu et sans saveur! La Dame avait l'air aussi à l'aise dans ses habits bouffants qu'un oiseau plongé au fond de l'océan! Il s'inclina légèrement, son sourire diplomate vissé sur le visage, simple réflexe inutile puisque pas la moindre expression ne filtrait au dehors, caché par le visage figé de son masque blanc. Même Bird ne pouvait le reconnaître. Bah! De toute façon depuis tout ce temps, il avait sûrement tout oublié du jeune garçon blond!

Le jeune homme tourna les talons après ce bref échange de courtoisie et remarqua alors une serveuse chargée de mets. Elle se tenait face à une jeune fille sauvage. La princesse sans doute, préparée malgré tout pour l'occasion. Seul un dernier survivant des petits fours restait là, conquérant sur son plateau d'argent. Voyant l’appât du gain, le blondinet se rapprocha alors et, tout en décalant son masque de quelques centimètres d'une main, s'empara de cette unique nourriture de l'autre et la jeta dans sa bouche avant de se recacher sous son costume blanc.
Il semblait bien pale par rapport aux autres convives. A vrai dire, dans toute cette masse richement vêtu, le jeune garçon devait ressortir bien plus que la plupart avec ses vêtements larges et simples.

Sans tenir compte des éventuels regards qu'on pouvait lui lancer après son larcin, il quitta définitivement le piédestal, au moment même ou un homme s'avançait. Un saltimbanque. Un cracheur de feu. Il venait enfin divertir cette salle désordonnée. Mais c'est mon rôle!

Elmeraud se rapprocha de lui, et admira le spectacle. C'est une bien étrange illusion que de voir un homme pareil à un dragon. Au fond que l'on parle de théâtre, de magie ou d'acrobatie, l'illusion et l'euphorie de la scène reste la même. Les gens commençaient à se rassembler autour de l'homme, tous avec des expressions différente. L'enfant en enregistrait certaines qui pourraient toujours lui servir une fois de retour à la réalité.
L'acrobate salua, le spectacle cessa. Un léger silence s'installa, que l'enfant brisa.

Il applaudissait, tout simplement. Là ou d'autres semblaient hésité pour la première distraction de la soirée, le jeune garçon lui, y allait avec entrain. Et les autres suivait, les uns à la suites. Bientôt la réception entière se remplit d'acclamations. L'écho de la salle de bal y était excellent.

Puis faisant un signe discret aux autres acteurs qu'il avait eut le temps de repérer dans l'assemblée, il s'avança d'un pas et releva son masque, découvrant au monde un visage mi mâle mi femelle.

- Et bien, que la mascarade commence!
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mer 4 Avr - 6:43

Le monde autour d'elle danse, tournoie, se meut comme au ralentit, dans un délicat froufrou de robes. Bird et Alice semblent être les vedettes de ce bal, mais Sujin ne va pas pour autant les saluer, comme elle se devrait de le faire. A vrai dire, elle ne va saluer personne. Pourquoi est-elle venue? Elle le sait très bien. Pour retrouver Cali... Elle y pense à chaque seconde, son coeur crie le manque.
Et encore plus parmi cette mascarade insensée. Pourquoi s'amuser, quand Espérance n'est même plus la même?

La petite Coréenne est adossée à une colonnade, vêtue d'une ravissante robe de soie blanche, aux multiples volants et dentelle, tranchant avec la teinte corbeau de ses longs cheveux. Sans doute la remarque-t-on facilement, il est vrai qu'elle est particulièrement jolie, derrière son masque de bronze, lourd et qui cache bien son visage. Néanmoins, qui ne la reconnaîtra pas? Cette fillette au teint maladif, vêtue de blanc, aux yeux glaçants et aux cheveux d'ébène. L'anonymat ne pourrait guère lui être donné.

Elle aime être remarquée, et profite des regards que lui lancent certains convives - sa robe n'est-elle pas époustouflante? Elle qui l'a imagée jusqu'au bout, pour ne pas passer inaperçue dans cette stupide fête. Et pourtant... elle se sent terriblement seule. Une délicate moue boudeuse sur les lèvres, elle croise les bras. L'invitera-t-on à danser? Elle paraît bien plus grande que ses 13 ans, ce soir-là, et ne devrait-elle pas déjà être en train de tournoyer sur la piste?

Fatiguée de ne rien faire, elle s'approche d'une serveuse et grignote quelques mets, sans avoir faim pour autant. Que cette fête est barbante! Quel est donc son but? Sujin ne le comprend pas. Tout ce qu'elle veut, c'est que sa mère adoptive s'approche d'elle, la prenne dans ses bras, et lui dise combien sa robe est belle. Oui, Sujin n'est au final qu'une enfant cachée dans un costume de jeune fille...

Elle retourne alors dans son petit coin, à l'ombre d'une colonnade, et s’assoit à terre, en tailleur parmi les innombrables jupons de sa robe. Elle pose les petits biscuits à la myrtille à côté d'elle - petite réserve pour tenir la soirée... - et enlève délicatement ses petits souliers blancs. Légèrement insolente, elle jette un regard aux convives qui dansent autour d'elle, petite fille pieds-nus à l'écart. Si on la trouve impolie et que cela jette un scandale, et bien tant mieux! Elle leur sourit, tout en avalant délicatement ses biscuits à la myrtille. Elle aimerait bien qu'on lui accorde un peu d'importance... Ses yeux glacials regardent les corps dansants - qu'ils paraissent gras et imbéciles dans leurs costumes! Aucune robe n'est aussi belle que la sienne - , et bientôt son attention est captivée par un saltimbanque... cracheur de feu. Il faut avouer que son numéro est plutôt réussi! A la fin, Sujin applaudit vivement, saupoudrant les dalles de quelques miettes. Finalement... ce bal n'est peut-être pas si ennuyeux que ça.
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Dim 15 Avr - 16:57


Le feu se répand. Tu perçois les langues de feu s'envoler. Cela éclaire tes yeux de chat. Tu sens la chaleur dangereuse, effleurant ta peau. Ça t'arrache des frissons fébriles. La reine. Le roi. La princesse. Toute cette mise en scène te fait rire. Ils auraient pu se contenter d'une faible réception, car après, tout, il n'y avait rien qui les liait. Une mélodie sifflote dans ta tête, elle t'obsède, elle s'est emparée de ton âme et te lie maintenant pour l'éternité de ce rêve.

Maintenant je n'ai plus le temps
Vos jeux sont déjà faits, mon cœur accélère
Le passé ne compte plus, c'en est assez !
Allons nous progresser ou simplement continuer comme cela ?
Vas-y, dis-le : "Nous ne pouvons pas nous arrêter tant que nous n'en aurons pas assez ! "


Tu réprimes un rire, qui emplirait cette salle, pleines d'inconnus. Derrière ton loup blanc, tapissé de soie, et de perles crème, tranchant avec la couleur sombre de ta robe. Tu ramènes ta cape par-dessus ton épaule, qui glissait. Et dans un moment de démence, tu pousses les gens. C'en est trop. Il est temps qu'ils se réveillent. Il est temps qu'ils crient leur haine. Tu t'éclipses vers le fond de la salle. Tu entends les gardes qui veulent se jeter à tes pieds, pour te saisir. Mais tu files entre leurs mains. Tu bouscules les serveurs, tu éclates de rire. A pleines mains, tu saisis un rideau et tu te hisses. Tu montes, vers le plafond, comme une enfant sauvage. Tu veux rejoindre le ciel, te hisser parmi les dieux, et embrasser les étoiles. Tu fais de ton agilité, ton plus grand atout. Mais tu sens le tissu se déchirer. Et dans le craquement, tu saisis ce qui te vient sous les mains. Tu lèves les yeux. Tu tiens le lustre doré.

Tu remontes, avec difficulté, comme une saltimbanque. Tu les domines de ta hauteur et ils lèvent les yeux vers ta grandeur resplendissante. Ils ne peuvent que te dévisager. Car, tu es sauvage, comme une tigresse. Tu passes ta langue sur tes lèvres. Tu mangerais bien l'Oiseau.

Tu observes le monde, sur ton lustre, tu es entourée de chandeliers, déployant leur lumière artificielle. Tu découpes une à une les bougies et tu les lances en dessous de toi, sur les danseurs pétrifiés. Tu entends leurs cris désemparés. Ils doivent se bousculer pour échapper à la pluie flamboyante.

Yeah, quand je m'illumine
Et quand je m'élève toujours plus haut
Me vois-tu attendre pour une seconde chance ?
Y arriverons-nous, si ce n'est pas assez, ou continuerons-nous comme cela ?
Vas-y, dis-le : "Nous ne pouvons pas nous arrêter tant que nous n'en aurons pas assez ! "


Maintenant, tu désignais l'Oiseau, sortant ton poignard de ta manche. La lame luisait. Les premières flammes devaient naître, car la fumée montait au plafond. C'était une menace.

« Je ne veux plus de cette dictature, stupide volatile. Je ne veux plus de sourires hypocrites. Miséricorde vient déchirer nos rêves. Mais pour toi, ils n'ont aucune valeur. Tu la laisses agir comme bon lui semble. Tu vois ces enfants, qui sont tes enfants, se faire hanter. Tes souhaits sont futiles. Tu es pareil à Miséricorde. Tu es un enfant. »

Tu retires ton loup de ton visage, pour qu'il puisse apprécier le spectacle. Tu n'es pas si différente dans le Rêve que dans Espérance. S'il te connait, alors, il connait son pire ennemi. Tu reprends une bouffée d'air, mais la fumée va t'asphyxier.

« Pour ceux qui veulent la fin de ce monde. Pour ceux qui veulent retrouver leur famille, leur souvenir, leur existence. Pour ceux, qui ont marre d'exister pour toi, et seulement pour ta petite personne. Je me battrais pour que tout cela existe. Je me battrais contre toi, Bird. Ce que je veux, c'est la Vérité. »


Je rêve de rêves concrets.
N'importe qui a le droit de s'exprimer, avec des opinions différentes !
Peu importe ce que tu dis ou fait, ça revient au même.
Dorénavant, je détruirais les murs de l'obscurité !


Ta gorge est enflammée. Tu tousses, mais l'air ne veut plus rentrer dans tes poumons. Tu ne peux plus respirer. Tu vas mourir dans le brasier. Ce chatoyant feu de joie, qui va te consumer. Ça aura l'air si réel... Tes mains pleines de suie sont molles et ton corps entier s’affaisse. Tu t'allonges entre les branches du lustre, ton corps presque inerte, au dessus du sol. Tu sombres. Tous tes accessoires tombent. Ton loup. Ton poignard. Ta cape. Ta moitié de miroir, seule, reste entre tes mains.

...
Arthur
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Jeu 19 Avr - 1:12

    Une salle de bal. Oui, c'est exactement ce à quoi ressemblait l'endroit dans lequel Arthur venait d'atterrir. Une pièce immense, dominée par d'imposants lustres de cristal. De grandes tables sur lesquelles étaient disposés des dizaines de mets et de breuvages différents. Des musiciens, des acrobates et autres artistes animaient joyeusement la réception tandis que des convives dansaient gracieusement.
    Pour présider le tout, nous avions même eu le droit à un roi accompagné de sa reine et de sa princesse.
    Et puis, Arthur était arrivé là, un peu comme un cheveux sur la soupe, dans son costume noir trop sobre, trop sombre pour les couleurs éclatantes qu'arboraient les autres invités.
    Enfin, puisqu'il était ainsi déguisé en serveur, il jouerait son rôle. S'approchant du buffet, il s'empara d'un plateau de hors-d'œuvres et entreprit de se fondre dans la foule.

    Cette fête démesurée était un spectacle assez étrange pour le jeune garçon. Il ne parvenait pas à saisir la raison de ce délire commun.
    Pourtant, quelqu'un devait forcement avoir un quelconque intérêt à réunir tous ces habitants d'Espérance dans un même rêve ...
    Mais qui ? Arthur n'était ni sourd ni aveugle et savait que des choses de plus en plus étranges se tramaient dans le Reflet ces derniers temps. Leur directeur semblait cependant être le principal instigateur de cet événement. Mais ne perdons pas de vu le fait que de l'autre côté du miroir rien n'est jamais exactement comme on se l'imaginait.
    Finalement, faire le service aller s'avérer avoir ceci d'avantageux qu'il pourrait essayer de se faire une idée sur le sens de tout ceci en observant l'ensemble des acteurs de cette comédie.

    Feu.
    Une odeur, il n'avait pas rêvé. On s'était rapproché autour de quelque chose, de quelqu'un. Arthur rejoignit le petit attroupement qui s'était formé là. Ils encerclaient un garçon. Un cracheur de flammes. Comment était-ce possible ? Un mélange de frustration et de jalousie s'abattit sur Arthur. Comment osait-il utiliser le feu de la sorte ? Il n'en avait pas le droit ! Pourquoi les flammes lui obéissaient-elles ? Traitresses ! Oh, ce qu'il était jaloux de ce garçon, ce qu'il avait envi de lui prendre sa torche et de le faire flamber !
    ... Allons, il devait surement faire exprès de le provoquer. Oui, c'est cela, ignore-le, ferme les yeux, il le regrettera tôt ou tard.
    Des applaudissements, la fumée s'estompe, c'est fini. Arthur s'éloigna en compagnie de son plateau. Se glisser dans la masse, rejoindre le moule, avoir l'air banal, sourire en tendant les petit-fours à tous ces affamés. C'est ce qu'il devait faire. C'est ce qu'il faisait.

    De nouveau, une vague d'agitation anima l'assemblée. Un mouvement se dirigeant vers le fond de la salle. Une bousculade. Des remarques agacées. Que se passait-il encore ?
    Pour la première fois de la soirée, Arthur eut une réponse : imitant les autres, il avait levé les yeux au plafond. Une fille s'y trouvait, pendue à l'un des luminaires. Pendue, mais bien vivante, comme en attestait l'éclat féroce qui brillait dans son regard.
    Maintenant qu'elle avait réussi à s'accaparer toute l'attention, la perturbatrice se mit à décrocher les bougies qui illuminaient la pièce pour les lancer sur la foule. Les petites flammes, en tombant sur le sol, les tables et même les gens, embrasaient tout. Absolument tout.
    Elle parla ensuite, mais Arthur ne l'entendit pas déblatérer contre Bird de son beau discours. C'en était trop. Elles aussi étaient félonnes ! D'abord ce garçon, et à présent c'était cette fille, cette folle, qui lui volait ses flammes ! Arthur était le seul maître des incendies ! Elle n'avait pas le droit de lui voler son titre, sa place !
    Pour ça, elle était devenue sa pire ennemie.
    Malgré le feu qui grondait dans toute la salle, rendant l'air irrespirable, et les flammes qui tentaient de lécher ses pieds, Arthur restait interdit, les yeux embués, le plateau toujours serré dans ses mains.
Bird
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Sam 21 Avr - 20:06

Dans ce monde d'illusion tout allait si vite.

Amusement, Lumière, Danse

Alors qu'il restait Roi-statue obligé à l'immobilité pour garder l'équilibre de cette chimère tout de couleur et de rire, la fête défilait. L'antiquaire était venu le voir suivit de bien d'autre, la reine l'avait quitté, Alice s'était éloigné. Un saltimbanque l'avait diverti avec ses flammes renardes et, dans un instant volé à son pouvoir, tout avait dégénéré. La folie, en invité surprise avait fait son entrée dans la grande salle. Une tare au regard bleu de glace, à l’enveloppe noire et blanche : Kaleoi.

Panique, Brasier, Débâcle.

L'Oiseau ne comprit pas tout de suite de quoi il retournait. L'horreur ne lui parvint qu'au moment où la gamine devenait torche humaine, délirant, heureuse de son action.
La douleur et la colère ne l’atteignirent qu'à l'instant où les mots assassins s’échappèrent de la bouche de la terroriste dans un élan théâtral digne d'un drame.

« Je ne veux plus de cette dictature, stupide volatile. Je ne veux plus de sourires hypocrites. Miséricorde vient déchirer nos rêves. Mais pour toi, ils n'ont aucune valeur. Tu la laisses agir comme bon lui semble. Tu vois ces enfants, qui sont tes enfants, se faire hanter. Tes souhaits sont futiles. Tu es pareil à Miséricorde. Tu es un enfant.  Pour ceux qui veulent la fin de ce monde. Pour ceux qui veulent retrouver leur famille, leur souvenir, leur existence.Ce que je veux, c'est la Vérité. »


Elle avait tord. Dans sa vérité, des fragments d'erreurs, dangereusement, pointaient.
Des fragments pernicieux qui à travers elle et ses mots, germeraient bientôt dans l'esprit des enfants, détruisant l'utopie.

L'idée d’empêcher toutes catastrophes transforma ce que Roi l'Oiseau était jusqu'à présent. Sa peau se couvrit de poil et de plume. Ses jambes devinrent serres et pattes aux griffes mortelles, sa bouche s'allongea en un bec. De roi il se fit lion, de directeur il se fit Oiseau ; d'Homme il se changea en Griffon. Monstre carnassier, il fondit vers le centre de l'intention faisant reculer autrui . De son bec il déchiqueta le reste d'humain qui n'avait pas carbonisé, avala les chairs encore tièdes dans l'espoir d'apaiser sa douleur, de faire disparaître ce mauvais augure.

Dans son cœur blessé, l'Oiseau se répétait qu'il n'avait rien en commun avec Miséricorde. Que s'il voulait cette utopie éloignée de toute vérité c'était pour protéger tous ceux ici présents d'un passé trop dur pour être supporté, qu'ils puissent, contrairement à lui, garder une part d'innocence et d'enfance.
Il n'avait rien en commun avec Miséricorde et aurait donné tout son être et pas seulement ses nuits pour abattre ce démon.

Il se tourna vers la foule misérable. La fête insouciante était bien loin à présent. Les enfants les plus touchés par la suite d'évènement retrouvaient leurs apparences originale, la salle de bal se disloquait pour faire apparaître les décors torturés de leurs esprits. Le rêve finirait par entièrement tourner en cauchemar s'il n'agissait pas.

Le Roi réfléchit, et dans sa mémoire tira un de ces souvenirs si fort qu'il éclipse tout les autres.
La scène se réinitialisa. Tout disparu pour faire apparaître un lieu différent. Une salle de spectacle aux nombreux sièges rouges, à l'estrade de bois et au lourd rideaux de velours.
Alors que tous était assis, L'oiseau, élégant avec son nœud papillon, était sur scène vêtu d'une cape et d'un chapeau noir.
Derrière lui dans sa bulle de verre, une Alice enfermée.
Devant lui, en attraction, la jeune Kaleoi attachée et endormie son demie miroir dans les mains.
Le numéro serait super. Il transmettra tout ce que le Roi voulait dire à son peuple.

« Mes amis, un tour d'Illusionniste serait il aussi beau si le spectateur en connaissait le secret ? Vous pouvez rechercher la vérité, mais sachez qu'elle vous anéantira comme elle a fait à Misérico..."

La voix dans son élan d'orateur se cassa.

Un trait venait de fuser, se plantant dans la gorge de l'Oiseau.
Un trait, deux, trois. Le Roi, dans le sang s'écroula.
Miséricorde, répondant à son nom, avait frappé. La révolution pouvait commencer.


[muhahahah, Mimi étant un peu occupé vous pouvez répondre comme vous voulez~~ premier arrivé, premier servi les amis~~]
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mer 25 Avr - 22:01

    Tout avait pourtant si bien commencé. Les invités se pressaient dans la salle, se reconnaissaient, dansaient, discutaient, dans une ambiance pleine de joie et de gaieté. Oh, certes, ce n'était qu'une façade : un moyen détourné pour tenter d'oublier Miséricorde. Mais il fallait avouer que tous maintenaient plutôt bien les apparences. Les multiples lustres projetaient une lumière chaleureuse et éclairaient les tourbillon des robes chatoyantes ainsi que les costumes virevoltants au rythme de la musique. Les serveurs se pressaient entre les convives, leur proposant amuse-bouches et petits-fours. Un cracheur de feu qui jouait avec les flammes, comme Hercule jouait dans son berceau avec les serpents. Une belle soirée, somme toute.

    Et tout avait basculé. Lorsque cette fille au loup blanc s'était acrochée au lustre et qu'elle s'était amusée à créer une pluie de flammes, la panque s'était installée. Les invités couraient se mettre à l'abri. Toutefois, tous ne furent pas assez rapides et certains arborèrent de graves brûlures sur leurs bras. Encore heureux que cette mascarade se déroulait dans le Rêve... Son coeur se serra à la vue de leur souffrance. Toutefois, elle était trop subjuguée par le spectacle pour tenter quoique ce soit. Telle une funambule, elle se tenait sur le lustre. Et elle jeta ses accusations à travers la salle, d'une voix assurée.

    Bird, un dictateur ? Jamais. Impossible. Lui qui était si calme et si paisible. Celui vers qui elle se tournerait spontanément si elle avait un souci... Les paroles de la jeune révolutionnaire la secouèrent profondément.

    Mais la suite... Oh, jamais elle n'aurait pu prévoir une telle situation. Malgré l'incendie, malgré la fumée qui la suffoquait, elle vit clairement la scène qui se déroulait sous ses yeux. Bird, le Roi immobile sur son trône se transforma en prédateur. De statue, il s'anima. Le voilà Griffon, maitre du jeu et du bal. C'est alors qu'il s'élança sur la jeune fille, à moitié brûlée vive dans ce brasier incandescent, déchiquetant les lambeaux de chairs encore intacts. Litanie ne put s'empêcher de faire un pas vers eux. Des gouttelettes de ang s'éparpillaient autour des deux protagonistes.

    Et le décor changea. Une salle de théâtre apparut alors sous leurs yeux ébahis. Ce n'était qu'un spectacle, une mascarade. Soulagement intense ou profonde déception ? Litanie ne saurait dire : soulagement de voir que Bird, ce roi sur lequel elle comptait temps, n'était pas un meurtrier, n'avait pas mangé la jeune révolutionnaire, mais déception, déception parce que tout n'avait été qu'illusion. Ces gouttes de sang n'avaient été qu'un cruelle illusion que lui avait fait miroiter Bird. Illusion.

    « Mes amis, un tour d'Illusionniste serait il aussi beau si le spectateur en connaissait le secret ? Vous pouvez rechercher la vérité, mais sachez qu'elle vous anéantira comme elle a fait à Misérico... »

    Un trait... Non plusieurs se fichèrent dans l'orateur, celui qui nous mettait en garde contre la vérité. Mais peu lui importait la vérité. L'unique vérité qu'elle connaissait, était celle du sang, celle qui ne pouvait mentir. Et son obsession se réveilla, poignante et féroce. Tellement violente qu'elle changea d'apparence. De jeune convive et se transforma en monstre assoiffé d'hémoglobine. Adieu longs cheveux soyeux, robe élégante, loup sombre, bonjour cheveux courts, haillons déchirés, griffes, dents aiguisées... Oh, la gorge du Roi était si jolie... Toute teintée de rouge, formant un si beau contraste contre la peau pâle. Et la si délicate coloration des habits d'apparats...

    Personne ne fit attention à elle, tous obnubilé par ce meurtre. Un seul mot parcourait la salle, mourrant sur les lèvres des plus terrifiés.

    « Miséricorde. »

    Quant à elle... Elle jubilait. La panique, l'adrénaline, tout cela contribuait à son bonheur. Leur rythme cardiaque s'accélérait, le sang pulsait dans leurs veines jugulaires. Oh, un simple cou de griffe au niveau du cou, et tout ce sang s'écoulerait hors de leur corps. Et si elle frappait suffisamment profondément, elle atteindrait l'artère carotide et là, ce ne serait plus un simple écoulement... Non, une cascade de sang jaillirait, telle une fontaine de liquide poisseux et visqueux. Oh, et pourquoi ne pas aller jouer avec le cou de Miséricorde, elle qui lui avait permis de libérer son obsession ? Oh, ce sang si chaud qui coulait dans les veines bleutées de Miséricorde, elle le voulait.

    D'un bond, elle se jeta dans la foule en panique, cherchant Miséricorde... Non sans s'amuser un peu. De ses ongles acérés, elle déchira le tissu qui couvrait une épaule, arrachant des lambeaux de peau en même temps. Oh, jamais elle n'aurait cru atteindre un tel niveau d'extase.

    [Je t'ai pris au mot... Vu qu'on peut répondre comme on veut et que le premier arrivé est le premier servi, je m'incruste. ~]
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mer 9 Mai - 14:43

C'était fatigant.
Toute cette liesse, cet apparat, ce faste grotesque. Ces habits froufroutants qui dévoilaient, par miracle ou charmante intention, des morceaux de peau blanche et des genoux lisses. Ces sourires aussi acérés que des lames de lune. Ces desserts par centaines qui venaient à circuler sur des surfaces rondes et miroitantes, portés par quelques adolescents qui se croyaient davantage intéressants. Et puis ces yeux, tous plus brillants les uns que les autres, qui scintillaient plus fort encore que les luminaires, lorsqu'on plongeait en eux par mégarde. Sans oublier cette colère latente, ne demandant qu'à imploser ou exploser, qu'à s'étendre sur l'assemblée réunie entre les colonnades. Il y avait comme un grondement cynique, une chape de plomb invisible au-dessus des crânes chevelus. La pièce telle une marmite bouillonnante de haine et qui ne tarderait pas à déborder.
Vraiment, c'était insupportable.
Taima se gratta la tempe. Que ses prairies flamboyantes lui semblaient loin, maintenant qu'il était coincé dans ce royaume de l'apparence et du mensonge ! Quelles étaient inaccessibles, ses rivières où il avait appris à boire sans y tomber, à nager sans s'y noyer, à pêcher sans s'y affamer ! Il était épuisé de ce monde-là, où chacun demeurait obnubilé par ses propres pensées, ses souhaits personnels. Oh, bien sûr, l'Indien ne se différenciait pas tant des autres sur ce point mais, comme on pouvait s'y attendre, il ne l'avouerait jamais. C'était bien trop plaisant d'être unique. De ne pas être un mouton ou, dans son jargon amérindien, une truite arc-en-ciel. Ils étaient là, autour de lui, lui qui devait appartenir, semblait-il, à une troupe de théâtre visiblement inexistante. Pourquoi s'était-il trouvé ici ? Il se constatait exclu avec tant de force que, sans qu'on ne le touchât, il pouvait sentir les mains qui le repoussait de tous côtés. Alors pourquoi être là ? Pas de réponse, tant pis. Des mains étrangères ne devaient en aucun cas se poser sur lui ; elles auraient profané sa peau teintée. Dormir. Même cette évasion de l'âme ne lui disait plus rien, s'il était ainsi condamné à revivre au milieu de ces personnes ennuyantes. Ne plus dormir. Impensable.

C'était fatigant.
Le jeune garçon ne tourna pas même la tête lorsque les multiples divertissements se mirent en place, et les paroles qui purent être proférées à ces moments n'atteignirent pas ses tympans. Les sarcasmes des uns, les prouesses des autres... En fin de compte, toute cette agitation lui donnait la nausée. Auparavant, le Reflet était son bastion inavoué, son empire solitaire où il vagabondait, fier, y retrouvant toutes ses capacités perdues dans les méandres d'une mémoire qui lui faisait parfois défaut malgré tout. Maintenant qu'il le voyait envahi de tout côté par cette horde bruyante d'enfants, il en était un peu écoeuré. Ainsi, il n'était pas seul dans cet autre monde. Il était encore confronté aux autres, à leur face blafarde, à leurs pulsions effrayantes, à leur folie intérieure. Plus d'échappatoire. En haut, en bas, à droite, à gauche, encore et toujours eux. Adaptés, intégrés, ou du moins visibles. Pas comme l'Indien. Ah ça non, tout son contraire plutôt ! Finalement, ça lui convenait assez. Sa position de recalé, d'honni, se révèlerait peut-être utile dans le futur. Ce serait l'éclat imprévisible, le volcan endormi qui se réveille et déverse sa lave brûlante sur les visages interdits. D'un coup, il les écraserait tous, les engloutirait dans le flot de sa cruauté. Ils n'en reviendraient pas, dans tous les sens du terme.
Pour l'instant, il ne faisait rien. Il laissait aux jeunes filles le soin de se pendre aux lustres, aux grands bruns celui de jouer au chef tranquille et au reste des invités, il leur laissait le choix de la terreur et une débandade sanglante. Ce qui est fascinant avec cet univers onirique, c'est sa folle instabilité. Un seul esprit suffisamment puissant pour se défaire de cette fausse réalité et tout se transforme au gré de ses songes. Il fallait avouer que, pour cette force-là, Taima jalousait quelque peu le directeur. Mais c'était la seule chose qu'il lui enviait, pas une de plus. Ce n'était pas une fascination irréversible ; s'il se concentrait, lui aussi pouvait changer le Rêve, se changer lui, et changer les autres. Il mettrait à bas leur goût de rébellion individuelle. Il leur imposerait sa propre vérité ou bien disparaîtrait. Après tout, il n'avait pas grand-chose à faire à Espérance. Retrouver les siens avait plus de valeur que de se recréer un clan dans ce village, a fortiori s'il devait convaincre les âmes une par une.

C'était... Tiens ? Intéressant.
Ou, à l'inverse, le point de non-retour avait été franchi. L'Indien aurait reconnu ce sifflement entre mille autres. Le son était cependant moins doux qu'une flèche ordinaire, dont l'extrémité travaillée aurait fendue l'air délicatement. Ces traits-ci n'avaient de grâce que dans la façon dont il se plantèrent dans la gorge du directeur. Venus de nulle part et de partout à la fois, ils furent les trois premières notes d'un orchestre de cris déconcertés et d'exclamations déconcertantes. Taima se souvint alors de la chasse au dindon sauvage, un animal qu'il servait à la fois à nourrir la tribu et à s'entraîner à l'arc. Était-ce ce « Misérico' », le chasseur talentueux qui venait de ficher ses flèches dans le cou de l'Oiseau ? Ou un fanatique qui en avait marre d'écouter l'adulte se prendre pour le plus malin ?
Miséricorde. On pouvait ajouter palsambleu.
Le sang ne s'était en effet pas mis à couler exclusivement sur scène. Pareil à un écho pourpre, des traînées rouges répondaient à l'appel de la carotide ouverte au travers de la foule, et l'odeur reconnaissable de l'encens et du métal se faisait plus présente, plus éprouvante. Le fumet des chairs brûlées par les chandelles alimentaient la métaphore d'un banquet pour cannibales. Le directeur lui-même n'avait-il pas dévoré l'imbécile accrochée à ses cristaux ? Ne l'avait-il pas de nouveau attachée à ses côtés, dans l'intention certaine de la faire rôtir plus proprement ? Il n'était plus question de petits fours. À partir de maintenant, c'en serait des grands, pour mettre tout le monde dedans. Thermostat 6, quarante-cinq minutes, servez chaud. Le dessert sera la gamine dans sa bulle, quand les montres seront repus. Bon appétit.

Parce que les monstres, il n'en manquait pas. Tenez, prenez cette fille sage, qui n'avait jamais rien dit jusque là, et qui brutalement se transforme en une harpie hystérique. Folle. Le verdict est semblable pour les autres. Fous, tous ! Pas une exception. La déglinguée du plafond : folle. Le nabot -ou la nabote ?- derrière son masque : fou/folle. Le cracheur de feu : fou. Même la princesse sous cloche : folle. Folie des folies des folies. Pas un être sensé, pas une créature raisonnable, pas un humain intelligent. Tous avec leur démence que le sommeil laisse échapper sans retenue ! Même le sommeil est fou de permettre ce carnage. Taima en personne en perdit la raison. Sa lassitude se mua en rage à l'encontre de cette assemblée barjo. Il voulait les faire taire, les écraser. Qu'aucun n'en réchappe et qu'enfin il n'ait plus à subir leur présence. Cela ne lui manquerait pas le moins du monde de ne plus revoir ces faces de foldingues. L'exaspération était telle qu'il se mit à grandir, à gonfler, à se couvrir d'une fourrure dense aux couleurs des écorces de pin. Ses dix doigts devinrent deux larges pattes aux extrémités tranchantes ; ses canines grossirent jusqu'à faire la taille d'un pouce ; ses membres raccourcirent mais n'en gagnèrent que plus de puissance. Sur ses pattes arrières, il atteignait sous cette forme-ci une hauteur d'environ deux mètres vingt. Grizzli tu rêves, grizzli tu deviendras.
Et l'Indien commencerait le redressement par cette fameuse fille, désormais devenue bête grisâtre à la maigre chevelure hirsute. Il ne la connaissait pas, mais cela ne pouvait que lui faciliter la tâche. Pas de pitié. Il ne l'avait pas choisie parce qu'elle mettait les innocents -ce mot n'existe plus pour lui- en danger, ni parce qu'il souhaitait rétablir l'ordre en remontant à la source du désordre. Non, c'était une histoire de défi. Enfin un ennemi qui semblait valoir le coup d'y perdre quelques morceaux de peau. Enfin un combat, un vrai, avec la mise à mort comme seule issue. L'adrénaline avait sa part de responsabilité dans la décision de Taima. Cette chose, qui tranchait dans le vif comme on tranche des pommes en lamelles, faisait parcourir sur son échine un frisson entre effroi et euphorie. Il n'avait jamais vu cela. Alors il devait la battre, l'abattre, pour montrer sa force. Prouver sa supériorité.

Son corps de grizzli était un poids dans ses déplacements. Pourtant, dans cette salle où les sièges étaient nombreux et l'espace réduit, il n'eut aucun mal à écarter les obstacles sur son passage pour remonter vers le monstre. Il dégagea de son passage des corps moites de frayeur, brûlants d'excitation. Il bouscula des enfants dont il n'avait que faire, les écrasant presque entre lui et les dossiers de tissu rouge. Il buta contre un fauteuil et un grognement s'échappa de son gosier. Au milieu du brouhaha, personne n'y fit attention. Finalement arrivé à quelques pas de son futur adversaire, il retomba à quatre pattes, refermant dans l'élan sa mâchoire sur l'épaule droite de son futur opposant. La peau sous ses crocs ne ressemblait pas plus à celle d'une jeune fille qu'un érable ne ressemble à une toupie bariolée. Taima n'eut aucun remords à resserrer son emprise sur l'articulation, dont le goût lui parut soudain amer. L'Indien-ours sentit sur sa langue sourdre les premières gouttes d'un sang que sa proie paraissait rechercher avec tant d'avidité chez les autres. Sauf que cette fois-ci, c'était le sien qui ruisselait lentement.

_________________


Merci Moineau ♥
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mer 9 Mai - 18:06




Beladone avait bien réfléchie ...Enfin non c'était plutot le contraire , dès qu'elle avait appris qu'un bal aurait lieu elle s'était empréssée de choisir sa tenue . La petite fille adorait les fêtes , les bals , toute cette agitation . Elle adorait se déguiser . Le déguisement etait l'essence même de l'enfance . Ainsi elle pouvait devenir tout ce qu'elle voulait , son imagination n'avait aucune limite .
Cet ainsi qu'elle arriva au bal vétu d'un petit chaperon rouge . Comme elle était mignonne . Ses jolie joues rose , son petit nez en trompette , son sourire mutin . Sous son chaperon , une robe lègère d'une couleur sanguine cachait sa peau blanche . Elle était parfaite ! ( enfin c'est ce que Beladone pensait et cela n'implique que son avis ) Ce bal aurait pu être un merveullieux rêve . Tout les espérences de la jeune fille était réunis dans cette salle . Exépté ce maudit oiseau qui continuait de jouer à ses jeux d'adultes et d'afficher une face déséspérante . Ce corbeau était donc incapable de sourire ? La majorité des gens présent la dépassait d'au moins une tête . Il était tous si adultes , mais bon l'ambiance du bal semblait rajeunir légerement ceux qui l'entouraient .
Elle voltigeait dans les robes froufroutantes de toutes ces femmes , ces épaules nues . Elle adorait se sentir comme perdue dans un océan de dentelles , elle l'entourait l'oppressant lui donnant l'impression d'être dans un cocoon . Les plateaux remplis de petits fours circulaient librement au bout des bras de serveurs impeccables . Le parfums des friandises se mélaient aux notes entêtantent des parfums des danseuses . Les lumières virevoltaient dans le crane de piaf de Beladone , elle se sentait comme enivrée .

Mais le rêve s'était transformé . Sans savoir comment la jeune fille s'était retrouvé plongé dans un monde de cris et de sang . La salle de bal s'était transformée en salle de théatre . Une odeur de chairs cramées flottait dans l'air se mélangeant à celle de la peur . Des taches rouges envahissaient la vue de la jeune fille . Les valses entrainante laissaient place à des flots grondant , elle était emporté . La foule se brissait sur les murs , l'écume étaient rouge sang . Dans la tête de Beladone les cris étaient remplacés par une tempête qui soufflait , le bruit assourdissant des vagues . Elle tanguait perdant l'équilibre , tombé par terre elle se fit écraser par les masses d'eau déferlantes . Elle allait se noyer ! Cette phrase percuta son esprit , brissant les restes de calme qu'elle avait essayé de garder . Son petit corp rouge se repliait , elle voulait juste disparaitre .
C'est alors qu'un interstice d'air apparu . Des escaliers , de l'air , elle pouvait se sauver . Elle monta rapidement les marches et se retrouva sur la scène . Qu'est ce qu'elle faisait la ? D'un coté un oiseau , bléssé à la gorge se vidait de son sang . Dérrière lui une petite fille enfermé dans un bocal . A coté une femme était enchainé l'odeur de chairs cramé venait d'elle . Et de l'autre coté un immense ours se battait et tenait dans sa gueule une sorte de monstre femme . Ou etait t'elle ? Dans quel asile de fous était elle tombé ?
Beladone se tourna vers les spectateurs . Une mer en furie qui cherchait à s'enfuir de se réduit . Ainsi la vrai nature des gens était révélé , ils étaient tous prêt à s'écarteler pour survivre . L'homme était un loup pour l'homme .
Elle ota la capuche de son chaperon et sur cette scène face à son public . La petite fille redevint un de ces enfants qu'elle détestait . Une gamine pleurnicharde . Les larmes ruisselaiant de ses yeux , elle n'arrivait pas à s'arreter de sangloter .
Roulé en boule au centre de la scène , les projecteurs inondaient son corp recroquevillé .

- Maman ! Papa ! Venez me chercher , j'ai peur !!
- Ce n'est pas drôle ici , sil vous plait ne m'abandonnez pas !!

La petite fille cherchait du réconfort , un moyen de sortir de cet horrible cauchemar . Qui avait causé cette failure dans son monde merveuilleux ? Elle le savait c'était toujours les même coupables . Tous ces adultes . Ils n'étaient pas capable de s'amuser sans provoqué une guerre mondiale . C'était leurs fautes à eux tous si à présent elle était térrifiée . La colère remplaçait la peur dans ces yeux . La si petite fille se retourna et hurla à tous ces adultes trop sérieux sur scène d'arréter .

- Bande d'imbécile orgueuilleux ! Vous voyez ce que vous avez fait à la fête ! Vous êtes incapable de protéger la moindre parcelle de bonheur !

Mais personne n'entendait ses cris . Elle semblait tellement ridicule . Seule criant à la face du monde sa haine contre les adultes .
Miséricorde
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mar 15 Mai - 15:09

La soirée ne faisait que commencer. Ce soir il n'y aurait pas de couvre-feu, tout le monde resterait éveillé pour assister au spectacle. Le spectacle des fausses illusions, des fausses utopies, qui avait déjà démarré avec la jeune chasseresse Kaleoï, cette amusante trouble-fête. Tout le monde jouerait un rôle dans ce gigantesque bal de fous, jusqu'à ce que les esprits dépassent la pire des démences, au point que la seule solution serait de briser le miroir. Chaque rêveur ajoutait une marche à l'escalier vers la folie qui était en train de se construire, chaque rêveur participait un peu plus à la construction de cette orgie redoutable, fiévreuse et sanguinaire. Advienne que pourra.

L'Oiseau avait l'air d'apprécier les petites galipettes de ces messieurs, les révérences pleines de grâces et les courtoises salutations. Il était satisfait du bal, satisfait de sa personne, et du déroulement de la fête. Une paire d'yeux l'observait depuis le début de la soirée dansante. Des yeux vifs et calculateurs, cachés derrière les centaines de robes aux couleurs luxueuses. Des yeux qui enregistraient le moindre de ses gestes. Attendant juste le moment propice. L'instant crucial où tout dégénérerait. Posé, l'Oiseau recevait nombreuses salutations et nombreux compliments, assis dans son fauteuil de velours. Il avait la vedette, et semblait s'en délecter particulièrement. Mais bientôt, les rôles s'inverseraient.

"Je te le promets, petit oisillon"

Et ces yeux, seuls trous de vie d'un masque, ces yeux-là, ils n'étaient pas du genre à trahir leur promesse.
Mes amis, Miséricorde est parmi vous! Mais qui aurait eu le cœur à la chercher, dans cette foule envahie d'ivresse et d'humeur fêtarde? Qui aurait voulu traquer la Reine du Reflet, au lieu d'oublier sa présence, l'instant d'une soirée? Car qui était-elle, cette menace dont on parlait en frissonnant? Serait-ce la petite princesse effarouchée? Ou le jeune homme sur de lui au teint de lune? La demoiselle tâchée de lignes et d'étoiles? La serveuse à la robe couleur crème? Ou encore la reine aux mimiques anxieuses? Cela aurait pu être n'importe qui. Le cracheur de feu qui avait su captiver l'attention des convives, l'acteur au masque d'ivoire, la fillette vêtue de dentelle blanche, le garçonnet de sombre costume, ou encore n'importe qui de présent dans cette vaste salle, qui abritait bien plus que ce qu'il n'en paraissait. Mais les esprits n'étaient pas à y penser, préférant se concentrer sur la grâce de leurs pas de valse. L'euphorie de la fête commençait peu à peu à monter aux joues des demoiselles, et la salle se colorait d'une joie soudaine, comme si le peuple d'Espérance respirait enfin, s'étant retenu depuis bien trop longtemps.

Aujourd'hui, Miséricorde était reléguée au second plan, et cela même au cœur de son royaume, alors que Bird semblait maître de la mascarade. Il était temps de changer les choses...
Mais d'autres convives avaient ce désir de changement, et la jeune chasseresse Kaleoï, vêtue d'une légère robe noire, semblait décidée à renverser le cadre idyllique de la scène. Si l'on avait scruté les yeux perçants de Miséricorde, on aurait pu y déceler un infime sourire, mais personne ne faisait pour l'instant attention à sa personne. Car tous les regards étaient désormais concentrés sur l'agile fille-étoilée, dressée de tout son séant sur le lustre doré. Quelque chose dans son port, son regard, était captivant, mais il était temps pour Miséricorde de revêtir son costume. La Reine du Reflet s'éclipsa, sans que personne ne remarque son absence. Qu'elle soit convive, serveuse, saltimbanque ou même membre de la royauté, tous n'avaient d'yeux que pour une personne. En tournant les talons, Miséricorde entendit les paroles de la jeune chasseresse, révoltée et indignée :

« Je ne veux plus de cette dictature, stupide volatile... »

Et encore une folle qui rajoutait son grain de sel à l'aliénation collective.


La salle était pleine d'effroi. Un silence glacé, seau de la frayeur, s'était posé sur les lèvres muettes des convives. Tout dans l'atmosphère avait évolué : les yeux des spectateurs effarés brillaient d'une certaine curiosité morbide, une pure délectation à la vue du griffon qui déchiquetait le corps de la pauvre sotte. Et une odeur de chair brûlée commençait à tapisser lentement les murs-même de la salle, cette vaste pièce qui venait de devenir fournaise et abri de monstruosité. L'Oiseau, dans son costume de griffon, était impressionnant, et les yeux des convives brillaient d'affolement. Le bal s'était changé en pure psychose, alors que le décor changea du tout au tout.


Il était étrange pour Bird de voir le rêve se métamorphoser sans que ce soit lui qui le maîtrise. Il n'aimait pas ce sentiment d'impuissance. La salle de bal avait laissé place à une salle de spectacle aux fauteuils rouges pétants, et Bird était accoudé à un balcon, observant gracieusement la scène avec ses jumelles. Sur les planches se tortillait l'autre Oiseau, en compagnie de la princesse et de Kaleoï. De sa voix de tribun accompli, il entonna haut et fort, afin que toute la salle puisse l'entendre :

« Mes amis, un tour d'Illusionniste serait il aussi beau si le spectateur en connaissait le secret ? Vous pouvez rechercher la vérité, mais sachez qu'elle vous anéantira comme elle a fait à Misérico...»

Un, deux trois, quatre, vlan. Mi, Sé, Ri, Co... Mort. Game Over. Au revoir petit oiseau. Une flèche. Fine et imperceptible, rapide et tranchante. Le Roi est mort. Place à la véritable reine, ou véritable roi, à vous de voir. Bird se frotta les doigts, posa sa paire de jumelles sur la petite table d'acajou à côté de lui, et réajusta son costume de velours bordeaux. Le désordre commençait déjà à ébranler les rangées de fauteuils, et Bird rejoignit le petit escalier d'un pas calme et assuré, prêt à descendre dans la fosse au lion. Le chaos régnait, et une atmosphère pesante et sanguinaire semblait accompagner les gestes des rêveurs. D'un pas gracieux, Le Roi se fraya un chemin parmi les fauteuils, savourant cet instant de gloire où tous ne savaient pas qui était le véritable Directeur. Ce cadavre sur la scène, la gorge transpercée, qui avait précédemment déchiqueté le corps d'une jeune fille ? Ou ce bel homme à l'allure fière et séduisante ? Quand Bird arriva près de l'estrade, l'ambiance surexcitée était à son comble. Des rêveurs s'étaient métamorphosés en affreuses créatures, comme ce grizzli qui dépeçait le cou d'une harpie. Une fillette gémissait sur les planches, torturée par des démons intérieurs, et adressant une supplique à des parents imaginaires. Bird monta sur scène, et s'approcha d'elle. A l'instant où il la gifla violemment au visage, la claque retentit dans toute la salle, et le silence se fit. D'un coup, net, brutal. Bird laissa choir la fillette au sol, et se redressa de tout son séant. Il attendit que la foule ne fixe que lui, ne regarde que lui, et soit suspendue à ces lèvres ; et attrapa l'Oiseau mort au sol par sa tignasse brune, arborant fièrement ce corps mou comme un trophée. Bird leva son poing libre, en signe de victoire, et cria à la foule :

« Miséricorde est vaincue, mes amis. »
Elmeraud
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mar 15 Mai - 16:07

Une étincelle avait mis le feu aux poudres, qu'un simple trait de métal avait réussi à calmer ... en passant par la destruction.
Un cadavre, puis un autre et encore un autre...
Le Roi était tombé .... cela aurait dû faire cesser la partie et pourtant, c'était une nouvelle encore plus destructrice qui s'annonçait.
Sous le regard calme du jeune homme, plusieurs convives affolés reprenait peu à peu leur vraie nature. Une harpie qui se faisait attaquer par un grizzly, des gamins qui pleuraient, des gens sur excités. Ça criait, ça se métamorphosait. Et la salle, déjà surchargée, se remplissait de couleurs vives et effrayantes.

Elmeraud poussa un soupire outré. Ah! Et voilà! Sa représentation gâchée! Ce n'était pas encore aujourd'hui qu'il allait pouvoir démontrer son talent. Quoi qu'il n'avait pas vraiment besoin de ça pour prouver qu'il était un bon comédien.
Du sang se rependait. Certaines gouttes parvinrent à atteindre la toge immaculée du jeune homme, qui ronchonna à peine. Il avait déjà "rêvé" bien pire. Il finissait par devenir habitué à tout ça, il savait même comment certaines personnes allaient finir.
C'était ridicule.
Bird était mort, et alors? Il n'avait fait que se réveiller! S'il voulait revenir il lui suffisait de se rendormir bon sang! Ça n'avait rien d'un Game Over. Un peu de bon sens!

Mais ce qui suivit fût bien plus intéressant que la pagaille ambiante. Bird réapparut. Mais peut être avait il toujours était là ? Il descendit calmement et frappa la jeune fille qui pleurait à quelques mètres du blond. Sujin avait déclenché certains sentiments chez le garçon. Et peut être que le fait qu'il soit dans le Rêve aidait aussi à cela. Quoi qu'il en soit, il fut surpris. Encore plus quand Bird saisit à pleine main la tignasse de l'autre Oiseau. Mais sa phrase finit d'ancrer une certitude en lui: imposture.

Le jeune homme connaissait peu le directeur, tout ce qu'il lui devait, c'était son nom. Mais il était le doyen d'Espérance, son dirigeant, et il l'imaginait mal frapper une demoiselle en détresse en tant que tel. Fus ce pour s'attirer l'attention de tout le monde. Et puis, il hurlait la mort de Miséricorde, pourtant le problème même de la Reine du Rêve était que tout le monde, y compris l'Oiseau, ignorait sa véritable identité. Et il n'était pas exclu qu'un gamin puisse prendre l'apparence de Bird dans le Rêve, autre que Miséricorde. Pour finir, Bird est un homme que le garçon imaginait assez clair pour certaines choses. Il organisait cette fête, il y tenait un rôle, il était logique que le premier Roi fut le directeur. Moins qu'il fut Miséricorde. Là était, selon lui, la faille.
Et puis, pour avoir déjà croisé Miséricorde dans un de ses songes, Elmeraud était bien placé pour savoir qu'il (ou elle) ne mourrait pas si facilement.

- Mascarade.

Elmeraud se détacha de la foule qui se réorganisé petit à petit, malgré quelques folies qui restaient encore, sa toge blanche souillée trainant à ses pieds.

- Mais très réussis je dois dire.

Le décors s'y prêtait à merveille. Un sourire s'esquissa sur les lèvres rosées du garçons, devenu femme par précaution, et perdant ainsi une partie de sa liberté de mouvement.

- Nous feriez vous l'honneur de participer à notre pièce de ce soir ?

Ou la créerez vous vous même ?
Debout sur scène, le jeune homme, non, la jeune femme, guettait l'assistance. Combien d'entre eux le croiront alors qu'il n'avait aucune garanti ? Combien le suivront, combien oublieront ? A bonne distance de ce qu'il croyait être un imposteur, Elmeraud attendait. Il n'était pas loin par peur, mais bien par défi. Par curiosité en grande partie aussi.

La jeune femme ne risquait rien après tout, elle se fichait bien d'un quelconque pouvoir sur des illusions, car une chose qui n'existe pas en vrai n'est que du vent. Annonçait il une tempête ?
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Mer 6 Juin - 18:24

Douce folie qui s'étire à l'infini et pénètrent les coeurs de l'assistance, effroyable mélodie, pénétrante dont on s'enivre jusqu'à l’écœurement total. Un instant de flottement, et elle s'enfuie; c'est devenue une drogue, une addiction, et s'en passer est une hérésie. Impossible. Les masques explosent, et les morceaux brisés s'éparpillent, pour être ramassés par d'autres. Éternelle comédie.

Et puis, le roi avait organisé un bal. Ou plutôt, le Bal. C'était la distraction suprême, le luxe accordé à tous, le pseudo-paradis qui servait à ces pauvres âmes damnées. Elles n'étaient pas stupides, et savaient fort bien que ce n'était qu'un triste répit, instant de recueillement; car un jour, il faut bien que le maëlstrom annoncé qui couve depuis si longtemps se découvre et révèle dans sa terrible splendeur les dégâts qu'il peut causer. Et puis alors, enfin, ce que tous attendent sans oser le dire à voix haute, parce que c'est inévitable. Peur.

C'était bien là le schéma que suivait tout ce petit monde. Officiellement, la farce était en l'honneur de la pitoyable protégée de Bird, Alice. Une pâle créature seule à en crever, ou presque. Son esprit incompris et sauvage était encombré et rendu tortueux par des ombres noires qu'elle voyait, elle seule. Son attitude instinctivement animale contribuait à faire que toute une mythologie dédiée avait fini par l'entourer, et elle était de ce fait perdue, ayant fini par apprécier les animaux qui vivaient à Espérance plus que ses semblables. Comme c'était triste... Et tous ces gens qui l'entouraient sans la voir, alors qu'elle s'était recroquevillée dans son coin pour ne pas participer à la Mascarade, comme si sa naïveté d'enfant se rebellait contre ces hypocrisies d'adultes. Un Bal. Ce mot, il inspirait le mépris de par son je-ne-sais-quoi de vil. Il fallait le cracher, s'en débarrasser au plus vite. Instinctivement, on ne pouvait que le détester du plus profond de soi, même si l'on ne s'en rendait pas forcément compte. Car l'instinct, c'est l'inconscient. Cet inconscient qui nous guide et nous façonne sans que nous y fassions attention. Et un jour vient le constat, car oui, c'est indéniable, nous avons changé. Et la question qui va avec : «Comment est-ce possible ?».

Puisque depuis le début nous suivons Alice, puisque toujours nous parlons d'elle, alors faisons-le, pénétrons cette âme innocente, arrachons son univers, creusons pour découvrir ses désirs inavouables, ces choses, qu'en égoïste qu'elle peut être, il lui arrive de désirer.
Elle avait réussi, au bout d'un court moment, à se détacher de cette comédie et à s'enfermer dans sa bulle pour ne plus subir les assauts de la vie et ses turbulences nébuleuses. La fillette semblait là, mais en esprit, elle était loin, si loin. Inatteignable, dérivant dans les lointaines contrées de sa conscience enfantine dont la connaissance du monde était si incomplète. Pourtant, la lumineuse lucidité des enfants est admirable : car, encore innocents et inintéressés par les bénins problèmes d'adultes, ils voient la vie de manière juste et objective.

Cependant, ceci n'est qu'une parenthèse sans importance. Il nous faut nous intéresser aux faits, et non, malheureusement, aux mystères magnifiques de l'esprit. Alice sortit de sa léthargie, que l'on pourrait plutôt qualifier de transe, lorsque le décor changea. Lorsque Bird se transforma en une créature monstrueuse et déchiqueta la fille, une habitante d'Espérance parmi tant d'autres. Cela dura peu de temps, mais assez pour que la gamine s'en rende compte. Et encore, la scène se transforma, sous son regard attentif. Et alors, la jeune fille se retrouva enfermée dans une cage de verre à la forme sphérique. Et Bird -celui qu'elle aimait et en qui elle plaçait toute sa confiance, Bird la trahit. Nous nous devons d'utiliser cette expression banale «ces mots lui transpercèrent le cœur». Car celui qu'elle aurait pu considérer comme son père si elle aurait pu appréhender le sens de ce terme, et bien son père parla, et ses paroles furent dures, tellement froides et dénués de vie qu'elle ne compris pas tout à fait imméditaement que c'était bien le Directeur qui les avait prononcé.
    « Mes amis, un tour d'Illusionniste serait il aussi beau si le spectateur en connaissait le secret ? Vous pouvez rechercher la vérité, mais sachez qu'elle vous anéantira comme elle a fait à Misérico... »
Oh, Enfer. Peur. Ce n'était pas la Réalité au sens propre, mais la peine, cela faisait toujours aussi mal, même dans le Rêve. Car Bird n'était désormais plus qu'un cadavre, des flèches plantées en travers de sa gorge, et un doux filet écarlate coulant doucement sur le sol. Alice crut devenir folle. Elle le devint, sûrement. Même si sa sensation était celle d'être trahie, elle ne pouvait que se sentir mal. Son bienfaiteur, même si il avait peut-être menti durant tout ce temps comme ses paroles venaient de le démontrer, venait de mourir dans l'irréalité présente. C'était insupportable, et elle, elle ne pouvait rien faire, prisonnière de sa sphère.

Le chaos se déchaînait autour d'elle. Maëlstrom qu'on avait toujours su qu'il allait éclater. Miséricorde avait fait son apparition, semant les graines fatales de la perversité, cet amour terrible du Mal, folie douce increvable. Et Bird il s'était fait, pour instaurer le parfum délétère de la cruauté -la sienne- et de l'incompréhension -celle des convives. Alice savait que ce cadavre était celui du vrai Roi, sans aucun doute. Alors elle, rendue hystérique par tout ce sang, surtout celui de Bird, qui venait de couler sous ses yeux, frappait avec une rage démente sur les parois transparentes de sa prison. Ses petits poings devinrent bientôt meurtris, au point d'en devenir comme couverts d'ecchymoses. Son esprit devint obscur, si confus qu'elle en suffoquait presque.

Alors, le globe où elle était contenu explosa. Après tout, tous se trouvaient dans le Rêve. C'était tout à fait possible, dans cet univers détraqué où les consciences se devaient de ne pas être étriquées. Donc, nous disions qu'il éclata. Ce qui était une cage de verre se mua en d'innombrables éclats pointus, comme de minuscules étoiles qui se plantèrent un peu partout, parfois même dans la chair.

Alice, totalement déroutée, se pencha sur le cadavre encore chaud se trouvant sur scène, et qui appartenait au Directeur. Elle n'était qu'indifférence face aux convives qui prenaient une apparence effrayante et monstrueusement troublante. La princesse reprenait elle-même l'apparence d'enfant sauvage qui la désignait dans ce monde incompréhensible. Elle en voulait tellement à Bird... Alice resta plantée là, sans rien faire d'autre que songer à cette trahison ultime que lui avait fait subir son "père". Un profond sentiment d'abandon s'emparait petit à petit d'elle. Folle, oui, vraiment, la petite protégée du dirlo. Cette fois-ci, c'était absolument vrai. Soumise à la traîtrise et à la mort fictive de la seule personne en qui elle croyait, c'était son humanité qui s'échappait encore un peu plus de son âme.
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MessageSujet: Re: [Event] It's time for the Masquerade Jeu 28 Juin - 14:52


    A Necessary End

    Rébellion, déchéance, chaos.
    Le divertissement s'était transformé en guerre intestine. S'il n'y avait plus de feu, le sang fusait. L'homme pleurait. Des larmes à l'extérieur, une agonie à l'intérieur. La terreur se mêlait au sang et le sang à la névrose générale.
    Dans un coin en enfant se recroquevillait, possédé, dans un l'autre, des monstres carnassiers s'entretuaient.
    Pour s'introduire Miséricorde avait rependu sa folie et la misére, puis fière, elle était arrivé stoppant les mouvements dans la foule. Elle avait coupé les ailes de l'Oisillon, détruisant de ses flèches son corps et son miroir, s'emparant de son monde chimérique...
    Puis maintenant, sous les traits du Directeur, elle semait dans les esprits son discours fallacieux. Elle était devenue reine de l'assistance, distillant son poison dans chaque veine, chaque sentiment...Certains se laissaient porter par le mensonge, d'autres s'en méfiaient. Tous étaient fascinés...
    Mais la Vipère avait-elle raison de se proclamer ainsi nouveau chef, de croire que la partie était terminée ?
    Si l'usurpatrice pensait l'Oiseau mort, c'est qu'elle n'avait pas pensé que, tel un Phénix, Bird renaitrait de ses cendres.
    Enfant capricieuse, tyrannique et imbue d'elle même, elle avait oublié qu'elle n'était pas la seule ici à connaître toutes les règles et les vérités sur le Reflet .
    L'Oiseau renaitrait de ses cendres. Personne ne le verrait mais silencieusement il mettrait fin à ce rêve, à cette macabre mascarade. Il n'avait nullement besoin d'être là pour agir... Le Miroir, l'apparence, les règles ... Tout ceci était pour les autres, les enfants heureux et ignorants qui n'avaient pas traversés le mur.

    Alors que Miséricorde parlait, de part en part l'univers se fissura. Tel un monde de verre, les murs se lézardèrent, l'estrade et les sièges se disloquèrent, le sol s'ouvrit sur le néant et , du cadavre à l'enfant le plus innocent en passant par Miséricorde, tous, dans l'obscurité, sombrèrent.
    Bruit de cristal et de rêve s'entrechoquant et se détruisant.
    Réapparition d'un décor trop commun, d'un lit et d'un miroir découvert.
    La réalité avait repris ses droits.
    Dans le Reflet, aucun des pôles opposés n'avait gagné. Car pour ne pas se retrouver terrasser, Bird avait reporté la partie à plus tard, préférant affronter la colère future d'une Miséricorde qu'on avait forcée au réveil alors qu'elle s'amusait si bien à ce bal de l'horreur.
    Pleutre, il avait préféré distordre les règles, obliger ses amis à quitter le rêve, les condamnant à subir le contrecoup de son action.


    L’Oiseau se leva et se dirigea vers la chambre d’une Alice dévastée. Elle pleurait, secouant son petit corps de soubresauts. Elle tremblait autant à cause de la désillusion qu’elle avait subi lors du Rêve qu’à cause des souvenirs douloureux qu’elle venait de retrouver.
    Bird la prit dans les bras et comme à chaque fois, berça son corps de fillette trop grande.

    « Je suis désolé Alice… Je n’avais pas le choix…Nous devions échapper à Miséricorde…Tu n’es pas la seule… Chacun a retrouvé des souvenirs qu’il n’aurait pas préférés…Mais ne t’inquiète pas…Demain tout ira mieux… Tu auras oublié… »

    Alice n’avait pas à souffrir de ses souvenirs. Innocente elle n’avait pas besoin de savoir que l’adulte qu’il était n’était pas immaculé. Alors pour son bien, elle oublierait…


[*Vous pouvez répondre pour parler des souvenirs qui vous sont revenus, ou comment vu avez vécu votre réveil le tout blabla...

*Les actions dans l'event peuvent avoir une influence sur votre RP à suivre

*Les personnes n'oublient rien hormis Alice ( et là alice en fait je te laisse le choix... Bird peut croire qu'il t'a fait oublié mais en fait non... blablal. tu vois selon l'évolution d'Alice)]
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[Event] It's time for the Masquerade

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