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.Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy]

Taima
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MessageSujet: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Ven 11 Mai - 20:03

« Petits couples, crapules, curieux et doux rêveurs... »
À peine, franchement. Ni l'un, ni l'autre, et encore moins le troisième ou le dernier. Taima n'appartenait en rien à cette liste, ce qui ne l'empêcha pas de prendre ses quartiers au sommet de l'Internat, près de l'École, et d'y apprécier la vue. Y grimper avait été un jeu d'enfant. Les surveillants n'étaient ni légion, ni pressés de parcourir les couloirs à la recherche de possibles intrus. Ce qui permettait à de jeunes fauteurs de trouble -pas crapules pour un sou- de s'installer sur les dalles ensoleillées et d'observer le panorama. Et de quelle splendeur était ce panorama ! Une magnifique vue, certes au travers d'un fin grillage protecteur afin de contrer les envies suicidaires de quelques adolescents, qui donnait sur l'immensité de la forêt, le village en contre-bas, avec sa fontaine et ses boutiques où l'on apercevait les pots de fleurs sur le rebord des fenêtres, et la mer. Mère Nature qu'elle était belle, cette mer. Taima n'en avait jamais admiré de pareille.
Il n'en avait tout simplement jamais eu l'occasion. Ni cet océan-ci, ni un autre. Il avait eu beau vivre en Amérique, les littoraux étaient d'une couleur inconnue, à l'instar du reste du monde. L'Indien avait pourtant feuilleté des ouvrages de géographie et ouvert des planisphères. Un, deux... Un demi, disons. Mais ça ne l'avait pas plus avancé. Il était tombé nez à nez avec une vaste carte dessinée, sur laquelle des morceaux de formes et de nuances différentes étaient collés les uns aux autres, parfois séparés par un large couloir bleu strié en long et en large par des lignes avec des numéros. Autant dire qu'il n'avait rien compris. Chaque morceau du puzzle portait un nom, et il avait cru reconnaître celui qui s'apparentait à son pays. Sauf qu'il y en avait trois dissemblables : Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du Sud. Il ignorait où est-ce qu'il avait réellement vécu. Cela semblait si grand comme territoire, impossible de s'y repérer. Et Espérance demeurait introuvable. Pas une île, pas une montagne, pas une rivière qui portât ce nom tant détesté. À croire que tous les habitants de ce village, et ce village lui-même, étaient hors du monde. À croire qu'il avait mal cherché aussi, parce qu'il avait prestement refermé le livre ou jeté le globe terrestre, blessé de n'avoir pas pu toucher du bout des doigts le territoire qui lui manquait tant.

Cet épisode datait déjà de plusieurs semaines. Ou plusieurs jours. Qu'importe. En déambulant dans les escaliers de l'Internat, en direction du toit, Taima avait repensé à cette découverte qui ne lui avait laissé qu'un sentiment d'amertume au fond du gosier. Il avait envisagé le fait de s'infiltrer dans les classes pour inspecter avec plus d'attention ces étranges oeuvres planétaires. Et puis finalement, ses pas l'avaient mené sans escale sur le plafond de l'établissement. Grand bien lui en fasse. C'était le point culminant. Suprématie de son oeil, hauteur de son corps. Il se sentait plus proche du ciel et ainsi, plus près encore de la liberté. Le soleil, le vent, l'horizon. Pouvait-on rendre un Indien plus heureux ? Soit, il y avait des dizaines d'autres choses qui l'auraient rendu plus heureux, à commencer par retrouver les siens, son cheval, se peinturlurer pour les cérémonies initiatiques, manger de la bouillie de maïs et de haricots, dormir parmi des fourrures tellement chaudes qu'il se déshydraterait en deux secondes. Toutefois, perdu dans Espérance, c'était déjà beaucoup d'être seul et de pouvoir respirer sans pollution villageoise.
Le soleil commençait à taper fort. Taima entreprit donc de se déshabiller. Pas de pudeur mal placée ; il avait chaud et il ôta son haut, l'abandonnant à ses pieds. Puis il s'allongea sur la pierre dure, bras écartés, et ferma les yeux. Juste un peu. Pas trop, non, pour ne pas oublier que quelqu'un pouvait le surprendre à tout moment. Le plaisir de sentir les rayons solaires descendre sans bruit le long de son sternum valait bien une seconde d'inattention. En souriant -fait rare !- il secoua légèrement la tête pour écouter ses perles s'entrechoquer contre ses oreilles. Et dans le lointain, des chants d'oiseaux. De tels instants sont rares, il serait idiot de ne pas en profiter. Quitte à ne pas entendre, dans notre bonheur fugace, la porte qui mène au toit s'ouvrir de nouveau.
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MessageSujet: #5C0515 #C44C51 Dim 20 Mai - 18:31

Bulle de bonheur envolée, il faut la retrouver. Cours, cours, et monte loin là-haut, où seul la brise et le soleil bienveillant pourront la reconstruire...

    La journée, comme d'habitude, avait plutôt bien commencé. Sa petite bulle était intacte, et comme Biga n'avait croisé personne, sauf Ekaterina -mais elle est une personne à part- le reste du jour semblait être propice au calme et à l'épanouissement de son petit monde 'bullesque'.

    Mais l'Utopie était de courte de durée. Elle l'est toujours, quand bien même elle existe. Cela faisait un bon bout de temps qu'elle n'avait pas reçu un quelconque enseignement, et sa seule amie la poussa à aller en cours. « Apprendre pour devenir plus forte » avait-elle dit pour la convaincre. Mais c'était pour lui faire plaisir qu'elle y alla. A contre cœur, elle entra dans la salle. Un cours d'Esperanto était donné. Cours de langue oblige, les élèves étaient interrogés chacun leur tour...Devant toute la salle, sur l'estrade. Ou comment faire éclater la petite bulle de Biga.

    Cette bulle dans laquelle elle se réveille chaque matin, est son monde imaginaire avec lequel Biga vit au quotidien, quand rien n'est là pour faire éclater son paradis imaginaire. Le seul problème est qu'il suffit d'un regard, d'une présence pour que la bulle ait déjà les marques de fissures.

    « Biga, c'est à ton tour de venir présenter tes phrases en Esperanto au tableau » fit le professeur du jour.

    «M-m-monsieur... je ne peux vraiment pas » balbutia la petite, alors que de vilaines rougeurs apparaissaient sur ses joues. Et sous l'insistance du professeur, elle se leva penaude, et bégaya des mots incompréhensibles, si bien que la classe se...moqua d'elle.

    « Ha ! Ha ! Ha »

    Sa bulle, déjà peu solide, se brisa en mille morceaux. Son seul refuge était à présent la solitude, et ici... le toit était un lieu sûr. Alors elle courut, encore et encore, en montant les escaliers, à la recherche de calme, de silence et de paix.

    Essoufflée de sa course, elle ouvrit la porte doucement. Déjà baignée de lumière et rafraîchie par la brise silencieuse, elle sourit bien que toujours sonnée par ce qui venait de se passer.
    Seule enfin, elle leva les bras en l'air, laissant le vent s'engouffrer sous ses habits. Après avoir prit ce bain de brise, elle commença à fredonner une petite mélodie que son amie lui chantait quand elles étaient plus petites. Biga marcha en direction de son petit coin où elle avait tendance à rester pour se remettre d'aplomb. Mais horreur : quelqu'un y était. Et pas n'importe qui; un homme déjà, et torse nu ! Dieu que c'était embarrassant. Mais vraiment. Pauvres petits yeux de vierge qu'elle avait. Se faisant, elle se recula pour laisser cet exhibitionniste en paix, mais trébucha et tomba à la renverse.

    «Aïe...Ah... » Elle ramena ses jambes contre elle, et le vent se fit un peu plus fort, si bien qu'un linge..une sorte de t-shirt s'envola pour la frapper de plein fouet sur le visage. Troisième catastrophe, il semblait appartenir à l'autre homme. Rouge pivoine, elle se dépatouilla pour l'enlever de sa face, et rampa pour le déposer sur lui, en espérant avoir été discrète. Trop honte.

Taima
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Mar 22 Mai - 17:18

« Il y a le ciel, le soleil et la mer... »

Il avait fini par s'endormir. Ou juste un petit peu. Le sommeil de Taima n'était jamais très lourd parce qu'il demeurait un maximum sur ses gardes et dormir au Foyer nécessitait presque toujours de veiller à ses arrières. Déjà, la chambre était étroite. Il y flottait un vague relent de bois humide et de vieilleries poussiéreuses. Et la nuit, il y avait tout un tas de bruits bizarres dans les couloirs, les murs et les pièces à côté. Ce n'était pas que des souris. Il arrivait que les autres enfants aient des crises de somnambulisme ou pire, d'insomnie. Pire, parce qu'ils se mettaient à rôder exprès sur le parquet de la ferme, pareils à des fantômes solides en quête d'une occupation. Et pour l'Indien qui cherchait à s'endormir après trois heures à se tourner et à se retourner, ces craquements lui filaient des envies de meurtre.
C'est ainsi que sur le toit, où aucun son ne parvenait sinon quelques notes d'ovipares à plumes, le sommeil se révélait enfin possible. Et bienfaiteur. Il rêva du bassin d'une cascade dans lequel il avait eu l'habitude de se baigner avant d'arriver à Espérance. Le site était cependant différent que dans ses souvenirs ; des arbres avaient poussé là où serpentait un chemin de terre et au bout du ruisseau, les eaux se jetaient dans le vide, poissons et autres populations aquatiques compris. À vrai dire, l'espace était tout entier limité par le néant, comme si le garçon se trouvait sur un disque de terre séparé du reste du monde. Néanmoins, il ne s'en soucia pas. Les décors oniriques sont parfois si farfelus que nous ne remarqueront pas leur étrangeté avant d'être réveillé. Taima avait autre chose à faire que de s'inquiéter de ce le contexte était bizarre. Son attention venait d'être attirée par un mouvement au sommet de la cascade. Avec l'éclat du soleil, il dut mettre sa main en barrière afin de pouvoir distinguer la forme qui le scrutait depuis ses hauteurs. L'Indien cligna des yeux plusieurs fois. Le soleil d'Amérique avait conservé toutes ses propriétés aveuglantes.

« Qui est-ce...? » se demanda-t-il à lui-même.

Ce fut lorsque ses pupilles s'habituèrent à la lumière crue que le garçon put considérer la silhouette. Il faillit en tomber à la renverse. Grande, beaucoup plus grande que lorsqu'il l'avait vue pour la dernière fois, sa petite soeur le jugeait avec tout le dédain du monde. Ses cheveux longs avaient été ramenés derrière son crâne en deux tresses enroulées sur elles-mêmes. Elle portait une robe en peau de cerf blanc, plus somptueuse que d'ordinaire et semblable à celle des cérémonies de passage à l'âge adulte pour les femmes. Pourquoi avait-elle grandi si vite ? Lorsqu'il avait découvert Espérance, Migina devait à peine avoir douze ans, et elle paraissait seize désormais. Était-ce un aléa du rêve ou un aperçu de la réalité ? Espérance avait-elle une temporalité différente de celle du monde d'Avant, plus lente, plus longue ? S'il parvenait à s'échapper de ce village, Taima retrouverait-il les siens avec dix printemps de plus que lui ? Ce serait horrible. Il tenta de se rassurer en se disant que tout cela n'était qu'un rêve. C'est alors que sa soeur lui parla dans sa langue naturelle. Il crut qu'il allait pleurer, sans savoir si c'était à cause de la sévérité de ses paroles ou le fait d'entendre son idiome maternel.

« Alors, c'est cela, le futur chef du clan ? Dans quel état tu es, pauvre oisillon, c'est l'existence là-bas qui te rend si misérable ? Si tu ne te reprends pas en main, nous te remplacerons, tu sais. Les faibles n'ont pas leur place ici. »

Et pour illustrer son propos, elle s'empara d'une énorme roche à côté d'elle, presque aussi imposante qu'un cheval, et la lança sur son frère en contrebas. Trop perturbé ou trop misérable pour l'esquiver, Taima ne put que la voir s'écraser sur lui tandis que résonnait les ricanements grinçants de sa cadette.

Il se réveilla en sursaut au contact d'un poids sur son ventre. La pierre, sans aucun doute. Il était peut-être mort ; il n'y avait que le ciel au-dessus de sa tête, d'un bleu féroce. Les anciennes légendes racontaient que tout esprit défunt rejoignait les cieux pour y habiter jusqu'à sa prochaine réincarnation. Encore brusqué par les sentences de sa soeur, l'Indien voulut toucher son estomac à l'endroit où il avait senti s'écrouler la masse. Son coeur battait la chamade. Et sa main ne toucha que du tissu. Hein ? Il tourna la tête sur le côté pour y découvrir une fillette rouge... Pas pivoine, plutôt coquelicot. Aussitôt il bondit sur ses pieds en plaquant son habit contre son torse. Il était aussi honteux que l'enfant, mais pour d'autres raisons.

« Depuis quand tu es là, toi ? Tu m'espionnes ? Retourne d'où tu viens, petite peste ! »

À croire qu'il balançait à la figure de cette gosse toute la colère qu'il ressentait à l'égard de sa soeur et de ses paroles. Faible, lui ? Misérable ? Faux, faux et encore faux. Migina n'était plus là pour le voir, comment pouvait-elle savoir ce qu'il faisait ? L'Indien dévisagea la fille, avec ses longs cheveux noirs et sa peau de papier blanc. On aurait dit qu'elle allait se casser en touchant les autres. Malgré sa colère, Taima se sentit s'adoucir. Elle ne pouvait rien lui faire. Il remit son habit puisque, visiblement, cela dérangeait la pudeur de cette gosse, et s'approcha d'elle jusqu'à la regarder de bien haut. Pareil à la position de sa propre soeur dans le rêve. Enfin, il reprenait une posture un peu plus digne. Celle qui convient aux hommes, aux futurs chefs.

« D'ailleurs, tu viens d'où ? Je t'ai jamais vue. »

Taima ou l'art d'être aimable. Surtout au réveil.
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Mer 23 Mai - 15:07

C'était bizarre...oui bizarre, parce qu'au lieu de s'enfuir, se cacher ou autre pour échapper au réveil de ce garçon, Biga était restée plantée là, à attendre. Attendre quoi ? Nul ne le savait, même pas elle et pourtant c'était ce qu'elle avait fait. Et pour le coup, c'était le mauvais choix.

    « Depuis quand tu es là, toi ? Tu m'espionnes ? Retourne d'où tu viens, petite peste ! »

    Quel ton...hautain, colérique. C'était quelque chose d'assez fort pour l'apeurer d'avantage. Et à vrai dire, elle n'en avait pas besoin. Assise par terre en "w", elle se recula un peu devant ce garçon debout. Rien que dans cette position, on savait qui dominait...Même si avec Biga, on sait qui domine, pas elle en tout cas.

    « Empotée, tu vas te laisser marcher sur les pieds comme ça ? Faiblarde, misérable insecte. Il va t'écraser sous son pied et te déchiqueter tellement t'es faible. Pauvre enfant bafouée. Peste. Il a dit peste. Laisse moi rire, même lui voit qui tu es vraiment, arrête de faire semblant, t'es pas si fragile que ça. Avoue que tu matais son torse. Peste et perverse. La totale.  »

    La Voix n'en manquait vraiment pas une. Toujours là à épier ses moindre mouvements. La petite secoua la tête horrifiée et surtout plus qu'embarrassée. C'était pas une perverse !

    «...Je..je suis désolée, je ne voulais pas vous regarder nu.... » Là pour le coup... Elle s'empourpra d'avantage. Mais qu'elle idiote. Elle préféra rester assise par terre, ramenant juste ses jambes contre elle, la tête baissée, cachée par ses longs cheveux noirs. Heureusement qu'ils étaient là, c'était toujours une barrière de plus. «...C'est pas ce que j'ai voulu dire...Je..je suis désolée vraiment, mais...ne me criez pas dessus, j'ai...Juste remit votre t-shirt sur vous et puis...Je ne vous espionnais pas. Je crois pas en tout cas... »

    « Mais bien sûr que si, tu l'espionnais, tu le matais quoi ! Menteuse en plus de tout ça, bah bravo ! Dis la vérité, ou tu ne seras qu'un être abject »


    « Ou peut-être que si ?  » La voix, ou l'art de l'embrouiller. Pourtant, bien que toute chamboulée, elle se leva ensuite. La tête toujours basse, les mains croisées devant ses cuisses, triturant le bas de sa robe. «  S'il vous plaît, ne m'obligez pas à quitter mon toit... Je veux pas y retourner...Je veux ...voir personnes » Un gentil sous-entendu pour dire qu'il n'est pas à sa place, et qu'il faut qu'il dégage. Mais Biga ne dirait jamais ça de manière aussi crue, toujours dans l'implicite, et avec une voix toute douce et frêle.

    « D'ailleurs, tu viens d'où ? Je t'ai jamais vue. »

    En l’occurrence, elle non plus ne savait pas d'où elle venait. « Mais non imbécile, d'où tu débarques là, pour le déranger »

    « Des salles de cours... Et vous, que faites vous sur mon toit ? » demanda-t-elle toujours aussi gentiment.
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Jeu 24 Mai - 20:51

Ça l'énervait un peu. De ne pouvoir rien faire. En fait, ils étaient un peu semblables, tous les deux, à ne pas réussir à bouger comme ils l'entendaient. Lui parce qu'elle était une fille et que, s'il s'emportait davantage, il allait encore passer pour le méchant-qui-fait-pleurer-les-demoiselles. Elle parce qu'elle semblait, à en croire ses mimiques et ses bégaiements, terrorisée.

« ...Je..je suis désolée, je ne voulais pas vous regarder nu... »

Épisode oublié ! Enfin, presque. Taima ne lui en voulait pas pour l'avoir regardé nu -un bien grand mot par ailleurs- mais pour l'avoir fait pendant qu'il était endormi. Après tout, il n'accablerait pas de reproches une personne qui avouait au fond d'elle-même que son corps était agréable à regarder. Des années d'entraînement pour obtenir ce résultat. Et de privations aussi, mais c'était à part. Les temps de disette durant les hivers, les rationnements lorsqu'il fallait migrer jusqu'à un nouveau campement, les châtiments corporels de l'ordre de l'affamation contrainte. Il ne pouvait le nier ; son anatomie avait souffert. Mais ses efforts et sa tempérance avaient fini par payer, et désormais les jeunes filles l'observaient. Fierté, chère fierté...

« ...C'est pas ce que j'ai voulu dire...Je..je suis désolée vraiment, mais...ne me criez pas dessus, j'ai...Juste remis votre t-shirt sur vous et puis...Je ne vous espionnais pas. Je crois pas en tout cas... »

Hé ho. Respire gamine, je ne vais pas te manger.

« Ou peut-être que si ? »

Une telle réaction aurait fini par frustrer n'importe qui, même le plus patient. Avait-il crié si fort que ça ? Oui bon, peut-être, en effet. Mais tout de même, il ne l'avait pas touché, pas encore du moins, ni attendu une réponse malgré ses propres questions. Il voulait juste qu'elle s'en aille. Elle parlait si bizarrement qu'il avait du mal à rassembler les bouts de phrases qu'elle prononçait. Était-ce une technique spéciale pour condamner les interlocuteurs à s'excuser pour qu'elle se calme ? Si tel était le cas, qu'elle ne compte pas sur le garçon pour demander pardon. Fierté, chère fierté...
Taima esquissa un petit mouvement de recul lorsque l'enfant se releva, et s'en voulut aussitôt. Elle aurait pu lui heurter le nez, avec sa masse de cheveux noirs et sa petite tête tout dure. Une fille, c'est vicieux. Il faut toujours s'en méfier, car vous baissez votre garde que tout de suite, elles en profitent. Vous pourrez vous plaindre après, je vous aurais prévenu. Taima venait à peine de connaître la trahison féminine, la vraie. La fraternelle, de surcroît. Il n'était pas sûr de pouvoir l'oublier, mais se promit de ne pas y faire attention. Pour l'instant, il avait d'autres préoccupations. La chevelure de la fillette paraissait insondable, trop profonde pour y découvrir son visage. D'autant qu'elle n'avait pas l'air de vouloir le regarder dans les yeux.

« S'il vous plaît, ne m'obligez pas à quitter mon toit... Je veux pas y retourner...Je veux ...voir personne. »

Hum, raté. Personne, n'était-ce pas ce navigateur célèbre au fond de sa grotte ? Taima n'en savait rien et l'humour n'était pas son point fort. On peut douter qu'il en ait déjà usé dans toute sa courte vie. Une chose demeurait certaine : il comprenait de moins en moins cette gosse traumatisée. Si elle ne voulait voir personne, pourquoi parlait-elle autant ? La porte était derrière elle, il ne lui restait plus qu'à s'enfuir. Toutefois, qu'est-ce que désignait ce "y" qui l'épouvantait de la sorte ? Une cave secrète pour mômes récalcitrants ? Une cellule pour apprendre à parler ? Un cachot où l'on abuse des élèves ? La réponse se fit plus prosaïque.

« Des salles de cours... Et vous, que faites vous sur mon toit ? »

Une apprenante. C'était évident. Le garçon se demanda pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt ; il se situait au sommet de l'école d'Espérance de toute manière, alors il ne pouvait venir ici -sauf exception à plumes- que des étudiants. En l'occurrence, une gamine qui rate les cours. Bravo l'assiduité. Ce choix renforça en Taima l'idée que ce village ne cherchait pas forcément le bien-être de ses habitants. Si les filles fuyaient ainsi les salles de classe, quelque chose de pas net devait s'y tramer. Mais Détective Taima était fatigué. Il ne voulait pas enquêter, juste être seul. Sur son toit.

« J'évite les gêneurs dans ton genre. »

N'était-ce pas la vérité ? Sa vérité, rien que sa vérité. Le reste, il s'en contrefichait. Il fit un pas en arrière pour la jauger des pieds à la tête. Ou peut-être parce qu'une trop grande proximité commençait à le gêner. Elle ne paraissait pas plus vieille que lui. Mais quelle fragilité apparente !

« Premier arrivé, premier servi. J'étais là avant alors j'y reste. Tu peux toujours essayer de me dégager, mais je ne bougerai pas. 'Toute façon, t'es qu'une fille. Va chouiner dans les jupes de quelqu'un d'autre. »

La mauvaise foi amérindienne, conjuguée au bornéïsme taimien. Une sacrée grammaire. Elle allait presque finir par le mettre en colère. Hors de question qu'il cède à une pleurnicheuse son morceau de ciel bleu. Et si elle se révélait plus coriace qu'il ne le prévoyait, les gants qu'il avait tendance à prendre ne seraient plus de rigueur.
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MessageSujet: « » #C44C51 Lun 28 Mai - 10:17

« J'évite les gêneurs dans ton genre. »
« Les gêneurs dans ton genre. »« Les gêneurs dans ton genre. »

    Je...je suis vraiment une gêne pour lui ? ....Qu'une...petite qui l'embarrasse et l'ennuie ?....

    Biga resta plantée là. Elle enfonça juste un peu plus la tête dans ses épaules, se sentant toute tremblotante; être une « gêne » mais quelle horreur. D'ailleurs ce mot résonnait dans sa petite caboche, sans cesse. Même la Voix n'avait rien à faire pour l'enfoncer un peu plus, les mots du basané suffisait pour la faire se sentir minable. Oui, minable, une « gêne », un parasite, un... déchet pourquoi pas ? Ouais pas mal ça, un déchet dont personne ne veut. La Voix l'avait bien conditionnée à penser de la sorte.

    Pauvre petite Biga qui sentait déjà des larmes de culpabilité monter en elle. Culpabilité parce que c'était de sa faute, c'était elle la gêne, et pas lui.

    «J-je suis vraiment désolée... » dit-elle entre deux sanglots.

    « Premier arrivé, premier servi. J'étais là avant alors j'y reste. Tu peux toujours essayer de me dégager, mais je ne bougerai pas. 'Toute façon, t'es qu'une fille. Va chouiner dans les jupes de quelqu'un d'autre. »

    En gros, il la dégageait. Mais c'était plutôt logique. On se débarrasse des virus à l'aide de médicaments, des gêneurs à l'aide de mots cassants. Il était peut-être temps de céder sa place à l'inconnu. Sa chère place, son petit bout de paradis où le temps est comme arrêté pour avoir le temps de reconstruire son univers bullesque.
    Pour le coup, son monde imaginaire s'était totalement brisé. Fini les papillons autour d'elle, les fées, les lutins, leurs bisous et leurs caresses pour la faire se sentir importante. Là, il ne restait plus qu'une Biga beaucoup trop fragile. Quelle honte.

    « Oui...tu as raison, je vais... je vais partir et ne plus revenir. Tu pourras rester ici autant que tu le souhaite. Pardon encore, je voulais pas... » dit-elle en commençant à reculer doucement.

    Biga ou la faible de service. La Voix se marrait, tandis qu'elle s'en voulait de sa faiblesse démesurée. Si seulement elle était comme...lui ? Ou Morgan ? Ou Elloy *sort*. Bref, quelqu'un qui pourrait se dépatouiller des situations du genre.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Lun 28 Mai - 15:40

Le soleil était beau. Le soleil était haut. Et Elloy voulait prendre des couleurs. Bronzer à la fermette c'était bien, mais bronzer sur le toit de l'internet c'était mieux.

    C'est ainsi que muni d'une serviette, Elloy se dirigeait vers l'internat. Il remarqua alors que certains Espérantois avaient cours et il alla dans l'une des classes pour aider les « professeurs du jour. »

    Il entra dans une classe où l'Espéranto était la matière principale, et il se mit à aider les plus petits d'entre les élèves, les prenant à part.

    « Répète après moi : Je m'appelle Cyril, est-ce que je pourrais avoir ce bonbon, s'il te plaît ? » Le petit s'exécuta et Elloy le patpata.

    «M-m-monsieur... je ne peux vraiment pas »

    « Ha ! Ha ! Ha »

    Il tourna la tête au moment même où la petite s'en allant en courant. Le professeur, ne pouvant laisser les petits, demanda alors au brun de partir à sa recherche, histoire de la calmer et de la ramener en cours. Elloy, en bon samaritain acquiesça et se mit donc à marcher rapidement dans les couloirs pour la retrouver.
    Premier étage : personne.
    Deuxième étage : toujours personne.
    Il grimpa encore un peu plus haut jusqu'à tomber sur une porte, celle qui menait au toit. Il haussa les épaules, peut-être bien, après tout, certains aimaient s'isoler là-haut...Et puis...lui-même voulait y aller alors bon.

    Il ouvrit la porte, et tomba d'abord sur Biga, pleurnichant. Il alla doucement vers elle, lui tendant les bras alors que son regard regardait autour pour...surtout repérer une place où se mettre, une fois la petite ramenée. Mais ! Le fameux Taima. Ses sourcils se froncèrent tandis qu'il poussait la brune derrière lui.

    « J'suis sûr que c'est à cause de toi qu'elle pleure. Crétin, qu'est-ce que tu lui as fait ? T'en as pas assez de t'en prendre à plus faible que toi ? Ou c'est juste que t'as trop peur de te prendre une raclée avec les autres, hm ? » dit-il en le regardant bien de haut.

    Il soupira et lui fit un geste de la main pour lui dire de partir..ou plutôt de se barrer. Il se tourna vers Biga à présent, et s'accroupit pour pouvoir la voir correctement.

    « Eh puce, pleure pas, ça va aller. La méchante cocotte ne piaille plus, alors tout va bien, je suis là pour toi. »

    Contrairement à l'autre bougre, Elloy se montrait totalement plus doux, et surtout plus rassurant, en même temps, il savait y faire avec les filles.

    « Bon Taima, va jouer ailleurs»


Dernière édition par Elloy le Lun 11 Juin - 13:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Mar 29 Mai - 20:10

«« Oui...tu as raison, je vais... je vais partir et ne plus revenir. Tu pourras rester ici autant que tu le souhaites. Pardon encore, je voulais pas... »

À croire qu'elle cherchait un moyen de rester un peu longtemps en continuant de parler. C'était si horrible que ça d'abandonner sa place ? Il lui suffisait juste de faire trois pas en arrière -peut-être quatre- et elle n'aurait plus à voir la méchante bouille du méchant Indien. Cela ne demandait qu'un minuscule effort. Et si elle se mettait à pleurer, il lui ouvrirait même la porte pour la virer plus vite. Parce qu'il détestait les gens qui pleurent. C'était bruyant, ils avaient des yeux bouffis et tout rouges, dans le pire des cas ils se mettaient à renifler et entre la morve et les sanglots... Bon appétit bien sûr ! En réalité, Taima n'aimait pas les gens qui pleuraient parce que lorsqu'il s'agissait, a fortiori, d'une fille, il ne savait pas comment réagir. C'est le genre de moment où parler davantage est inutile car l'interlocuteur n'entend plus rien, bouger ne produit aucun stimulus et frapper, n'y comptons pas.
Alors l'Indien resta là, tout penaud, agacé d'avoir été dérangé pour ça et... crut qu'il allait s'arracher les plumes en remarquant quelqu'un pousser de nouveau la porte du toit. Pas le directeur, pas le directeur, pensa-t-il en premier lieu. L'Oiseau était la dernière personne qu'il avait envie de voir en ce moment. L'Oiseau avec sa nonchalance, sa générosité de vieillard. L'Oiseau avec ses belles sentences, sa fausse fille et son gagatisme. Sa mine sereine, son sourire paisible et ses pensées tranquilles. L'incarnation du calme dans un village qui n'avait rien à voir avec le couple ataraxie/aponie. Un bel hypocrite dans toute sa splendeur.
Finalement, il aurait presque préféré que ce soit Bird qui se montre.

Elloy. Le nom imprononçable pour un native american dans son genre. Si jamais -si jamais- l'Indien s'était essayé à l'appeler, cela aurait donné un /eʁoi/ quelque chose. Héroï... Il n'y avait rien d'héroïque dans ce garçon. Quand bien même il serait apparu pour venir à la rescousse de cette gamine, son acte ne ressemblait pour rien au monde à celui de certains chasseurs de sa tribu, lorsqu'il fallait récupérer un des leurs attaqué par un puma. Ça, c'était héroïque. Mais sauver une fillette en détresse. C'était juste barbant.

« Toi... » s'échappa de sa gorge, tout d'abord.

« J'suis sûr que c'est à cause de toi qu'elle pleure. Crétin, qu'est-ce que tu lui as fait ? T'en as pas assez de t'en prendre à plus faible que toi ? Ou c'est juste que t'as trop peur de te prendre une raclée avec les autres, hm ? »

Ah ouais. C'était bien son genre, au charmant Elloy. Monsieur arrive alors Monsieur prend ses aises et se permet de vous faire la leçon en n'ayant rien suivi de l'histoire. Monsieur intervient avec une vérité qui vaut à peine une brindille des plaines d'Amérique et Monsieur fait mine de chercher la bagarre alors qu'il n'a jamais osé lever la main sur quelqu'un. On pouvait bien insulter Taima, il ne comprenait pas la moitié des significations de ces mots en Espéranto. Au ton, il devinait que ce n'étaient pas les flatteries dont il était friand, mais ça s'arrêtait là. La raclée, il l'attendait. Qu'il essaye juste, pour voir, ce grand dadet aux cheveux bruns.
L'Indien se détourna en même temps qu'Elloy se retournait vers Biga. Voir ce faciès lui aurait presque donné de l'urticaire.

« Eh puce, pleure pas, ça va aller. La méchante cocotte ne piaille plus, alors tout va bien, je suis là pour toi. »

Et vas-y que Taima refit les caquetages intempestifs de son "camarade" de communauté avec ses mains, usant de ses doigts comme d'une bouche muette qui s'ouvrirait et se refermerait au rythme des paroles d'Elloy. Coin coin coin. Et vas-y qu'il tire la langue en une grimace ridicule. Méchante cocotte... Et pourquoi pas Canard de chiottes, aussi ? Avec sa bienveillance envers la jeune fille, c'en était à vomir. Trop de gentillesse bon enfant, dégoulinante, poisseuse, mielleuse. Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui, Elloy, qui montât à ce moment ?

« Bon Taima, va jouer ailleurs.
-Désolé, la dînette ce n'est pas mon truc. »

Ce n'était pas parce qu'il était en infériorité numérique qu'il allait se laisser marcher sur les pieds. Face à l'ennemi, aussi fort et agressif soit-il, un chef ne plie pas ! L'unique façon de voir d'un enfant de quinze ans loin de sa famille. Se rattacher à ses valeurs, à sa vérité, pour ne pas flancher. Le destin d'un guerrier était de se battre jusqu'à ce que mort s'en suive. Et s'il abdiquait face à Elloy, c'était un peu comme mourir à l'intérieur de lui.

« Tu arrives après la bataille. Elle s'est juste croûtée en arrivant et maintenant elle pleure. J'ai rien fait. Les filles ne sont bonnes qu'à gémir. »

Pousser Elloy à le frapper. C'était excitant comme programme. Montrer que le chevalier servant de ces dames était en réalité violent. Qu'il parlait aussi bien avec sa langue avec ses poings. Après cela, plus aucune fille ne voudrait de lui, pauvre petit bouchon délaissé. Ainsi, Taima passa sournoisement à côté d'eux, venant se poser tout contre la gamine au bord des larmes. Il était petit comme Indien, mais qu'importe. Tant qu'il se faisait entendre, bien entendre, la hauteur ne le dérangeait pas.

« Hein, qu'elles ne font que pleurer, les filles ! laissa-t-il échapper en tournant autour des deux autres. Et après, les garçons les consolent, se jouent d'elles, et puis les jettent. Comme des moins que rien. Pouf ! Parce que les hommes sont cruels, vils et manipulateurs. Tous. »

Il s'incluait sans problème dans le lot. Il aurait dû rajouter "théâtraux", parce que tout au long de ses phrases, il s'était plu à mimer les gestes de consolation, de moquerie et de rejet. Un vrai comédien. C'était si plaisant. L'indien riait silencieusement de la situation. On voyait sa canine posée sur le bord de sa lèvre. Il avait hâte qu'Elloy se révèle enfin et soit abandonné de tous.
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Dim 3 Juin - 14:31

« Eh puce, pleure pas, ça va aller. La méchante cocotte ne piaille plus, alors tout va bien, je suis là pour toi. »

    Elloy était arrivé au moment où elle allait partir. Bon, en soi ce n'était pas plus important que ça, qu'il soit là ou pas, puisqu'elle devait partir. Partir de son refuge. A croire que tout le monde lui en voulait. Aller jusqu'à lui interdire de ce calmer dans les endroits qu'elle aimait !
    Biga hocha simplement la tête pour montrer un certain accord. Elloy était une des rares personnes à qui elle arrivait à parler sans bégayer, rougir ou sembler totalement stupide, alors le voir ainsi et prendre « sa défense face à la méchante cocotte » la rassura plutôt. Elle passa même ses bras d'une blancheur à en faire frémir l'indien autour de lui, et se blottit tout contre lui, alors que la poulette tournait autour d'eux.

    « Hein, qu'elles ne font que pleurer, les filles ! Et après, les garçons les consolent, se jouent d'elles, et puis les jettent. Comme des moins que rien. Pouf ! Parce que les hommes sont cruels, vils et manipulateurs. Tous. »

    Là...Elle releva ses yeux vers Elloy, puis vers l'indien, dans des allés-retours sans trop savoir que faire. Disait-il la vérité ? La vraie vérité ? Mais en même temps, le fait de dire que toutes les filles pleuraient.. Ce n'était pas faux, en tout cas, pour ce qu'elle avait pu voir, au moins presque toues les nanas avaient pleuré... on les consolait. Oui oui, il n'avait pas tort pour l'instant. En fait il n'avait pas tort du tout.

    « E-Elloy, c'est vrai ? ...Tu vas me jeter ? » demanda-t-elle en défaisant doucement ses bras de lui, les yeux encore humides.

    Tu es une moins que rien. Toutes les filles il a dit, mais en réalité, il ne faisait qu'une généralité pour se concentrer sur toi. Même lui le pense, tu ne sers à rien, tu n'es rien

    Elle les regarda tour à tour et se défit totalement d'Elloy, reculant doucement, les mains devant elle.
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MessageSujet: « Mer 6 Juin - 21:16

Quelle PLAIE. SANGSUE. ORDUREEEEUH. Le voir me file déjà la nausée... Même si je le poussai de ce toit, il aurait assez de hargne pour se faire pousser des ailes telle la poulette qu'il est. Le con !

    « Désolé, la dînette ce n'est pas mon truc.
    - Dommage, je t'aurais bien vu en soubrette, va savoir pourquoi, t'as une tête à être dominée. »

    Elloy secoua la tête et se retourna vers la petite Biga, en la reprenant contre lui. « Faut pas l'écouter. Il est con et borné, stupide et arrogant, enfantin et irrationnel. Un boulet inutile. » Il caressa les cheveux de la petite et regarda à présent l'indien qu'il déplumerait plus tard. Quitte à passer devant Birdouille, autant s'en donner à cœur joie non ?

    Non pas qu'il le déteste mais... si. De plus en plus en tout cas. Avec ses airs trop arrogants là. En même temps...Taima avait le don de le rabaisser, au fond de lui. Déjà qu'il n'a pas grande estime de lui, s'il en rajoute, ça peut causer de profonds dégâts. Et justement, le fait que ce lilipucien arrive à le déstabiliser autant lui fout les nerfs en pelote. Et puis au fur de leurs 'joyeuses rencontres', Elloy finissait toujours par le maudire, si bien qu'il s'était rendu compte que les mots, les insultes ne suffisaient plus à faire entendre la raison à la cocotte écervelée. Si ça continuait, il la ferait rôtir !

    « Hein, qu'elles ne font que pleurer, les filles ! Et après, les garçons les consolent, se jouent d'elles, et puis les jettent. Comme des moins que rien. Pouf ! Parce que les hommes sont cruels, vils et manipulateurs. Tous.
    _ Tu sais quoi Taima ? Avant que je ne t'étripe parce que tu me sors par les trous de nez, tu ferais mieux de dégager. J'suis pas d'humeur à entendre tes putains de débilités alors get out, à moins que tu ne veuilles que je t'expulse de ton territoire hein, comme nos ancêtres, eh. Je vais te parquer dans une réserve si tu continue à faire ton chaudard. »

    A croire qu'historiquement parlant, ils étaient faits pour s’entre tuer. Mais qu'à cela ne tienne, jamais il ne le laisserait faire du mal à une pauvre damoiselle sans défense ! Tel est l'héroïsme Elloyen. Ou le Don Elloy de ses dames. Au choix.

    « Je ne suis pas manipulateur comme toi. Je suis un saint à tes côtés, alors au lieu de rabaisser les autres à cause de ton putain complexe d'infériorité là, tais toi et réfléchis avant de parler, parce que vu comme c'est parti...ça va encore mal finir, et tu sais qui gagne à la fin, le Bien ma cocotte. Et tu vois aujourd'hui, je n'ai pas très envie de me battre tout en sachant que tu vas perdre. Une défaite de plus...Ouch. Je ne me soumettrais jamais quand il s'agit d'un faible enfant comme toi. »

    Il lui fit un geste évasif de la main pour appuyer ses propos et resserra la petite contre lui.

    « E-Elloy, c'est vrai ? ...Tu vas me jeter ?
    _ Mais non, je te l'ai dit, je reste avec toi. . »


Dernière édition par Elloy le Lun 11 Juin - 13:38, édité 1 fois
Taima
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Ven 8 Juin - 12:10

Cette légère dispute allait virer à la bataille de couleurs. Peau-rouge contre Visage-pâle. Brun contre bleu. Cette distinction rappelait à Taima d'insidieux souvenirs à propos des guerres amérindiennes au sens large, entre Américains et Indiens. Certes, il n'en avait vécu aucune, étant né dans une contrée où les conflits inter-communautaires n'existaient pas. Certes, il s'était forgé son imaginaire à coup de récits et de livres qu'il refermait avec rage en constatant que les Natives avaient perdu. Pas un seul manuel n'indiquait la victoire des autochtones sur les perfides colons. C'était injuste. Ils étaient sur leurs terres, ils n'avaient pas à en être chassé. Peut-être est-ce ce profond sentiment d'écoeurement face à cette iniquité qui avait poussé le jeune garçon à s'enfermer des décennies en arrière, aux temps où sa tribu était au faîte de sa civilisation. Là se trouvait la vérité, quoi qu'on en dise. En un sens, il s'était coincé tout seul dans le passé, unique façon d'échapper à une réalité qui le faisait bouillir d'amertume. Alors quand Elloy racontait à la fillette que « Faut pas l'écouter. Il est con et borné, stupide et arrogant, enfantin et irrationnel. Un boulet inutile », ça ne l'atteignait presque pas. Presque plus.
Taima n'était ni abruti ni immature. Pas plus que tous les autres enfants d'Espérance. Son mal était si loin de celui de ses congénères. Il n'avait rien à voir avec les entraves égocentriques des uns et des autres, tournés vers eux-mêmes à tel point qu'ils en oubliaient les problèmes de leurs voisins. Là où Elloy, comme ceux du Foyer en général, était en proie à une psyché qui ne concernait que lui, l'Indien cristallisait les peurs et les angoisses, les espoirs et la fierté d'une nation entière. Et c'est dur à porter lorsqu'on n'a que quinze automnes. C'est un fardeau qu'on n'imagine pas aussi lourd quand on n'est pas seul à le supporter. Elloy ne pouvait pas comprendre. Taima n'était pas plus un boulet inutile qu'une cocotte mesquine en jupette. Il avait tout une guerre à mener en solitaire alors, oui, forcément, il se mettait tout le monde à dos. Il ne comptait pas avoir d'alliés, ne voulait rendre de compte à personne d'autre qu'à lui-même. Et dans ce monde qu'il ne connaissait pas, ses tactiques et stratégies guerrières ne plaisaient à personne. Oh, à la rigueur, Napoléon avait un cerveau assez noble pour saisir de quoi il retournait, mais il n'en restait pas moins un descendant d'Européens.

« Tu sais quoi Taima ? Avant que je ne t'étripe parce que tu me sors par les trous de nez, tu ferais mieux de dégager. [...] Je vais te parquer dans une réserve si tu continues à faire ton chaudard. »

Ah, c'était bien une parole de chaudard, pour la peine. Elle eut néanmoins l'effet de faire stopper Taima dans ses pitreries et d'assombrir son regard. Qu'il essaye d'enfermer l'Indien, pour voir. Celui-ci ne comptait pas se laissait faire par un éphèbe obnubilé par les cuisses blanches des demoiselles. Il ne dégagerait pas non plus, maintenant qu'il avait été frappé de plein fouet par ce discours faussement autoritaire. L'échange n'aurait plus rien d'un jeu et à la moquerie médisante se substituerait désormais le venin sec du mépris. Plus jamais la réserve. Plus jamais la misère, la faim et les épidémies. N'était-il pas un chef en quête de son propre territoire ?

« Je ne suis pas manipulateur comme toi. Je suis un saint à tes côtés, alors au lieu de rabaisser les autres à cause de ton putain complexe d'infériorité là, tais toi et réfléchis avant de parler [...]. Je ne me soumettrais jamais quand il s'agit d'un faible enfant comme toi. »

Il y avait de quoi rire. Un saint... Un mot inconcevable pour Taima. Il n'en connaissait même pas la signification, bien qu'il eut déjà eu l'occasion de voir des représentations ça et là. Et ces dessins-là le dégoûtaient assez, avec leurs faces angéliques, leurs longues toges et leur allure pénitente. Oh, saint Elloy, pardonnez-moi mes péchés ! Arf.

« Le Bien, ça n'existe pas. Tu auras beau être un saint ou j'sais pas trop quoi pour quelqu'un, en ce moment tu n'en es pas un à mon égard. T'es juste mauvais sous tes apparences de gentil. Et pour elle, c'est pareil. Tu la prends contre toi, mais la seconde d'après tu lui cracheras dessus. Taima n'est pas un poor beggar child dans ton genre. Il ne se cache pas. »

Un mensonge, en quelque sorte. La différence était que Taima se cachait la vérité sans le savoir. Aussitôt qu'il avait un éclair de lucidité, il l'enfouissait le plus profondément possible pour retourner dans son monde de lutte indienne. Il se cachait, jusqu'à un certain point, mais il ne s'en rendait plus compte.

« Puisque t'es un lâche qui fuis en dénigrant ses adversaires alors qu'en vérité, c'est toi qui a... Comment tu dis ça ? "Un putain de complexe d'infériorité", voilà, on n'a qu'à faire un pari. Si tu gagnes, je me casse et tu remportes la fille. Si je gagne, elle m'appartient et tu reconnais ton infériorité. »

C'était équitable. L'Indien se fichait de la gamine. Il ne la voudrait en aucun cas dans ses pattes si jamais il vainquait. C'était juste histoire de rabaisser le caquet de ce cabot prétentieux qui jappait sans agir.

« Qu'en dit-elle ? ajouta-t-il en direction de la fillette, croisant les bras sur son torse. Au moins elle verra si son amoureux veut vraiment rester avec elle. »
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Lun 11 Juin - 14:30

Arf... Je me fais serrer par Elloy... Un peu trop. Je suis sensée faire quoi là ?

    Biga baissa la tête et resta tout contre son camarade à la figure protectrice. Il avait le don de la sortir des situation trop embarrassantes. Alors oui pour elle, il semblait plus saint que le basané, tout simplement parce qu'il était plus gentil. Et puis, il ne l'embarrassait pas justement, il ne la repoussait pas, et puis il ne se moquait pas. Au final, il ne la confrontait pas à sa phobie. Du coup, c'était plus simple d'apprécier un gars tel que lui, plutôt que quelqu'un qui la chassait.


    « Puisque t'es un lâche qui fuis en dénigrant ses adversaires alors qu'en vérité, c'est toi qui a... Comment tu dis ça ? "Un putain de complexe d'infériorité", voilà, on n'a qu'à faire un pari. Si tu gagnes, je me casse et tu remportes la fille. Si je gagne, elle m'appartient et tu reconnais ton infériorité. »

    Pardon ? ... Mais je ne suis pas une marchandise ! Ni... Un lot, un truc... un machin ! pensa-t-elle juste. Puisqu'elle se contenta de secouer vivement la tête pour montrer son désaccord.


    « Pauvre bébé, même lui ne te considère comme pas assez digne pour te laisser en paix. Tu n'es qu'une pauvre monnaie d'échange qui traînait par là. Mais après tout, c'est de TA faute, misérable, tu vas embarrasser Elloy... » En plus, voilà que la Voix faisait son come back. Non là, plus rien n'allait, plus rien du tout, alors elle se rapprocha de son soutient et finit par se reculer brusquement.

    « Je..je suis désolée Elloy, je voulais pas que ça finisse comme ça, je vais partir, et vous n'aurez pas à faire çaaaaa ! » La pauvre, à force de reculer, elle rebuta contre là où elle était tombée en arrivant, alors elle se retrouva par terre, toute penaude au sol entre les deux boys. La honte ! Elle cacha son visage tout gêné dans ses mains.

    Elle qui était venue juste pour reconstruire sa petite bulle, retrouver ses gentils amis les papillons, les fées, les lutins, le tout sublimé par des jolis rayons arc-en-ciel... Utopique, totalement gamin hein ? Oui, mais si ça lui fait du bien, et lui voile assez la face pour qu'elle soit heureuse hein ?

    « Je..veux rentrer fit-elle au bout d'un moment. Tiens..première fois qu'elle exprimait concrètement une volonté. Je veux vraiment rentrer » La pauvre, elle commença à sangloter. En plus, son pied lui faisait mal.


Belle journée, hein.
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Lun 11 Juin - 19:42

Je vais réellement le déplumé...

    « [...]Taima n'est pas un poor beggar child dans ton genre. Il ne se cache pas.
    _ Et Taima est mégalo non ? Depuis quand tu parles à la troisième personne ? A la limite pour César, on peut dire que les victoires lui sont montées à la tête, mais toi ? Elles sont où les victoires ? A part celles de la meilleure cocotte, et du mec le plus chiant hm ? Oh et, j'allais oublier, évite de parler anglais, ça te ridiculise encore plus, conseil d'ami. »

    Espérons qu'il ne craque pas, le 'gentil' Elloyounet. Ça serait dommage de céder au jeu du futur-déplumé. Quoique, pour se faire, il lui faudra se battre... Et puis le toit, c'est dangereux. Il suffisait à Elloy de...le faire reculer, encore..Et encore... Pas la peine de le pousser, à force de reculer il buterait contre les rebords et...Pouf, fini. Plus de Taima. Plus de cocotte piailleuse et arrogante. Ça serait presque rendre un service à Espérance ! Bo-.. Non, mauvaise idée. C'était pas un tueur ! Surtout pas pour ce genre de personne. Et puis quoi encore. Pourquoi se donner autant de peine pour cet individu qui somme toute était totalement insignifiant. Et puis, il y avait Biga, et si une telle scène devait arriver, elle ne devrait pas en être témoin. Sinon le choc pour la petite fragile ? Oh et puis zut, il se vengerait plus tard.

    « Si tu gagnes, je me casse et tu remportes la fille. Si je gagne, elle m'appartient et tu reconnais ton infériorité.
    _ T'es pas sérieux ? Eh guy, on a dépassé ce temps où on mettait en jeu une donzelle hein. Reviens un peu à la réalité. La civilisation a fait que ce genre de paris ne tiennent plus la route, idiot. Et concrètement, tu en ferais quoi ? Rien, alors ça ne sert à rien, retourne d'où tu viens à la limite, tu auras plus de chance de trouver quelqu'un d'assez idiot pour ce genre de stupide games »

    Elloy se tourna ensuite vers la petite qui...était tombée. L'autre rustre l'avait encore plus apeurée apparemment. L'ordure, pensa-t-il encore une fois...comme à chaque fois.
    « T'en fais pas puce, je vais te ramener, après je lui réglerais son sort hm dit-il en s'accroupissant devant la brune. Au fait Taima... au final, c'est toi qui est inférieur à nous. Et tu sais pourquoi ?...Parce que nous deux, la majorité, on n'en a rien à foutre de toi, on veut que tu dégages d'ici, deux contre un, tu ne fais pas le poids. Reconnais au moins ça, ou alors je ne pourrais plus rien faire de plus, à part te mettre... sur le carreaux » Il lui fit un bon gros sourire hypocrite. Il dit aussi à Biga de partir finalement, se disant qu'au final cette histoire avait trop longtemps durée. Trop de temps perdu inutilement en chamailleries de gosses, alors vu qu'ils étaient tous les deux chauds...

    « J'ai un autre marché. On règle ça ici, et celui qui remportera, aura le toit. Tout entier, et ce, définitivement. Qu'est-ce que t'en dis ma cocotte ? » demanda-t-il avec un de ses sourires ultra arrogants, jouant de sa grande taille pour lui paraître totalement supérieur, le soleil derrière lui qui créait une sorte d'auréole dorée autour de sa tête.


Saint Elloy est apparu, prosterne toi, misérable mortel.
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Dim 1 Juil - 21:26

« Petits couples, crapules, curieux et doux rêveurs... »
En fin de compte, il y avait peut-être un peu de vrai là-dedans. Un misérable couple formé par un ado puant de vanité et une pleurnicheuse adepte des chutes jupes retroussées ; une canaille à plumes qui ne souhaitait qu'une chose, récupérer son morceau de ciel bleu ; l'exemple même que la curiosité est un vilain défaut et qu'il ne faut pas monter sur les toits entraîné par celle-ci ; un trio de rêveurs aux idéaux pourtant tellement divergents, la douceur en moins. Oui, pour la tendresse, il faudrait repasser. Plus les mots s'enchaînaient, gonflés d'exaspération, de familiarité assassine et de rage, plus la bienveillance et le calme prenaient le large à grands coups de rame, sans promesse de retour. Ce n'était pas comme si c'était une situation nouvelle ou inattendue. Les phrases valsaient dans l'espace, d'une gorge ou d'une autre, venaient s'exploser les unes contre les autres et c'était devenu si redondant depuis le début de l'altercation que le dialogue même avait changé d'atmosphère. Les répliques n'avaient plus pour objectif de faire mal à l'adversaire, de lui trancher les chairs à vifs grâce aux syllabes, mais de confirmer l'intention de persévérer des protagonistes, l'arrêt du dialogue signant la défaite. Et cela avait beau être une simple bataille et non la guerre dans toute sa splendeur, un échec n'était pas acceptable.

« Au fait Taima... au final, c'est toi qui est inférieur à nous. Et tu sais pourquoi ?...Parce que nous deux, la majorité, on n'en a rien à foutre de toi, on veut que tu dégages d'ici, deux contre un, tu ne fais pas le poids. Reconnais au moins ça, ou alors je ne pourrais plus rien faire de plus, à part te mettre... sur le carreau.
-Sûr qu'avec un crétin dans ton genre et une éclopée, j'ai à m'en faire pour ma place. La majorité inférieure, tout à fait. Je crois qu'il ne reste plus que le carreau... Si tu es au moins capable de parler avec tes poings. »

Taima se demanda à quand remontait leur haine réciproque. Ce genre de rencontre violente n'était pas inédite mais quel avait été l'élément déclencheur d'une telle aversion ? Un échange de regards mal digéré, une bousculade qui n'avait pas trouvé des excuses convenables, un morceau de pain balancé dans l'oeil au cours d'un repas ? L'Indien ne se souvenait plus, bien que cela ne remontât pas à si loin. Ses souvenirs étaient pourtant déjà plus nombreux que chez n'importe quel autre môme. Autant il avait retrouvé un peu plus des détails de son enfance, autant il ne faisait rien pour imprimer l'existence à Espérance dans son crâne. Ses premiers exploits en tant que combattant contre les colons qui assaillaient son village -comprenez en vérité ses premiers vols à l'épicerie blanche du quartier- valaient davantage que les explications d'une aversion dont il ne voulait pas particulièrement se défaire. Ne dit-on pas que jamais les ennemis ne vous trahiront ? Taima était au moins certain de l'indéfectible absence de soutien de la part d'Elloy et mine de rien, c'était déjà un point de repère.
Avec les Nahash, il était difficile de savoir à quoi s'attendre. Certes, il était aisé de deviner que Blanche écartait les jambes avec l'espèce d'armoire à glace avare, que la fille aux cheveux rouges frappait sur tout ce qui bougeait et que les deux filles, celles qu'on associait à la paresse et à l'envie, erraient dans les rues sans savoir que faire de leurs journées. Mais en dehors de ces apparences... Taima ne cherchait pas à s'intégrer de façon plus approfondie, de son côté. Cette bande-là ne l'inspirait pas plus que cela, et les avoir rejoint ne signifiait en aucun cas leur être dévoué. Un Indien ne se plie pas aux caprices de gamins, encore moins lorsqu'ils sont commandités par une femme qui, c'est bien connu, n'a aucune valeur guerrière.
Bon, rester debout à se lancer des vannes en espérant faussement que l'autre s'effondre en arrière commençait à énerver le garçon. Oh, il était déjà énervé depuis longtemps, certes, et sur un baromètre à tension, il frôlait la barre dangereuse. Ne restait plus qu'une pique supplémentaire et...

« J'ai un autre marché. On règle ça ici, et celui qui remportera, aura le toit. Tout entier, et ce, définitivement. Qu'est-ce que t'en dis ma cocotte ? »

Clac. Ce n'était pas une pique, mais ça en valait une. La cocotte était partante, plutôt deux fois qu'une. Ni la taille d'Elloy, ni sa prestance angélique, ni son faux air d'angelot brutal n'aurait découragé l'Indien. Il avait attendu cela avec trop d'impatience pour se désister à la dernière seconde. Et il avait toujours le paquet de larmes en jupette. Parfait. Saint Elloy combattant les barbares amérindiens. À mourir de rire. Les Indiens cannibales crucifient à la broche Saint Elloy. Ça sonnait tout de suite mieux.
Taima eut son rictus habituel, sa canine brillant contre sa lèvre. En s'avançant d'un pas contrôlé vers son ennemi, il ne prit pas la peine de jeter un oeil à la fillette sur les fesses. Il n'y en avait plus que pour Elloy.

« Ce n'est que maintenant que tu te décides ? Espérons que tu sois plus vif avec ton corps qu'avec ta langue. »

Le temps d'achever sa phrase, l'espace entre eux s'était réduit jusqu'à ne laisser qu'une main de distance entre les deux êtres. C'était une position assez frustrante pour Taima, car il constatait plus cruellement qu'il était... petit et gringalet. Et merde. Toutefois, c'était un raison de plus pour arrêter de penser. Frappe.
L'avantage d'être osseux correspond à celui de cogner dur. Pas d'une puissance surhumaine, mais de façon sèche, rocailleuse. Comme recevoir un caillou à pleine vitesse dans le bide, à la différence que ce n'est pas un caillou mais un coude. Taima aurait aimé enfoncer ses phalanges dans la mâchoire d'Elloy, lui défoncer le nez avec son front ou encore l'étrangler entre ses jambes. À défaut d'un mètre quatre-vingt, l'Indien faisait avec ce qu'il avait sous la main. Enfin, sous le coude. Il n'attendit d'ailleurs pas que son vis-à-vis encaisse et réplique alors, aussitôt le choc causé, bondit en arrière pour s'éloigner. Une erreur certaine, l'espace ainsi créé donnant une possibilité à Elloy de prendre de la vitesse, mais un recul nécessaire ; le corps-à-corps pourrait se révéler trop dangereux, à court comme à long terme.

« Et ne me dis pas que tu veux t'arrêter en si bon chemin, j'risque de mal le prendre. »
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Lun 23 Juil - 19:07

« Ce n'est que maintenant que tu te décides ? Espérons que tu sois plus vif avec ton corps qu'avec ta langue. »


    Je le voyais approcher de moi, lui et sa petite carrure. Bien sûr qu'un sourire en coin venait se loger sur mes lèvres. Le rapport de taille était tout à fait à mon avantage, enfin je le croyais. Je croyais aussi qu'il allait se dégonfler comme un bateau gonflable et aller s'échouer un peu plus loin comme une vulgaire baleine faible. Mais en fait non. A ma grande surprise, il se tenait devant moi, avec son air un peu trop fier que j'avais soudain envie de détruire.

    Je laissai Biga derrière moi, et lui disait de se reculer, à cause des coups perdus. Il y a les balles perdues, et les coups perdus. Je pensais évidement à Taima qui ne serait pas capable de me toucher. En fait j'avais dans l'idée qu'il se transforme comme le petit diable de Tasmanie, les cartoons là. Un truc assez comique en somme. Sauf qu'il n'y a pas que du comique et malheureusement, il peut faire d'énormes dégâts et j'en eu les preuves...

    Un coup de coude dans le ventre. Une lance dure comme comme la roche dans le ventre. J'ai bien cru que j'allais sortir mes tripes par la gorge. Sous le second coup, lâche et bas, même pas le temps de me remettre, je crachai un peu de sang. Il tapait vite, et avec précision, assez pour que j'en sois réellement blessé, au moins un minimum. Je passai mes bras autour de mon ventre, à demi plié en avant. Il n'y avait plus de Biga, il n'y avait plus de pseudo fierté ni rien d'autre que l'idée de vengeance et de lui rendre la pareille voire pire.

    Il s'était écarté. Peur des représailles ? Il avait bien raison, j'allais pas me laisser faire parce que Dieu sait que j'ai horreur qu'on me prenne pour un faible...Enfin que Taima me prenne pour un faible surtout.

    « Et ne me dis pas que tu veux t'arrêter en si bon chemin, j'risque de mal le prendre. »

    Laisse moi le temps de me remettre enflure, t'as cru que j'étais une machine ?... Je soufflai en grand coup après quelques secondes ou quelques minutes, puis me redressai, une main sur le ventre. Je le regardai vraiment méchamment pour le coup..Enfin pour les coups infligés.

    « Ne sois pas si pressé de te recevoir la raclée de ta vie, minus »
    dis-je quand même pour calmer les ardeurs de l'autre poule excitée. Il avait beau avoir deux coups d'avance, je les lui rendrais en double, alors qu'il se calme, sinon je triple.

    Je m'avançais d'abord d'un pas chancelant, pas encore remit de ses coudes un peu trop osseux au goût de mon estomac mais je réduisais l'espace entre nos deux de plus en plus vite. Il avait été certes, le premier à frapper, mais rien ne dit qu'il sera le dernier, et ça j'en étais sûr. J'aurais le dernier coup, j'aurais le toit, j'aurais ma fierté, j'aurais la victoire, et je l'aurais à mes pieds pour pouvoir le déplumer de tout ce qu'il possède, à ma guise.

    Plus je me rapprochais de lui, plus je sentais en moi une excitation nouvelle. Je sentais aussi mon poings qui voulait cogner de l'indien. Je faisais craquer mes phalanges alors que j'avançais encore. Une fois à quelques centimètres de lui, je lui décrochai un bon gros coup de poing dans le ventre. Le visage je préférais ne pas y toucher, tout comme je ne voulais pas qu'on touche au mien. Sûrement pour ne pas me rendre encore plus hideux. J'étais sous l'excitation de la vengeance, aveuglée par elle, je ne voyais que les endroits où frapper. Alors je suis décochais un autre coup de poing de mon autre main, et finit le tout en un magnifique coup de pied qui fit décoller la poule aux œufs périmés. Je la voyais voler en arrière, je la voyais retomber, je ne la voyais plus.

    J'eus un mouvement de recul en laissant pendre mes mains le long de mon corps. Qu'est-ce que j'avais fait... ? Je restai là, tout immobile, regardant l'horizon au loin comme un échappatoire, un autre moyen de penser à quelque chose. Seulement, même l'horizon et l'espoir me laissait. Les nuages au loin apparaissaient laissant mon regard tomber vers Biga. Qu'est-ce que je devais faire ? Et si Bird l'apprenais ? Le « c'est sa faute, c'est lui qu'a commencé » ne marcherait sans doute plus, ou pas du tout, comme d'habitude en fait. Allais-je être renvoyé d'Espérance, seul endroit capable encore de m'accueillir. Et après ça, si je ne faisais plus parti de cette communauté, à quoi me rattacherai-je ?

    Je fermai les yeux, en espérant quand même entendre une plainte, longue ou infime de la part du déplumé.


Spoiler:
 
Taima
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Lun 27 Aoû - 21:23

Malgré le fait qu'il ne cherchait pas à retenir ses coups, Taima ne pensait pas qu'il toucherait si profondément. La surprise de voir Elloy accuser ainsi le choc se conjuguait au plaisir de le savoir souffrant. L'Indien ne se trompait pas, c'était bel et bien du sang, là, au coin de la bouche, cette fine tache pourpre et orangée. La crispation de douleur qui l'avait précédée ne témoigna que trop de la réussite de cette initiative brutale. Cependant, frapper le premier ne décide en aucun cas de l'issue du combat, a fortiori lorsqu'il y a désavantage entre les deux adversaires. L'impatience, la hâte de la cocotte à mettre à terre le dindon ne signait pas pour autant sa victoire. C'était la vérité, mais Taima n'y croyait pas, bien sûr. On lui aurait dit, murmurant à son oreille à la manière d'une voix doucereuse -Tu vas perdre et tu vas mourir- qu'il n'aurait pas écouté. Il était si sûr de lui en dépit de ses faiblesses ! C'était une question d'honneur, de conquête, de domination. De survie. Le règne animal en un soupçon plus élaboré. Il ne pouvait pas défaillir.
Le temps qu'Elloy reprenne son souffle, le gamin tourna la tête sur la demoiselle en détresse à la cheville foulée -comme celle de toutes les demoiselles en détresse. Elle n'avait pas bougé, toujours stoïque sur le béton du sol, les épaules à peine secouées d'un sanglot muet. Elle affichait une moue terrifiée, sûrement due à la vision de son sauveur amoché. Horrible spectacle que celui de son prince mis à mal par un poulet ! Taima était indifférent. La voir ainsi ne lui procurait ni satisfaction, ni énervement. Elle était juste là et il s'en fichait. D'ailleurs, avec un Elloy rétabli et prêt à en découdre en face de lui, l'Indien avait tout intérêt à ne pas s'appesantir sur la brunette.

« Ne sois pas si pressé de te recevoir la raclée de ta vie, minus. »

La contre-attaque était lancée. Cela faisait follement rire l'auteur, quand bien même son personnage était sur le qui-vive, sourcils froncés et poings serrés. Il attendait voir ce que lui concocterait son ennemi. À ce stade, ce n'était même plus un « rival ». Ils s'étaient chamaillés, disputés, insultés jusqu'alors. Ils avaient frôlé le massacre dans les couloirs du Foyer, évité la tuerie dans la salle à manger, frisé le bain de sang au sortir de la douche. Mais jamais ils ne s'étaient opposés avec cette violence-là, cette volonté de frapper jusqu'à ce que l'un des deux s'écroule. Sans doute que cette pensée leur avait déjà traversé l'esprit, toutefois aucune occasion ne s'était présentée pour mettre à bien ce projet. C'était chose faite.
Les craquements de phalanges agacent les tympans et réveillent les sens. Taima se sentait à l'affût, à l'instar de l'animal traqué qui n'a d'autre choix que d'affronter le danger. L'adrénaline, vieille copine de son Avant, galopait dans ses veines. Il le connaissait bien, ce bouillonnement intérieur ; quand il partait à la chasse -comprenez, quand il chapardait des vivres dans les épiceries du coin de la rue ; quand il entendait vibrer, près du campement Mohawk, la plaine au pas des chevaux colons -ou les passages des voitures miliciennes aux couleurs américaines dans le lointain ; quand il était pourchassé par quelques Blancs en uniforme de 1850 à travers les forêts -plutôt les vieux paroissiens installés là pour la mission civilisatrice, qui lui couraient après pour lui faire manger du savon. Oui, l'adrénaline, vieille copine de son enfance et des débuts de son adolescence.

Mais l'Indien ne se souvenait pas qu'elle faisait mal.
Ou du moins, pas aussi mal qu'un coup dans le nombril, et puis un autre, et puis encore un autre, plus violent cette fois, plus féroce, assez pour qu'il perde l'équilibre, quitte terre et voit ses pieds remplacer sa tête au point le plus haut de son corps. Il l'avait senti venir, mais trop tard. Pris dans l'impulsion du moment, avec son lot de choc et de douleurs, il avait compris trop tard qu'à force de se reculer, il s'était acculé au bord du toit. Et fatalement, il n'y avait rien pour le retenir. La chute.
La chute qu'il avait imaginé plus longue mais qui lui arracha un cri, par réflexe plus que par peur puisqu'il était encore sonné des coups reçus. La chute. Je ne sais pas trop à quoi l'on pense lorsque l'on se retrouve en chute libre, sans savoir ce qu'il y a en-dessous -ce qui peut aider parfois. Je ne sais pas ce à quoi Taima songeait à ce moment-ci, alors qu'il était comme suspendu, enfin en plein vol comme la poulette qu'il paraissait être. Ses plumes ne lui servirent en rien. Il en perdit d'ailleurs quelques unes, qui furent emportées au vent et partirent se déposer plus loin. Lui tombait, masse brune et douloureuse, en lâchant un hurlement qui fut stoppé net par la collision avec la cime d'un arbre planté là par miracle. Un signe de mère Nature, qui ne voulait pas le voir mourir ? Taima n'y réfléchit qu'après. Il supporta d'abord les branches craquant contre sa nuque, son dos, ses jambes ; les éclats d'écorce lui sciant la peau à son passage. Il tenta de s'agripper quelque part, de quoi ralentir voire stopper sa progression, mais ses mains ripèrent sur les ramures et ne purent s'accrocher à rien. Il continua donc de tomber, se cognant à tout ce qui arrivait sous lui, s'arrachant les joues et s'esquintant les côtes.

Puis il toucha terre dans une flopée de feuilles, se recroquevilla sur lui-même et ne bougea plus. Il n'arrivait pas à se mouvoir tant son corps le lançait. La moindre parcelle de chair était en feu, faisant de ses muscles d'interminables noeuds de souffrance. L'Indien resta ainsi ce qui lui sembla être des heures, à gémir face contre le sol et les deux bras passés autour de sa taille. Ah, il devait bien rire du haut de son toit, le Elloy. Il était le maître désormais. Il avait la force, le territoire, et l'immense privilège de pouvoir dire "Tu veux que je te balances à nouveau du toit ?" avec un sourire de mépris.
Lorsqu'il put se retourner, avec grande difficulté certes, Taima se positionna sur le dos et regarda en l'air. Son passage avait laissé un trou dans le feuillage de l'arbre et il s'attendait à voir apparaître, dans le mince cercle que dessinait le sommet, la silhouette d'Elloy le narguer depuis son piédestal.

« Alors c'est ce que tu es vraiment ? Le bon Elloy ne serait en fait qu'un pathétique meurtrier ? Ne fais pas le fier... »

Sa voix se brisa dans sa gorge. Une ultime pique, pour signifier que rien n'était fini, que tout était encore à décider entre eux. Une façon de rappeler à lui la fierté qu'il aurait pu perdre avec cette défaite. Ses poumons, comme tout le reste, ne supportèrent pas l'effort et le garçon cessa à nouveau de remuer. Il devait patienter. Autant dire que ce n'était pas son fort. Il craignait qu'Elloy n'ait la superbissime idée de descendre pour contempler le résultat d'un peu plus près. Mais il ne vint pas. Ou plutôt, Taima ne put se rendre compte s'il était descendu ou pas parce que, la douleur aidant, il finit par s'évanouir sur place.
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Lun 17 Sep - 17:49



    Je le vois. Je le vois encore...Je le vois plus. Je soupire et ferme les yeux avant qu'un cri strident ne me réveille de ce moment de flottement.

    Je l'avais frappé, et le voir reculer encore et encore, je dois l'avouer, ne m'avait pas déplu au contraire, d'ailleurs, mes plusieurs coups pouvaient le prouver. Mais...je ne m'attendais pas à ne plus le voir. En fait, je ne pouvais pas me dire que je l'avais poussé du haut du..toit, parce que c'était impossible hein ?... J'en tremblais, j'en tremblais si fort que je sentais les mèches de cheveux qui tombaient sur mon front, bouger aussi. J'avais pas fait ça. J'ai pas fait ça. Bordel.

    Je me passai une main nerveuse sur mon front qui était légèrement suintant, à la fois à cause de l'effort pour le cogner mais aussi à cause du stresse que je ressentais à ce moment bien précis. Ce moment que je semblais connaître, parce que mon corps réagissait encore plus mal que je ne l'avais cru. J'aurais pu faire la danse du coq, grand vainqueur du duel, le narguer, lui montrer mes fesses, mais non, je restais là, à trembler comme les feuilles qui tombaient après le passage de la cocotte. Je ne savais pas pourquoi en plus. Pourquoi j'arrivais pas à être heureux de ma victoire ? C'était pas comme si j'avais super peur de Bird, ni des représailles....

    « Alors c'est ce que tu es vraiment ? Le bon Elloy ne serait en fait qu'un pathétique meurtrier ? Ne fais pas le fier... » 

    Cette phrase, simple, faible, dite par un vaincu déplumé, réussit à me foutre une claque en pleine gueule. Ouais, carrément. J'en sentis mon menton trembloter et mes épaules s'affaisser totalement, avant que je ne m'avance pour voir les dégâts. « Merde... »

    Je me passai une main sur le visage et restai bien plusieurs minutes dans cette position, ne sachant plus quoi faire. J'étais..perdu, en plus y'avait Biga, je savais pas quoi en faire, ni quoi lui dire. Ça me faisait chier, ça m'énervait parce que je savais pas pourquoi j'avais mal au cœur d'un coup. Putain de phrase. Putain de Taima. Ma gorge se noua au fur et à mesure que je restai là, à penser à trois millions de choses et en même temps, à ne penser à rien. J'essuyai rapidement mes yeux avant que ce que je ne voulais pas qu'on voit ne coule, et surtout pas pour lui puis, en voyant Biga toute horrifiée je... je me mis à courir, dévalant les escaliers, me cognant parfois aux murs ou aux gens qui passaient par là, je les descendais. Arrivé en bas, je me mis tout contre un mur, et me laissai glisser, et ce n'est qu'une fois à terre que je ramenai mes jambes contre moi, y fourrant ma tête. J'avais le cœur qui battait vite et qui en même temps se serrait, j'avais la gorge nouée, la bouche qui se tordait difficilement... Je croisai les bras sur mes genoux, remettant ma tête dedans avant de...Ouais de pleurer. Je faisais minable et s'il l'apprenait, il aurait gagné...De toute manière, il avait gagné, ce con. Ce connard.

    Je suis resté comme ça une bonne dizaine de minutes, tout recroquevillé sur moi. Je relevai enfin la tête et regardait autour. Le pire c'est qu'il faisait beau. Je soupirai et m'essuyai doucement la face avec le bras avant de me lever en prenant appui sur le mur derrière moi. Je m'avançai vers là où devait se trouver la poule en longeant les murs et j'arrivai enfin à lui....Il avait l'air sage...Sage mais blessé. Du pied, je le poussai un peu pour voir s'il...s'il réagissait mais je m'accroupis devant lui en vérifiant son pouls. Je lâchai un râlement.

    « Ça ne recommencera pas » dis-je doucement, sans vraiment y penser. La phrase était sortie toute seule alors je secouai la tête et le prit finalement sur moi. Pourquoi j'avais fait ça ? J'en sais rien, j'aurais pu le laisser crever, mais..mais non. Y'avait cette phrase qui résonnait dans ma tête. J'étais pas un meurtrier...Je le voulais pas. Je le voulais pas. Une fois bien calé dans mon dos, je marchai en direction de l'infirmerie. En espérant tout de même qu'il ne se réveille pas.
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MessageSujet: Re: .Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy] Aujourd'hui à 19:40


.Des ennuis et des hommes. [Biga & Elloy]

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