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Un train pour l'inconnu [Libre]

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MessageSujet: Un train pour l'inconnu [Libre] Jeu 5 Juil - 10:13

Citation :
Participants :
Loki, Bird, Ayael, ???

Personnages rencontrés :
Le Zozio, Joseph Renaudot, Yvonne Galant, ???


Vous ne vous souvenez pas de ce qui vous a mené là. Lorsque vous ouvrez les yeux, vous vous trouvez sur un long quai de gare, peuplé de tournures, de voilettes et de hauts de forme. Sur les rails, une immense bête, brillante et sifflante attend, comme prête à bondir ... Ceux qui viennent du monde moderne reconnaîtront sans doute l'une de ces vieilles locomotives de livres d'images, plus grande, plus bruyante qu'en imagination ... Des nuages de vapeur flottent autour d'elle, et son sifflement plaintif vous assourdirait presque ... Au-dessus de votre tête, un grand toit de verre et de ferronneries, reluisant de son jeune âge. Mais il n'est point temps d'être contemplatif : autour de vous, c'est un mouvement continu, plein de soupirs, de bruits de papiers froissés et de bottines qui claquent sur le sol. Les bonnes gens alentours se pressent : c'est un flot continu vers l'avant, comme la précipitation d'un troupeau stupide vers une falaise abrupte ... Devez-vous vraiment les suivre ... ?

Un sifflement retentit derrière vous, et le cliquetis des armes d'un agent de la Sûreté.

- Hé vous là-bas ! Qu'est-ce que ...

Mais vous êtes soudain bousculé par un homme assez ventripotent, peut-être même manquez-vous de tomber - peut-être qu'avec un peu de chance, c'était à lui que s'adressait la remontrance ... ? Cependant, l’œil de l'agent vous scrute déjà, avec beaucoup de méfiance - et sans doute bien de la stupéfaction ... Oh, vous le devinez, il n'est point l'heure de tergiverser, il faut agir, car vous sentez sans doute, confusément, que cet homme peut vous être hostile ...

Vous avez à présent le choix, chers voyageurs du reflet ... Vous n'êtes assurément pas le seul à être apparu là et à sembler perdu, peut-être apercevrez-vous une connaissance, un visage familier parmi la cohue, ou au contraire un autre égaré plus perdu encore que vous ... Un peu plus loin, une dame, voilette dissimulant son visage, appelle d'une voix plaintive, cherchant de l'aide pour porter une petite valise qui semble trop lourde pour elle. Un commis crie les derniers titres des journaux qu'il essaie de vendre aux voyageurs ennuyés ... Un homme, enfin, semble chercher quelque complice pour un mauvais coup. Il tient plusieurs billets de train dans sa main, peut-être serait-il judicieux d'aller traiter avec lui ... Car, quoi de mieux qu'un train vers nulle part - ou vers n'importe où - pour fuir ce monde étrange et inhospitalier ... ?

Citation :
La note de la MJ : il est possible d'interagir entre vous, évidemment, mais aussi avec tous les PNJs mentionnés en italique. Le choix est laissé à votre appréciation. Le but est, évidemment, de ne pas trop créer de scandale pour évoluer le plus longtemps possible dans ce monde. Wink N'hésitez pas à me MPer si vous avez des questions !


Dernière édition par Pierrot Lunaire le Mer 18 Juil - 15:32, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Mar 10 Juil - 13:36

Lorsqu’Ayael rouvrit les yeux elle dut mettre ses mains sur ses oreilles pour ne pas que ses tympans explosent. Quelques secondes plus tôt elle s’assoupissait lors d’un repas interminable, et voilà qu’elle se retrouvait dans cet endroit bizarre, et horriblement bruyant avec cette CHOSE qui ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait vu jusqu’ici. Au vu de la vapeur qu’elle crachait, peut être était-ce un dragon ? Quoi qu’il en soit la jeune assassine mit un long moment à habitué au bruit, mais lorsqu’elle retira ses mains, elle entendit un homme déclarer :

- Hé vous là-bas ! Qu'est-ce que ...


Elle faillit s’étouffer de rire devant son apparence, avant de remarquer que tous ici étaient vêtus d’une drôle de manière. Non en fait, tout était bizarre ici, même le lieu… Elle n’avait jamais vu de structure pareille…

Tout cela était il un rêve ? Oui cela ne pouvait être que ça… Un débordement de son imagination qui la conduisait dans une situation des plus invraisemblables. Néanmoins le regard de l’homme qui l’avait interpelé était plus vrai que nature. Un mélange de stupéfaction et de méfiance. Songe ou pas, Ayael gardait ses instincts, aussi s’approcha-t-elle de lui, en se parant de son sourire le plus charmant.
- Il y a un problème monseigneur ? Demanda-t-elle d’une voix sucrée comme le miel en se rapprochant suffisamment pour lui couper la gorge en cas de danger.

La situation était troublante, elle n’avait jamais fait un rêve aussi réaliste. Non pas dans les faits, car l’endroit, les gens qui l’entouraient ne pouvaient être que sorti de son imagination, mais tous ses sens étaient tantôt titillés, tantôt agressés. Une étrange odeur qui ne lui était pas familière envahissait ses narines, elle sentait des gens pressés la frôler, le poids de sa longue robe noir qui lui arrivait jusqu'au pied. La compression de son corset finement travaillé dont elle avait un peu trop serré les lacets, la pince dans ses cheveux qui glissaient imperceptiblement menaçant de tomber et de défaire son chignon. Bref, elle avait une perception de ce rêve tout à fait exacerbé, ce qui expliquait cette prudence à l'égard des gens qui le peupler.
Bird
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Mer 11 Juil - 17:05

Miséricorde avait frappé fort aujourd'hui. Fort et historique.
Le rêve de l'Oiseau avait été dévié et il s'était retrouvé ici, les yeux à peine ouverts et aussitôt remplis de larmes, le cœur sûr d'une chose : Il était de retour à la  'maison'.
Ce maudit Morphée avait tout reproduit avec une belle exactitude, que ce soit la.foule grouillante et pressée, ou la gare d'Austerlitz avec ses monstres de fer bruyants et fumants qu'il aimait tant regarder gamin avec son cadet.
Pourtant d'aussi loin qu'il se souvienne, le décor familier n'avait jamais semblé aussi ancien et tout à la fois, aussi neuf. Ancien dans le style des costumes, neuf dans le fait que les machines n'avaient pas encore été touchées par la patine du temps. Pour résumé, il était dans ce genre de lieu qu'il n'avait connue qu'en photos sur le buffet familiale entre les portraits de sa grand-mère encore belle femme et celle de son père, enfant, en marinière.
Mais à quel siècle pouvait il bien se trouver...à voir les femmes ainsi prisonnière du corset et de leur tournure, il devait se trouver à la fin du XIXéme, ou peut-être au début du XXéme.
Enfin.. faire des suppositions n'était pas tout, il fallait encore les vérifier et il n'y avait rien de mieux qu'un journal pour apprendre les dernières nouvelles du jour.

Bird se dirigea vers le commis, et sans lui adresser la parole, regarda d'un oeil la date du jour.
Année 1896...
Il fit un rapide calcul. 1896...Soit vingt sept ans avant sa naissance... Son père devait avoir cinq ans. Il devait vivre paisiblement dans cette ville même, sans se douter de ce qui leur adviendrait dans moins de cinquante ans...
Son cœur se serra à la pensée de ce souvenir douloureux. Il devait leur dire qu'il ne servait à rien de se battre pour sa patrie car elle les trahirait ensuite, qu'il fallait mieux s'exiler avant qu' « ils » arrivent et que chacun de leur communauté soit raflé.

Un frisson parcourut l'échine de l'Oiseau le ramenant à la réalité...Leurs dire tout cela n'était pas possible... ce n'était qu'un rêve, un fantasme de son esprit. Il devait se calmer, trouver matière à se changer les esprits.
Plus loin une femme au visage dissimulé par une voilette appelait d'une voix plaintive, cherchant de l'aide pour porter une petite valise qui semble trop lourde pour elle. Elle serait son occupation.
En homme galant, il s'approcha et l'apostropha avec politesse.

« Avez vous besoin d'une quelconque aide Madame ? »

Sans vraiment regarder, ses yeux croisèrent une carrure atypique dans ce tableau brumeux. Elle discutait avec un agent de sécurité, tout dans sa personne disait qu'elle n'était pas d'ici ou même de ce monde.Vagabond solitaire? Il n'était plus.
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Sam 14 Juil - 16:41

Ce fut le sifflement du train qui me réveilla. Vaguement. Pas totalement. Mais juste assez pour que je comprenne que ce n’était pas mon lit. C’est comme ces moments d’éveil où on ne se repère pas, perdu dans un lieu étranger. Les yeux encore ensommeillé, je me redressais sur le banc en bois, me décollant du mur de briques peu confortable. Un goût désagréable dans la bouche – qui me tira une grimace- je m’étirais, prenant contact, pour de bon, dans cette réalité.

Les gens marchaient, dans un flot d’humains se bousculant les uns les autres. Il y avait un je-ne-sais-quoi de différent chez eux. Mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Des regards se posèrent sur moi, curieux et inquiets. Qu’est-ce que j’avais encore fait pour attirer cette attention ? Je vérifiais mes vêtements, pour voir que j’étais bien habillé, t-shirt et jeans impeccable, à l’exception de quelques taches pour le pantalon. Mon visage ne me tirait pas, donc je ne m’étais pas battu et je n’étais pas défiguré. Alors, Seigneur, pourquoi est-ce qu’on me dévisageait de la sorte ?

Ca y est, j’étais de mauvais poil.

Les souvenirs de ma tête étaient trop flous pour que j’arrive à déterminer comment je m’étais retrouvé dans cette gare. Ce n’était pas un enlèvement, les précédents ne s’étaient pas terminés ainsi, avec un gars paumé au milieu de nulle part. Je fronçais les sourcils, décidé à trouver mon chemin pour rentrer chez moi.

Puis, ça me frappa, une fois debout et après quelques pas. Je voyais en couleur. Oh mon dieu. Je voyais normalement, et pas en noir et blanc. Pour certains, ça aurait été un miracle. Pour moi, c’en était autrement. C’est pour cette raison que j’avais un goût bizarre dans la bouche depuis mon réveil. Ce n’était pas parce que je ne m’étais pas encore brossé les dents, mais parce que j’étais redevenu normal. Pas de poison dans les veines, dans la bouche, ni sous la peau. Simplement normal.

Okay, Loki, gardes ton calme. Ne panique pas. L’air devint lourd et je dus m’appuyer sur un passant pour garder pied. Bon sang ! Qu’est-ce que j’avais foutu ? Dans quelle merde j’étais tombé ?

Je le remarquai. Au début, je cru que cette dame, à une vingtaine de mètres de moi s’était déguisée. Franchement, une robe avec autant de dentelles, ça n’existait plus. Mais une deuxième, une troisième femme dans des tenues similaires, ça ne pouvait pas être une blague. La même chose pour les hommes, des habits tellement… démodés. Bordel, où est-ce que j’étais ?

Mon repose bras décida de filer à l’anglaise. Je restais là, planté au milieu du flot d’humains, Les trains à quai étaient de vraies antiquités, dans leur dégagement de fumées noires et leurs mécaniques anciennes. Les hommes, les femmes, ce policier à l’air lugubre qui me fixait méchamment. C’était un risque de me le mettre à dos ? Il n’avait pas d’arme, ou juste une matraque, rien de bien dangereux. L’horloge au mur affichait 11h52. Je reculais, dans l’espoir de l’éviter, mais rentrais dans une gothique aux airs lugubres, ma voie de sortie coupée.

Back to the Futur Baby.
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Dim 15 Juil - 13:05

Le Zozio était spécial, c'était bien connu. Il était fou, de l'avis général (pas du sien). Le drôle d'oiseau savait tout ce qui se passait dans Paris. Il avait tout vu, tout entendu, et rien ne pouvait le surprendre.
... Sauf peut-être cette scène se déroulant à la Gare d'Austerlitz.
Depuis le banc sur lequel il était assis, où il accordait sa guitare, il avait pu y assister aux premières loges.

Tout d'abord, notre hurluberlu avait cru que ces gens costumés étaient des acteurs, sortant tout droits de l'Eden ou des Funambules. Mais leurs mines perdues, qui ne correspondaient pas à celles des âmes damnées du Théâtre, avaient tôt fait de lui faire changer d'avis.

La surprise passée, le Zozio trouva cette scène... Bizarre ? Ah, non, pas du tout.
Drôle. Absolument et divinement drôle.
Ainsi, Paris regorgeait encore de divertissements pour notre drôle d'oiseau ! Il en était ravi. Comme à son habitude, il sortit sa guitare et commença à chantonner :

"Voilà de biens étranges individus !
De quel âge, de quel monde venez-vous,
Oh, petites gens perdus,
Qui vous retrouvez parmi nous ?

Prenez garde, la tâche et ardue,
Paris est hostile à ce qu'il ne comprends pas !
Mais, le Zozio ne vous perds pas de vue,
Il vous gardera d'un faux pas !"


Sur ces mots, il réajusta son haut-de-forme usé. Le vagabond sautilla alors un peu plus près de la scène, sans oublier pour autant de prendre discrètement quelques bourses au passage. Juste au cas où...
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Mer 18 Juil - 15:29

Loki & Ayael

Après son dernier impair, M. Joseph Renaudot avait été remisé à la sécurité des rues autour de la gare d'Austerlitz ainsi que de la gare elle-même, un emploi bien peu digne d'un homme aussi épris de justice ... Il avait à cœur, cependant, de bien faire les choses - le problème étant que lorsque M. Renaudot cherchait à bien faire, cela confinait souvent à la catastrophe ... Ce matin-là, il coursait un anarchiste sur le retour qui avait tenté de déposer une bombe dans un café, non loin de là. Heureusement, la machine était purement artisanale, et ne se déclencha point. Il n'en restait pas à moins à attraper ce criminel en puissance ! Nul doute qu'il avait cherché à imiter d'illustres prédécesseurs et s'était inspiré des faits récents qui avaient secoué Paris* ... Et c'est qu'il courait vite, malgré son ventre proéminent ! M. Renaudot commençait à fatiguer. Il eut un sentiment de victoire quand il vit l'imbécile emprunter une des voies de la gare ... Il bouscula même quelques passagers dont ...
M. Joseph Renaudot s'arrêta dans sa course et en vint presque à oublier sa proie, tant sa stupéfaction fut grande. Une jeune femme à la lourde robe noire, comme celle que portaient les espagnoles, à quelques siècles de là, se tenait là.Croyant que son apostrophe lui était destinée, elle s'approcha de M. Joseph, après avoir étouffé un rire. Se moquait-elle de lui ?! Il fut d'autant plus perplexe lorsqu'il l'entendit parler. L'accent lui était étranger, et depuis quand s'adressait-on aux gens en les nommant Monseigneur ?! C'était trop fort !

- Madame, point de ces excentricités ici. Vous devriez regagner les loges de votre spectacle ou garder vos costumes de scène pour d'autres occasions ! Cela ne m'empêche pas de m'inquiéter de votre sort, cependant. Ce rustre vous aura-t-il blessée ? Nul doute que nos agents l'ont déjà attrapé à l'heure qu'il ...

Mais pendant qu'il parlait, un autre hurluberlu vint choir contre cette femme - qui, décidément, semblait en danger aujourd'hui. M. Renaudot ne put retenir un "Mazette !" devant l'apparence tout aussi curieuse du nouveau protagoniste.

Et, tapant du pied, il s'exclama d'une voix plaintive :

- Mais c'est un vrai cirque qui embarque sur ce train, ma parole !

Citation :
Note pour Ayael : Il serait très peu judicieux d'attaquer M. Renaudot par la force, dans une gare bondée et quadrillée par des forces de police. Il vaut mieux tenter la ruse, à moins de terminer l'aventure trop prématurément Wink Et pas mal du surprises vous attendent dans le train !



~ * ~

Bird & le Zozio

Mademoiselle Galant avait eu bien des soucis ces derniers temps ! Elle s'apprêtait maintenant à aller profiter des beaux jours chez une tante en province, pour oublier les misères du monde de la capitale. Cependant, sans doute s'était-elle levée sous une mauvaise étoile, car rien n'avait fonctionné comme prévu ce jour-là. De désistements en incidents divers, de mauvaises surprises en retards imprévus, elle se retrouvait seule, sans commis, pour décharger ses bagages, quelques minutes à peine avant le départ du train. C'est ce qui l'avait poussée à demander de l'aide, de son joli petit ton plaintif : la belle Yvonne était au désespoir. Aussi crut-elle à un miracle quand un jeune homme lui proposa son aide. Elle en lâcha sa valise qui (ô heureuse providence !) résista au choc.

- Oh Monsieur, vous me sauvez la vie ! Plus aucun commis de disponible, ma bonne qui m'a fait faux bond, et je me retrouve à traîner des bagages trop lourds pour moi ... M'aideriez-vous à hisser cette valise à l'intérieur ? Je me sens toute chose ...

Et elle s'éventa délicatement de la main. On devinait de grands yeux clairs derrière la voilette, et d'élégantes boucles blondes s'échappaient du petit chapeau qu'elle portait ce jour-là. Un œil observateur remarquera peut-être qu'elle était bien trop parée pour un voyage en train - la taille, notamment, était serrée au plus étroit, faisant de la demoiselle une jolie petite poupée, aussi délicate qu'inconfortablement installée. Qu'est-ce qui pouvait bien pousser une telle demoiselle à choisir parure si voyante pour un voyage ... ? Cependant, sans vous laisser le temps de penser, elle ajoutait, battant des cils :

- Hélas, même mes amis m'auront abandonnée dans cette épreuve ... Prenez-vous ce train également ? Puis-je avoir votre nom, Monsieur ?

Elle sortit des billets d'on-ne-sait-où et elle les agita triomphalement, d'un air fier de gamine gâtée. L'un lui échappa des mains et s'envola pour atterrir aux pieds d'un vagabond, avec une guitare, qui passait à côté d'eux. Yvonne ouvrit grand les yeux, vérifia ses billets et, d'un éclat de rire, s'exclama haut et fort, de sa petite voix de perruche apprivoisée :

- Oh, peu importe, c'est le billet de ma bonne, en troisième classe ! Un vagabond de moins à Paris ne fera pas de mal !

Elle ne vit sans doute pas qu'il avait récupéré sa bourse en passant ... Et pour cause ! Le contrôleur sifflait déjà, il fallait embarquer ! Elle vous lança un regard paniqué, et vous invita à la suivre, dans le wagon qui se présentait.
Bird
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Jeu 19 Juil - 20:14

Tout s'était passé très vite. La dame à la voilette avait fait tomber sa valise puis avec fortes manières avait entamé une conversation insipide qui n'avait pas eu le temps de germer cause au départ prématuré du train. Néanmoins la femme avait réussi entre temps à laisser tomber un de ses titres de transport (réceptionné par ce qui semblait être un artiste vagabond) puis à inviter son sauveur à la suivre dans le train d'un regard pressé. Mué et sans savoir ce qu'il faisait, Bird l'avait donc suivit préférant mettre sur le dos du destin cette rencontre.

A l'observer de plus prés, la « perruche apprivoisée » avait un minois plaisant à regarder, une taille qu'on avait envie de parcourir à l’affut d'un laçage de corset à dénouer . Si notre oiseau contemporain avait du en faire un résumer il l'aurait qualifié de belle, séduisante et terriblement superficielle. « Pas pour lui » en clair. Son Adéle avait sa tresse châtaigne et ses airs de petite nymphe bucolique lui manquait ; sa famille lui manquait...

Une idée folle le prit. Et s'il retrouvait ici ses ancêtres ? Cela semblait inconcevable mais pourquoi ne pas profiter de ce rêve, se laisser prendre au jeu de Miséricorde et tenter une aventure ?

«  Excusez moi Madame... Connaitriez vous la comédienne Ada Luissier... C'est une jeune veuve.. d'une vingtaine d'année... elle doit avoir un fils de cinq ans..du nom de Léopol... Ils doivent habiter au Pletzl, la place des Ju... »

Il s'interrompit et se tut. Parler des juifs n'était pas des plus adroit  à cette époque où l'affaire Dreyfus était sur toutes les bouches. Il réfléchit un instant sur la part de vérités et de mensonges qu'il devait énoncer.

« On me surnomme l'Oiseau, et je suis un membre de sa troupe. Comme vous pouvez le voir par mes vêtements étranges nous sommes en pleine construction d'une pièce d'anticipation sur le futur de notre belle nation. Après maintes suppositions et recherches nous avons déduit que les travailleurs porteront cela plus tard. Incongrue n'est ce pas ? »

Le train démarra. Où allait il ? Il ne savait pas.
Se ferait il arrêter par un contrôleur et où cette aventure le mènera il ? L'histoire restait à écrire, et il prendrait la plume du risque car si la suite ne tournait pas à son avantage, tout ceci n'était qu'un rêve d'où il suffisait de se réveiller.
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Jeu 26 Juil - 22:17

Un billet de train, une bourse bien pleine, et un divertissement de premier ordre !
Le Zozio se dit qu'aujourd'hui était décidément son jour de chance.
L'autre oiseau paraissait bien se débrouiller, mais les deux autres bizarreries semblaient être dans une étrange situation avec l'agent de Sûreté.

Notre drôle d'hurluberlu partit rapidement voir l'homme louche qui vendait des billets de trains, et lui en prit deux. Peu importe que ce soit des imitations ou non, ils feraient suffisamment illusion en cas de besoin.

Au son du sifflet, notre chansonnier se précipita vers l'agent et les deux étrangers.

"Môoooossieur le Policier, dit-il dans une parodie de ton respectueux, veuillez pardonner à mes collègues "théâtreux", ils sont encore dans leur rôle ! Maintenant, nous devons prendre notre train ! Venez nous voir nous produire au Théâtre d'Art, un jour !"

Le vagabond mit alors d'office les billets dans les mains du drôle de duo. Il chantonna tout en se remettant à courir :

"Qui n'a jamais rêvé de l'aventure ?
Ne restez pas ici plantés,
Vous risqueriez de tout manquer !
Allez, tout le monde, en voiture !"


Et il sauta dans le wagon de troisième classe.
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Lun 6 Aoû - 21:38

Mon regard se posa sur l’agent de police. Si petit… Mais trop voyant pour l’assommer. Trop de monde, trop de passage. J’eus un coup d’œil sur sa moustache dépassée, tout en me décalant de la jeune fille en noir. Je la scrutais de la tête au pied, les sourcils froncés. C’était quoi cette blague ? Je fis craquer ma nuque machinalement, me parant d’un sourire arrogant. Déformation professionnelle. Je ne pouvais pas empêcher cette expression, surtout après la remarque de l’homme. Ouais, un cirque…

« C’est ça. Je suis le maitre des serpents. Vous voulez les voir ? »

Mon accent roula sur ma langue, se mêlant avec l’ironique de ma question. Bien sûr que non, qu’il ne voulait pas voir ces charmants reptiles. Il faudrait pour cela que j’en ai déjà sous la main. Suivre l’indication de l’agent était plus sécuritaire, ça m’éviterait de faire des remous, même si ce n’était qu’un rêve ou toute autre divagation. Mon attention fut attirée par des enfants qui coururent, non loin de nous, ballon marron en main.

J’étais sur mes gardes. Sans mon poison, je n’étais pas à l’aise. Certes, je n’étais pas sans défense, mais je n’étais pas à mon plein potentiel. Je sentais que quelque chose manquait, un infime détail volé. Je m’étirais, camouflant ce léger malaise. Le train souffla un nuage de fumée. C’était le même que celui indiqué par le policier. Je lui souris, presque sympathiquement cette fois, posant la main sur l’épaule de la jeune femme en noir. Elle jurait tout aussi bien que moi dans le décor. Se serait-elle égarée, elle aussi ?

Là, un troisième type surgit de nulle part, me faisant tourner la tête, serrer les poings. Qui c'était? Une sorte d'allié, apparemment, si on pouvait l’appeler comme ça. J'acquiesçais à son expression enjouée, répondant moi-même au flic.

« Vous avez raison, d’ailleurs nous allons embarquer. Tu viens ? »

Mon bras toujours sur les épaules de la fille, je guidai ma nouvelle compagne d’infortune vers la machine à vapeur, adressant un clin d’œil à l'inconnu quand il glissa les billets entre mes doigts. Ca fera un contrôleur de moins à assommer ça...
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Ven 17 Aoû - 18:47

[HRP : désolée pour le temps de réponse, j’ai eu quelques obligations sur mon propre forum ! Pour me faire pardonner je vous donne un cookie ♥ ]



-Madame, point de ces excentricités ici. Vous devriez regagner les loges de votre spectacle ou garder vos costumes de scène pour d'autres occasions ! Cela ne m'empêche pas de m'inquiéter de votre sort, cependant. Ce rustre vous aura-t-il blessée ? Nul doute que nos agents l'ont déjà attrapé à l'heure qu'il ...

Ayael garda son sourire de convenance malgré l’étourdissement qu’elle éprouvait. Cette machine infernale faisait un de ces bruits !
Elle se rendait compte que les règles du jeu avaient changés. Soit. Elle savait s’adapter. N’était-elle pas une manipulatrice après tout ? Son langage semblait choquer alors elle décida de se taire dans la mesure du possible. Seulement il lui était difficile de rester silencieuse face à une question... Heureusement – ou pas, seul la suite nous le dira - un homme la bouscula légèrement, déconcentrant son interlocuteur. D’ailleurs, l’homme était lui aussi bizarre, enfin tout ici était bizarre mais lui était encore différent.

- Mais c'est un vrai cirque qui embarque sur ce train, ma parole !

Pour une fois Ayael comprenait de quoi il parlait, elle avait déjà vu un cirque et la réplique du jeune homme la fit sourire. Elle doutait que ce soit vrai mais il semblait avoir mouché son interlocuteur et cela lui plaisait. Elle n’était pas du genre à se laisser faire, mais elle était intelligente, et savait quand elle devait faire profil bas. Aussi ne protesta-t-elle pas quand il l’entraina à bord du train après avoir lâché un « Vous avez raison, d’ailleurs nous allons embarquer. Tu viens ? »
Elle ne s’offusqua pas de cette soudaine familiarité, au contraire elle feignit une certaine complicité et grimpa gracieusement dans la machine. Après un léger temps de silence destiné à se familiariser avec ce nouveau lieu, elle s’adressa à son nouvel « ami ». Elle souhaitait vraiment s’entretenir avec lui de la situation mais craignait de se trahir si elle attaquait trop brusquement aussi décida t’elle d’agir plus subtilement.
- De là d’où je viens, il est extrêmement impoli d’agripper ainsi une femme sans sa permission…
Sa voix n’avait absolument rien d’agressive, au contraire elle souriait et le ton était amusé, consciente qu’il l’avait aidé à se sortir du pétrin, mais elle était trop fière pour l’admettre.
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Mar 28 Aoû - 8:43

Bird
Wagon de première classe

Mademoiselle Galant fronça légèrement les sourcils lorsque son charmant interlocuteur parla d'une soit-distant collègue. Elle fit tout de même l'effort de chercher dans sa petite mémoire d'oiseau si ce nom lui disait quelque chose. Hélas non, et c'était bien contrariant. Vingt ans, veuve et comédienne ... ! C'est que la concurrence devait être rude ... Elle hocha la tête à ses explications, gloussa un petit peu, faute de savoir quoi répondre - pour ce qu'elle s'y intéressait au futur ... ! Et puis elle indiqua à son interlocuteur un compartiment vide, et fondit sur la banquette, dans un impressionnant froufrou de jupons et de falbalas. Elle prit quelques temps pour répondre car elle avait le souffle court. Et ciel ! Elle pressa la peau de son poignet - interstice de peau blanche, entre le gant et les dentelles de la manche - contre ses joues. Qu'elle devait être rouge ! Elle déploya son éventail, comme un paon qui fait la roue.

- Monsieur, je suis bien peinée car le nom que vous citez ne me dit rien ... Est-elle jolie, au moins ?

La dernière question, assez sèche, vous renseignera sans doute sur la profession de Madame ... Celle-ci fit la moue, tandis que le train quittait Paris. Elle jeta à peine un oeil à la vitre, demanda même à ce que l'on baissât le store pour ne point l'incomoder, ignorante du visage modeste - manufactures, champs et bosquets - que la capitale perdrait bientôt. La Seine, long serpent endormi, semblait suivre le dessin des rails, comme une ombre portée ... C'est alors que la porte du compartiment coulissa et que deux hommes entrèrent. Ils otèrent leur chapeau devant Yvonne, jetèrent un oeil perplexe à son compagnon, et prirent lentement place sans mot dire. L'un portait une moustache brune, des sourcils broussailleux, et il arborait un air scrutateur qui ne disait rien de bon. Il est aussi un peu bedonnant ... L'autre, impeccablement peigné, avait l'oeil trouble derrière un petit lorgnon. Ils semblaient chercher quelque chose ... Cependant,

- N'avez-vous pas peur d'aller à Limoges, Monsieur ? - la voix haut perchée de l'impatiente Yvonne empêchait décidément toute rêverie. Dire que ma tante vit encore là-bas, c'est encore plus rempli d'anarchistes et de révolutionnaires qu'à Paris ... !

Vous voilà renseigné sur votre destination ... Il est à présent temps, cher invité du futur, de nous dire ce que vous décidez de faire. Ces deux messieurs à l'air louche ne vous inspirent guère confiance ... Se préparerait-il quelque chose ? Peut-être souhaitez-vous en savoir davantage sur la population étrange et bigarrée de ce wagon de première classe ... Histoire de tâter le terrain. Mais sera-t-il possible de vous débarasser de votre bavarde compagne sans danger ... ? A vous de nous le dire !

~ * ~

Loki, Ayael & Le Zozio
Wagon de troisième classe

M. Renaudot resta bouche bée devant le groupe d'hurluberlus. Il bredouilla quelques mots, dans des phrases sans queue ni tête, lissa sa moustache, retira son képi pour le remettre ... Puis alors que nos trois compères embarquaient, il partit en marmonnant - "Bon c'est pas tout, mais j'ai du travail, moi !" avant de partir en courant affirmer le contrôleur qui s'apprêtait à monter derrière les derniers passagers. En vérité, cela faisait un importun de moins ... Hélas, les représentants de l'ordre et leurs moustaches semblaient être à vos trousses ... Vous repreniez votre souffle, échangiez peut-être quelques mots - que sais-je - quand un contrôleur en livrée vint voir vos billets ... Vous eutes, heureusement, de quoi le satisfaire ... Grognon, il vous enjoignit à regagner votre wagon.

Pour tout avouer, la troisième classe n'avait rien d'engageant. Point de compartiments pour s'isoler, hélas, des regards curieux et, en guise de banquette, des bants de bois inconfortables. Le wagon est relativement peuplé. Au fond, des ouvriers en goguette, maçons retournant au pays, chantent des chansons en patois, le sourire aux lèvres. A côté, une jeune femme rousse leur lance des regards noirs et tente de se concentrer sur un ouvrage de couture ... De temps en temps, elle jure, lève les yeux au ciel ... Et reprend son travail. Un bonhomme à l'oeil vif et au sourire railleur observe la scène, sans mot dire ... Et puis il y a ce jeune homme, l'air rêveur, l'air artiste, qui semble presque s'être trompé de classe ... Pas trop mal habillé, il semble perdu dans ses pensées, ne prenant pas garde à l'agitation alentours ...

Et le train quitta ainsi Paris ... Sans doute fadra-t-il vous installer ... Il y a assez de place pour s'asseoir auprès de la couturière exaspérée, de l'observateur à l'air louche ou du beau rêveur ... Et que le voyage commence !


~ * ~
Sujin
Compartiment à bagages, classe inconnue

Ce furent des cahots réguliers et un chuintement persistant qui vous réveillèrent ... Cela berce, comme un voyage en train ... Mais en plus brutal, en moins rapide. L'endroit était peu confortable, et c'était un euphémisme de le dire ... Votre corps en était déjà tout endolori ... Une odeur de cuir et de bois vernis vous envahit bientôt. Un peu de naphtaline, aussi ... Il faisait sombre, la pièce était petite. Déserte, par ailleurs, mais envahie de malles, bagages et paquets divers. Alors que vous tâtonniez pour retrouver vos repères, votre main s'égare sur un petit cordon. Nous vous recommandons chaudement de le tirer ... car alors le store se lève et la lumière vous envahit. Vous vous trouvez dans un local où sont entreposés des bagages. Autour de vous, ce n'est qu'un chaos de valises brillantes. Et puis ... Etrange, mais à vos pieds se trouveNT une veste élimée, une barbe postiche et un gros oreiller, comme abandonnés là ... Quelqu'un se serait-il pris au jeu du déguisement ?

Est-ce un rêve ? Qu'avez-vous fait pour atterir ici ? Sans doute devriez-vous sortir de la pièce, pour prendre connaissance des lieux alentours ? Par chance, la porte est ouverte - et la poignée ouvragée, et sa jolie couleur cuivrée vous semble déjà un peu étrangèe ...




Dernière édition par Pierrot Lunaire le Mar 28 Aoû - 14:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Mar 28 Aoû - 10:08

Les drôles de zigues l'avaient suivi sans souci, le Zozio en était très heureux ! Il replaça sa fausse perruque blonde sous son chapeau haut-de-forme, et ses fausses bacchantes (blondes aussi), avant de leur adresser la parole à nouveau.

"La bienséance veut que je me présente en premier... Je vous donnerai bien mon nom, mais j'en ai tellement que cela n'avancera pas à grand chose ! On m'appelle en général le Zozio ou le Fou. Mais vous pouvez m'appeler comme vous le voulez !" dit-il dans un grand sourire. "Et vous, quel est votre nom et d'où nous venez-vous, jeunes gens ?"
Et ses grands yeux vairons (bleu l'un, vert l'autre) s'étaient remplis d'étoiles.

Ils se retrouvaient donc tout trois dans le wagon de troisième classe. Les bancs de bois où s'entassaient les gens n'étaient peut-être pas très engageants pour des personnes connaissant le confort (était-ce leur cas ?) mais pour un bohème des rues tel notre hurluberlu, c'était le comble du luxe !

Il sifflotait de bonheur, tout en observant le spectacle qu'offrait cette communauté rassemblée sous ses yeux. L'avantage de se balader dans tout Paris, et particulièrement le Paris des bas-fonds, c'était que de nombreux visages lui étaient familiers.

"Là, désigna notre chanteur à ses compagnons de (ou d'in)fortune en direction des ouvriers, vous avez Gérard, Jean, François, un deuxième Jean, et deux de leurs collègues qui doivent être Arthur et Lionel, mais je ne peux l'affirmer sûrement. Des bons gars bien honnêtes, pas très intéressants en somme."

Il désigna discrètement d'un coup de tête la jeune rouquine, mais un grand sourire amusé aux lèvres.
"Elle, c'est Céleste. Elle a une certaine aversion bien connue pour les gens plus riches qu'elle, et ça correspond aux trois-quarts de Paris. Elle est louche, ça la rend intéressante !"

D'un mouvement de tête, le drôle d'oiseau indiqua le bonhomme railleur.
"C'est Mascarille, un pantomime des Funambules qui a sa réputation. Il sait toujours beaucoup, mais ne dit jamais rien. Il est louche, ça le rend intéressant !"

Ensuite, le Zozio observa attentivement le jeune homme rêveur :
"Et lui, je ne le connais pas encore ! Ca le rend louche et intéressant !"

Et, sans attendre un mouvement ou une parole de la part de l'étrange duo, il se précipita vers l'une des places assises en face du jeune homme.

"Bien le bonjour, monsieur ! Le voyage jusqu'à Limoges s'avère bien trop long pour que l'on ne puisse pas discuter avec un compagnon de voyage ! Je suis Emile Bodinanbourg, à qui ai-je l'honneur ?" dit-il avec un grand sourire engageant, en lui tendant la main.
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MessageSujet: Re: Un train pour l'inconnu [Libre] Sam 1 Sep - 19:56

Un son, un bruit récurrent. A chaque secousse, j'ai l'impression de perdre pied. Je ne bouge pas, mais le lieu se déplace. Je fronce les sourcils, je m'imagine déjà dans le corps d'un monstre écailleux. Mais ces bagages ne sont pas laissées ici par hasard ; un mot s'insinue à mon esprit : "train". Sans doute n'aies-je jamais été dans un train, et voilà pourquoi j'ai mit si longtemps à comprendre où je me trouvais. Dans le Reflet certes, mais dans un endroit bien incongru.
Aies-je longtemps été ainsi allongée, sur le dur plancher de bois épineux? Mes muscles endoloris semblent vouloir montrer que oui.

Il serait d'ailleurs peut-être temps de partir à la recherche d'apparitions ; car il faut bien avouer que celles du rêve sont bien plus interressantes que celles peuplant Espérance. Il me faut un petit temps pour m’accommoder au tressautement de l'engin tout en gardant mon équilibre, mais je parviens néanmoins à pousser la porte sans trop de difficulté.
C'est dans un long couloir plutôt lumineux que j’atterris, tapissé de boiserie et à la moquette bordeaux qui m'a l'air si molle et confortable - surtout comparé au plancher de la pièce derrière moi - que je me roulerais bien dedans.

Cependant je me garde bien de rester sur mes arrières, on ne sait jamais vraiment sur qui l'on pourrait tomber dans le Reflet. De grandes fenêtres encadrent le couloir, d'où je peux voir un paysage on-ne-peut-plus banal. Il s'agit de simples collines verdoyantes, et, de temps en temps, de champs agricoles aux teintes beiges ou dorées.
J'avance toujours plus en direction d'une autre porte devant moi, et à mesure que je me rapproche je distingue des voix en pleine discussion. Bon. Je ne suis pas seule alors. J'écoute brièvement la conversation, en m'immobilisant, et constate qu'il s'agit de simples courtoisies ou de politique.

Une question me vient alors à l'esprit: dans quel pays et à quelle époque se déroule donc ce rêve?

Je décide d'avancer toujours plus dans ce train - se finit-il un jour? - et pousse cette seconde porte pour débarquer dans un couloir presque semblable au précédent, plus long et à la seule différence qu'au lieu de fenêtres se trouvent des compartiments fermés, d'où proviennent justement les voix. J'hésite franchement à entrer dans l'un d'eux. Rejoindre des apparitions me permettrait surement d'en apprendre plus sur le contexte de ce rêve.
De toute façon, je n'ai pas vraiment le choix ni le temps : un homme barbu à la mine fatiguée vient d'entrer dans le couloir, vêtu d'un costume bleu foncé. Je ne saurais mettre un nom sur sa fonction, mais quelque chose me dit qu'il vaut mieux l'éviter.
Il a à peine eu le temps de m’apercevoir que j'ouvre rapidement la porte d'un compartiment et me faufile dedans sans hésiter.
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Un train pour l'inconnu [Libre]

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