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[Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula...

Bird
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MessageSujet: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Sam 22 Sep - 13:34

    En cette première matinée d'automne, le temps était au beau froid. Le cadran de la grande horloge affichait neuf heures et dans quelques minutes, Miséricorde passerait de vie à trépas. Pour l'occasion, les enfants d'Espérance, petit tas de vêtements épais, s'étaient attroupés sur la place centrale où un nouvel édifice avait vu subitement le jour.
    Au milieu de l'estrade, agenouillée, les mains liées derrière le dos, leur pire ennemie attendait sa dernière heure. Sur son visage, soutenu haut par un fier maintient de tête, ses bourreaux avaient pris soin de placer un masque. Ainsi, ce ne serait pas la jeune fille qu'elle était qu'on jugerait, mais ce serai le monstre. Ainsi, elle n'était pas un enfant parmi les autres, elle était un symbole.
    L'Oiseau pensait particulièrement aux plus jeunes en faisant cela. Ne pas leur faire peur, ne pas les choquer, ils ne pouvaient pas tous comprendre que ce grand méchant loup s'était caché parmi les agneaux.


    Elle savait que ce moment viendrait et c'est surement pour ce jour que, malgré la folie et la vérité, elle avait continué de vivre. Aujourd'hui devait être la consécration de son œuvre, sa fin monumentale. Quand la Mort l'embrasserait, elle deviendrait une artiste, une légende, encrant à jamais son image dans les esprits de chacun.

    La voix grave de l'Oiseau retentit à travers la place mouchant les derniers murmures : Il était l'heure du procès.

    « Miséricorde, vous êtes accusée de nombreux tords dont celui d'avoir porté préjudices au bon déroulement du Reflet, et d'avoir harcelé ses rêveur, des nuits durant. Pour ces crimes, un jugement impartial vous condamne à la peine capitale par torture par lapidation publique puis à la mort par pendaison. Nous écoutons vos dernières volontés. »


    L'accusé resta de marbre. Aucun mot ne retentit, même pas la clameur de la foule.

    « L'accusé n'a pas de dernières volontés. Que la lapidation commence. »

    S'il n'aimait pas Miséricorde, l'Oiseau aimait encore moins ces manifestations de colère et de violence, se soldant par le trépas. Il était le directeur, le représentant d'Espérance, il était de son devoir de proclamer la sentence mais jamais il ne serait pas le bourreau, sa main accomplissait le désir de vengeance des enfants.
    Après un dernier regard à Peter, son viel ami qu'il avait chargé d'éloigner les plus fragiles enfants de la macabre scène, il s'écarta de la condamnée et sans rien ajouter, disparu.



Spoiler:
 
Lachlan
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mar 25 Sep - 18:12

Plus tôt, Lachlan avait entendu des bruit de pas précipités dans le couloir, et lui et Simren son colocataire avaient sortit leurs têtes pour voir de quoi il en retournait : plusieurs personnes filaient en courant vers l'entrée. Quelqu'un s'arrêta pour les héler : «Venez, Miséricorde a été attrapée, elle va être jugée sur la place !»
Cela leur avait semblé d'assez grande importance pour qu'ils quittent leur confortable chambre et suivent la foule. Là, Lachlan perdit son ami de vue. Toute une masse de gens, comme une colonie de fourmis, marchaient ensemble vers la ville, le foyer se vidant petit a petit. Lachlan n'y allait pas d'un pas très pressé, et certains autres à ses cotés trainent aussi des pieds, mais la plupart partaient en courant, amusés qu'il se passe enfin quelque chose dans ce village. Il y avait un léger vent froid, mais il n'eut pas l'envie de retourner chercher de quoi se couvrir dans sa chambre. Tant pis.
Durant son cheminement, il réfléchit à Miséricorde. Lui ne l'as pas énormément croisée pendant ses déambulations nocturnes, mais certaines de ses connaissances avaient eu à subir son courroux, et n'en étaient pas toujours sortis indemnes. Il se souvint d'une fois ou elle était passé dans son Rêve : c'était comme si un voile s'était posé. Les décors étaient soudainement devenus plus sombres, plus menaçants, et il avait immédiatement commencer à rapetisser, reprenant cette apparence qu'on qualifiait "d'originelle" et qui lui déplaisait tant. Cette transformation avait été si rapide qu'il en avait laissé échapper son morceau de miroir, qui s'était écrasé au sol, le réveillant en sursaut. Cette brève expérience n'avait pas été traumatisante, mais assez déplaisante tout de même.

Le village était enfin en vue, et la file d'enfants semblait s'attrouper autour d'une construction près de la fontaine. Il était déjà venu en ce lieu quelques semaines plus tôt, où il avait fait une intéressante rencontre, dont le souvenir lui arracha un frisson. Il regarda autour de lui pour voir si il n'y trouvait pas la jeune fille, ou bien n'importe laquelle de ses connaissance, mais la foule était déjà trop dense. La construction était en fait une estrade, ou presque un échafaud, sur lequel le directeur et sa prisonnière - car c'était bel et bien une jeune fille - dominaient la foule. Il n'était pas aux premiers rangs, mais sa relative grande taille lui permettait d'avoir une vision assez bonne de la scène qui s'y déroulait. A coté de lui certains criaient, d'autre observaient, médusés. Cette proximité avec les autres le rendait un peu mal à l'aise, mais il se concentrait sur ce qui se passait afin de l'occulter.
C'était donc elle, la grande méchante miséricorde ? Elle paraissait bien chétive. Sa robe sombre et sa taille lui rappelaient vaguement quelqu'un, mais il ne saurait mettre sur cette impression un nom ou un visage. Il n'avait jamais particulièrement fait la "chasse à la miséricorde", et il n'était pas plus curieux maintenant qu'avant sur son identité. En revanche, il aurait bien aimé savoir qui était celui qui l'avait découverte.

« Miséricorde, vous êtes accusée de nombreux tords dont celui d'avoir porté préjudices au bon déroulement du Reflet, et d'avoir harcelé ses rêveur, des nuits durant. Pour ces crimes, un jugement impartial vous condamne à la peine capitale par torture par lapidation publique puis à la mort par pendaison. Nous écoutons vos dernières volontés. »
Pendant toute la déclaration, Lachlan ne put détacher les yeux de l'oiseau. De marbre, semblant débiter ses mots comme un automate, sans sentiments, il faisait forte impression. C'était une condamnation violente, très violente même, qu'il n'avait pas l'air d'apprécier. Était-ce pour ne pas assister à la mise a mort qu'il était si rapidement partit ? Même si ses punitions semblaient bien cruelles, Lachlan n'oubliait pas que Miséricorde était avant tout le démon qui avait harcelé les rêveurs et sali le rêve. Jeune fille ou pas, il fallait faire abstraction de la personne, et ne juger que les actes. C'était dans les principes du garçon, et voir a quel point Bird dépréciait la sentence acheva de le convaincre qu'il s'agissait là d'une bonne solution. Même si il ne serait pas le premier, il ferrait partie des gens qui jetteraient la pierre.
Taima
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Jeu 27 Sep - 12:58

La foule. Le murmure excité des enfants rassemblés autour de la scène, à chahuter comme s'il s'agissait d'une simple réunion avant l'ouverture d'une fête. L'automne venait d'être entourée d'un cercle rouge sur le calendrier et déjà l'on sentait que l'air s'était refroidi. Taima était arrivé depuis longtemps. Il avait eu le privilège de voir la place se remplir peu à peu, de grands, de petits, tous emmitouflés mais bravant la fraîcheur pour l'occasion. Il jurait certes un peu avec la masse, tant par son air maussade que par son apparence remarquable, toutefois il avait tenu à marquer ce jour d'une pierre rouge. En dépit de ses blessures passées, dont les marques bleues étaient encore visibles, il avait répondu présent.

Ce fut Bird en personne qui lui adressa la requête. Tuer. Tuer la folie, tuer le monstre, celle qu'on appelait ici Miséricorde. Voilà un certain temps que ce nom courrait dans les rues, dans les chambres et dans les rêves des mioches d'Espérance. Comme beaucoup d'autres, l'Indien n'avait pas échappé à une rencontre avec ce mauvais esprit. Sa puissance mentale ne faisait aucun doute ; autour d'elle, le Reflet devenait un vulgaire décor de théâtre dont elle abaissait et dressait les panneaux au gré de son humeur, de ses envies. Pour cela, Taima l'avait jalousée. Lui qui ne parvenait pas encore à dominer cet univers onirique voyait en elle l'incarnation hégémonique du village. Malheureusement, elle avait eu une langue, et c'est ce fait bénin qui causa la défiance du garçon à son égard. Elle parlait trop, elle parlait de tout, de rien, de réserves et du rôle d'Indien, elle parlait d'esprits et de tyrannie, de rébellion et de renversement. C'est à se demander si elle souhaitait que l'adolescent prenne conscience de ses pouvoirs enfouis ou, au contraire, qu'il soit terrorisé, mortifié par la vérité qu'elle lui débitait. C'était sans compter sur l'entrave de Taima. Peut-être fut-elle celle qui le sauva, à ce moment. La négation des vérités. C'était comme nier Miséricorde, nier ses déclamations. Refuser qu'il n'était qu'un pauvre gosse rescapé, un déchet que les Européens n'avait pu exterminer. Ou bien refuser qu'il était né pour conquérir, pour détruire cette pantomime générale. Il n'avait pas très bien compris ses miséricordiennes motivations. Il avait juste démenti, du plus fort de son âme. Qu'elle le laisse tranquille avec sa longue langue empoisonnée.
Elle avait tout de même réussi à pénétrer ses défenses car, au réveil, Taima avait senti sécher le sel de ses larmes au coin des yeux. Il la détestait. Il la détestait pour ses propos, il la haïssait pour ce qu'elle représentait, il l'abhorrait pour sa souveraineté maléfique. Sa seule aura était néfaste. Alors quand Bird vint s'adresser à lui pour se faire l'auteur de son trépas, l'enfant accepta avec un plaisir tout contenu.

La peinture noire qu'il s'était tracé à deux doigts sur les joues séchait à la brise automnale. Il entendait, plus qu'il n'écoutait, le Directeur énumérer les crimes de la condamnée. Lui-même ne connaissait pas sa véritable identité, cependant sa future découverte ne l'empêcherait en aucun cas de mener à bien son travail. L'oreille distraite par les déclarations de l'adulte, Taima récitait à mi-voix des prières de mort. Criminelle ou non, la vie demeurait sacrée aux traditions amérindiennes, et son absolution se devait d'être considérée avec respect. La pendaison n'était pas une affaire d'Indiens, pas plus que la lapidation. Méthodes barbares pour un môme dont le goût du scalp aurait évoqué les mêmes adjectifs de la part des Occidentaux. Toutefois, il acceptait de se plier momentanément à ces rites-ci, en conservant les valeurs qui lui étaient propres.
Adossé à l'estrade, pas encore dessus pour éviter de se recevoir les pierres perdues, il refusait par ailleurs de participer à cette torture inutile. Du tape-à-l'oeil, encore. Du Bird, pour changer. Cet Oiseau avait décidément l'art du grandiose. Et de la lâcheté. Laisser faire le boulot par les enfants, n'était-ce pas fuir ses responsabilités ? Restait à savoir qui se déciderait à jeter la première pierre. Dans la foule grouillante, Taima crut reconnaître quelques uns de ses partenaires de Nahash. Eux seraient partant pour la boucherie. Surtout Midas, cette armoire sans coeur. L'Indien aurait presque pu parier qu'il en porterait plus d'une pour pouvoir frapper plusieurs fois.

Il y eut un sifflement dans l'air. Un caillou traversa le silence et vint frôler l'épaule de la silhouette sur l'estrade, sans la toucher. Une clameur s'éleva, mêlant surprise, enthousiasme et inquiétude. Le jeu de cible était ouvert.
Taper sur la taupe, vous connaissez ?


Dernière édition par Taima le Sam 3 Nov - 14:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Jeu 11 Oct - 17:00

Elle murmura pour elle-même. C'était inaudible. Comme une caresse dans le vent. Ça y est. C'était la fin. La fin des problèmes. Miséricorde allait être châtiée. Elle le méritait. Mais méritait-elle vraiment la mort ? Les souvenirs frappèrent. Elle était morte, elle aussi. Mais c'était pendant le rêve. Elle était morte, brûlée, sacrifiée. Devant les yeux de ces enfants. Cette fois-ci, elle ne revêtait plus ses étoiles. Parce que la réalité était tout autre. Ils étaient dans Espérance. Pas dans le Rêve. Et Miséricorde allait vraiment quitter ce monde. Une boule grandit dans sa gorge, et avec elle, le souvenir de son réveil. Quand elle avait eu l'impression de suffoquer, dans les flammes. Pour finir dévorée. Elle tripota la longue cape qui recouvrait ses épaules. Ses cheveux noirs, voletant devant son regard azur. Elle perforait Miséricorde du regard.

L'air était chargé de tension. Bird, cet homme qui avait toujours eu le rôle de maitre de cérémonie. Qui le tenait avec brio. Elle espérait juste qu'elle n'aurait pas besoin d'immoler le public, cette fois. Quand elle l'aperçut, un rictus se forma sur ses lèvres. Mais dans un coin de sa tête, elle le remercia. Elle avait demandé à ce qu'il agisse, pour les habitants d'Espérance. Qu'il arrête Miséricorde, ce qu'il avait fait. Oui. Elle l'avait comparé à Miséricorde. Maintenant, il était clair qu'ils n'avaient rien en commun. En commençant par leurs idéaux, et ensuite, par leurs positions respectives. L'un était sur l'estrade, pour son dernier voyage avant l'au delà. Et l'autre fuyait, telle une ombre ne voulant pas assister au spectacle.

Les pierres ne tardèrent pas à voler. Elle aperçut Lachlan. Elle ne le connaissait que de nom. Et puis, Taima. L'indien serait le bourreau qui conclurait cette scène macabre. Elle enviait un peu sa position. Car oui, il aurait l'honneur d'éliminer ce qui avait été des semaines, peut-êtres des mois, qu'était le temps dans Espérance, de souffrance, de panique. Elle avait retiré le voile du miroir. Elle avait osé. Elle l'avait affrontée. Elle était tombée. Maintenant, les rôles s'inversaient. Miséricorde avait osé les affronter, alors.. Elle allait et devait tomber.

En empoignant une pierre, elle la serra bien fort dans son poing. Et d'un geste fluide, elle l'envoya vers le coupable, qui était maintenant la victime. Elle ne s'acharna pas plus que de raison. Mais, c'était sa vengeance personnelle. Elle était encore amère, dans sa bouche. Elle allait participer au meurtre d'un enfant. Elle le savait. Mais après tout, la tyrannie devait cesser. Les rêves devaient reprendre, sans l'ombre de mauvaise augure pour les troubler. Oui, elle murmura. Pour elle-même. Encore et encore. De Miséricorde, elle était devenue Disgrâce.
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Jeu 11 Oct - 18:53

Elle dormait. Mais les bruits du couloir l’avaient réveillés bien plus vite qu’elle ne l’avait voulu. Il n’était que sept heures lorsque des gens courraient et se préparaient dans le couloir. Mais elle ne savait pas pourquoi. Les bruits étaient comme assommés par la porte et sa vue l’empêchait de distinguer le plafond de la chambre. Rhine détestait les matins. Encore moins ceux comme celui-ci qui étaient bruyants, vraiment trop bruyant à son goût. Peu à peu elle repéra quelques mots hurlés d’un bout du couloir à un autre. « Miséricorde » entendit-elle. Puis « Mort ». Elle mit peu de temps à se souvenir que la méchante de l’histoire qui la terrifiait allait être pendue dans la journée ou la matinée même, vers neuf heures. Elle se leva d'un bond en retombant lourdement sur le sol, ayant oublié qu’elle avait laissé ses cahiers de cours à côté de son lit. Elle s’arracha une grimace et un petit juron avant de se remettre sur les pieds et d’aller fouiner dans son armoire. Elle hésitait entre se mettre en blanc –ce qui signifierait qu’elle est heureuse de voir mourir l’ennemie- ou en noir pour le contraire. Finalement elle opta pour une tenue toute autre : bleue pâle. Un certain slim avec un legging et un gros pull avec une chouette dessus. Elle s’était dite que ça suffirait, parce qu’elle ne ressentait pas tellement le froid.
Mais une fois dehors, en route pour la grande place de l’exécution elle éprouva des remords. Le froid glaçait ses joues nues et des mains se glissèrent dans ses poches. Une fois en place entre la foule épaisse elle se mit à penser.

« Comment ça se passera ? Est-ce qu’on va lui couper la tête avant de la pendre ? Ah non, c’est vrai que ça reviendrait au même que de la jeter aux serpents. Et encore les serpents la vomirait sans attendre tellement elle est trop forte. Elle m’fait peur. Le sang va gicler sur la foule ? Beurk ça me dégoute. Je sens que je vais pleurer. Je m’imagine. J’imagine bien sa peau devenir pâles et son corps ne bougeant plus. Je sens que je vais pleurer, et vomir sur les gens autour de moi. »

Elle se sentait un peu ridicule à penser ça. Mais ça l’aider à combattre le froid pour l’instant, et c’était le plus important. Elle aurait aimé avoir un p’tit copain ou juste un pote à côté d’elle pour la serrer dans ses bras le temps du spectacle et de la réchauffer au passage. Pourtant Rhine savait que ce n’était pas près d’arriver. Elle aurait trop peur que ce copain soit un monstre et puis trouver des amis dans une foule pareil… C’est vraiment le plus impossible des cas. De plus, sa petite taille ne lui permettait pas de voir les visages, et ce n’était pas plus mal qu’elle n’ait mis ses talons étant donné qu’elle refusait de voir la pendaison en entier, seuls les bruits qu’elle oubliait presque en ce moment précis lui étaient suffisants.

Finalement, le coeur trop lourd et la tête trop remplie d'idées sombres la jeune fille se laissa éclater en sanglots. Elle s'imaginait tellement de trucs qu'elle avait peur. Elle paniquait réellement. Ses pleurs n'échappèrent pas à deux trois personnes dans le coin d'ailleurs. Alors sans attendre elle décida de bousculer la foule pour s'échapper et ne pas du tout assister à la pendaison de Miséricorde.


Dernière édition par Rhine le Mar 6 Nov - 17:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mar 16 Oct - 15:48

« Nan mais t’as vraiment besoin de faire ça maintenant ? Ça peut pas attendre ? Miséricorde va être jugée, là, on peut pas louper ça ! »

Cette exclamation, entendue un peu au hasard, attira immédiatement l’attention de la jeune fille. Miséricorde avait été attrapée ? Elle suivit du regard les jeunes gens qui se dépêchaient de rejoindre la place. Devait-elle y aller ? Oh, pourquoi pas après tout. Elle avait eu affaire à elle, une fois, et cela ne s’était pas extrêmement bien déroulé. Et encore, elle n’avait même pas eu affaire à elle personnellement. Juste… Elle ne savait même plus. Se décidant presque sur un coup de tête, elle fit demi-tour et se dirigea d’un pas vif vers la place centrale, espérant de pas arriver en retard.

La place était bondée. Se faufilant à travers les habitants d’Espérance, elle réussit à s’approcher suffisamment pour voir correctement ce qu’il se passait sur l’estrade. La curiosité la taraudait : qui était Miséricorde, cette enfant qui s’était amusée à manipuler le Reflet à son bon vouloir ? Mais un masque recouvrait son visage, empêchant toute identification. Légèrement déçue – mais depuis quand ressentait-elle ce besoin de toujours tout savoir sur les autres et leurs maux ? – elle attendit que le jugement commence.

« Miséricorde, vous êtes accusée de nombreux tords dont celui d'avoir porté préjudices au bon déroulement du Reflet, et d'avoir harcelé ses rêveur, des nuits durant. Pour ces crimes, un jugement impartial vous condamne à la peine capitale par torture par lapidation publique puis à la mort par pendaison. Nous écoutons vos dernières volontés. »

Lapidation et pendaison. Rien que ça. Sa gorge se serra, comme si une main venait de lui enserrer le cou. La violence et la brutalité du châtiment la rebutait. Comment… Comment une chose pareille était-elle possible ? Ce n’était qu’une enfant, elle ne devrait pas être traitée de cette manière. De toute façon, personne ne devrait avoir à subir une lapidation. Servait-elle d’exemple ? Voyez ce qui vous arrivera si vous osez transgresser les lois d’Espérance ? Elle se sentait presque révoltée contre… Elle ne voyait même pas vers qui diriger cette répulsion. Mais en même temps… Ne méritait-elle pas ce qui lui arrivait ? N’avait-elle pas cherché la condamnation en agissant de manière aussi désinvolte ? Miséricorde avait été un véritable cauchemar pour certains. Ces personnes-là voulaient sûrement une compensation. Mais la mort de Miséricorde ? Cela changerait-il réellement quelque chose ? Elle ne savait plus quoi penser. Si seulement elle pouvait tourner les talons et partir. Mais sa fichue curiosité la forçait à rester en place.

Lapidation. Cela impliquerait du sang, non ?

Prenant une pierre en main, elle la soupesa. Oserait-elle accomplir ce geste ? Oserait-elle assouvir ses propres désirs au dépend d’une enfant, certes coupable, mais capable de ressentir la douleur aussi vivement qu’elle. Elle vit des pierres voler autour d’elle, s’abattant sur la silhouette frêle debout sur l’échafaud. A ses côtés, le bourreau se tenait en retrait. Elle se sentit soulagée de na pas avoir eu à tenir ce rôle. Serment d’Hippocrate : tu ne tueras point ton patient. Oui, m’enfin, ce serment disait aussi qu’il fallait œuvrer pour le bien du patient en toute circonstance, ce qu’elle ne faisait clairement pas. Rompu pour rompu, elle pouvait tout aussi bien se permettre d’autres entorses à ce serment qui n’avait plus aucune valeur, à présent, n’est-ce pas ? Bien sûr que non. Elle resserra fermement ses doigts autour de la pierre, dans un étau étroit de chair et de vaisseaux palpitants. Avant d’étouffer un cri surpris.

Elle s’était entaillée la paume avec le tranchant de la pierre. Elle observa le liquide écarlate qui s’écoulait de sa main, souillant la pierre. Refermant à nouveau la main dessus, elle arma son bras, visa calmement et lança la pierre d’un geste précis. L’objet fendit les airs et frappa de plein fouet le bras de Miséricorde, arrachant le vêtement et la peau.

Une blessure pour une blessure, c’est équitable, pas vrai ?
Elmeraud
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Jeu 1 Nov - 0:42

Déchirement

"Hey vous avez entendu ? Il parait qu'on l'a attrapé ! " " Miséricorde va être exécuté en place publique ! " " Sérieux ?! "

- Elmeraud ... Tu viens pas ?

Debout au coin de la porte, Michael te regardait. Il te proposait ça par pur politesse bien sûr. Il allait rejoindre ses potes, se réjouir de la disparition définitive de la Reine du Rêve, participer même, à la faire souffrir, et te laisser seul dans cette chambre bien trop sombre. Tu ne comptais plus les nuits après tout, où il avait tremblé seul comme un gosse dans son lit froid. Il craignait- voir haïssait - une entité à laquelle il ne s'était jamais confronté. Toi en revanche tu l'avais vu. Tu n'oubliais pas, oh non tu n'oublierais jamais que toi aussi tu avais eu une nuit, un rêve-cauchemar avec Miséricorde. Pourtant ce nom tu ne le détestais pas, bien au contraire. Caché derrière un masque cet être ne représentait rien pour toi. Quand bien même il t'aurais fait souffrir jamais tu ne lui en aurais voulu ou pris sa défense. Mais voilà, bien avant tout le monde, avant Bird ou le lâche qui l'avait dénoncé, tu avais appris la vérité. Et ainsi su que quand bien même tu avais trouvé autrefois des similitudes entre elle et toi jamais tu n'aurais pu te douter que vous étiez si proche.
Et aujourd'hui tu voulais oublié.
Assis sur ton lit tu fixais de tes yeux vide la pâle silhouette d'une poupée de marbre. Encadrée par un joli cadre doré, elle te ressemblait en tous points. Glaciale, seule et terriblement triste. Triste, qui ça ? Elmeraud, l'insensible ? Un trait liquide, salé, enflamma ta joue et instinctivement tu portas la main au visage avant de te rendre compte que tu pleurais. Au fond tu savais ce qui se passait. Rapportant tes genoux sous le menton tu hurlas.
Tu criais contre l'injustice du monde, insultais n'importe quel dieu, revendiquais ton droit à être heureux. Tu haïssais ce destin qui t'avais fait la rencontrer mais ne pouvais te résoudre à la détester elle. Pourtant c'était ses choix qui te faisaient tant souffrir aujourd'hui. Mais tu l'aimais tellement. Toi qui avais toujours voulu ressentir quelque chose, elle t'avait fait te sentir vivant et aujourd'hui tu te sentais presque mort.
Trahison, peur, affection, douleur.
Tout s'était un peu mélangé dans ta tête avant de décider que quoi qu'il arriverait tu la soutiendrais. N'était elle pas ton amie ? Alors tu t'étais tu, tu avais gardé le secret, joué la comédie. Cela ne te changeais pas vraiment de d'habitude. Et vous étiez heureux n'est ce pas ? Et puis ce jour était arrivé. Miséricorde t'avais été arraché. Si seulement Miséricorde pouvait disparaître, votre vie redeviendrait comme avant non ? La reine des songes ne t'avait jamais vraiment fait de mal mais elle ne pouvait être jugé sans emporter dans son sillage sa véritable identité. Ce qui t'avais fait le plus mal en fait ce n'était ni qu'elle te l'ait caché et que tu l'ais découvert par hasard, ni le fait qu'elle était hors la loi et toi son complice - tu t'en fichais- mais tout simplement le faire de comprendre que le jour de votre rencontre c'était déjà trop tard. Votre seconde rencontre dans le Reflet n'avait été qu'un épilogue malencontreux à toute cette histoire.
Et aujourd'hui, coincé à l'internat tu essayais d'oublier les battements de ton coeur affolé, les hurlement de ton âme déchiré. Que pouvait faire un petit garçon contre un village entier ?

" Grouilles toi la lapidation a commencé ! "

Des mots cruels qui te ramenèrent à la raison, clamés dans la cour de l'école et que tu pouvais entendre à travers la vitre. Bon sang secoues toi un peu ! Tu te fichais de l'autorité ou d'être blessé tant qu'elle était sauve. Tu l'imaginas un instant, son visage innocent meurtri par les pierres, sa peau déchiqueté et en sang, jugé par des centaines de paires d'yeux qui ne savaient rien d'elle et Bird pareil à un corbeau maléfique la jetant en pâture à la foule. Tu ne voulais pas ça. Te précipitant dehors pieds nus, tu courrais comme jamais encore tu n'avais couru. Ton coeur battait si vite, sous l'effort ou la peur ? Tes pieds étaient en feu, tes poumons brûlaient, la tête te tournait mais tout ça n'était rien. Absolument rien face à sa mort et ses souffrances. Tu ne voulais pas qu'elle parte loin de toi, tu avais besoin d'elle ! N'était elle pas censé t'aider à redevenir normal - si jamais tu l'avais été un jour - ?
Enfin tu arrivas sur la place publique. Tu ne réfléchissais plus uniquement obnubilé par la silhouette féminine agenouillée sur l'estrade. Il n'était pas trop tard. Jouant des coudes tu essayais d'atteindre la scène. Tu n'avais pas le charisme d'un sauveur sur son beau cheval blanc mais tu devais la sortir d'ici, vivante. Tu voulais juste revoir son sourire, ses sautes d'humeur, ressentir ses sentiments qui traversaient ta coquille de pierre grâce au simple contact de sa main. Une pierre frôla ta joue et atteignit la jeune fille cachée derrière le masque en pleine poitrine. Tu sentais cette force, cette colère monter en toi. L'adrénaline du moment te poussas à commettre l’irréparable. Prenant appui sur les épaules de deux de tes aînés, tu les écartas de ton chemin.

- ARRÊTEZ !

Brandissant la foule tu atteignis enfin les escaliers montant jusqu'à l'estrade. Quelle ironie. Tu étais un acteur mais aujourd'hui que tes pieds touchaient enfin le bois d'une scène tu ne jouais plus la comédie. Tu n'étais pas idiot. Tu n'avais certes pas réfléchis à tous tes actes -ou au contraire trop réfléchi dans certains cas- mais tu savais ce que tu allais faire à partir de là. Émouvoir l'opinion publique. Changer le méchant de l'histoire. C'était le seul moyen. Te plaçant fièrement à côté de la condamnée, tu lui souris doucement avant de retirer son masque. Théâtral tu lança à la volée:

- Allez vous vraiment condamner une pauvre enfant ? Elle n'a tué personne que je sache ! De quel droit lui retirez vous la vie ?
InvitéInvité
MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Sam 3 Nov - 16:44

Winter Family - Y

Tout a basculé. Plusieurs fois même, son existence a changé d'horizon. De nombreuses fois elle a changé d'émotions, de convictions, de relations. Brutalement, sa vie s'est mutée en d'autres. Mais cette fois-ci, c'est la dernière. Il est neuf heures. Elle le sait, quelqu'un a du dire que la sentence serait à cette heure-là. Que Miséricorde serait lapidée à neuf heures. Qu'en sera-t-il à dix heures? Que feront-ils de son corps abîmé, défiguré par les lancers de pierre, et au cou violacé?
Elle n'a pas de mal à se figurer son corps ainsi. Car après tout, elle n'est rien, cette enveloppe corporelle. Au fond, reste-t-il encore un peu de Sujin?

L'Oiseau parle. L'accusée l'entend, mais ne l'écoute pas. C'est comme si l'espéranto commençait déjà à peu à peu redevenir une langue étrangère. Un peu comme si elle venait d'arriver ici. Un pas en arrière? Ses souvenirs lui sont revenus si clairs que ses journées à Espérance paraissent floutées et embrumées.
Elle est agenouillée sur l'échafaud, dans sa robe blanche éclatante. Elle aurait pu être de n'importe quelle autre couleur, au fond. Car être Miséricorde lui a permis de guérir de ses entraves. Miséricorde est la meilleure partie d'elle-même, elle le sait. La plus forte, la plus intelligente.
Et pourtant, Bird a gagné.

<< ... Que la lapidation commence. >>

La sentence est prononcée, le directeur se retire. Miséricorde sent sa présence s'éloigner. Préfère-t-il laisser à ses habitants l'image d'un gentil dictateur pas vraiment dictateur? Après tout, peu importe. Miséricorde sent qu'après - après sa mort - l'atmosphère d'Espérance changera. Elle sent que la mignonne populasse commencera à se révolter. Oui, c'est une certitude.
Derrière son masque, Miséricorde sourit. Elle a la respiration calme. Son souffle est régulier. Elle est bien moins instable que quand on l'appelait Sujin. Fierté.

Fschhhht. Une pierre passe, la frôle. Un frisson la parcoure ; elle garde les yeux ouverts. Dans la foule, tant de rêveurs qu'elle aura mené en bateau. Tant de personnes qui la haïssent. Mais au fond, ils doivent bien admirer Miséricorde. Avoir un peu de respect pour elle. Un respect qu'ils cachent derrière cette haine.
Et les pierres fusent. Un coup, deux coups, cinq, huit. Des lancers violents, d'autres moins, certains lui arrachent un lambeau de peau. Sous la douleur, Miséricorde laisse échapper des larmes, cachées derrière le masque. Bird l'avait-il prévu? Avait-il pensé à ça, quand il avait décidé de lui mettre un masque, voulait-il éviter de montrer son humanité? Un masque, c'était la solution la plus simple.
Une violente atteinte à son bras la fait flancher au sol, sans qu'elle ne puisse se relever. Mais coûte que coûte, elle reste consciente, ses yeux regardant plus loin encore que la foule.

- ARRÊTEZ !

Cette voix. Elle la connait si bien. Miséricorde redevient Sujin pour quelques instants, elle tort son coup pour essayer de repérer son ami. Elmeraud.
Oh non, pas Elmeraud. Miséricorde n'a pas peur de la mort, de sa pendaison, ou encore des coups portés à son corps, mais Sujin ne veut pas que son ami soit présent. Elle ne veut pas qu'il la voit pendue au bout de la corde. Elle ne veut pas qu'il ressente chacun des lancers de pierre dans son corps. Il ne fallait pas qu'il soit là. Il aurait pu rester à l'internat, la chercher sans la trouver, et un jour apprendre qu'elle était morte. Alors oui, il souffrirait tout de même. Mais il ne fallait pas qu'il assiste à sa mise à mort!
Trop tard, elle le voit monter sur l'échafaud, puis lui retirer son masque.
Désormais, tout le monde sait que Miséricorde se cache derrière cette petite coréenne de treize années. Est-ce que cela changea quelque chose?
Des larmes brillent encore à ses yeux, mais ce n'est plus à cause des coups. C'est à cause d'Elmeraud. Sujin sent sa présence juste à côté d'elle, sa voix qui crie à la foule la monstruosité de la chose.
Tais-toi, Elmeraud. Elle ne veut pas qu'il lui arrive des ennuis à cause d'elle.
Ne sois pas stupide, Elmy. Je suis Miséricorde.
Il devrait la haïr. La haïr comme elle hait Espérance. Comme les autres enfants la haïssent. Il ne devrait pas prendre sa défense.
Sujin ferme les yeux, compte jusqu'à trois. Elle calme son coeur. Qu'elle se sent impuissante, ici ! Loin du Reflet et de ses pouvoirs. Elle rouvre ses paupières. Aucun regard jeté à Elmeraud. Il ne faut pas qu'elle voit ses yeux, sinon elle flanchera.
Vite, qu'on en finisse. Elle sourit orgueilleusement, nargue la foule. Étouffe un petit rire narquois. Garde sa dignité, même au sol. Attarde son regard sur les victimes qu'elle reconnaît.

Mais au fond, elle est morte de trouille.
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Dim 4 Nov - 21:05

    Tout a commencé le soir. Surprenant n'est-il pas ? Le soir a toujours été la scène de toutes les horreurs mais de toutes les révélations. Au crépuscule on ressent déjà l'odeur de la chambre se teinter de vérité et d'angoisse. D'impatience et de mystères. C'est aussi le moment de toutes les farces les plus stupides.

    C'était donc le soir. Sous le coup de minuit, je descendis de mon lit, encore habillé. Dans le noir le plus complet alors que mes autres camarades dormaient, je pris un gros feutre noir dans mon sac qui jonchait sur le sol. Et c'est à pas de loups que je marchai, en chaussette, les chaussures dans une mains. Une fois arrivé dans la salle commune, je me chaussai doucement et fourrai le feutre dans ma poche arrière. Après quoi je déverrouillai la porte avec précaution et la refermai avec tout autant de soin.
    Dehors. Je respirai l'air frais qui n'avait que l'odeur...du neutre. On était alors dans l'attente, il y avait ceux qui rêvaient, et ceux qui rêvaient. C'était pas pareil, et même la nuit le sentait alors elle restait comme en suspens, le vent était le seul être mouvant, faisant valser les feuilles à son gré. Il ressemblait un peu à Miséricorde. Trop libre pour l'attraper, trop inconnu pour le connaître parfaitement, trop fougueux et orgueilleux pour le diriger. Et nous pauvres petites feuilles, dansons comme il le souhaite.
    Je secouai la tête et inspirai profondément avec un petit sourire en coin des lèvres. Je voulais la faire ma petite connerie. Alors je m'avançai toujours doucement jusqu'à l'internat. J'entrai sans bruits et me faufilai jusqu'à la chambre d'Elmeraud. Je lançai un coup d'oeil à droite puis à gauche pour vérifier que personne ne bougeai, et une langue entre mes lèvres, parce que j'étais concentré, je m'accroupis devant le lit du blond bipolaire à tendance schizophrénique et commençai à lui dessiner un bout de moustache.
    C'est là que tout commença.

    Il marmonnait quelques trucs pour lesquels je ne fis pas attention, mais c'est quand il fronça les sourcils que je finis ce que je faisais pour attendre qu'il se calme, parce que sinon j'allais tout foirer. Il parlait encore et s'agitait un peu plus. Alors je m'assis sur le sol et écoutait, en me disant qu'il devait rêver de certaines choses dites « dossiers ». Mais il parla surtout de Miséricorde et... je n'avais pas très bien comprit mais en tout cas j'arrêtai tout et partis me mettre dans mon lit, regardant le miroir couvert. Pourtant aucune de mes questions concernant Miséricorde ne me laissèrent tranquilles. Alors les jours suivants je commençai une pseudo enquête, revenant écouter le blond quand dans son malheur il laissait échapper des mots, des bruits, des indices. Je m'interrogeais sur son entourage, je regardais les autres avec attention, je scrutais les gens. Je me prenais un peu pour le Sherlock Holmes des temps Espérants. J'en apprenais pas mal du trouble d'Elmeraud si bien qu'un soir, je me risquai dans le Rêve pour y trouver un peu plus de réponses. Au final, je me fis marionnetter par Elle et ne put rien en tirer. Et puis un jour, à force de patience et de curiosité, je finis par apprendre par mégarde, la nuit, au chevet du blond, la lourde vérité.

    Sujin est Miséricorde. Miséricorde est Sujin. Ça collait. Tout collait. Le trouble d'Elmeraud, et ce qui s'était passé au complexe sportif. Durant des jours, je ne savais que faire et je finis par parler à Bird. Parce que c'était un poids trop lourd et que j'étais trop faible, surtout avec l'affaire Cocotte sur le feu. Alors j'ai tout avoué comme un lâche.

    Telle était l'histoire d'un lâche.


    Le jour de la condamnation, je me sentais mal. Le pire c'est qu'on m'avait placé sur l'estrade, aux côtés de Miséricorde, Bird. Je gardai la tête basse et finit par descendre de l'estrade une fois les pierres lancées. Je ne voulais pas être vu dans cet état. Moi j'avais eu le temps de me faire à l'idée que Sujin était la traîtresse. Même si j'avais eu un peu de mal à y croire. Découvrir Miséricorde n'était pas chose facile, surtout qu'on la côtoyait. Miséricorde...était à mes yeux une entité, une forme abstraite loin de toute humanité. Elle restait un montre, une horreur de ce monde et pourtant, quand on apprend qu'elle est bel et bien humaine, toute une idée s'effondre. On se dit : « mais pourquoi je me suis comporté comme ça avec elle et pas ainsi »...On regrette, on se dit des choses stupides et encore plus quand on est à l'origine d'une lapidation.
    Pourquoi avais-je avoué ?

    Les pierres lancées, bizarrement, me faisaient aussi mal que si je les avais reçues. Je me sentais coupable de la future mort de Miséricorde. Je compatissais. Alors lorsqu'Elmeraud monta sur l'estrade et la découvrit, je me suis dit que peut-être...PEUT-ÊTRE, je ne serais pas coupable. J'étais égoïste...mais j'avais déjà un lourd pêché sur les épaules, doublé de Taima. Alors je les regardai, en attendant la suite avec espoir.

Bird
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Lun 5 Nov - 16:41

Pour les innocents qui ont été opprimés,
La souffrance, du monde, doit disparaître.
« Ne blesse pas mon frère,
car je comprends sa peine,
Et revit la mienne. »
Mais l'homme rend toujours son du .
Quand le temps est venu au bourreau de tomber,
ceci ci doit être châtié.
«  Souffre, goûte à ton tour mes blessures,
et que ma vengeance soit souveraine. »

Comme chacun ici, son âme était partagée entre dégout et fascination.

    Le dégout quand il voyait au loin les pierres heurter la chair en des coups sanglants, violents, légitimes et détestables. Insupportables à sa mémoire.
    Chaque marque rouge le renvoyait à ses craintes et à ses angoisses, à ses souvenirs qu'il n'avait jamais eu mais qu'on avait endossé à sa place. Le sens du sacrifice, qu'on appelait cela... Une belle notion aussi noble qu’égoïste et cruelle. Du même acabit, le « Ne rien dire, pour ne pas blesser ». Lâchement, on ne lui avait jamais rien dit clairement, laissant son imagination faire le travail de reconstitution... En pire. Depuis la maltraitance étant devenue supplice à ses yeux.
    Il détestait Miséricorde car elle faisait souffrir sa communauté. Certes. Mais ce n'était pas une raison. Car même elle était l'une de « ses enfants ». Encore. Malgré tout.
    On ne tue pas une fillette car elle fait ce qu'il ne faut pas. On essaye de la sauver, on promet sur son cœur que la corde ne passera pas au cou de la condamné.

    Puis l'horreur passée, venait la fascination devant le spectacle des mentalités.
    Faire ou ne pas faire...
    Certains, sûrs d'eux et répugnants, frappaient. D'autres pleuraient. Le bien et le mal, comme dans les contes, s'exprimaient, avec au milieu les esprits balançant entre les deux pôles.
    Il y avait une hésitation dans la foule, une prise de conscience mêlée à l'effet de la pensée de groupe ; comme un mouton qui se mettrait à réfléchir par lui même.
    Faire ou ne pas faire ? Telle est la question.
    Les enfants réfléchissaient. Était ce éthique ? Surement pas. Mais cela assouvissait leur désir.
    Pour purger la haine macérant en leurs cœurs, les gosses avaient besoin d'un bouc émissaire, d'une personne à sacrifier à leur colère. Ils avaient que Sujin soit châtiée..
    Alors les pierres fusaient, blessantes sans être meurtrières...
    Qui serait la main qui arrêterait ce spectacle ? Qui sauverait la bonté et l'humanité ?
    Elmeraud.
    Ce même enfant qui était passé à travers ses filets et qui traversant le mur, avait appris la vérité, et s'était tu pour protéger son amie.
    Ce même enfant qui à l'instant, avait bondi sur la scène, criant les bons mots, ceux qui ramèneraient la raison et mettraient fin à ce spectacle de l'horreur...
    Mais pour tout ses enfants, ce maudit Jiminy Criquet n'était il pas qu'un parasite ? Un insecte qu'il fallait écraser ? Ne risquait il pas de tout faire échouer ?

    Bird se rapprocha de l'estrade, attrapa le garçon par l'épaule, lui murmura quelques mots à l'oreille et tout deux disparurent dans la foule.

    Suis moi Elmeraud.... je vais avoir besoin de toi.




_________________
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Lun 5 Nov - 21:53




    « Venez, Miséricorde a été attrapée, elle va être jugée sur la place ! »

    L'Horreur allait être jugée. Elle allait être jugée. Cette sale gamine qui la faisait ressembler un peu plus chaque jour à un monstre vidé de toute énergie vitale, de toute chaleur, et de tous plaisirs. Elle allait enfin finir ses ignominies emplies de vengeance envers ce Bird. C'était de sa faute à lui si Elle était là. En créant l'Espoir, il avait crée le Malheur. Sa faute à lui. SA faute. Il était porteur du pêché le plus lourd d'Espérance et ce n'était pas Blanche qui allait le plaindre bien au contraire. Il avait fait tant de mal qu'il était l'heure aussi de le juger. Une pierre, deux coups. Elle lancerait la pierre sur les deux. Tous deux heurtés, tous deux blessés, comme ils avaient blessé l'Espoir. Qu'ils paient leurs fautes.

    La Belle avait tout préparé. Tout organisé pour les faire plonger, tous les deux, dans leur propre cauchemar. Ce matin là, elle prit un plaisir délectable devant son miroir, à brosser ses cheveux aussi noirs que le charbon. Doucement, elle glissa quelques pinces pour les faire tenir. Lentement, elle forma de jolies boucles pour qu'elles retombent comme un ressort sur ses épaules dénudées. Soigneusement, elle se fit des yeux de chat, des lèvres de poupées. Elle prit tout autant de temps à choisir ses vêtements, demandant l'avis d'Acedia et d'Invidia. Il fallait se faire belle, belle pour leur dernier jour, sans doute...Sans doute. Elle avait aussi tenu à ce que ces deux amies soient belles. Pas aussi belle qu'elle, non, mais jolies. Ce jour allait peut-être être le jour de leur consécration, peut-être....

    Coiffée, habillée, parfumée, elle entendait au loin le tumulte de la foule qui haranguait déjà la traîtresse. « Ne perdons plus de temps » dit-elle en regardant à travers la fenêtre un oiseau s'envoler. Elle eut même un sourire au coin des lèvres. « Vole petit oiseau....tant qu'il te reste des plumes...tant qu'il te reste ce sordide espoir »

    Elle donna ses derniers ordres à ses deux compagnes de chambre, puis s'en alla chercher Midas qui devait l'attendre un peu plus loin. Autour d'eux, la foule se pressait, courant, ramassant des pierres. Eux marchaient, elle la tête haute, et ses pas lents mais assurés. Elle avançait royalement vers la scène prête pour l'heure de l'ouverture du rideau. Au bras de Midas, elle fit un signe de tête pour qu'ils se dispersent, à chacun son rôle. Et c'est dans une confiance arrogante qu'elle se plaça au centre de la foule.

    « Miséricorde, vous êtes accusée de nombreux torts dont celui d'avoir porté préjudice au bon déroulement du Reflet, et d'avoir harcelé ses rêveurs, des nuits durant. Pour ces crimes, un jugement impartial vous condamne à la peine capitale par torture par lapidation publique puis à la mort par pendaison. Nous écoutons vos dernières volontés. »

    Quelles volontés ? Comme si Miséricorde avait des dernières volontés, comme si on pouvait encore les lui accorder alors qu'elle n'avait cessée de faire régner ses volontés au détriment de tous. Et lui, Bird, sur son estrade aux yeux de tous, jouant le rôle du père protecteur de la patrie, lui si ridicule dans son allure de chef. Qui veut vraiment d'un tel chef ? Incapable de trouver lui-même cette traîtresse ! Qu'il est beau le meneur de l'Espoir. Qu'il est laid. Elle lança un dernier coup d’œil à Midas, à Acedia, à Taima puis inspirait avant de se déplacer dans la foule. Une première pierre de lancée, une autre, encore une autre. Une pluie de gravier s'abattit sur la déshumanisée. Qu'elle périsse.

    Elmeraud monta sur la scène, première entrave, pas la plus grave. Pas grave. Ou si. Une humaine. C'en est que plus révoltant.

    Elle se plaça à côté de quelques gens. « Quels monstres. Elle par ses crimes , lui pour sa création. C'est vrai ! Bird n'a fait que créer ce monstre. De qui est-elle réellement l'ennemie ? De nous, ou de Bird ? De qui se venge-t-elle ? De nous ou de Bird ? De qui ses crimes sont-ils la fautes ? De nous ou de Bird ? Qui est le chef qui ne nous a pas protégé des années durant ? Nous ou Bird ?! » sa voix s'élevait au fur et à mesure, pour se faire entendre un peu de tous. « Bird est le créateur de cette utopie ! Il n'a fait que nous donner l'espoir, l'espoir d'un monde meilleur pour mieux nous manipuler et nous faire croire que tout irait mieux ! Mais tout est pire ! À qui la faute ? À lui ! Ce monstre est la seule chose concrète qu'il n'ait fait ! »

    Elle s'avança parmi la foule, non loin de l'estrade quand Bird s'en alla avec le blond. « Il s'en va, fuyant ses responsabilités ! Est-il fiable ? Est-il lui aussi humain, à faire une telle condamnation à une petite ? Certes, il faut la faire périr, mais est-ce humain de le faire ainsi ! Notre colère, déversons la non seulement sur ce monstre, mais aussi sur lui. Que le jugement soit équitable ! »

    Elle regarda Acedia, le petit, Midas et Taima, leur faisant à chacun un signe de tête, pour que tout commence. Le jour se levait réellement sur les espoirs de Blanche. « Créons ce monde dont nous avons besoin, sans les mensonges de l'Oiseau qui s'envole pour sauver ses plumes, laissant derrière lui la plus noire d'entre elle »
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mar 6 Nov - 13:37

Ce fut la première fois de sa vie que l’on réveilla la jeune fille à l’aube. Mais pour une fois, se lever tôt ne la dérangea pas le moins du monde, le soleil illuminant la peau de délicate de Blanche et ses formes fantastiquement dessinées, essayant de nombreuses tenues. C’était le grand jour, et sur son délicieux visage, on pouvait lire la joie et l’impatience d’une enfant dans une boutique emplis de sucreries et de jouets… La flamme qui illuminait ces yeux était des plus splendides, faisant rayonner l’éclat de son teint, sublimer le rose de ses joues, caresser le délicat rouge de ses lèvres si douces… La jeune fille se mettait même à envier le rouge à lèvres qui venait parcourir délicatement les pétales de la jeune femme pour les couvrir de rouge, les transformant en jolies lèvres délicates de poupées de porcelaine. Du mascara venant dessiner délicatement les contours de ses yeux de jais, déposant délicatement sur le bout de ses cils, ce charbon qui venait magnifier cette vision enchanteresse… Ce rêve qui s’adressait à elle, et qui la berçait dans son sommeil, le plus beaux des rêves qu’elle ne pouvais faire qu’en restant éveillée, admirant la beauté de cette danse enchanteresse et sensuelle qui se dévoilait sous ses yeux charmés et ravis… La princesse se leva, les boucles de ses cheveux dégoulinant doucement au creux de son cou, caressant de leurs pointes, l’ébène de sa peau, de ses épaules, que la jeune fille rêvait de frôler au moins une fois dans sa vie, mais que jamais, elle n’aurait assez d’audace pour accomplir ce désir.

Pour sa part, Acedia avait laissé la princesse lui ordonner ses habits, les ordonnant au mieux, comme elle pouvait le faire d’habitude, laissant paraitre sa peau d’opaline de par un haut léger aux couleurs de corail, laissant sur ses lèvres des couleurs rosées, laissant à ses mains si délicates, le soin de venir souligner l’éclat de ses yeux d’azurs par quelques traits de charbon et d’argent, son regard se faisant plus perçant encore. Ses longues jambes dévoilées de par un short un peu trop large pour elle, décoré d’une ceinture formant un joli nœud sur ses hanches, un collant plus blanc encore que sa peau venant les couvrir, le froid n’ayant aucunes chances d’agresser l’éclat de sa porcelaine.

Mais ce fut le cœur lourd de voir sa princesse au bras de son prince que la jeune russe suivant en silence ce trésor de beauté inestimable, cet éclat de féminité et d’exotisme qu’offrait cette douce enfant au monde… Comme un cortège, la protégeant de tous dangers, ces serviteurs l’encerclaient, la foule accompagnant leurs course, ne l’approchant jamais de trop près. Nul n’aurait le droit de frôler cette peau qui, par chaque pore, laissé s’échapper un éclat de soleil qui éblouirait le Seigneur lui-même, avant la jeune russe. Jamais. Jamais elle ne la quittait des yeux, cette peur au ventre, cette petite douleurs au cœur alors que son bras venait rejoindre celui de cet homme, ce Midas. Au fond de son cœur, une tristesse qui l’habitait, mais aussi la joie de pouvoir, en secret, admirer cette beauté qui jamais ne lui appartiendrait. Cette joie aussi de pouvoir admirer l’éclat de fierté princière dans ces yeux de charbons illuminés par le bonheur lorsqu’elle découvrira que son idée marche à la perfection, et que ses fidèles sujets auront parfaitement réussis leurs missions… Peut être alors, peut être, aurait-elle droit à une faveur de la part de cette parfaite princesse ? C’est l’espoir, qui maintenant habitait le cœur d’Acedia.

Un signe de tête, les membres se dispersent dans toutes les directions alors que leurs reine viens siéger au milieu de la foule, admirant la scène. La voix du dictateur s’envola, celui qui croyait prendre la place de Dieu en créant ici, un Eden provisoire… Quelle déception. « Miséricorde, vous êtes accusée de nombreux torts dont celui d'avoir porté préjudice au bon déroulement du Reflet, et d'avoir harcelé ses rêveurs, des nuits durant. Pour ces crimes, un jugement impartial vous condamne à la peine capitale par torture par lapidation publique puis à la mort par pendaison. Nous écoutons vos dernières volontés. »

Et la jeune fille reste à l’écart, guettant sa proie. Sa mission à elle. Qui ne tarda pas à montrer le bout de son petit nez. C’est près de la place, près à plonger dans la foule, que la jeune femme remarqua une chevelure admirablement blonde, un petit minois rechercher au travers de la foule, un endroit d’où il pourrait admirer le spectacle… Lentement, silencieusement, doucement, puisque c’est là le seul « don » qu’elle avait aux yeux de sa princesse, Acedia pris place derrière l’enfant, déposant délicatement sa main sur le sommet de sa tête, ce qui ne manqua pas : Le petit se retourna, plongeant ses yeux vairons dans les azurs de la jeune femme qui l’admira un instant. C’était bien là le garçonnet qu’on lui avait décrit. Etant bien plus grande que le garçon, la jeune russe s’agenouilla, commençant alors sa mission, glissant doucement quelques mots à cet enfant qui l’observait, surpris : « Je te reconnais là, tout comme on avait pu te décrire. Tu es tout comme j’avais pu t’imaginer, tu dois donc te prénommer Arthur… » Silence. L’enfant semblât surpris. On l’avait mise en garde, cet enfant n’était pas comme les autres, mais seule sa douceur naturelle pouvait mettre cet enfant dans les rangs des Nahash, lui faisant miroiter un instant la vérité.

La voix de Blanche commença à s’élever dans les airs, comme la plus douce des mélodies aux oreilles de la jeune femme qui se délectait de chaque variation de sa voix. C’était le signe qu’elle devait se hâter dans sa lenteur. « Quels monstres. Elle par ses crimes , lui pour sa création. C'est vrai ! Bird n'a fait que créer ce monstre. De qui est-elle réellement l'ennemie ? De nous, ou de Bird ? De qui se venge-t-elle ? De nous ou de Bird ? De qui ses crimes sont-ils la faute ? De nous ou de Bird ? Qui est le chef qui ne nous a pas protégé des années durant ? Nous ou Bird ?! » Acedia ferma les yeux. C’était là la cause que sa princesse défendait. Et elle la défendrait coute que coute. Elle rouvrit les yeux, souriant à ce garçonnet qui semblait perdu : Qu’attendait-elle d’un petit garçon de douze ans ? Sa douce voix aux accents russes se remit à voleter dans les airs, se mêlant aux accents de colère de Blanche. « Tu me semble emplis de questions. Et moi, je suis pleine de réponses. Si l’on m’a demandé de venir te trouver, c’est pour te confier quelque chose d’important, Arthur… A ces mots, elle sortit de sa poche, un énorme paquet d’allumettes, le présentant à l’enfant dont les yeux s’illuminaient, mais le cacha rapidement, levant le doigt comme pour stopper le geste de l’enfant qui allait attraper son cadeau. Ceci est une surprise. Pour toi. Si tu m’écoutes, je t’offrirais cette surprise, qu’à une seule et unique condition. Le souhaites-tu ? » Mais la jeune femme n’attendit pas de réponses. Il ne fallait pas là marchander, mais accomplir. Elle reprit : « Trouves toi une cachette non loin de cette place, une cache que toi seul pourrait connaitre et d’où tu pourras tout voir. Une cachette d’où l’on ne pourra jamais voir ta personne, mais d’où tu pourras voir l’estrade. Ne va pas trop loin. Je te laisserais une chance de me rejoindre, il faudra bien écouter. Ceci est ton unique opportunité d’avoir ce que tu désires. Si tu te fais attraper, plus jamais tu ne reverras ce que je t’ai promis… Allez, vite ! Sauves-toi ! » Et la voix de Blanche reprit dans de forts cris, alors qu’elle adressait des regards à ses amis, leurs confiant leurs ultimes taches alors que l’enfant partait se cacher, laissant l’ombre dissimuler sa personne non loin de là, alors que les plus jeunes quittaient la place. Et Acedia se mit à marcher vers l’estrade, attrapant un bidon d’huile dissimulé non loin de là, soigneusement apporté par Taima. Accompagné des gestes de ses acolytes, la jeune femme inonda cette scène d’atrocités de ce liquide dont l’odeur signait la mort… L’huile giclant de toutes parts, Acedia lança son bidon sur scène, d’un geste rapide, mais si petit qu’il lui épargnait trop d’efforts, pour ne rien changer à ses habitudes.

Et la jeune femme sifflât un grand coup, laissant paraître au grand jour le petit garçon blond dont les yeux brillaient de milliers d’étoiles alors qu’il savait que sa surprise bien mérité était proche. Acedia s’agenouilla devant l’enfant, lui caressant la joue, sortant alors la boite qu’elle lui avait promis, en arrachant une unique allumette, l’allumant devant les yeux de l’enfant lui confiant avec la plus grande des douceurs… Les petites mains de l’enfant accueillant la petite brindille enflammée, Acedia lui déclara : « J’ai une nouvelle requête pour toi… Fais preuve de la plus grande des prudences, ne laisse pas la flamme dévorer ta passion. Toi seul sais dominer les folies des flammes, nous sommes sous ta direction. » Un regard glissa alors sur elle, attirant son attention. Qui la fixait de la sorte ? On l’avait trop remarqué ? La jeune russe se retourna un instant pour découvrir un jeune homme, grand, qui la regardait. Troublée, la jeune fille détourna le regard, essayant de ne pas y prêter attention. Sur ce, après avoir pioché quelques allumettes, elle lui confia la boite, lui laissant sa surprise pour lui seule. Elle offrit une brindille à ce loup fougueux de Taima, Midas, en gardant un peu pour elle. Elle se retourna vers l’enfant : « Tes instructions ? »

Et le travaille continua, sous les ordres de l’enfant, chef d’orchestre des flammes, gérant l’harmonie de ses musiciens qui l’écoutaient sans broncher. Les flammes venant dévorer en un crépitement terrible le bois, les flammes dansant telles des enchanteresses sur la scène qui leurs étaient offerte. Et l’enfant contrôlait tout cela avec une sorte de magie incroyable, sachant parler aux flammes comme un chuchoteur aux chevaux, dansant avec elles, chantant avec elles… On aurait pu lire dans ses yeux un amour infini pour elles… Comme l’amour d’Acedia pour Blanche… Cris de panique. Course folle. La jeune fille attrapa le bras du petit, l’entrainant loin des mains qui auraient pu l’attraper, et malheureusement, loin de son amour à lui, ce qui lui déchira doucement le cœur… La meute des Nahash se dispersa pour mieux se retrouver plus tard, leur mission accomplie, les flammes brûlant dans le regard de Blanche, heureuse…

Le plan s’était déroulé comme prévu. Cacher l’enfant à présent. « Pardonne-moi, Arthur. Je ne pouvais te laisser entre les mains de ces personnes. Tu peux garder les allumettes, ceci était mon offrande. Nous allons rester quelques minutes ici, si nous étions découverts, nous risquerions de grosses contrariétés… Faisons attention à nous. Veux-tu rester avec moi ? » Elle s’était engouffré avec l’enfant dans une ruelle, loin dans Espérance, courant tout de même bien plus lentement que ses confrères qui étaient déjà partis bien loin…

Elle serait la dernière à rentrer à la maison, c’était évident.
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mar 6 Nov - 20:19

Midas tira une dernière bouffée de sa cigarette et laissa la volute de fumée s’échapper de ses lèvres entrouvertes.

Trop tôt.

Probablement une manœuvre de Bird pour éloigner promptement un certain nombre d'enfants. Les plus jeunes déjà qui n'avait pas été autorisé à venir assister à l'exécution, puis d'autres, moins enclin à l’effort que nécessitait la vision du spectacle d'une mise à mort sommaire. Quand à lui, il ne s'était extirpé de son lit que pour une seule et unique raison: l'attrait du chaos.
C'était là l'état normal du monde et Espérance n'avait pas à échapper à la règle. Il l'avait pensé - non il l'avait sentit, dans la moelle de ses os. Il avait purement, infailliblement raison sur ce point: le chaos ce ne serait pas forcément les Nahash qui l'apporteraient. Eux se contenteraient de souffler adroitement sur les braises ou de faire en sorte de savoir profiter des erreurs de l'adversaire, comme ils allaient le faire ce matin.

Non, le chaos, le vrai, serait livré par des ados qui pousseraient des ballons de foot pétris de rancœur et des écolières qui déambuleraient avec des espoirs perdus dans leur sac à dos Hello Kitty. La guerre, on en profitait au milieu de la peur et d'un sentiment confus d'injustice.

L'étasunien écrasa son mégot sur le rebord de la fenêtre d'un geste empestant l’élégance de ceux qui ont l'habitude de ce rituel et regarda l'horizon. Le ciel se présentait sous sa robe crépusculaire et un sourire glissa sur le visage de Midas tandis que les pas léger de Blanche résonnèrent non loin de là.

Blanche. C'était elle qui avait la première parlé de ce sabotage en bonne et dû forme. Les raisons qui la poussaient au final à agir ainsi lui importaient peu, ce qui comptait c'était le fait que la jeune femme et lui regardaient toujours dans la même direction. A son entrée et sans la quitter du regard comme si une horloge hypnotique tournait secrètement autour d'eux, Midas retira ses mains de ses poches et les tendit vers elle en un appel d'union muette. Une promesse silencieuse qu’aujourd’hui serait parfait et que ce qu'elle voulait, elle l'obtiendrait vu qu'il le voulait aussi.

Il eut un sourire pour Acedia, pâle ombre trainant sa blancheur moite derrière le parfum sulfureux de sa reine. Voilà qui était inattendu. La russe était en général d'une torpeur tel qu'il se demandait parfois si elle n'oubliait pas de respirer mais la présence de Blanche semblait toujours palier à ceci. Avec une morgue et un regard cruel, il laissa Blanche glisser son bras serpentin autour du sien en fixant la jeune femme. Si avoir été déjà un accomplissement en soi, avoir ce que d'autres convoitaient avec autant de force et de passion était un régal dont il ne se passerait sans doute jamais.
Si Blanche voyait leur manège, elle n'en parlait pas, distribuant ses sourires et ses caresses avec une habileté que ne cessait d'admirer Midas.

Quand ils arrivèrent, la foule était déjà compacte. Un simple signe de tête et chacun partit remplir sa mission. Midas embrassa l'estrade d'un regard impassible: Bird, raide et droit comme un piquet et Miséricorde...

Il n'avait jamais eu à la rencontrer mais il était moins enclin à en être une victime. A vrai dire, il s'en foutait éperdument de cette histoire avec Miséricorde. Elle n'avait fait que semer la zizanie chez les autres, ce qui l'exemptait ipso facto de toute rancune personnelle de sa part à lui.
Toute frêle, seule et horriblement silencieuse, elle aurait pu lui faire pitié si ce mot avait été dans son vocabulaire. Joli jour pour mourir.

Midas déambula parmi les spectateurs, se contentant de toucher quelques épaules dans un mouvement si discret qu'il passa inaperçu au possible. Sauf pour les épaules touchés. A chaque épaule bénéficiant de son toucher précieux (si seulement ils savaient qu'ils seraient d'or à présent dans cet autre monde), le blond lâchait dans un murmure pressé: « Blanche va parler. Tu acquiesces. Tu approuves. Je veux entendre ta voix. »

L'un des plus jeunes tenta de se retourner, et de l'interrompre, probablement pour lui demander ce que Blanche allait dire mais Midas le coupa d'un regard assassin. Ce qui comptait, c'était qu'il y ait des murmures d'approbation dans la foule quand sa belle mettrait le pied à l'étrier. Le reste viendrait tout seul. Les foules n'étaient pas si compliqué à maitriser pour peu qu'on trouve le bon levier. Chacun des gamins lui devait quelque chose ou tout du moins espérait quelque chose de lui. Un bien pour un plus grand bien. Midas se cala en arrière et écouta distraitement les paroles de Bird. La machine était lancé. Il n'avait plus qu'à attendre et voir ce qui allait se passer.

« Il s'en va, fuyant ses responsabilités ! Est-il fiable ? Est-il lui aussi humain, à faire une telle condamnation à une petite ? Certes, il faut la faire périr, mais est-ce humain de le faire ainsi ! Notre colère, déversons la non seulement sur ce monstre, mais aussi sur lui. Que le jugement soit équitable ! »

La voix de Blanche avait des accents captivants qui résonnait sempiternellement chez lui. Un échange de regard qu'il transposa sur les autres jeunes, dont Kaleoï et Litanie à qui il avait parlé quelques secondes avant, et la foule sembla grogner son accord. Des voix de ci de là qui donnaient raison à la jeune femme. Des demandes de nouveau jugement, des appels à la clémence, des injonctions diverses qui promettaient d'amplifier pour peu que le reste suive.

Et le reste suivit, dans les flammes.
Arthur
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mar 6 Nov - 22:30

    « Ça y est ! On l'a attrapée ! On l'a eu ! »

    Tel était le bruit qui courait dans tout Espérance depuis ce matin. Miséricorde, celle qui effrayait tous les rêveurs depuis si longtemps, celle qui avait semé la panique au sein de la fête de l'Oiseau, celle qui avait été tant redoutée était à présent captive. La première réaction d'Arthur avait été de demander qui avait eu assez de courage pour affronter ce cauchemar mais personne n'avait su lui répondre : la seule chose qui comptait pour la communauté d'enfants était de la savoir hors d'état de nuire. Le petit blond était néanmoins parvenu à apprendre que Miséricorde serait jugée publiquement sur la place centrale du bourg et s'était dès lors hâté de s'y rendre. L'âne à qui il avait promis un bouquet de carottes attendrait, assister au procès de la criminelle constituait une priorité beaucoup plus importante aux yeux du garçonnet.

    Lorsqu'il arriva en ville, il découvrit une agitation bien plus grande que celle qui animait la ferme. Pour une fois, il n'eut même pas besoin de demander son chemin : il suffisait de suivre le flux de population qui se rendait immanquablement au centre de la ville.
    Là, une foule considérable – surtout pour un petit garçon n'ayant pas pour habitude de s'éloigner du Foyer – d'enfants et d'adolescents attendait plus ou moins patiemment. Certains commençaient néanmoins à sérieusement s'agiter : qu'attendait-on pour nous la montrer cette traitresse ?
    La rumeur sourde qui enflait peu à peu, en même temps que l'exaspération de l'attente, se tut soudainement. Quelques secondes s'écoulèrent puis, la voix du directeur s'éleva, elle semblait tout aussi posée que d'habitude, comme si les minutes qui allaient suivre s'annonçaient banales, pourtant il en serrait certainement tout autre chose.

    « Miséricorde, vous êtes accusée de nombreux tords dont celui d'avoir porté préjudices au bon déroulement du Reflet, et d'avoir harcelé ses rêveur, des nuits durant. Pour ces crimes, un jugement impartial vous condamne à la peine capitale par torture par lapidation publique puis à la mort par pendaison. Nous écoutons vos dernières volontés. »

    De nouveau le silence. Tous se tenaient immobiles. Le regard braqué en un même point. Mais du haut de son petit corps, et même perché sur la pointe des pieds, Arthur n'entrevoyait absolument rien de la scène. Malgré plusieurs tentatives, la foule, compacte, lui était infranchissable. C'est alors que, se préparant à un nouvel assaut de la muraille humaine, une main le retient par le sommet du crâne. Se retournant, il découvrit une fille aux cheveux clairs. Elle était grande, trop grande, tout le monde est plus grand que lui de toute manière. Elle s'accroupi. « Je te reconnais là, tout comme on avait pu te décrire. Tu es tout comme j’avais pu t’imaginer, tu dois donc te prénommer Arthur… » Là, par contre, ça devenait bizarre ... Il était connu maintenant ? Et d'abord, qu'est-ce qu'elle lui voulait cette fille ? Pourquoi s'intéressait-elle à lui et pas plutôt à Miséricorde comme tous les autres ?

    « Tu me semble emplis de questions. Et moi, je suis pleine de réponses. Si l’on m’a demandé de venir te trouver, c’est pour te confier quelque chose d’important, Arthur… » Dubitatif, Arthur était sur le point de lui demander ce qu'elle avait derrière la tête. Pourquoi elle s'adressait ainsi à lui, se prenant pour le Messie venu charger son petit Elu d'une mission périlleuse. Mais sa bouche resta ouverte sur un petit cri de surprise lorsque la fille sorti de sa poche cette magnifique boîte d'allumettes. Les yeux écarquillés, ses doigts s'approchèrent du trésor. Depuis combien de temps n'avait-il pas pu jouer avec le feu ?

    « Ceci est une surprise. Pour toi. Si tu m’écoutes, je t’offrirais cette surprise, qu’à une seule et unique condition. Le souhaites-tu ? » Arthur n'eut pas le temps de hurler à quel point il était prêt à tout pour ces allumettes qu'elle reprenait déjà : « Trouves toi une cachette non loin de cette place, une cache que toi seul pourrait connaitre et d’où tu pourras tout voir. Une cachette d’où l’on ne pourra jamais voir ta personne, mais d’où tu pourras voir l’estrade. Ne va pas trop loin. Je te laisserais une chance de me rejoindre, il faudra bien écouter. Ceci est ton unique opportunité d’avoir ce que tu désires. Si tu te fais attraper, plus jamais tu ne reverras ce que je t’ai promis… Allez, vite ! Sauves-toi ! »
    Trop heureux pour réfléchir, Arthur opina avant d'embrasser du regard l'ensemble de la place à la recherche de sa cachette. Il ne tarda pas à l'apercevoir du coin de l'œil : délimitant fièrement l'extrême gauche de l'assemblée, un bel arbre lui tendait ses larges branches, l'incitant à venir profiter du point de vu privilégié qu'il lui offrait.
    Le petit blond ne se fit pas prier plus longtemps et entreprit de contourner la foule qui s'agitait et envoyait des pierres sur la criminelle.

    Arrivé au pied de l'arbre, il y grimpa avec toute l'habileté dont pouvait faire preuve un petit garçon et y resta tapi, observant la scène en hauteur. La première chose qu'il remarqua fut ce mouvement contraire à la foule qui la fendait en direction opposée à l'estrade, le blondinet compris alors pourquoi la fille aux yeux bleus lui avait demandé de se cacher. Les jeunes enfants étaient entraînés loin de la macabre réalité. Mais pourquoi fallait-il constamment que les grands interdisent tout aux petits sous prétexte de les préserver ? Les enfants, aussi petits soient-ils, devraient pouvoir prendre conscience de la cruauté de la vie le plus tôt possible, cela leur épargnerait de grandes désillusions !
    Arthur se fit encore plus petit sur sa branche pour ne pas se faire repérer et chercha la fille du regard. Il ne comprenait pas encore tout à fait ce qui se passait, ni dans quel but elle l'avait ainsi abordé et lui avait promis ces allumettes mais après tout, il n'avait pas de véritable raison de se méfier d'elle ... Il ne lui restait plus qu'à attendre. Attendre qu'elle l'appelle.
    Il finit par repérer sa courte tignasse et son allure fatiguée. Elle s'approchait de l'estrade. Quelque chose à la main. Un bidon.

    Arthur comprit alors.

    Ce qui se préparait dépassait toutes ses espérances les plus folles ! Il les regarda, elle et ses complices, arroser l'estrade où se tenait agenouillée la pauvre Miséricorde. Un large sourire barrait son visage tandis qu'il imaginait la suite des événements.
    Un long sifflement se fit entendre, surmontant le bruit de la foule. La fille. Arthur sauta de son arbre et courut jusqu'à elle, bousculant ceux qui se trouvaient entre lui et elles. Entre lui et son entrave.
    Elle lui offrit une allumette enflammée qu'il serra fébrilement entre ses petites mains.
    « J’ai une nouvelle requête pour toi… Fais preuve de la plus grande des prudences, ne laisse pas la flamme dévorer ta passion. Toi seul sais dominer les folies des flammes, nous sommes sous ta direction. » Elle prit d'autres allumettes qu'elle partagea avec deux autres grands, ceux qui l'avaient aidée à verser de l'essence sur la scène et confia le reste à Arthur. « Tes instructions ? »
    Impatient de voir leur chef d'œuvre se dresser devant la foule, le petit blond leur ordonna : « Prenez chacun un côté de l'estrade, il faut que les flammes l'entourent complètement, que Miséricorde ne puisse pas s'enfuir. Le vent est parfait, le feu sera vite attisé. Ce sera magnifique ! »
    Chacun se plaça à son poste. Les quatre coins de la scène s'enflammèrent au même moment. Comme Arthur l'avait prédit, les flammes ne tardèrent pas à s'élever en véritable mur, retenant la condamnée prisonnière.

    Alors que les enfants d'Espérance reculaient face au bûcher, Arthur ne contenait plus sa joie. Les planches de l'estrade craquaient sous la voracité du feu. Les flammes ronronnaient et grandissaient comme des êtres pourvus de vie. Elles dansaient amoureusement dans les yeux du pyromane, l'incitant à les rejoindre. C'était beau. Tellement beau ! Des larmes mouillaient le bord des yeux vairons de l'enfant. La chaleur était suffocante si près du brasier.
    Il était si bien. Il tendit la main pour caresser une flamme. Mais à peine la morsure du feu se fit-elle ressentir qu'il se retrouva entrainé en arrière par le bras.

    Non ! Pourquoi voulait-on le séparer de son œuvre ? « Laissez-moi !! » Mais c'était trop tard, on l'emmenait et il savait qu'il ne pourrait pas lutter. Comme la dernière fois.
    Comment ça ? Il aurait au moins pu essayer, face à la frêle jeune fille qu'était sa ravisseuse, il aurait surement une chance de s'échapper ... pourtant c'était ce sentiment de déjà vécu qui l'en empêcha. Ce n'était qu'un éternel recommencement, son feu lui échappait une nouvelle fois.
    Ils tournèrent dans une petite rue, laissant la silhouette du brasier disparaître de leur champ de vision. « Pardonne-moi, Arthur. Je ne pouvais te laisser entre les mains de ces personnes. Tu peux garder les allumettes, ceci était mon offrande. Nous allons rester quelques minutes ici, si nous étions découverts, nous risquerions de grosses contrariétés… Faisons attention à nous. Veux-tu rester avec moi ? »
    Les yeux encore embués de larmes, Arthur ne cherchait plus à s'enfuir. Après tout, elle avait raison, des gens avaient dû le reconnaitre, il ne pourrait plus rejoindre ses flammes à présent et s'il se faisait prendre, le reste de ses allumettes lui serait certainement confisqué.
    Le petit garçon balbutia un « Merci. » en pressant le paquet d'allumettes enfoui au fond de sa poche puis rajouta : « Oui, je vais rester avec vous. »
    Il se sentait plus en sécurité avec elle que s'il avait été seul. Et puis, elle était gentille finalement, elle aurait très bien pu le laisser avec son bûcher et s'enfuir au lieu de se préoccuper de son sort.
    Il glissa doucement sa main dans celle de la fille.
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mer 7 Nov - 17:39

So Soon - Winter Family

Impuissante. Les évènements se précipitent, se déroulent si vite qu'en un clignement d'oeil elle se retrouverait projetée dans le futur.

Il s'est évanoui dans la foule aussi spontanément qu'il est apparu sur l'échafaud. Sujin prie pour que Bird l'ai emmené loin d'ici, pour que ses yeux n'aient pas à subir le supplice de sa mort. Et elle se rend compte alors que la foule s'est tue. Que les pierres ne volent plus, ont cessé de la lacérer. L'instant est en suspend. Tout le monde doit garder en mémoire l'image de ce petit garçon aux cheveux blonds comme les blés qui s'est élancé sur l'échafaud afin de briser la monstruosité de la scène. Personne n'oubliera jamais cette journée où l'ami de la traîtresse aura fait preuve de tant de courage.
Y aura-t-il des représailles? Pensera-t-on qu'Elmeraud a aidé Miséricorde? Trahi le peuple d'Espérance?


Mais la foule oublie vite cet enfant, finalement. Déjà l'attention générale se porte sur une jeune femme que l'on remarque aisément. Miséricorde, elle, ne la regarde pas. Elle a les yeux humides, vides, et se sent emplie d'un désespoir immense. La petite Sujin innocente qui dans son égoïsme se croyait immortelle est maintenant réduite à néant. Mourir. Quelle drôle de chose.

« Il s'en va, fuyant ses responsabilités ! Est-il fiable ? Est-il lui aussi humain, à faire une telle condamnation à une petite ? Certes, il faut la faire périr, mais est-ce humain de le faire ainsi ! Notre colère, déversons la non seulement sur ce monstre, mais aussi sur lui. Que le jugement soit équitable ! »

Elle le savait. Elle l'avait prévu. Que les enfants d'Espérance se révolteraient contre leur père. Un peu comme si la populasse faisait sa crise d'adolescence. Voilà qui réjouit Miséricorde ! Elle pourrait presque mourir en paix. Elle les voit tous, avec les yeux brillants. Ce petit groupe - comment les appelle-t-on, déjà, les nahash? - , et tous leurs admirateurs secrets. Tous les enfants sont en train de se poser un milliard de questions, et beaucoup sont comme hypnotisés par la belle jeune femme. De vrais combats intérieurs. Un mot lui vient à l'esprit : révolution. Oh oui, voilà un joli petit début de révolution. La reine du reflet regrette simplement de ne pas être là pour voir la journée de demain. Et celle d'après. Juste pour voir le déroulement des choses, car il est trop tard pour que les paroles de l'indignée ne changent rien à Espérance.
Un vrai sourire s'étire sur ses lèvres, rien qu'à l'idée que Bird se voit dépassé par les évènements.
Et elle, aura-t-elle changé quelque chose à ça? Miséricorde aura-t-elle contribué à cette révolution? Seul le subconscient des enfants le sait.


Un bidon d'huile. Un flot de ce liquide inflammable se déversant tout autour de l'échafaud, tout autour d'elle. D'elle seule, car plus personne n'est à ses côtés. Miséricorde se voit prise au piège, les mains et les pieds liés. Un cri s'étouffe au fond de sa gorge. L'horreur se lit au fond de ses yeux. Elle est terrifiée, ses membres se voient tétanisés par l'angoisse. Elle ferme les yeux, le visage déformé par une grimace paniquée.
La seconde d'après, un feu se propage tout autour d'elle. Les flammes vont si vite, parcourent ce cercle qui la tient enfermée. La hauteur du bûché doit bien faire le double de sa taille. Tout autour, les gens crient, fuient, mais elle ne voit plus rien. Un lourd panache de fumée s'élève de l'incendie, son pouls bat à un rythme effréné dans ses tempes. Elle se débat, gesticule au sol, et se sent comme une fourmi prise au piège dans une fourmilière qu'on aurait incendiée. Sauf qu'elle est la seule à en souffrir. Les autres fourmis peuvent courir, fuir. La fumée lui pique les yeux, et la chaleur lui mord la peau.
Les flammes avalent le bois, s'approchent de son corps menu et tétanisé. Menaçantes, diaboliques.
Pourquoi n'est-on pas dans le Reflet? Pourquoi ne peut-elle pas changé les flammes en de grosses vagues fraîches et au doux flot?
Si impuissante. Tel est prit qui croyait prendre.
Le cercle s'est refermé, dans trente secondes elle s'enflammera et Miséricorde sera une torche vivante. Sa peau lui brûle, il fait si chaud, si chaud.
Les dernières lattes de l'estrade qui la maintenant encore en hauteur lâchent dans un bruit sourd, et Miséricorde est recouverte par les flammes. Sa peau lui brûle, sa robe prend feu, et elle sent des étincelles courir le long de ses cheveux, à lui en arracher un cri. Un de ces cris qu'on ne peut plus jamais oublier, un cri de petite fille, où se mêlent la douleur et la peur. Un cri qui poursuivra tous ceux qui l'auront entendu jusque dans le Reflet.
Elle brûle. Perd quasiment conscience. Ferme les yeux.
Une dernière image : Elmeraud.
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mer 7 Nov - 22:13

Quelle bande de déchets. Pas un pour rattraper l'autre. Ils sont tous là, l'air faussement préoccupé, à bourlinguer dans leur cervelle pour y trouver un éclat de morale, une once d'éthique, pour que finalement ils agissent comme des bêtes que l'on a amené au cirque. Désormais qu'ils se trouvent de l'autre côté des barreaux, ils en oublient qu'il y a peu, c'était encore eux que l'on pointait du doigt en les moquant, les raillant, les pestiférant. Il suffit de lire sur leur visage leur haine qui se dissout ou qui s'estompe, leur incrédulité qui s'amenuise en même temps que, prises dans l'emportement de la foule, leurs âmes deviennent aussi noires que la nuit d'hiver. Une meute de bestiaux affamés de justice, voilà ce à quoi ils sont réduits et ils n'en n'ont même pas conscience ! Qui est le plus méprisable des deux ; le loup solitaire qui a renié les siens ou le mouton bêlant qui suit le groupe aveuglément ?

Taima huma l'air. Il commençait à se répandre quelques effluves de carne meurtrie, un relent de sang et de douleur, tandis que les exclamations des enfants se ponctuaient de sifflements de roches. Plus les secondes filaient et plus l'Indien se demandait si on ne pouvait pas en finir une bonne fois pour toutes. Mettre le plan à exécution. Cesser ce spectacle pour bouffons de seconde zone et leur offrir la frousse de leur vie. Oh, certes, ce ne serait pas grand-chose, ils pourraient faire bien pire à l'avenir, mais pour une mise en bouche il trouvait cela plaisant. Surtout qu'il n'avait pas grand-chose à effectuer et que, au vu de la situation, il s'en contentait sans rechigner. Ce n'était pas son genre d'être tape-à-l'oeil comme les autres Nahash. Ou du moins, comme Blanche et son Midas de bras-droit. D'ailleurs, cette première commença à faire parler d'elle, ou plutôt des circonstances, et sa voix montait parmi la masse réduite au silence, pareille à un tintement de clochette de plus en plus vibrant. Il fallait la voir fendre l'attroupement, se faufiler ça et là avec de furtifs déhanchés, toujours impeccable, toujours maîtresse de soi et des autres. Parfois, Taima s'interrogeait sur la jeune femme. Être aussi parfaite -tout est relatif- cachait des imperfections crasse, à n'en pas douter. Cela n'échappait à personne que Blanche était aussi belle qu'égoïste, aussi manipulatrice que sensuelle ; une sirène à l'état pur, de celles qui chantent et vous attire pour mieux vous dévorer dans leur tanière. Du moins, l'Indien espérait que cette réalité n'échappe à personne. Ou bien les ignorants étaient irrécupérables, bafoués par les apparences.

« Bird est le créateur de cette utopie ! Il n'a fait que nous donner l'espoir, l'espoir d'un monde meilleur pour mieux nous manipuler et nous faire croire que tout irait mieux ! Mais tout est pire ! À qui la faute ? À lui ! Ce monstre est la seule chose concrète qu'il n'ait fait ! »

Écoutez-la donc. Écoutez ce timbre de sorcière qui vous ensorcèle, cette litanie qui appelle à la colère. C'est fou la facilité avec laquelle les événements peuvent être récupérés pour donner lieu à un sordide théâtre des lamentations. Taima eut son rictus habituel et dévoila sa canine. Le boulot ne tarderait pas à commencer. « Est-il lui aussi humain, à faire une telle condamnation à une petite ? » Quel talent, quelle maîtrise ! Miséricorde passait de monstre à petite et tout ceci était parfaitement normal, étudié depuis le début. Tout le monde n'y voyait que du feu et en parlant de feu, il ne tarderait pas à apparaître à son tour. L'Indien jeta un coup d'oeil rapide à l'huile qu'il a volé la veille dans les réserves du Foyer. Dans la cave, il y avait toutes sortes de vivres. Ce ne serait pas étonnant si Bird y cachait quelque chose d'autre, de plus précieux... Il faudrait qu'il y retourne un jour et qu'il fouille plus en profondeur. Pour cette fois-ci, on ne lui avait demandé que cela : de l'huile. « Que le jugement soit équitable ! » C'était la fin. Acedia, cette brindille de paresse, était venue le rejoindre avec le liquide inflammable qu'ils répandirent sans un mot, décrivant un cercle autour de l'estrade. Perturbés par l'arrivée de Blanche et de Midas dans leurs rangs, les enfants ne réagirent pas tout de suite. Et Bird parti, comme le gosse qui avait dévoilé l'existence de Miséricorde, il n'y avait plus personne pour veiller sur les âmes innocentes.
Taima avait été surpris de reconnaître une gamine du Foyer derrière le masque de l'aberration. Mais ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Si une fillette était capable d'autant de violence, elle n'était plus vraiment une enfant, mais un monstre dans toute sa splendeur. Et qu'importe que dans ses yeux sombres, il y ait une vraie lueur de terreur. N'avait-elle pas aperçu la même derrières les iris de ses victimes ? N'avait-elle pas pour autant frappé, terrorisé ses proies ? Si elle n'avait été ni émue ni apitoyée par les cris de ses propres camarades, alors personne n'avait à l'être des siens en retour. L'Indien saisit en silence l'allumette qu'on lui tendit.

« Prenez chacun un côté de l'estrade, il faut que les flammes l'entourent complètement, que Miséricorde ne puisse pas s'enfuir. Le vent est parfait, le feu sera vite attisé. Ce sera magnifique ! »

Quand ils en auraient fini, Taima enverrait bouler ce mioche aux yeux vairons qui se permettait de lui donner des ordres. C'était bien parce qu'il fallait le faire. Blanche avait promis à tous la réalisation de leurs voeux si jamais ils la suivaient sans fléchir. C'est en partie pour cela que l'Amérindien l'avait rejoint, espérant quitter Espérance dès ses comptes réglés. Alors il obéissait. Avec la mauvaise foi d'un garçon menacé de punition, mais il obéissait. Et lorsque la voie était libre, il reprenait son existence de loup méprisé. Cela lui convenait, il ne demandait pas plus qu'on le laisse tranquille. Et Taima lança l'allumette à terre.
Ce fut d'abord des flammèches, rien de bien grave, qui léchèrent le sol autour de la scène. Puis elles grossirent soudainement, avalant le combustible avec un appétit d'ogre, et tout alla très vite à partir de ce moment. La clameur d'épouvante qui s'éleva de la foule. La frayeur de certains qui en bousculaient d'autres. Vu du ciel, l'on aurait certainement pu observer la colonie de fourmis se disperser en panique, comme lors des grands orages. Mais ce n'était pas l'eau des nuages qui affolait les insectes ; c'était le feu de la terre, affamé et vorace, qui les horrifiait. Taima recula. Les feux de prairie étaient meurtriers en Amérique. Des hectares et des hectares de nature étaient réduits à néant sous les assauts des flammes. Entre le blondin aux yeux du diable qui avait l'air de prendre son pied et le brasier en lui-même, l'Indien hésita à choisir le plus effrayant. Le commanditaire ou son oeuvre ? L'indifférence de celle-ci, ou l'excitation de celui-là ? Les enfants criaient. Miséricorde hurlait. Chaos total.

Il s'enroula dans son vêtement pour se protéger de la chaleur. Alors que la fumée envahissait l'espace, que les corps s'éparpillaient au vent en même temps que les cendres, Taima s'échappa de la confusion. Il n'avait plus rien à faire là. Assez d'entendre les hurlements des uns et des autres. Assez de renifler l'odeur de carbonisé, de charbon, l'odeur de la viande humaine qui brûle. Il ne jeta pas un regard à la Flemme, ni à la Luxure, ni à l'Avarice ou à n'importe lequel de ses complices, au moment de disparaître dans une ruelle. De toute manière, qui le remarquerait ?

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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Sam 24 Nov - 2:53

    L’Histoire, de nombreuses fois, en avait fait les frais : Il suffisait parfois d'une allumette, d'une flamme timide pour réveiller l'eau qui dort, ou plutôt, pour embraser l'huile encore innocente.
    Un craquement bref, et l'évènement prenait un tout autre tour. Plus de pierre, mais un démon incandescent, adepte de chair à consommer de son baiser calciné.


    Tout s'était passé si vite. Il s'était éloigné avec Elmeraud pour prendre du recul et surveiller l'agitation de la foule. Puis, comme il le pensait, « Elle » et « eux » étaient arrivés, serpent semant le désarroi. « Elle » avait parlé, médit de sa plus belle langue de vipère pendant que ses acolytes répandaient sur la scène un liquide que Bird n'identifia qu'un instant trop tard, quand la place s'embrassa. HUILE.

    L'estrade avait pris feu, encerclant sa victime affolée, propageant toujours plus sa chaleur asphyxiante, léchant de sa langue vicieuse le bois et les cieux.
    La foule s'était dispersée, rejoignant maisons et planques en gueulant, la peur au ventre. Seuls restaient quelques enfants médusés et, au milieu du brasier en Jeanne d'Arc condamnée, Sujin.
    La gamine, fleur de tissu rougeoyante et agité d'un dernier souffle, brûlait, un masque de martyr sur le visage.
    Vision d'horreur. Madeleine de Proust vous ramenant au passé, à une phrase entendue :

    Dieu est bon et nous protège du mal.
    Il y a longtemps, Sodome, ville de péché, a vu son antre consumée par la colère céleste.
    Aujourd'hui, ce même Dieu nous a demandé de rentre à la Pureté ce monde.
    Alors nous obéissons, anéantissons les souillures, embrasons leur corps pour que le feu les fasse disparaître.


    Comme rarement, l'angoisse se peignit sur le visage du Directeur. Un vieux cauchemar lui revint. Pourquoi le feu... Pourquoi toujours le feu... Il détestait cela... les hommes n'avaient rien à faire en son cœur incandescent.

    Mais ce n'était pas le sujet le plus pressant car celui-ci se résumait en un mot : Sujin.
    Avant qu'il ne soit trop tard, il devait agir.
    Attrapant ce qu'il avait préparé, il accourut vers le corps en détresse ; courut à s'en exploser les poumons, à perdre le petit blond qui tentait de le suivre.

    Arrivé devant le feu, il s’arrêta un instant, se força à respirer alors que ses membres, d'un tremblement marqué, exprimaient son état intérieur : PEUR.
    Il crevait de peur... Il crevait de peur mais il n'avait pas la possibilité de faire autrement. Personne ne viendrait pour Sujin et il ne pouvait pas laisser un camarade. IMPOSSIBLE.

    Il sauta. Le feu lui chauffa les joues à l’excès. Chauffa mais ne brûla pas. Il remercia la veste humide et fumante dont il s'était recouvert. Il fit quelques pas, trouva le corps inconscient de la fillette respirant néanmoins encore, sourit de soulagement puis grimaça sous la brûlure de la chaleur accrue. Il pria, Pourvu qu'Elmeraud arrive... Pourvu que quelqu'un arrive et domine l'incendie...
    Il sortit de sa poche son couteau et s'activa à couper les liens qui retenait celle qu'on nommait Miséricorde . Les enfants lui en voudraient... Mais tant pis. Il en prendrait la responsabilité.
    Un cri lui échappa, les flammes, après avoir consumer son vêtement, s'attaquaient à sa peau.

    Des larmes vinrent perler à son regard desséché par la fumée... Y arriverait il... Ses belles certitudes s'étaient envolées. Une fois de plus, comme pendant la chasse, il ne finirait pas vainqueur si le destin et la chance ne s’emmêlait pas.

    Quand le dernier lien rompit, le miracle arriva. Une mousse blanche venant d'une bombe rouge tenue par un garçon blond, dompta le cœur l'incendie, recouvrant corps et flammes.
    Un rire nerveux échappa au directeur. Ils avaient réussi.
    Face à lui, Elmeraud le regardait, nerveux, balançant son regard entre la fillette inanimé et lui. Il le rassura.

    « Elle va bien... Amène là où tu sais... les autres ne doivent plus la voir... Je.... J'ai... J'ai encore un discourt à faire. »

    Il sécha ses larmes et douloureusement, se releva, abandonna la fille et le garçon et se dirigea vers le lieu de culte et vers sa sacristie, et une fois en ses murs, décrocha le micro qui ferait résonner sa voix dans tout Espérance.
    Introduisant ses futures paroles, il toussa et, puisant dans sa mémoire des souvenirs lointains, parla en orateur :

    «Nahash... Le Serpent en hébreu, celui qui dans la Genèse, a tendu la pomme à Eve pour que l'homme et la femme soient chassés du paradis. Celui qui les entraina vers les péchés capitaux !
    Acedia : la paresse, Invidia : l'envie, Ira : la colère, Trick : la gourmandise, Blanche : la luxure, Midas : l'avarice, Taima : l'orgeuil.
    Qui écoutez vous ? Moi ou eux, qui par provocation, se sont affublés du voile du Malin ! Ils vous mèneront vers la décadence comme ils le font déjà ! Ils ont brûlé un enfant et ont mis vos vies en danger ! Ils veulent se faire aimer ? Mais ils ne font que répandre le désarroi! Leurs actes ne sont ils pas la preuve que la folie les habite !? »


    Il s’arrêta, respira longuement, se concentra sur les phrases qu'il devait dire et repris ce qu'il avait interrompu.

    « Cependant les Nahash ont raison sur un point  : Je ne suis pas blanc et je ne m'en cache pas, mais je fais cela pour votre bien. Si ce mur existe au fond de la foret, cela est bien pour nous protéger.
    Miséricorde a vu la vérité, qu'est elle devenue !??
    Nous avons traversé le mur, moi ainsi que d'autres enfants et nous préférons maintenant nous taire et être garant de votre sécurité. S'ils m'entendent, ils me soutiendront. »


    Difficilement il déglutit et continua sa tirade, expulsant de son être, ces mots qu'il avait trop longtemps retenus :

    « Vous pouvez penser que je suis un lâche, un traître ou un monstre, que j'ai condamné une enfant mais sachez que je n'aurais jamais eu le courage de l'amener à la mort. J'ai trahi votre confiance. Une trappe avait été prévue pour la pendaison. Je ne pouvais pas laisser un de vous mais je voulais que vos cœurs rejettent la haine amassée grâce à cette mise en scène.

    Le directeur se racla la gorge et ravala ce qui semblait être des pleurs.

    "Je veux excuser Sujin et comprendre, la remettre dans un chemin plus lumineux.
    Pensez ce que vous voulez, mais tout ce que je fais, je le fais pour Espérance. Cette communauté est ma vie et pour elle je suis prêt perdre une oreille ou même à me bruler. Je préfère mourir que la laisser en danger!!!
    Ne cherchez pas la vérité tant qu'elle ne vient pas...Personne ne doit courir ce risque inutile, vivez sereinement dans le cœur d'Espérance. S'il vous plait, réfléchissez. »


    Une nouvelle quinte de toux le prit, plus puissante que les précédentes. Il s'excusa puis se tue, laissant au silence de son micro, le bruit de ses sanglots.



Voila, je corrigerais demain... trop claquée là X.X Aller à vous de réagir maintenant les enfants! Et les nouveaux membres peuvent répondre aussi hein!!

_________________
Elmeraud
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Sam 24 Nov - 15:03

Just close your eyes
The sun is going down
You'll be alright
No one can hurt you now
Come, morning light
You and I'll be safe and sound


Il fallut un certain temps à Elmeraud pour que son cerveau comprenne tout ce qui se passait. Il y a de ces horreurs, ces accidents où tout bascule, et où on est, là, debout planté sur deux brindilles peinant à soutenir le poids d'un homme, pareil au lapin séduit par la lumière des phares deux minutes avant de se faire écraser. Tout d'abord, il s'était retrouvé transporté. Retenant la haine, le dégoût qui montait en lui à chaque parole du Directeur qui l'éloignait de la scène sous de faux prétextes écoeurants et dont on ne pouvait savoir quels étaient les funestes plans, puis tout s'était embrasé. Jamais alors il n'avait eu l'occasion de voir tant de visages, tant d'expressions variées. Mais elles étaient toutes bien pâles, fades et sans intérêt face à celle de son amie hurlant dans les flammes. D'ennemi, l'Oiseau était devenu son allié à l'instant où celui ci se précipita dans le brasier pour sauver Sujin, à la grande surprise du blondinet, tandis qu'une haine farouche, violente et pas moins aussi brûlante que ces flammes qui dévoraient le bois de l'estrade de leur appétit démesuré, tonnait à tout rompre et se répandait comme la peste dans chaque parcelle de son corps. Ses yeux ne brillaient plus que pour voir un jour le cadavre de ces habitants qui avaient osé porter la main sur son trésor, tenté de l'anéantir.
Mais pour l'heure, il se devait d'agir. Perdu entre la vengeance et l'affolement, il ignorait que faire et déjà, une odeur suffocante de chair brûlée se répandait dans l'air. Celle de Bird tentant de sauver Miséricorde d'un châtiment digne d'une sorcière. Le jeune homme aurait pu, en temps normal, apprécier l'ironie de la situation. Mais rien n'était normal aujourd'hui. Son souffle saccadé réagissait au moindre cri émanant du brasier comme si lui aussi était blessé. Ils étaient trois à brûler. Personne ne les aiderait il ? Laisseraient ils mourir ainsi leur chef, condamné à la mort des démons ? Lui pouvait agir. N'avait il pas cesser de courir après l'homme lorsqu'il avait compris ses intentions ? Jouissant d'un peu plus de temps que s'il s'était d'abord précipité vers la victime, il se précipita vers la demeure la plus proche et, grâce à quelque objet traînant ainsi qu'une force décuplée par l'urgence et l'adrénaline, brisa la glace qui le séparait de l'extincteur qu'il saisit à pleines mains. Courant toujours à perdre haleine, il retourna sur l’échafaud, théâtre de tous les drames. Cette fois nulle foule pour obstruer ses mouvements. Nombreux étaient ceux qui avaient fuis, les autres s'écartant au passage de l'enfant armé, trop abasourdi pour réfléchir. Certains observaient le grand feu de joie, incapable de faire le moindre geste, ou de choisir quel expression afficher. Il savait. Il savait parfaitement qu'ils n'avaient aucune importance. Pour eux, tout redeviendrait normal après ça, peu importait la gravité des évènements.
Enfin, il arriva au milieu des flammes. La douloureuse chaleur que leurs proximités dégageaient n'atteignit nullement le garçon qui ne ressentait rien. Le regard, en revanche, qu'il échangea pendant quelques secondes avec le directeur affolé, fou de douleur et de peur, ainsi que la vue du corps de l'asiatique évanouit, l'anéantit bien plus efficacement que n'importe quel poignard. Instinctivement il répandit les flocons salvateurs, cessant ainsi toute destruction tandis que l'origine de tout ce mal s'évanouissait peu à peu. Un rapide regard à l'assistance lui assura hélas que la véritable source de tout ce mal ne serait pas châtié, bien qu'eux aussi aient disparus. Bird était en piètre état. Et Sujin restait inconsciente. Elle va bien ? Comment pourrait elle aller bien ? Le dirlo prenait il l'enfant pour un sot ? Elle avait aspiré bien trop de fumée, et son corps, lui, serait marqué à jamais. Quelques larmes, sans doutes le résultat de la fumée âcre qui lui piquait les yeux, brouillèrent la vue d'Elmeraud tandis qu'il saisissait le corps inanimé de son amie dans ses bras. Bird se releva alors, mal en point. Il tentait de rester droit malgré les élancements qui devaient parcourir son corps. Lui aussi avait souffert. Mais le gosse n'avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort. C'était cruel sans doute, mais il n'était pas plus important qu'un autre. Certes il avait sauvé la jeune fille, mais n'était il pas à l'origine lui aussi, de tout cela ? S'il ne l'avait pas arrêté en ordonnant qu'on la lapide, jamais tout ça ne serait arrivé. Il avait fait une erreur, puis réparé sa faute par un acte de valeur. Ainsi il était à 0 pour le garçon. Tournant les talons, il sortit du bourg et se dirigea vers les bois tandis que Bird les distrayait avec son discours. Il essayait, naturellement, de recoller les morceaux. Et pendant un long instant, la voix de l'homme rythma le trajet fastidieux des deux gamins. " Amène la où tu sais" qu'il avait dit. Où il savait ?

«Si ce mur existe au fond de la foret, cela est bien pour nous protéger. Miséricorde a vu la vérité, qu'est elle devenue !?? Nous avons traversé le mur, moi ainsi que d'autres enfants et nous préférons maintenant nous taire et être garant de votre sécurité. S'ils m'entendent, ils me soutiendront. »

Un léger frisson parcourra l'échine du blondinet, faisant dresser quelques cheveux au niveau de sa nuque, tandis que son coeur loupa un battement. Il ignorait s'il soutiendrait Bird ou non, mais il se savait concerné par cette phrase. Il l'avait vu, lui aussi, cette face cachée que nul n'était censé connaitre. Il en avait frémit, en avait pâli. Il avait sentit son coeur battre, s'affoler, comme aujourd'hui. Pour des douleurs qu'il ne souhaitait plus si ardemment qu'autrefois et au quel étrangement, il s'accrochait pourtant craignant bien plus que sa vie ne redevienne plate et vide, dénuée de tout sens. Il serra un peu plus fort la fillette contre lui tandis qu'ils arrivaient à destination, la voix de Bird se fanant au loin. Ne pas croire les mots des adultes, il était autant un serpent que les Nahash qu'il accusait. Il voulait l'exécuter en place publique, comment pouvait il maintenant affirmer qu'il voulait depuis le début la sauver ? Il n'y croirait pas.
Enfin au pied du mur, il déposa délicatement Sujin, l'adossant contre la pierre puis s'accroupit un peu, la fixant une dernière fois. Une fois de l'autre côté, il ne pourrait pas rester. La voir, parfois peut être, mais sa vie était ici pour le moment. Il devait jouer son rôle jusqu'au bout, même si cela importait d'être séparé. N'ayant plus de larmes à verser, il se contenta de dégager une mèche de cheveux noir du visage déformé de l'asiatique. Peu importait son enveloppe charnelle, elle restait elle. Il ferma un instant les yeux et renifla un grand coup. Lorsqu'il les rouvrit, il souriait à cette poupée de chiffon, la belle aux bois dormants qui ne pouvait le voir. Il valait mieux que ce soit ainsi. personne ne devait connaitre sa peine, c'était son acquis. Apporté par cette fille, son présent et son trésor, quand bien même il ressemblait à une malédiction, il ne regrettait rien. Ces dernières semaines avaient été plus passionnantes que des mois entiers sans elle, et la seule plaie qu'il lui restait désormais était de se savoir loin d'elle pour longtemps. Elle était vivante, et il savait que Bird s'en occuperait. Et qu'elle survivrait. Inexplicablement cela restait une certitude. Il passa une main délicate, effleurant la joue meurtrit de son amie afin de ne pas lui faire mal, puis déposa un baiser sur son front. De l'autre côté il y avait de l'eau, il pourrait la soigner. Tandis qu'il tenait sa tête entre ses deux mains, il posa son front contre le sien se murmurant à lui même: " tout ira bien tout ira bien ". Il fronçait les yeux retenant son chagrin, attendant que son coeur redevienne aussi paisible qu'à l'accoutumée. Puis il soupira et remit Sujin sur son dos :

- Tu seras le plus beau trésor que ce mur ait à cacher, murmura t il à l'enfant endormie.

Puis ils passèrent de l'autre côté.
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Dim 2 Déc - 15:52



« Pater noster, qui es in caelis
Sanctificetur nomen tuum;
Adveniat regnum tuum;
Fiat voluntas tua
sicut in caelo et in terra.
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie,
et dimitte nobis debita nostra
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo.
Amen 
»
Post réservé à Blanche. Wesh. Lisez bien les enfants, on évitera les erreurs.


Dernière édition par Blanche le Dim 2 Déc - 16:46, édité 1 fois
Garm
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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Dim 2 Déc - 16:43

Journal de Garm
The Mímir's Foutain

« [...] Je ne peux nier ma fascination pour Espérance... c'est peut-être stupide, mais je crois pouvoir dire qu'il en fût toujours ainsi. Depuis le premier jour où j'ai ouvert les yeux en ce monde d'une douce étrangeté, je fus saisi par cet attrait magnétique, m'attirant vers le mystère de cette société. Combien de temps cela fasse donc, déjà? A quand remonte mon réveil dans ce monde nouveau, inconnus, ne demandant qu'à être conquis?... Qu'importe les efforts fournis par mon cerveau, je ne parviens à mettre un chiffre exact sur la durée de mon existence intra-muros. Cela fait-il quinze jours? Ou bien six mois? Ou encore deux années entières?... Enfin, ce n'est pas cette question de durée, de temps écoulé, qui tord et torture les cellules grises de mon esprit à l'instant où je rédige ces lignes. Non, c'est la nature d'Espérance qui se fait tortionnaire de mon âme. Ce village d'enfant... Cette société m'a toujours parus utopique, et me le paraît toujours. Il me semble que cette ville semble échapper à l'un des principes de base de mère Nature. A savoir l'équilibre des opposés. Là où la maîtresse de la Terre avait créé le feu, elle avait également donné naissance à l'eau. En façonnant le ciel, elle avait fabriqué la terre. C'est un principe que l'on retrouve dans chacune des civilisations, sa représentation la plus concrète étant le symbole du Yin et du Yang. Là où il y avait du blanc, il y avait du noir, une part de lumière dans l'ombre, et une once de clarté dans les ténèbres. Et pourtant... contrairement aux peintures que je peux lire dans mes livres, aucun crime ne vient s'opposer à la bienveillance régnant en ces lieux. Comme-ci, de ce monde, avait été bannis Némésis... Cette observation me semble aussi improbable que bien réel. L'on ne peut échapper aux fondamentales règles de Gaïa... Alors, sache-le, Espérance, je traquerais ton ombre, cette ombre qui rampe discrètement entre tes murs, je la découvrirais, la contemplerais... Retiens ses mots, Espérance. J'ouvrirais ton crâne pour y trouver le versant ténébreux de ton âme. Je déchiquetterais ta poitrine pour y déceler une tâche d'encre noire... 

[...]
Je me souviens d'un poème de William Blake. Sans pour autant pouvoir me vanter de le connaître sur le bout des doigts, je me souviens des premiers vers, et de la signification de l'œuvre dans son intégralité. Quoique, à bien y réfléchir, peut-être que je serais capable de reformer l'intégralité de cette douce poésie. "Tigre, tigre, feu et flamme ; Dans les forêts de la nuit ; Quelle main ou quel œil immortel ; pus façonner ta formidable symétrie?"... Oui, je me souviens de ce poème. Il est le sonnet des réflexions que j'ai auparavant posés sur ce cahier. Blake s'adresse au tigre, lui demandant qui lui a donné naissance, qui a créé son espèce. Des griffes aux crocs, des yeux au cœur... Qui a pus façonné, de ses mains, de son esprit, ce prédateur? "Celui qui fit l'agneau, est-ce lui qui te fit?". Qu'importe le nom que l'on donne au Créateur de ces terres, Gaïa, Dieu ou Odin, il est indéniable que celui qui fit l'agneau fit également le tigre. Et, par conséquent, il fut précurseur de la chaîne alimentaire. Mais il serait folie, voir idiotie, de se contenter d'appliquer ce principe de chaîne alimentaire au monde animal. Car, de la même manière que l'agneau est proie du tigre de Blake, Espérance à son propre prédateur. Et ce prédateur... était-ce le serpent Nahash dont je commençais à entendre parler?... 
[...]
Le cobra, est, sans le moindre doute, un redoutable animal. Un seul morsure des crocs infestés de venin de ce reptile peut engendrer la mort d'un homme en deux à dix heures. Mais, plus que son poison, c'est son agressivité qui le rend dangereux. Cependant, je me demande... Que représente un serpent face aux sorcelleries d'Hermoni? Il semblerait qu'un des anges d'Espérance soit tombé dans la déchéance, et impose un règne de terreur dans le monde du Rêve. Un sobriquet lui fût rapidement attribué... Miséricorde.

[...]
Mes soupçons premiers se confirment. Même dans un monde semblant parfait comme Espérance, il y a, rampant dans les ténèbres des ruelles, inévitablement un être maléfique qui finit par naître. Mais, cette ombre, pendant combien de temps l'ai-je recherché? Combien de temps passé à tenter de débusquer un criminel qui n'existait pas encore? La déesse Curiosité m'avait poussé à traquer un démon qui n'avait, pour l'instant, pas vus le jour. Voilà qu'il était là désormais, à perpétrer ses crimes de l'autre côté du miroir, et à susciter mon plus grand intérêt. Miséricorde... Ton visage, ton identité, tes intentions, tes raisons... tout cela est encore inconnu de tous, mais cela n'est qu'une question de temps. Tout comme tu n'as pas pus échapper aux serres de la déesse Curiosité, tu n'échapperas pas aux miennes. Tout comme j'ai traqué chaque preuve des ombres malsaines tapis dans les recoins d'Espérance, je n'aurais de cesse de chercher à te percer à jour. Je ne suis pas Justice, je ne chercherais pas à peser ton âme, à te condamner pour tes méfaits. Je serais juste là, pour libérer ton visage du voile de mystère qui le recouvre. Je ferai tomber ton masque, et, sans doute que je ne te dénoncerais même pas... je me contenterais, dans mes dossiers, d'imposer ton pseudonyme à côté de ton nom. Qui que tu soit. Tu ne pourras échapper à mon regard...

[...]
Miséricode... combien d'heure passées à chercher de percer ta véritable identité? Combien de minute gâché à essayer de briser le masque démoniaque que tu arborais de l'autre côté du miroir, afin de voir ton véritable visage? Je t'ai traqué, je t'ai poursuivis, au-delà même du réel. Et voilà que tu te fais stupidement attrapé, avant que je puisse jouir de la découverte de ta véritable nature. J'ai lus les annonces, ainsi, le mystère tombera en poussière, demain, aux premières lueurs de l'aube. Miséricorde... j'étais à quelques pas seulement de la vérité. Mon bras tendus, mes doigts s'étirant vers ton déguisement... j'étais prêt à l'arracher, à voir ton véritable visage... Pourquoi diable t'es-tu donné à eux?! Miséricode, je te hais. Une haine jamais éprouvé auparavant. Soit certaine que j'assisterais à ton exécution, qu'importe le temps que la météo puisse nous réserver. Pluie, vent, neige... Que l'air morde ma peau d'un froid intense, ou que la tempête manque de peu de me soulever de terre, que ma vie soit mise en danger pour une pluie de météorite destructrice, je me tiendrais face à l'échafaud, et je regarderais la pluie de pierre s'abattre sur toi, s'écraser sur ton corps, le lacérer, le torturer, avant qu'il ne se mette à se balancer, au bout d'une corde de chanvre, et que tu sois transformé en l'une des branches de l'arbre des pendus. Et peut-être même alors que tu suffoqueras, je continuerais à souiller ton corps de cailloux. Et lorsque je te regarderais pousser ton dernier soupir, alors, sans doute, serais-je pris d'une envie de chanter. Lorsque je regarderais tes yeux se révulser, je serais pris d'une envie intense de festoyer ce moment. Lorsque je contemplerais la perle de la vie franchir tes lèvres pour s'envoler vers les cieux, alors mon rire accompagnera ton trépas, résonnant sur la grande place, lézardant sur les murs des ruelles... Miséricorde... sans doute ne t'es tu pas rendu compte du peu de chemin qu'ils nous restaient à parcourir pour se rencontrer, se faire face... Miséricorde, lorsque que tu te retrouveras sur l'échafaud, regarde la foule, observe les visages qui s'apprêtent à assister à tes souffrances, et, parmi ce regroupement, tu trouveras le faciès d'un homme qui te déteste. Non pas pour tes crimes, mais pour ta fuite. Tu as fuis les liens de mes doigts qui s'apprêtaient à faire de toi ma captive. Miséricorde... sans doute ne dois-je pas te porter tant de rancune. Après tout, qu'importe la manière, ma Curiosité ne demandait que ton véritable prénom... Et, enfin, je vais pouvoir poser un prénom, un visage, sur l'être qui à tant suscité mon attention, au point de la transformer en obsession. Il ne te reste plus que quelques heures à profiter de ton anonymat, ton masque va tomber... et, ensemble, nous pourrons admirer l'éclat de la Vérité. Et, alors qu'elle ravira ma rétine, toi, elle brûlera tes pupilles, plus intensément encore que le feu de mille soleils... Miséricorde... C'est sous ce déluge de pierre et de lumière que tu quitteras ce monde. Demain matin, à l'aube... Espérance sera débarrassée de toi. Adieu, Miséricorde... [...] » 
~~~
__Le char d'Hermès avait pris son envol alors même que la louve d'argent n'avait pas finis de traversée le sentier de la nuit. Impériale, il semblait vouloir sortir des bras de Morphée quiconque y était encore plongé. Il chassait les ombres de la Lune avec douceur, éveillant Espérance avec tendresse. Plus l'automne prenait le devant sur l'été, plus les rayons de l'étoile semblaient délicats. Ils perdaient l'agressivité qu'ils pouvaient avoir durant Juin, Juillet, et Aout. Soulevant les rideaux ornant les fenêtres, comme une douce brise aurait put le faire, Héméra venait de s'immiscer dans la petite demeure du Dévoreur de friandise, s'approchant à pas silencieux du pauvre matelas, dépose à même le sol, sur lequel Garm s'était endormi. La déesse primordiale du jour se glissa dans ses draps, l'enveloppant d'une étreinte soyeuse, avant de déposer ses divines lèvres contre celle du jeune homme. Ses paupières affrontèrent quelques secondes la clarté du jour, alors que son corps, lui, cherchait à se blottir d'avantage dans les bras de la divinité. Il lui adressa un tendre et adorable sourire, un léger gémissement naissant dans sa gorge. Les pétales d'amour de la créature du ciel s'approchèrent des oreilles du journaliste, murmurant en un soupir : "C'est l'heure idéale pour aller acheter quelques sucreries, tu ne penses pas, Garm?". Les paupières du garçon s'ouvrirent alors subitement, alors qu'il se redressait, pris d'une énergie aussi intense que nouvelle. La confiserie ouvrirait ses portes dans quelques minutes, il aurait le plus grand choix possible en étant le premier client de la journée! Il enfila alors un jean, avec le premier pull qui se présentait à son regard. Pas le temps pour prendre un petit déjeuner, tout juste pour prendre la caisse au trésor de cuir où il gardait précieusement tous ses petits sous. Il accourut dans la rue, omettant de fermer la porte de son logis à clef. S'élançant, il prit de la vitesse en courant aussi vite qu'il le pouvait, jusqu'à arriver, haletant, face à la porte de son magasin fétiche. Le panneau "ouvert" venait tout juste de se tourner. Il franchit le seuil de l'établissement, saluant correctement la propriétaire de cette boutique, avec un franc et enfantin sourire ornant ses lèvres, encore empreinte du baiser du jour. 

__Il ressortit quelques minutes plus tard, un peu moins d'une dizaine, les bras chargés de poches contenant un trésor bien plus grand encore que les ronds de métal qu'il avait donné en échange pour les obtenir. Sa gourmandise ne pus attendre d'être rentré chez lui pour porter un chamalo à sa bouche, et de l'avaler en prenant à peine le temps de le mâcher. Prêtant attention à ne rien faire tomber, il marchait lentement pour retourner en son nid, et nourrir son envie de sucrerie. En son sillage prédominait l'odeur envoûtante des bonbons et des confiseries. Alors qui enfouissait à nouveau sa main dans un des sacs, espérant en sortir de la réglisse, une nouvelle voix vient murmurer à son oreille. Et cette fois, ce n'était pas celle d'Héméra. Non, c'était celle de sa déesse, qui l'interrogeait : "Tiens, que se passe t-il sur la place publique?". Il tourna alors la tête, sans pour autant oublier de croquer dans une pâte de fruit. Il y avait foule... il semblerait que l'ensemble de la population d'Espérance s'était réuni. Une fête, si tôt dans la matinée?... Peut-être y aurait-il du chocolat chaud! Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il imaginait une belle tasse fumante, emplis de lait cacaoté. Il ne pouvait pas manquer cela! Il pressa alors son pas, afin de rejoindre le rassemblement de ses compères. Il s'introduit dans la foule, prenant toujours un soin particulier à ses achats du jour, surveillant aussi qu'on ne tente pas de lui en dérober. Il releva la tête, en entendant les paroles de Bird : "Que la lapidation commence!". Miséricorde! C'était aujourd'hui qu'elle devait faire amande honorable devant la population du petit village. Une pierre s'envolait, suivis d'une autre, s'abattant impitoyablement sur le corps fragile de... Sujin? Ainsi c'était elle, la terrible Miséricorde? La bouche de Garm s'ouvrit de surprise, alors que ses doigts glissèrent entre ses lèvres un bonbon acidulé. Alors, c'était Sujin qui se cachait derrière l'être qui tourmentait le bon déroulement du Rêve? Sujin était Miséricorde?... Et elle était condamnée à la lapidation, avant d'être pendus devant tous ceux qu'elle avait torturé?... 

__Une main se posa sur l'épaule du glouton, qui fut pris d'un léger sursaut. Il tourna la tête, et reconnus Midas. "Blanche vas parler. Tu acquiesces. Tu approuves. Je veux entendre ta voix." Le seul réflexe de Garm fut de resserrer son étreinte sur le panier qu'il tenait, afin de s'assurer que le blond n'essaye pas de lui dérober ses fabuleux bijoux de sucre. Blanche allait parler? Il ne comprenait plus rien. Tiens, et cette fille qui semblait glisser entre les arbres de cette forêt humaine, entrainant un gamin avec elle... Garm la reconnaissait. Il s'agissait là d'Acedia. Ainsi, elle n'était pas éternellement condamnée à être statue de marbre sous le poids de sa paresse? L'odeur rêvée du chocolat chaud devenait effluve agressive de souffre... Et elle ne provenait pas seulement de la mise à mort de Miséricorde. Garm reniflas quelques fois... Non, ce n'était pas du souffre. C'était... c'était... de l'huile?! Alors qu'il parvint à mettre un nom sur cette senteur nocive, les quelques dernières ombres, vestiges de la nuit disparue, s'écartèrent sous le poids d'un troupeau de chevaux de feu, chevauché par des chevaliers incandescents, obéissant au roi tyrannique du brasier. L'échafaud fut le premier à essuyer les assauts de cette armée de flamme, et, seul en ce royaume de bois et de mort, Sujin s'apprêtait périr sous les épées, les lances et l'acharnement des soldats ardents. 

Tigre, Tigre, feu et flamme,
Dans les forêt de la nuit,
Quelle main ou quel œil immortel,
Put façonner ta formidable symétrie?

Dans quels abîmes, quels cieux lointains,
Brûla le feu de tes prunelles?
Quelle aile osa y aspirer?
Quelle main osa saisir ce feu?


__La panique pris le dessus sur la Curiosité. Bien qu'admirant, figé sur place par la surprise, le ballet des danseuses de feu, Garm finit par se fondre dans le troupeau d'enfant, qui se dispersaient face au bûcher, et au danger qu'il représentait. Dans sa fuite, prenant également ses jambes à son cou, il laissa tomber une poche de chamalo par terre. A l'odeur de la chair carbonisée ce mêlerais peut-être celle des sucreries, et rendrais l'atmosphère plus douce...

Quelle épaule, quel savoir faire,
Tordirent les fibres de ton cœur?
Et quand ce cœur se mit à battre,
Quelle terrible main? Quel terrible pied?

Quel fut le marteau? Quelle fut la chaîne?
Dans quel brasier fut ton cerveau?
Sur quelle enclume? Et quelle terrible étreinte,
Osa enclore ses mortelles terreurs?

Quand les étoiles jetèrent leurs lances,
Et baignèrent le ciel de leurs larmes, 
A-t-il sourit à la vue de son œuvre?
Celui qui fit l'agneau, est-ce lui qui te fit?


Journal de Garm
The Mímir's Foutain

« […] Ainsi, je me suis trompé. Dans le combat opposant le serpent à l'ange déchus, j'ai nommé Hermoni vainqueur, sans pour autant considérer la véritable nature du serpent. Ce n'était pas un cobra, je m'étais fourvoyé à son sujet. Il était Le Serpent, celui qui engendra le bannissement des deux premiers humains du jardin d'Eden. Nahash... Tapis dans une ruelle, à l’abri des regards indiscrets, j'ai assisté à l'affrontement des discours de Bird et de Blanche, cette jeune femme, aussi ravissante que terrible. Cette jeune femme, qui se fit porte-parole du groupuscule réunissant les sept Péchés. Cette jeune femme, qui se fit langue et bouche du Serpent-Malin. Qui croire? A qui faire confiance? Semblable au Mal du Siècle, les habitants d'Espérance perdaient toutes références, comme l'Europe avait perdus toutes notions lorsque l'on cessa de croire en Dieu. Et où cela finis par conduire le monde? A un conflit mondial... Espérance commence à rimer avec Décadence. [...] »

Tigre! Tigre! Feu et flamme,
Dans les forêts de la nuit,
Quelle main, quel œil immortel
Osèrent façonner ta formidable symétrie?
InvitéInvité
MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Mer 26 Déc - 15:56


Le feu faisait rage. Encore et toujours. Le feu avalait tout. Sauf la folie des Hommes. C'était un cycle interminable. Où on expiait le mal par les flammes. Tu le savais bien, Kaleoï. Parce que toi-même, tu avais allumé le feu lors de la fête de l'Oiseau. Tu avais réduit en cendres, ce très cher théâtre d'hypocrisie. Mais les planches de la scène qui se jouait ce jour-là étaient différentes. Elles étaient neuves. Tu avais lapidé la jeune Sujin. Et tu ne le regrettais pas. Elle méritait une punition. Mais tout tourna au désastre. Tout tourna dans le Feu.

Tu avais obtenu de l'Oiseau, des réponses à tes questions. Il t'avait tout donné. La Vérité. Tout. Et maintenant, tu savais à quel point il avait raison de la cacher aux habitants d'Espérance, Cette Vérité atroce, mordante, brûlante. Les flammes avalaient tout ce qui se trouvaient dans leur sillage. Ce feu était tellement réel. Et tu te souvins de cette nuit. Où tu étais morte dans les flammes. Oui, tu étais morte, immolée par la force purificatrice de ce feu. Puis, les restes de ton corps avaient été avalés par cet oiseau majestueux. Tu savais ce que représentait cette douleur. Mais. Vous n'étiez plus dans le Rêve. Tout cela était réel. Tu vis Bird qui sauvait la jeune Sujin, aidé d'Elmeraud. Et tu compris que tu avais fait le mauvais choix, dès le début. Bird n'était pas le despote que tout le monde pensait être. Il était plus que ça. Mais personne ne s'en rendait compte. Parce qu'ils étaient tous aveuglés par la suie qui maquillait leurs visages.

Au fond, tu n'avais jamais voulu la mort de Sujin. Seulement sa punition. Tu vis Blanche, l'une des Nahash, qui montait sur l'estrade. Son discours était acerbe, coupant comme une lame empoisonnée. Elle insinuait le poison, partout. Elle voulait décrédibiliser l'Oiseau, le rendre inoffensif, lui couper ses ailes pures. Elle voulait le lacérer. Kaleoï resta en bas, mais regarda la Couleuvre dans les yeux.

▬ Vous êtes les Nahash. Vous êtes les péchés capitaux. Elle regarda la place qui se consumait dans les flammes. Sauf que vous avez oublié une donnée essentielle, c'est qu'il existe aussi des Vertus. Elle se tourna vers l'endroit où avait disparu l'Oiseau. Et l'une d'elle est la Prudence. La plus importante d'entre toutes. Bird est la Prudence, pauvre idiote. Elle lui adressa un rictus de haine profonde. Et il ne manque que trois individus pour reformer le carré vertueux. Elle marqua une pause. Et j'aiderai Bird à retrouver les Vertus. Sur ce, elle fit voler sa cape, et dans la fumée brûlante, elle s'évapora. La fille aux étoiles, quittait le théâtre de Feu sans se retourner.


momento mori.
souviens-toi que tu vas mourir.

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MessageSujet: Re: [Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula... Aujourd'hui à 9:47


[Event condamnation de Miséricode] Et le tabouret bascula...

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