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[Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima]

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MessageSujet: [Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima] Ven 9 Nov - 23:37

Cela faisait plusieurs heures que Litanie parcourait en vain les allées d’Espérance dans l’espoir de trouver Bird. Certes, ce qu’elle avait à lui dire n’était pas particulièrement important, mais tout de même, il était incroyablement frustrant de ne pas le trouver. Et elle n’avait pas envie de rentrer chez elle sur un échec aussi cuisant. Passant une main rageuse dans ses cheveux, elle reprit la route, se dirigeant vers la fermette. La dernière personne à qui elle avait demandé où se trouvait le directeur lui avait indiqué d’un vague geste cette direction. Et ma foi, c’était bien la seule information relativement exploitable qu’elle avait obtenue depuis le début de sa quête.

Elle arriva finalement devant la bâtisse et la jaugea du regard. Eh bien, elle n’était pas sortie de l’auberge si elle devait retrouver Bird là-dedans. Agacée au possible, elle s’avança vers le premier être vivant qu’elle aperçut, lui demandant s’il n’avait pas vu la personne qu’elle cherchait. Un simple hochement de tête négatif lui répondit. Marchant un peu au hasard, elle passa près de l’enclos des animaux. Rien. A part des animaux, bien sûr, qui ne pouvaient pas la renseigner. Comment diable allait-elle le trouver ? Elle entra dans la fermette, frappant à toutes les portes et criant le nom du directeur, dans l’espoir un peu futile d’avoir enfin une réponse utile. Mais rien, toujours rien.

Elle ressortit à l’air libre, presque désespérée. Décidément, elle ferait mieux de rentrer chez elle. Elle verrait Bird un autre jour, tant pis. L’idée d’avoir passé une demi-journée complète à rechercher le directeur la fit grincer des dents. D’autant plus que le problème dont elle voulait lui parlait la handicapait dès maintenant. En effet, elle était venue de trouver pour lui parler des instruments à l’infirmerie. Enfin, plus râler que parler, d’ailleurs. Comment pouvait-elle s’occuper correctement de ses patients avec des outils aussi vétustes que ceux dont elle disposait ? Ses scalpels s’émoussaient à une vitesse alarmante. Elle en était même venue à les aiguiser elle-même à l’aide d’une pierre. Et ne parlons même pas de ses aiguilles à sutures, qui ne transperçaient plus rien. Vraiment, c’était un appel à un saignement général et collectif. Qu’il ne vienne pas se plaindre après si la moitié du village mourait d’hémorragie sévère.

Soudain, elle avisa une ouverture, qui menait probablement à la cave. C’était curieux, elle n’avait jamais vu cette entrée ouverte auparavant. Peut-être que Bird y était, sait-on jamais. Hésitante, elle se pencha en avant, tentant de distinguer ce qu’il y avait en bas. « Bird ? » Elle reprit d’une voix plus forte : « Bird, vous êtes là ? » Aucune réponse ne lui parvint. Apparemment, il n’y avait personne. Toutefois, une inquiétude lui tirailla l’esprit. Et si quelque chose lui était arrivé et qu’il était inconscient, seul, sans personne pour lui porter secours ? Légèrement anxieuse, elle se décida finalement à entrer et à inspecter les lieux.

Elle en eut le souffle coupé. Une collection impressionnante de bouteilles de vin s’alignait contre le mur, tandis que d’autres produits du terroir reposaient sagement de l’autre. Subjuguée, elle examina les bouteilles, se rendant compte qu’il s’agissait d’un alcool d’une extrême qualité. De même que les produits, raffinés et garantis naturels. Elle s’apprêtait à quitter les lieux quand une idée totalement insensée lui vint à l’esprit. Pourquoi ne pas profiter un peu du vin du directeur ? Une bouteille en moins, ça ne lui ferait pas de mal… De toute façon, il fallait bien qu’il la dédommage pour les heures qu’elle avait perdues à le chercher. Et quoi de mieux qu’une bouteille de bon vin ?

« Allons, Litanie, tu deviens complètement folle, ma parole » murmura-t-elle pour elle-même, autant pour s’empêcher de faire quelque chose de complètement inconsidéré que pour briser le silence pesant.

Elle jeta un dernier coup d’œil aux bouteilles… Oh, et puis, pourquoi pas ? Elle avait aussi le droit de s’amuser de temps en temps. Une seule bouteille, il ne se rendrait même pas compte de sa disparition. Décidée, elle attrapa la première bouteille qui lui tomba sous la main. Un excellent cru, d’ailleurs. Elle allait déboucher la bouteille quand elle se rendit compte que la perspective de boire seule, dans une cave, n’était pas des plus réjouissantes. Un sourire perfide vint étirer ses lèvres. Elle sortit vivement la tête par l’ouverture et héla une personne à proximité.

« Hey, ça te dirait de déguster le vin chéri de Bird ? »

Elle se fichait qu’il soit mineur ou pas, elle ne réfléchit même pas aux conséquences de son actes. Elle avait envie de profiter de l’absence du directeur et comptait bien parvenir à son but.

Spoiler:
 

[Voilà ~ Incrustez-vous comme vous voulez, répondez dans l'ordre que vous souhaitez, j'ai pas voulu vous imposer quoique ce soit]


Dernière édition par Litanie le Sam 10 Nov - 12:17, édité 1 fois
Elmeraud
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MessageSujet: Re: [Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima] Sam 10 Nov - 9:52

Pour Elmeraud, traîner aux alentours de la ferme était devenu une habitude. On l'avait souvent aperçu dans les parages ces derniers temps et pourtant, d'un coup il avait cessé. Aujourd'hui pourtant, il arpentait de nouveau la terre battue aux odeurs de crottins et de bêtes. Une soudaine envie de nostalgie peut être ? Se rappeler les temps passés où tout allait bien et où rien ne pouvait l'atteindre. Où elle était encore là, chaque jour qu'il partait la voir. Il les chemins boueux comme une âme en peine, se promenant sans savoir où aller, se dirigent dans l'instant sans avoir de destination précise. C'est ainsi qu'il arriva chez Bird. Un endroit peu opportun au vu des circonstances. Il n'avait vraiment aucune envie de le voir, ni lui ni aucun autre qui avait joué un rôle dans la disparition de son amie. En fait, sous son masque de marbre habituel, c'est tout Espérance que l'enfant fuyait. Il était amer, irascible, plus sadique que jamais mais il restait Elmeraud l'insensible.
Il hésita pourtant un instant à rentrer chez le Directeur. Jouer un mauvais tour était sa spécialité et le moins que l'on puisse dire c'est que les fourberies lui manquaient. Insensible certes mais taquin. Son côté instablement enfantin reprenait toujours le dessus sous des allures d'adultes lorsque le garçon se laissait faire, soit presque tout le temps. Il était de ces bêtes curieuses qui connaissaient leur nature profonde et ne la cachait sous des beaux atours que lorsque la situation s'y prêtait. Ils acceptaient leur plus grande noirceur sans rechigner, pire encore, ils l'affectionnaient. Mais l'idée même de mettre les pieds dans la maisonnette lui passa finalement. C'était un éclair fulgurant qui fait des dégâts puis repart. Cette fois il serait ignoré.
C'est alors que le petit blond remarqua une entrée, une porte de bois habilement dissimulée, ouverte et qui donnait sur des escaliers. "Passe ton chemin, passe ton chemin." La curiosité l'emporte toujours. Il s'approcha un peu, juste un peu, assez pour voir une femme sortir des ténèbres de la cave une bouteille à la main. Était elle bourrée ? Elle ne le semblait pas. Lorsqu'elle retrouva enfin la surface, le garçon la reconnu. L'infirmière. Que faisait elle donc là.?Il est vrai qu'Elmeraud avait entendu bien des rumeurs au sujet de Litanie et Bird, surtout après l'accident de celui ci lors de la chasse. On disait qu'ils s'entendaient bien, très bien même, et que la belle lui rendait parfois visite, mais jamais le garçon n'aurait imaginé qu'ils eussent ce genre de relation ou fasse ce genre de choses dans un endroit pareil. Enfin la femme s'approcha de lui et lui tendit le vin qu'elle tenait dans sa main, un grand sourire aux lèvres.

« Hey, ça te dirait de déguster le vin chéri de Bird ? »

Le jeune homme réfléchit un instant. Et si c'était une farce, un mauvais coup organisé par Bird qui se cachait là bas dans les tréfonds, perdu au milieu des vins pour voir quels enfants n'étaient pas sages, ignoraient la morale ou bafouaient l'autorité du Dirlo ? Prêt à les punir ? Non mon garçon, tu réfléchis bien trop. Visiblement cette femme était seule, prêt à faire main basse sur les trésors de l'Oiseau pour une raison obscure. Vengeance amoureuse ou simple coup de tête ? Quoi qu'il en soit, le blondinet empoigna la bouteille, l'inspectant avec minutie. Il était jeune certes, mais il s'était dévoré en un an tout le contenu de la bibliothèque. L'alcool il savait ce que c'était, il s'y connaissait même, du moins d'autant que les livres ont pu lui inculquer ce qu'ils savaient déjà. Il n'était pas lui même amateur de vin - allez trouver de l'alcool à Espérance ! - mais savoir que l'on tient entre ses mains un cru réputé donne toujours envi d'y goûter, quand bien même on aimerait pas ça. Il commença donc à débouche la bouteille et, une seconde avant de porter la boisson à ses lèvres, regarda la jeune femme.

- Si on se fait chopper je dirais que tu m'as forcé.

Puis il commença à boire.
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MessageSujet: Re: [Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima] Sam 10 Nov - 21:24

Encore un jour se lève sur...
Et si Espérance rime avec la planète France, la métrique ne convient cependant pas donc c'est un échec.

Taima, lui, ne s'était pas levé ce jour-là. Il avait laissé cette corvée aux bons soins des gamins du Foyer, ceux qui n'avaient pas assisté à la condamnation de Miséricorde et qui, par conséquent, ne pensaient pas que le soleil s'était comme terni depuis les événements de la place publique. Ce n'était peut-être qu'un sentiment subjectif, une impression personnelle, mais le village, aux yeux de l'Indien, s'était assombri. Un voile de cendres, celles du bûcher, paraissait recouvrir l'espace et le maintenir dans un ressenti amer. Alors le garçon avait traîné. S'était retourné dans les draps, à droite, à gauche, sur le flanc puis sur le dos. Il avait enfoui sa tête dans l'oreiller, le corps immobile et raide, imitant à la perfection un cadavre s'il n'avait eu le teint encore frais, plein de vie, et ce pouls régulier qui lui battait aux tempes. Il aurait voulu être un macchabée, juste pour ce matin-ci. Ainsi, il n'aurait pas entendu les pas des enfants dans les couloirs, leurs voix aiguës de si bonne heure. Il n'aurait pas humé ces effluves de brûlé qui semblaient le pourchasser depuis ça. C'était une odeur chaude, un peu âcre, qui s'insinuait jusque dans son sommeil. Depuis la mort de Miséricorde, il ne s'était pas rendu dans le Reflet, même pour pouvoir y savourer le calme revenu. Il ne voulait pas. Tout comme il n'avait pas voulu dormir dans l'infirmerie, après l'histoire du toit et les remontrances d'Elloy. Le monde de Morphée était devenu un lieu hostile, accablant, où tout semblait le pointer du doigt. Et pour couronner le tout, aujourd'hui, il avait le bas du dos qui le lançait terriblement dès qu'il faisait un mouvement. Un vieux relent de sa chute, sans aucun doute. Et pourtant il n'arrivait pas à rester en place, car il avait la sensation de distinguer encore plus nettement le décor et les détails de ce fameux jour lorsqu'il ne bougeait plus ; les images lui revenaient avec une clarté et une précision folle.
Après de longues minutes, Taima se décida à se redresser. Enfin, à ressembler un peu plus à un semblant d'homme. Au diable l'orgueil, il était seul dans sa chambre ! Personne ne pouvait le voir dans cet état semi-larvaire. Avec toute la lenteur du monde, il s'assit au bord de son lit, frémit en sentant le froid d'un automne bien avancé lui mordre les orteils et rabattit ses pieds sous les couvertures. Alors il tendit le bras pour saisir le fil de la lampe de chevet dans la pénombre, mais il eut beau plaquer sa main partout sur le bord de la petite table, il ne trouva rien. Contrarié par cette absence -un abruti lui avait-il joué un tour durant son sommeil ?- il se força à se lever, grimaça quand ses reins lui rappelèrent la dure vérité et attendit quelques secondes que ses yeux s'habituent au noir. Et quand enfin il buta dans un objet qui tomba au sol, il ne reconnut pas le son feutré de l'abat-jour habituel. C'était plutôt un bruit métallique, à l'instar d'un seau en fer qu'on vient de heurter, et un tintement de verre. L'Indien s'accroupit. Il distinguait mal certes, mais il concevait sans difficulté que sa lampe électrique, tout ce qu'il y a de plus banal, n'était plus une lampe électrique. On aurait plutôt dit une lanterne. Un de ces lampions portatifs, dont la partie centrale forme une poche de verre fermée au sommet et à la base par un cercle de fer, avec une fine anse modulable. Au fond, servant à la fois de socle et de réservoir, une minuscule cuvette remplie de kérosène. Taima fait passer ses doigts sur l'objet. Ce n'était pas nouveau, ces distorsions anachroniques, mais ça demeurait perturbant. Il allait devoir se procurer des allumettes, manquer de foutre le feu. Feu. Flammes. Brasier. Le bûcher. Non... Pas d'allumettes, ce n'était pas le moment.

Une seule solution, ouvrir les volets. Action qu'il effectua au ralenti, les yeux à demi-fermés et les cheveux en bataille. Les rayons du soleil lui brûlèrent la rétine sitôt entrés dans la pièce à travers l'embrasure des persiennes. Il était tard déjà. C'est alors qu'un pas décidé se fit entendre dans les couloirs de bois. Taima tendit l'oreille. Ça se rapprochait. Par réflexe, il coupa sa respiration, immobilisa le moindre de ses muscles et resta ainsi le temps d'analyser la situation. Il avait plus d'une fois utilisé cette technique lorsque, dissimulé dans une armoire, il lui fallait demeurer de marbre puisque le moindre souffle, le moindre frémissement, et le sixième sens des occupants de la pièce détectait l'intrus. Quelqu'un appelait Bird. Une voix féminine. Presque adulte. Il connaissait ce timbre pour appartenir à l'infirmière, une dénommée Litanie, qui avait certainement eu beaucoup de boulot ses derniers temps. Mais qu'est-ce que qu'elle venait faire à l'intérieur de la fermette ? N'était-elle pas censée vivre, manger, dormir dans son infirmerie ? C'était là qu'était sa place, non ?
Une fois qu'elle fut redescendu, l'Indien se risqua à sortir de sa chambre. Pieds nus, il posait ses plantes et ses voûtes avec une extrême délicatesse, comme s'il eut marché sur des oeufs. Ne pas se faire repérer. Parce que Litanie n'avait rencontré personne, le Foyer était sans doute désert, mais la méfiance prévalait toujours. Et puis au moment d'atteindre le rez-de-chaussée, il se stoppa net.

« Hey, ça te dirait de déguster le vin chéri de Bird ? »

Vin ? Ici ? Genre, du vrai de vrai, de l'alcool, 7,5% sinon plus ? Du beau rouge, fruité, rond en bouche ? N'allez pas croire que Taima n'ait jamais goûté une goutte de spiritueux. Dans les réserves, les débits de boissons sont légion, et les tenanciers pas très regardant sur l'âge des clients. Surtout que rien n'empêche d'envoyer un aîné aux emplettes pour qu'il ramène aux petits le précieux chargement. Et puis il y a les parents aussi. Pour un peu qu'on ait un père porté sur la chose, il est aisé de se procurer de la bière ou d'autres alcools, du plus basique au plus recherché, dissimulés en hauteur, ceux-là. Mais ça restait une surprise de découvrir que Bird avait sa propre réserve. Décidément, il cachait beaucoup de choses...
Tant pis pour la discrétion. Se faufilant derrière le blondinet qui l'avait précédé, Taima ne se gêna pas pour se dévoiler aux deux cachottiers. Là, présentement, il se fichait d'avoir affaire à la dame rouge et au gosse qui avait chouiné sur l'estrade de Miséricorde en réclamant qu'on ne tue pas sa petite copine. L'alcool, quoi. S'il avait su, il en aurait gardé une bouteille sous son lit lorsque la douleur était trop forte, histoire d'apaiser la tension dans son dos.

« Moi j'suis pas contre un p'tit verre... Fais passer. » lâcha-t-il avec un rictus.

Il s'empara de la bouteille que le gosse avait débouché avant d'en boire une lampée, avisa l'étiquette et, sans chercher à faire la fine bouche, la porta à ses lèvres à son tour. Le goût sucré, pourri et enivrant se répandit aussitôt dans son palais et dans sa gorge. Et la chaleur qui s'en suivit le long de l'oesophage le fit soupirer d'aise. Il tendit la bouteille à Litanie. Après tout, n'était-ce pas grâce à elle que ce trésor remontait à la surface ? Mais boire à jeun, n'était-ce pas le chemin le plus rapide vers l'ivresse ?

_________________


Merci Moineau ♥
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MessageSujet: Re: [Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima] Sam 17 Nov - 13:07

    Une affaire urgente, des Nahash à intégrer.

    L'affaire Miséricorde. Cela sonnait à la fois doux à ses oreilles, mais aussi comme une mauvaise farce. Ah Bird, cet oiseau incapable de voler au secours des siens en tant voulu, savait s'attarder sur des futilités après. Que son peuple se révolte, cela était de sa faute, pas celle de la Belle. Elle promettait un monde meilleur, mieux gouverné que celui de cette tête de piaf tout bon à déplumer et à donner en pâturage aux bêtes les plus affamées, si tant est qu'elle veuillent de cette viande avariée et fausse.
    Cependant, ce coup de génie de pyromanie avait suscité quelques questions et d'approbation au sein de cette communauté meurtrie par le mensonge et cette condamnée tout aussi horrifiante. Enfin l'Espoir se repose la nuit, laissant place aux rêves doux et innocents où la vie et la quête d'une vérité peut enfin prendre place paisiblement. Blanche se sentait fière, elle se disait que c'était grâce à elle, cette paix retrouvée, ce petit plaisir de vie enfin reprit. Certains habitants voulaient offrir leur aide futur, pas beaucoup, et en secret, mais c'était tout de même une victoire de taille pour la Belle. Petit à petit ils se rendront compte que vivre sous le joug doré de cet animal qui préfère sauver ses plumes plutôt que leur vie, ne servait à rien et les mettait dans un danger certain. Elle en avait parlé à Midas, et ses deux compagnes de chambres, maintenant, elle voulait annoncer la bonne nouvelle à son petit Indien, pour le mettre en courant.

    Elle se dirigea vers sa chambre, se glissant dans les couloirs, comme un serpent rampant gracieusement, ne faisant aucun bruit, aucun faux pas. Mais une furie passa, criant le nom de l'emplumé à gorge déployée. Elle haussa un sourcil et s'arrêta, s'attardant longuement sur le fait que Litanie cherche Bird, pressée. Dommage qu'elle ne puisse pas la convertir au Nahashisme. Elle leur aurait été tellement pratique, surtout si on supposait que Blanche mette du laxatif dans le café de Bird et qu'il aille voir la petit infirmière pour savoir ce qu'il se passe et qu'elle lui file, par une certaine « inadvertance » un cachet mortel ? La Belle soupira et la regarda s'éloigner, ainsi que Taima au loin. Elle avait dû penser à un bon nombre de mettre fin aux jours de Bird, se maudissant de ne pas avoir assez de courage pour passer à l'acte, réellement, et puis de toute manière, il était plus jouissif de le voir perdre son Royaume Utopique, plutôt que de le tuer et de se déclarer Reine. Non, Impératrice de l'Espoir.

    Elle secoua doucement la tête et se remit en route, longeant le mur pour les suivre à la queue-le-le, elle toujours en serpentant. On en héla un, puis Taima. Intriguée de tous ces mystères, elle s'engouffra silencieusement, fermant la porte derrière elle, et descendant avec soin les marches qui la séparaient de la réunion des alcooliques anonymes ! « Vous buvez du vin, à votre âge ? » se moqua-t-elle plutôt gentiment, intérieurement choquée de voir cette réserve qu'elle n'avait jamais soupçonné. Alors comme ça, ce stupide oiseau était alcoolique, ça ne l'étonnait même pas, ça aurait même pu avoir un caractère explicatif à son imbécillité.

    La Belle les regarda tour à tour et passa une main dans le dos de l'Indien, jusqu'en bas, d'un geste assez affectif. Malgré les apparences et l'orgueil de Taima qui pouvait lui sortir par les trous de nez, elle tenait à son petit groupe comme une mère à ses bébés. « Tout ça appartient à Bird ?... Et il ne partage même pas, quel égoïste, franchement » et puis, attendant la fin de la ronde alcoolique, elle attrapa la bouteille et amena le liquide sang à ses lèvres rouges. Qu'il était délectable de boire ce qui ressemblait à du sang...sang appartenant à Bird, bien évidemment.
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MessageSujet: Re: [Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima] Mer 21 Nov - 15:45

« Si on se fait chopper je dirais que tu m'as forcé. »

Elle étouffa un petit rire, avant de s’écarter légèrement pour le laisser entrer dans la cave. Au fond, elle se fichait un peu des conséquences. Bird avait une dette envers elle après tout. Enfin, en quelque sorte. Elle comptait bien en profiter pour s’en tirer sans accroc.

« Deal. »

Son sourire se fit plus fourbe lorsqu’elle vit d’autres personnes s’approcher, apparemment attirés par son apostrophe. Elle qui avait cru être discrète, c’était raté. Elle les détailla du regard une fois qu’ils furent tous à l’abri dans l’obscurité de la cave. Et sentit son cœur chavirer lorsqu’elle les reconnut.

Trois camarades de beuverie pour le prix d’un. Le jeune blond qui avait défendu Sujin – non Miséricorde – lors de son exécution, l’Indien qui avait endossé le rôle de bourreau pour un court laps de temps et la belle qui tentait d’ébranler Bird et de le jeter au bas de son piédestal. Il n’y avait pas à dire, c’était son jour de chance. Il ne lui restait plus qu’à espérer que personne d’autre ne les surprenne. Boire le vin interdit en compagnie de ceux qui œuvrait pour la destruction d’Espérance, c’était suspect. Vraiment.

Il était encore temps de faire marche arrière, de les laisser s’enivrer et de partir. Loin. Et vite. L’idée était tentante, mais n’était-ce pas elle qui avait initié le mouvement ? Le vin est tiré, il faut le boire. Elle finit par hausser les épaules, se disant qu’au fond, elle

« Vous buvez du vin, à votre âge ? »

Cette remarque lui arracha un rire sarcastique. Elle venait de remarquer qu’elle était la seule à être majeure, la seule à avoir le droit de boire. Et elle, supposément médecin et jeune adulte responsable, venait de les entrainer dans le tourbillon de l’ivresse sans le moindre remord. Savourons toute l’ironie de la situation. Autour d’une bouteille de vin bien sûr. Elle lui répondit avec malice et ironie.

« Et pourquoi pas ? Il n’y a pas d’âge pour apprécier un grand cru. »

Après que Blanche eut finit sa gorgée, elle attrapa la bouteille de vin et en but une longue rasade, à son tour. La brûlure de l’alcool le long de son pharynx lui arracha une légère grimace. Il était plus fort que ce à quoi elle s’attendait… Mais l’arôme de la boisson lui fit oublier la morsure de la liqueur. Elle tendit la bouteille à Elmeraud. Au fond, plus on était de fous, plus on riait, non ?

Oui, mais plus on est de fous, moins il y a de riz. Elle remarqua que le niveau d’alcool diminuait rapidement. Ils étaient partis pour boire plus qu’une bouteille, finalement. Se levant, elle se dirigea vers les bouteilles sagement alignées contre le mur. Prenant l’une d’entre elle, elle lut l’étiquette et laissa échapper un sifflement admiratif entre ses dents. Sauternes, Château d’Yquem. Rien que ça.

« Ça ne m’étonne pas, moi non plus, je n’aurais pas envie de partager une telle merveille. »

Ces mots étaient sortis d'eux-mêmes, sur un ton stupéfait. Elle revint vers les autres et s’installa à même le sol, ramenant ses jambes sous elle, deux bouteilles en main qu’elle posa en face d’elle. Autant s’installer confortablement pour la suite. Il n’empêchait qu’un certain nombre d’interrogations surgissait dans son esprit encore lucide. D’où venait tout cet alcool ? Il n’y avait pas de vignobles à Espérance, si ?
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MessageSujet: Re: [Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima] Lun 26 Nov - 20:05

Nahash.
Un nom bien venimeux ayant tôt fait de réveiller l'esprit endormit du jeune homme. Engeance empoisonnée, serpent cracheur de mort. Deux de ses adeptes c'était déjà de trop. Elmeraud connaissait leurs existences, trop bien même, pour y avoir été mêlé de prêt. Et encore aujourd'hui son sang appelait le sang, celui des ses ennemis, celui des êtres haïs. Suppôts de Satan, démons mangeurs d'hommes, c'était le bourreau qui, le premier, avait pointé le bout de son nez pour recevoir sa punition, puis la mante religieuse avait suivie, attirée par l’appât du gain. Jouir du malheur de l'Oiseau ? Cela semblait tentant. Elle semblait obnubilée par l'idée de faire souffrir le directeur au point d'oublier d'en être intelligente. La haine du garçon était réelle et vive, mais moins encore que son mépris vis à vis de cette femme, persuadée d'être toute puissante sans se rendre compte d'à quel point elle paraissait idiote. C'était sans doute là la différence entre ceux qui savent et ceux qui croient tout savoir.
Oubliant sa présence, il se hâta de noyer ses pensées macabres dans l'alcool. Un geste proche de celui d'un ivrogne, mais malgré son jeune âge, l'enfant n'en supportait pas moins très bien la boisson. Il n'en oublier pas des pulsions meurtrières, préférant simplement éviter de commettre un double homicide devant témoins. Jamais la vision de son amie brûlant dans les flammes qu'ils avaient déclenché - lui et ce jeune garçon arpentant les même couloirs que lui, chaque jour - ne disparaîtrait de sa mémoire. JAMAIS. Pas tant que sa soif ne soit assouvis en tordant le cou de ces malfrats, pouvant à loisir profaner leurs cadavres rampant à ses pieds, corps inertes qu'il prendrait un malin plaisir à sculpter, à torturer quand bien même ils seraient déjà mort. Ce soir là serait marqué d'un incendie de cris mêlé à la chair brûlée et au sang se rependant sur la banche neige. Alors oui, en cet instant où son petit coeur s'enflammait, il valait mieux qu'il reste inconscient un instant de plus, fut ce une bouteille à la main.
Mais sa bouteille on la lui arracha vite pour la faire tourner. Tant pis, déjà le liquide salvateur opérait, répandant sa voix sucrée, onctueuse et envoûtante dans chaque veine du gamin. Il entendait des voix se mêlaient, ne devenant plus guère au final qu'un immonde bourbier infâme de sons déformés, tirés des Grands Cauchemars et autres contes qu'on éloigne volontiers de l'oreiller. Les couleurs, pour celles qui ne se cachaient pas dans de sombres coins de cave, explosaient à ses pupilles dilatées comme autant de fleurs éclosant. Un peu perdu il aurait sans doute manqué de chuter s'il n'était pas encore en pleine possession de son esprit, quoi que vaporeux.

- Je vous laisse vous partager ça, je suis sûr qu'il y en a des bien plus intéressantes encore.

S'éloignant au plus vite du groupuscule qui manquait de l'étouffer, il les laissa seul profiter de leurs trouvailles tandis qu'il entamait sa propre chasse. Il s'y connaissait peu en alcool, et était loin d'être un amateur. En revanche, il devait bien avouer apprécier les effets mortels qu'ils procuraient sur son organisme. Loin derrière les étagères remplis, il empoigna un bouteille, puis une autre et encore une autre, et dans un petit coin de pierre fraîche, posa ses fesses par terre en débouchonnant le vin avec entrain puis portant un goulot puis un autre et encire un autre, à ses lèvres.
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MessageSujet: Re: [Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima] Mer 28 Nov - 22:23

Le code de la route stipule qu'à jeun, il faut une demi-heure pour que les effets de l'alcool se ressentent pleinement. Il y avait donc de quoi discuter avec calme et sagesse pendant encore un bout de temps avant que la beuverie n'arrive à son comble, du moins pour les jeunes anatomies qui n'avaient pas respecté la sainte trinité des trois repas par jour et cette exclusivité française du petit déjeuner.
Mais voilà que Blanche avait fait son apparition, princesse de conte de fées, pour rajouter une auréole vicieuse à cette vineuse réunion. L'Orgueil et la Luxure. Deux vanités pour un jeu commun. Cela ne semblait pas déranger l'infirmière qui lâcha un léger rire suite à la question de la demoiselle. Taima, lui, n'apprécia pas que cette dernière posât sa main sur ses reins souffrants. Est-ce qu'elle savait ? Est-ce qu'elle avait volontairement fait glisser ses doigts jusqu'en bas de son dos pour le sentir se crisper à ce contact ? Non, impossible. Elle n'avait pas assisté à la bagarre, elle n'avait aucun contact avec Elloy -autre que schizophréniquement parlant- et surtout, l'Indien avait pris soin de ne parler à personne de cette mésaventure. Alors il prendrait sur lui pour que cette réalité-là n'éclate pas au grand jour. Il était un homme, merde. Qui sait ce que la Nahash pourrait faire en apprenant cette nouvelle ; le taquiner, l'humilier, manipuler l'auteur de ses maux avec son charme ? Il règlerait les éventuels débordements seul.
Alors il attendit qu'elle se détache d'elle-même, ce qu'elle ne tarda pas à faire, et il put enfin revenir à ses agneaux. La gnôle passait bien d'ailleurs, très bien même. Le gosse était ravi à l'idée de devoir déboucher plus d'une bouteille, même s'il ne se sentait pas d'en finir une à lui tout seul contrairement au blondinet qui était parti bouder dans son coin. Il n'avait pas dû encore digérer qu'on brûlât sa copine. Compréhensible mais ô combien rébarbatif. Un caprice, voilà tout. Il l'oublierait bien assez tôt, une fois qu'il aura assimilé le fait qu'elle était une peste, une criminelle, une bâtarde qui ne méritait que son châtiment.

Taima s'assit en tailleur auprès de Litanie. Ou plutôt, auprès des deux nouvelles bouteilles qu'elle venait d'apporter. Laquelle choisir ? La plus jolie robe ? Il songea qu'il ne fallait pas se laisser berner par les apparences, si bien qu'il saisit au hasard la plus proche de lui. Au pire, ils feraient tourner et il aurait l'occasion de goûter à tout.

« Laissons les mioches bouder dans leur coin et explorons la caverne de l'oncle Bird... »

D'un coup de dents, il fit sauter le bouchon du vin et le cracha à ses pieds avant de respirer les vapeurs éthyliques. Sans grâce, sans délicatesse, il but plusieurs gorgées d'affilée, si vite qu'il laissa une goutte lui couler sur le menton, qu'il essuya une fois la bouteille reposée. Le poison délicieux s'infiltrait dans son corps avec une lenteur féroce ; le garçon se sentait de mieux en mieux avec cette chaleur au fond du gosier. Ce n'est qu'à ce moment qu'il percuta sur le fait qu'il était le seul gosse du Foyer.

« Je suppose que cette découverte est juste hasardeuse, donc pourquoi êtes vous là, tous ? »

C'était un peu... oppressant malgré tout. Certes, la question aurait trouvé sa place à la perfection dans la bouche d'un mec déjà soûl qui vient de capter qu'il est entouré d'étranges personnes dont il ne comprend pas les motivations. Il ne s'agissait pas de cela pour l'instant, l'Indien ayant encore toute sa tête -jusqu'à preuve du contraire. Néanmoins, il était rare que des enfants extérieurs à la fermette s'y rendent sans explication précise, sans volonté de voir Bird le plus souvent. Pour Litanie, il pouvait envisager le fait qu'elle vienne s'assurer qu'il se soit bien rétabli de ses divers bobos de dirlo casse-cou. Mais pour les autres... Blanche avait-elle quelque chose à dire à son sbire vaniteux ? Un quelconque plan d'attaque pour imposer davantage sa domination ? Et le blondinet qui faisait son solo, qu'est-ce qu'il venait faire par ici ? N'était-il pas censé noyer son chagrin dans les draps de son lit, à l'internat ? Pourquoi Midas ne lui avait-il pas réglé son compte une bonne fois pour toutes ? Laisser un mioche pareil en liberté ne ferait que mettre des bâtons dans les roues du groupe vicié. Ivre, il devrait être encore plus geignard que sobre.
Taima posa son regard terreux sur les deux dames autour de lui. Qu'auraient-elles à lui fournir comme réponse ?

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[Gage] Partons à cheval sur le vin pour un ciel féérique et divin [Elmeraud, Blanche, Taima]

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