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Visite de courtoisie entre deux aveugles [ Spleen & Elmeraud]

Elmeraud
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MessageSujet: Visite de courtoisie entre deux aveugles [ Spleen & Elmeraud] Lun 19 Nov - 20:29




Espérance n'était pas un grand village. Le mot même de village incitait à un espace réduit, aussi en faisait on le tour rapidement. Une fois que la cloche de fin des cours sonnait, on voyait pourtant déferler dans la cours de l'école une foule de gamins en pagaille, tout joyeux d'être enfin libérés de leurs obligations. Si chacun vaguait à ses obligations, beaucoup descendaient la grande rue menant au bourg, se laissant aller au lèche vitrine où à la paix d'une chaleureuse atmosphère autour d'un bon chocolat voir d'un soda pour les plus réchauffés.
C'est toujours en fin d'après midi qu'il se passe quelque chose ... ou pas. Elmeraud suivait, tout simplement, entraîné par le flux incessant des étudiants excités à l'approche du weekend, agrippé par ses "copains" qui l'écartaient à chaque fois de ses loisirs habituels. Enfin les commerces laissés derrières, ils arrivèrent sur la place déjà bien envahi. D'une oreille distraite le garçon écoutait. Il entendait le bruit de voix, parfois adressées à lui, puis il fermait les yeux et visualisait la fontaine qui s'écoulait lente et majestueuse dans son dos, tandis qu'un léger chant d'oiseaux effleurait ses oreilles. Il se laissait ainsi bercer par le souffle léger et l'ambiance délicate du lieu, vite ramené hélas à la réalité par les bruits envahissants du chahut désagréable d'une foule trop encombrante. Il se leva alors lassé, puis de sa plus belle voix, de son sourire le plus charmeur, planta là ses amis avec un superbe "désolé les mecs, je vous laisse j'ai un truc à faire. " Quoi de plus courant comme excuse ? Mais qui aurait osé insister pour garder sa présence en ces lieux depuis les derniers faits ? Personne, cela ne faisait pas un pli. Aussi tourna t il les talons sans attendre plus de réponses et de sa démarche la plus insolente entreprit un détour par les maisons à colombage. Au moins se donnait il la peine de faire semblant rien qu'un chouilla. Un détour n'était rien dans tout une vie, et valait mieux que des journées qui se répètent semblables. Toutes ces personnes n'en ont elles jamais marre ? Pas même un quart d'entre elles n'ont vu ce que lui a vu, ne savent ce qu'il sait. Elles perdent lentement leur intérêt, leur goût, leur curiosité.
Tout n'est plus que cendre autour de lui.
C'est alors qu'une silhouette familière, inattendue, entre dans son champs de vision. Afféré à la tache, seule et féminine, son visage était l'un des premier que le garçon vit à "sa naissance". Comment aurait il pu l'oublier ? Son arrivée à Espérance correspondait pour lui à ses premiers jours d'existence. De plus, il l'avait revu plusieurs fois, la jeune fille pareil à une mère lui apprenant à parler, gravant ainsi sa tête dans son esprit troublé qui supprimait bien vite les personnes sans importance. Et... c'était tout. Il ne l'avait pas épié, pas poussé à bout, n'avait pas cherché à la connaitre ni à voir tout ce qu'elle avait à lui offrir. Contrairement à ce qu'il avait fait d'innombrables fois par la suite. En bien comme en mal. Sans doute émettait il une certaines prudence quand à cette femme qui l'avait vu sous son jour le plus brut. Elle l'avait connu à ses débuts, sortant à peine du cocon, vide et fade. S'il était toujours cette personne, il développait peu à peu des caractéristiques peu plaisantes et un jeu d'acteur redoutable. Se laisserait elle prendre au jeu ? Pareil à un mauvais serpent, devenu voisin du garçon, cette question s'installa ronronnante dans son esprit, repassant régulièrement, vipère tournant en rond dans sa tête creuse. Amorphe, il se laissa guider tel le pantin qu'il était, et activé par des fils dont on ignore le marionnettiste, il s'avança dans la petite boutique de livres, dessinant sur ses lèvres un sourire poli qui convient à des retrouvailles après plusieurs mois. Surtout qu'il ignorait encore si elle se souviendrait de lui, ayant vu passer bien d'autre marmots, et ne préférant pas se mouiller pour de la poussière. Prudence est mère de sûreté.
Ça sentait le cuir traité, travaillé manuellement et du fils traînait de ci de là. Le jeune homme savait qu'il était avant tout au seuil de la maison de Spleen aussi s'adossa t il contre le mur et frappa contre la vitre, bien que déjà à l'intérieur de la demeure. En guise de salut il lança nonchalamment un simple: "Hey" comme si elle et lui étaient des amis de longues dates.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie entre deux aveugles [ Spleen & Elmeraud] Mer 21 Nov - 21:56

La vie se résumait cette insipide existence, trop confortable. Et pourtant assez trépidante, depuis l'aventure de Miséricorde, tandis que le système social d'Espérance se craquellait lentement mais sûrement. Cependant, Spleen était bien trop affairée pour constater la situation, entre un livre qu'elle créait et qui l'absorbait beaucoup, et l'apprentissage de l'Espéranto aux nouveaux arrivants, qu'elle avait l'habitude d'accueillir avec un sourire chaleureux étonnamment crédible. De toute manière elle s'était toujours contentée de ce qu'elle avait, et qu'importe ce qui pouvait lui arriver, rien ne pouvait jamais troubler son bonheur.
En cet après-midi, alors que l'heure était déjà plutôt avancée mais que le soleil persistait, la demoiselle était occupée à finir de coudre la couverture d'un de ses livres. Alors on l'interpella, une voix décontractée, qui appartenait sûrement à la personne qui venait de toquer à la porte. Spleen leva simplement la tête. Comment ne pas reconnaître ces yeux ? Aujourd'hui, ils oscillaient entre un vert d'eau et un bleu turquoise, mais d'ordinaire la couleur était plus instable, un mélange confus de teintes délicieuses qui se partageaient les pupilles de cette poupée de porcelaine. Ils ne s'étaient jamais connus, néanmoins. Plutôt croisés, pour emprunter des routes différentes. À cette époque, l'étincelante émeraude n'était pas encore polie, et avec cette forme de minéral brut elle ne séduisait pas autant. Mais Spleen en avait fait un habitant d'Espérance, lui apprenant la langue et comment vivre. C'était assez paradoxal : l'un et l'autre se connaissaient mieux que quiconque, Elmeraud pour avoir vu Spleen de nombreux jours dans son intimité, alors même qu'elle était prise d'une crise d'angoisse due à des réminiscences, et Spleen avait vu Elmeraud alors qu'il n'était qu'une poupée désarticulée dont on avait retiré le mécanisme. Elle n'avait pas oublié, mais l'avait laissé partir sans jamais regretter, ne se doutant même pas qu'il se souvenait d'elle.

Elle lui adressa un sourire. Quelque chose de faux, mais d'infiniment amical. Après tout, elle était passée maître dans l'art des artifices en tout genre. Bien sûr, elle était heureuse de cette compagnie innatendue, mais il était inutile de le montrer. Autant lui donner une contrefaçon de sourire, plutôt que de lui faire le précieux cadeau d'un vrai.
    « Bonjour, Toi. Ça faisait longtemps. »

"Toi". C'était implicite, évidemment.
    « Je te manque donc, pour que tu viennes me voir comme ça ? »

Spleen ne connaissait rien de ce garçon au joli minois qui lui faisait face. Rien, alors qu'avec lui elle avait presque tout partagé, à une époque, quand elle s'était occupée de lui.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie entre deux aveugles [ Spleen & Elmeraud] Sam 24 Nov - 23:40

Un sourire amical, feint certes, mais présent malgré tout, se dessina sur les lèvres de Spleen à la vue du garçon. Le jeune homme savait reconnaître un vrai d'une contrefaçon, il était lui même un maître dans l'art de tromper, aussi fut il un peu surpris de découvrir ici les talents d'illusionniste de la jeune fille. Et très vite, il se demanda les raisons de ce masque. Elle n'éprouvait sans doute pas d'animosité à son égard, pourquoi donc jouer à ce jeu ? Mais sa voix, elle, semblait plus sincère, moins aisée à modifier sans doute, aussi cessa t il de se poser des questions sans réponses, elle faisait bien ce qu'elle voulait après tout. Un léger tutoiement implicite restait malgré tout, créant distance et proximité dans la conversation. Un situation qui se prêtait fort bien à la nature opaque de leur relation. Elle ne l'avait pas encore appelé par son prénom, lui non plus d'ailleurs, laissant ainsi planer le doute sur leurs souvenirs. Un jeu amusant qui fit sourire l'enfant, il se prêterait à la farce après tout.
Il avança un peu dans l'antre - qu'elle lui ait répondu était comme un accord à entrer- laissant sa main parcourir quelques étagères de livres.

- En fait je passais juste dans le coin, annonça t il avec un grand sourire. Je t'ai vu alors je me suis dis, pourquoi pas ? J'ignorais en revanche que tu te souviendrais de moi.

D'un coup il sembla vieillir. Perdu toutes ses années d'enfance, brisées, envolées en fumée. La même fumée, le même feu qui avait détruit sa vie sans remous à Espérance. Changer un bout du gamin, à l'intérieur. Un brisure encore plus profonde, incapable d'être réparé ou bien au contraire un début d'une guérison longue, fastidieuse et extrêmement douloureuse ? Il était encore trop tôt pour vraiment savoir. Épuisé, il s'assit sur une chaise, pareil à un vieux papi jouant aux boules. Sa vivacité d'il y a quelques minutes ? Il était aussi simple de la faire apparaître que disparaître, et c'était bien ce qui rendait cette partie d'autant plus intéressante. Il devait illustrer ses propos, ces mots qu'il souhaitait dire pour faire avancer le jeu, non pas avec des gestes mais avec tout son corps jusqu'aux moindres orteils.

- Je... je me sens un peu seul ces derniers temps.

Il enroula ses jambes autour de ces bras et entreprit de regarder dehors.

- J'ai besoin de réconfort.

Et dans ses quelques phrases il avait mis toutes la détresse, le chagrin dont il était capable, faisant briller sa demande de chat abandonné d'une sincérité réaliste.
Nul n'était ici sans ignorer le rôle qu'il avait jouer dans l’exécution de Miséricorde. Ses actions ainsi que sa relation avec elle. Quand on y regardait de plus près, la situation d'Elmeraud devait sans doute ressembler à celle d'un célébrité. En bien ou en mal, très peu ignorait maintenant qui était l'enfant, quand bien même ils s'en foutaient ou n'avaient pas assister à la scène. Les rumeurs dans un village aussi petit se répandaient plus vite qu'un incendie, et pour en avoir vu un vrai de ses yeux, il savait bien de quoi il parlait. Pour certains il était l'allié du Diable, pour d'autres la victime de la Sorcière, victime d'un sortilège de charme qui lui avait fait perdre la raison. Et puis il y avait tous les autres qui avaient jeté la pierre, qui se contentaient de faire acte de présence, de vivre et c'était tout. Ils n'avaient pas souffert, leurs vie restaient fidèles à ce qu'elle étaient avant. Ils ne se rendent compte du mot abomination que lorsque celui ci les touche de plein fouet. Dans la guerre qui opposait Bird au Nahash, ils ne prendraient pas parti. Elmeraud lui, n'avait pas le choix en revanche, son sang hurlant réparation à chaque mention du groupuscule. Et Spleen, elle, quel serait son camp ? Dans quelle catégorie pensait elle se placer ? Si le gosse en avait une vague idée, il préférait la vérifier.

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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie entre deux aveugles [ Spleen & Elmeraud] Jeu 6 Déc - 21:55


Et il a un sourire. Une sorte de lumière à tordre les entrailles, tellement il a quelque chose d'insignifiant mais d'étrange, sur ce visage que Spleen avait connu intimement. Mais pas comme ça. De loin, elle le voyait sourire, quelquefois, mais elle n'avait pas constaté d'aussi près le changement de l'émeraude, qui s'était en fait sublimé peu à peu après son départ. Pour chasser l'amertume qui pourrait s'immiscer dans son coeur si elle ne fait pas attention, alors elle se concentre sur cette seule pensée : Elmeraud avait réussi à s'épanouir, et le fait qu'il ait pu le faire après seulement l'avoir quitté n'étais pas un problème, elle avait réussi son travail, à savoir lui apprendre l'Espéranto et l'intégrer. Le garçon semble se sentir chez lui, promène son regard et sa main sur les étagères pleines de livres -ses trésors. Il se retourne et lui sourit, et face à cet inconnu elle rougit légèrement, parce qu'il paraît qu'elle est censée le faire lorsqu'un beau garçon lui adresse ce genre de démonstration. Elle n'a même pas besoin de beaucoup se forcer.
Le blondinet lui explique la raison de sa venue, c'est quelque chose d'inutile, de si peu important qu'elle se laisse faire, se plaît à être ainsi caressée dans le sens du poil. Elle sait qu'elle devrait aller chercher les réponses plus loin, car celle qu'il donne est incomplète, quasiment impossible, mais finalement, être bercée de mensonges ne la dérange pas. Lui dit qu'il n'imaginait pas qu'elle se souvienne de lui, mais Spleen se souvient de tout, du moment que ça n'appartient pas à son Avant.
Elle regarde son ancien petit protégé, qui s'affaisse soudain tandis que son regard se fait vague. La tristesse fait jour, et elle la reconnait sans la comprendre, tandis qu'Elmeraud se recroqueville tel un nourrisson.

    « Je... je me sens un peu seul ces derniers temps. J'ai besoin de réconfort. »

Alors c'est un appel de détresse ? Il paraît que lorsque quelqu'un est triste, on lui apporte de la chaleur, on l'embrasse et on le console. Spleen sait bien ça, et elle s'approche, une expression compatissante sur le visage, soucieuse. Une impression étrange s'empare d'elle, mais elle la réprime, habituée. Avec un soupir, la jolie demoiselle prend le garçon d'à peu près son âge (ou peut-être plus jeune) dans ses bras, et le serre doucement, comme si ses membres étaient le dernier rempart contre la bêtise du monde. Alors même qu'elle ne voit que la joie et ne comprend pas. A sa propre surprise, elle se met à pleurer silencieusement. Une larme, et puis deux. Sans rien ressentir.

    « Je suis désolée... »

Spleen caresse les boucles blondes du garçon, le fait profiter de la chaleur de son corps et se nourrit de son odeur fraîche. Elle reste longtemps ainsi, et au fur et à mesure elle se met à pleurer de plus en plus, mais comme une femme, en silence et gracieusement, parce que c'est ce qu'on doit faire, il faut donner cette image de perfection et de gentillesse associées. C'est presque un jeu de séduction inconscient, puisque son but est avant tout d'être crédible. Mais il faut aussi ne pas succomber, ne pas se sentir touchée par les paroles de l'émeraude étincelante, dans son écrin de satin qui la sublime, cette tristesse attirante. Et il y a cette foutue sensation qu'elle n'arrive pas à faire partir, ce malaise au fond d'elle, presque physique, elle n'arrive pas à déterminer si c'est la présence de l'adolescent ou quelque chose de plus profond qui la secoue. C'est pourtant bien là. Elle aimerait lui dire de partir, loin, le temps pour elle de se remettre, mais son habitude si bien ancrée de toujours paraître l'image de la délicatesse la tiraille, l'oblige à rester là, à le prendre dans ses bras graciles de poupée.

Et après il est trop tard pour faire marche arrière. Elle sait qu'elle va débiter des mensonges, au mieu des semi-vérités. C'est son travail, de s'occuper des nouveaux. Il n'y a aucune raison pour qu'elle se soit attachée à Elmeraud, même si son caractère, ou plutôt son absence de celui-ci, à ses débuts, lui rappelait sa propre arrivée, ses réminiscences, ses peurs qu'il a fallu dompter. La russe se laisse aller à se souvenir des débuts du blondinet, tout en jouant avec ses mèches dorées, et se surprend à penser que c'est si loin, au fond. Et son malaise prend des proportions énormes, tout d'un coup, au point qu'elle pourrait presque suffoquer. Ce n'est pas ça, ce n'est pas de la faute d'Elmeraud.

    « Psychorigide. »

Il sonne durement, ce mot. Un peu trop aux oreilles de Spleen. Il résonne, affole son cœur, désaxe les pulsations, les rend désordonnées. On a du lui jeter cette pique auparavant, et elle est toujours là. "Psychorigide", c'est comme inhumaine. Alors qu'elle fait tout pour croire et faire croire qu'elle est si douce, si gentille, si compatissante. Elle relâche le garçon, comme si soudain elle se sentait sale, comme si elle ne méritait pas de l'approcher. Elle sourit tout de même, pour le rendre joyeux, tachant de se sentir heureuse. C'est une sensation difficile à décrire. Spleen sait qu'elle est heureuse, mais quelque chose cloche. Elle n'est pas parfaitement, uniformément joyeuse.

    « Tu sais... Il paraît que je suis insensible. » fait-elle en lui souriant, soutenant ses yeux semblables à des pierres infiniment précieuses.

Alors elle sent les larmes couler sur son visage, et elle les essuie machinalement. C'est fini, elle a arrêté de pleurer, même si sa gorge est un peu serrée, malgré le fait qu'elle essaie de faire partir cette sensation trop persistante. Elle ne sent déjà plus rien, imperméabilise ses émotions derrière le soleil éclatant qui est en elle et la rend joyeuse. Ses yeux sont encore brillants mais elle fait comme si de rien n'était, et prononce encore des excuses à l'intention d'Elmeraud, qu'elle murmure doucement, les joues rouges. Elle n'est pas bien présentable, pas en état d'être jolie et adorable. Pourquoi continuer ? Sous les yeux du garçon, son masque se fissurerait presque lentement, si on y fait attention.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie entre deux aveugles [ Spleen & Elmeraud] Sam 29 Déc - 10:50

Chaleur.
La chaleur d'une main tendue, la même qui bien plus tôt l'avait soutenue et éduquée au début de "sa vie". Dans ce contact réconfortant, Elmeraud se laissa glisser. Rien au monde ne peut être comparé au pouvoir des femmes, elles ont sur le monde, et sur le coeur des hommes sans doute, cette emprise que leur confère le sein maternel. Alors il ferma les yeux se faisant bercer par les soupirs et les mots qui portaient ici autant d'impact que les actes.
L'homme dans ses dernières faiblesses recherche la chaleur d'autrui pour éviter les froids. Lui aussi avait cherché cette chaleur, il y a longtemps, et dans la dérive de son esprit quelques souvenirs semblaient vouloir resurgir. Alors il ferma les yeux plus fort, se crispant presque. Son coeur n'était pas gelé, comme la pierre il était simplement dur et intemporel, aucune bonté ne serait un jour assez puissante pour le faire fondre. Il y en avait eu une, mais disparue désormais elle s'apparentait plus à un mirage. Il avait pleuré sa perte, hurlé même, et seul contre ce monde injuste il s'était senti désemparé. Mais aujourd'hui qu'il se trouvait enfin une épaule pour le soutenir, il n'en avait plus besoin, coincé qu'il était dans ses sempiternels jeux.
Une larme pourtant, juste une, dont l'arrivée humide dans ses mèches blondes indisciplinées lui fit relevé la tête le ramena à la réalité. Avait il blessé par mégarde celle qui l'entourait de ses bras protecteurs ? Mais plus d'un trait salé, d'autres s'écoulèrent, silencieux, il y avait dans ce torrent une certaine élégance. Les larmes ont toujours fait parlé d'elles, appelant à des dictons misogynes ou contredisant un proverbe pour un autre. Mais si Jacques Audiberti affirmait que les larmes de femme moisissait le coeur des hommes, Elmeraud ne pouvait confirmer cette hypothèse. Scientifiquement parlant, un coeur battant ne peut moisir, encore moins un coeur de pierre, et le jeune blond observant ainsi le visage aux joues roses de Spleen, se sentait plus apte à partager l'avis des espagnols: "les larmes des femmes valent beaucoup et leur coûtent peu." Il y avait eu une histoire à ce sujet, pourquoi les femmes pleurent elle aisément ? Pourtant de toute les femmes qu'il connaissait, Spleen était la première qu'il voyait pleurer, ou presque. Sujin l'avait fait, et par sa détresse elle avait marqué la mémoire de l'enfant, autant que son coeur.
Les larmes qui coulent sont amères, mais plus amères encore sont celles qui ne coulent pas.
Une phrase qui ne cessait de tourner en rond dans l'esprit du garçon. Quelqu'un l'avait dit, mais qui ? Elmeraud se trouvait il à ce point réceptif aux pleurs qu'il en avait essuyé de nombreux par le passé, une question qui ne trouverait sans doute pas de réponses, comme tant d'autre. Il se retrouvait là, simplement, à fixer le jeune femme. La femme en soi restait aussi un grand mystère que bien des poètes avaient cherché à percer, et somme toute il ne pouvait s'empêcher que s'interroger sur la nature de ces pleurs ou pointait une forme de détresse. Mais le fleuve se tarit tandis que la jeune femme, aux traits maternels et pourtant pas beaucoup plus vieille que lui, se détache de son étreinte et s'éloigne. D'un sourire elle semble vouloir éloigner le chagrin.

« Tu sais... Il paraît que je suis insensible. »

Des mots affolés, un retour à la parole plutôt brusque qui ne manquait pas de susciter l'intérêt. Insensibilité, voilà bien la seule chose au monde que le garçon connaissait sans jamais en avoir lu une ligne dans les bouquins. Spleen était intéressante. Si par cette phrase il avait été arraché à sa contemplation il n'en demeurait pas moins brûlant de curiosité. Le mal le plus profond dont chacun et doté nous dévore les entrailles jusqu'à nous faire hurler. Une image qu'il n'aimait guerre mais auquel il avait déjà goûté dans son désespoir platonique. Alors, tandis qu'elle essuyait ses yeux encore brillants, il lui saisit le poignet et déplia lentement le bras pour la regarder dans ses yeux. Il ne faisait aucun doute qu'elle avait perdue la partie, c'était une victoire pour l'émeraude mais il n'en retiré pas vraiment de satisfaction car si la comédie cessait un autre jeu bien plus captivant s'entamait. De son coeur figé qui se reflétait dans ses yeux, reflet de l'âme, il eut l'étonnante satisfaction d'en soutirer un sourire des plus chaleureux. L'homme dans ses dernières faiblesses recherche la chaleur d'autrui pour éviter les froids, avait il pensé plus tôt. D'une paume légère il effleura la joue humide de la fille et du bout du pousse essuya les dernières gouttes de peine.

- Je ne pense pas qu'une personne pleurant si ardemment pour une quelconque cause puisse être insensible. Crois moi j'en sais quelque chose.

[oh yeah fini O/ Je suis désolée TTATT je mettrais plus jamais autant de temps je promets O/ En fait j'avais déjà répondu mais j'ai perdu mon RP et ça m'a tellement dégoutté que j'ai eu la flemme après. ( pourtant j'étais assez inspirée ). Mais voilà c'est fait, au début je me disais roh la la je vais pondre du caca mais finalement je suis pas trop mécontente donc osef ! J'espère juste que ça t'iras aussi ^v^ ]
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