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Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis]

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Rei
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MessageSujet: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 6 Jan - 19:04

L'après-midi était ensoleillé, les rues étaient animées... la journée idéale pour faire son marché. Comme toujours, il y aura les ingrédients pour la fournée du lendemain et de quoi manger pour la soirée... et cette fois-ci, il devra également s'acheter un nouveau couteau. L'ancien s'est trop émoussé et a été brisé quand il a tenté de l'aiguiser. Oui, il n'était pas vraiment doué pour l'entretien des couteaux, tout le monde avait son point faible...

Ses achats n'ont pas été longs à faire : il savait précisément ce qu'il voulait et l'épicier lui mettait toujours les mêmes ingrédients de côté : farine, confiture, chocolat, levure, lait, crème, vermicelles, sucre... après, il n'avait plus qu'à choisir ce dont il avait besoin pour son usage personnel. Et c'est ainsi qu'il repartit avec deux sacs : deux sacs de nourriture bien chargé, l'un d'entre eux avec un couteau dépassant dangereusement du sac.

Comme souvent quand il allait faire ses courses et qu'il faisait beau, il flanait un peu, perdu dans ses pensées. Aujourd'hui, il repensait à cet homme venu dans sa boulangerie pour lui poser des questions sur sa vie privée. Ce mec l'intriguait vraiment. Il a eu le temps de se remettre de sa visite et donc a pu retrouver la saveur de ses pâtisseries, mais ça l'inquiétait malgré tout. Il n'avait toujours pas alerté Blanche, il devrait peut être sérieusement se mettre à sa recherche mais... et si l'homme l'épiait ? Il valait mieux se faire discret, oui, chercher discrètement sans mêler qui que ce soit à sa quête de son ange.

Une personne le percuta parmi la foule. Rei revint au moment présent sur le coup. Pas la peine de s'inquiéter pour le moment. Il repartira à sa recherche ce soir une fois que... Rei jeta un bref coup d'oeil dans un des sacs et se rendit compte que le couteau n'était plus la.


Oh non ! Pas encore !

Son ancienne mésaventure était encore bien trop récent pour qu'il l'oublie : une femme lui avait piqué un pot de confiture. Rei soupira et commença une fouille du périmètre. Il ne pouvait pas être bien loin ! Il a percuté l'homme il y a à peine 5 secondes, le couteau ne devrait pas être loin si c'est ça qui l'a fait tomber.

Les fouilles un peu désespérées commencèrent alors. Rei, gardant précieusement ses sacs avec lui, observait le sol autour de lui. Les passants gênaient quelque peu ses recherches et aucun ne s'arrêtait pour l'aider... comme toujours...
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Lun 7 Jan - 17:37

Ce matin Vernis s’était réveillée d’excellente humeur, d’autant plus que même pour un temps frisquet le soleil tapait fort. Elle était vêtue d’une robe de laine et de collants, ainsi qu’une veste et des chaussures plates, des bottines, pour aller se promener. Elle tournait en rond depuis une demi-heure et s’ennuyait à mourir. Assise sur le perron d’un magasin fermé aujourd’hui, elle fixait les passants en songeant à ce qu’elle allait faire par la suite. Elle ne souhaitait rien faire, hormis manger. Oh oui, son ventre gargouillait déjà. D’un pas rapide elle se leva pour arpenter la rue à la recherche d’un vendeur de gaufres. Elle n’en trouva point et, dégoutée, elle trouva une petite épicerie pour attraper des gâteaux fourrés au chocolat. En ressortant de la boutique elle ouvrit le paquet pour en enfourner un dans sa bouche. Le reste alla directement dans son sac. Heureuse de son achat, elle marchait tranquillement quand d’un coup, son regard tourna vers un objet brillant dans une poche. L’homme qui portait le sac était le boulanger du coin, elle l’avait déjà croisé plusieurs fois et l’avait vu regagner d’un pas rapide la boulangerie. Elle fit donc exprès de croiser le chemin du jeune homme et attrapa la lame, pour aller se cacher derrière un gros arbre dans le coin.

Un sourire aux lèvres, elle pensait. Elle avait une arme dans les mains, et elle la passa délicatement sur sa langue pour savourer le goût affreux du métal. Puis elle remonta une de ses manches et passa son index sur une de ses veines. Esquissant un mouvement de lèvres, ravie, elle saisit la lame avec fermeté et commença à s’entailler doucement. Quel plaisir immense elle éprouvait à chaque fois… Oh oui ! Au point qu’elle sentit l’adrénaline se sentir et elle se mit à courir à travers la foule pour se poster à côté de l’homme à qui elle avait emprunté sans permission l’objet de cuisine. Elle continuait de marcher à côté de lui en s’entaillant le bras puis, lorsque celui-ci s’arrêta pour la fixer elle fit de même et leva son regard vers celui de l’homme. Elle ne pouvait pas comprendre l’effet que ça faisait aux autres de voir quelqu’un se torturer. Elle prenait tellement de plaisir de le faire qu’il lui était nécessaire de ne prêter attention à ses gestes.

Elle stoppa la lame pourlécher le sang sur celle-ci, tout en fixant le gars droit dans les yeux. Elle souriait comme une idiote. Il devait certainement la prendre pour une folle, mais elle n’y faisait pas attention. C’est vrai que généralement quand on commence quelque chose de passionnant on a du mal à y renoncer si facilement. D’un geste sûr, elle déposa l’arme dans les mains du garçon pour s’entreprendre à passer le doigt sur mon bras, puis porter le venin rouge à ses lèvres rosies.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Lun 7 Jan - 17:59

Rien à faire, il ne retrouvait pas la lame... c'était la deuxième fois qu'il perdait quelque chose de cette façon. Pourquoi lui ? Bon ok, la première fois c'était une petite voleuse de confiture et la c'était juste le fait d'avoir percuté quelqu'un... pas vrai ?

Soupirant, il décida d'abandonner les recherches et rentra chez lui. Il ira acheter un autre couteau une autre fois. Ce soir, il n'aura qu'à manger un truc mou sans couteau et voilà.

A mi-chemin, un reflet attira son attention, juste à côté de lui. Le reflet d'une lame dans les mains de la jeune femme... le reflet du couteau qu'il venait d'acheter et perdre. Elle l'a retrouvé ? Et elle le lui rendait ? Tiens, il était un peu taché, non ? C'était... du sang ? Bof, elle a du s'entailler en ramassant la lame. Il va l'inviter à le suivre pour désinfecter ça et lui donner un croissant en remerciement.

Rei se stoppa en voyant son sourire alors qu'elle... léchait la lame... pour récolter le sang dessus... c'est alors qu'elle lui donna la lame et passa ses doigts sur la plaie pour récolter du sang et se les lécher.

C'était... malsain... très malsain...



Elle était folle !

Rei fourra la lame dans son sac et attrapa la femme par le poignet, direction la boulangerie. Pourquoi ? Bah il ignorait pourquoi. Il avait juste en tête l'idée qu'il valait mieux désinfecter ça et la renvoyer chez elle. Visiblement, cette femme était sérieusement atteinte. La laisser au milieu de la rue n'était pas une bonne idée. Il valait mieux faire appel à un médecin et diagnostiquer ses problèmes pour qu'elle soit prise en charge... il y avait un médecin à Espérance ? Il espérait que oui.

Il n’arrêtait pas de penser à l'expression de bonheur béat qu'elle affichait quand elle lui avait rendu le couteau ensanglanté... brrr... sur le coup, il avait cru rêver mais vu la manière dont elle s'était léché la plaie, ce n'était pas son imagination.

Arrivé à la boulangerie, il l'installa à une table et griffonna en vitesse un mot


Restez ici, je vais chercher la trousse de pharmacie

Et il partit en vitesse chercher la fameuse trousse dans les cuisines, abandonnant son sac de course et la lame au passage... oui, il était un peu concon sur le coup.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Lun 7 Jan - 19:38

La réaction ne se fit pas attendre. Attrapant rapidement d’une main la lame pour l’enfourner dans son sac, et de l’autre il saisit le bras de Vernis pour l’entraîner avec lui dans une direction précise. Elle aurait pu croire qu’il n’était pas en colère parce qu’elle lui avait volé le couteau, mais qu’il était en colère parce qu’elle se faisait du bien en se faisant mal. Comme toujours, certes, mais les gens n’avaient certainement pas l’habitude de voir ce genre de truc. Voir débouler dans le coin une masochiste peut emmener les gens à se poser des questions, toutes aussi loufoques que les autres.

Elle souriait en entrant dans la boulangerie, et laissa le garçon l’installer sur une table ou un tabouret et griffonner une feuille à son intention. Il lui ordonnait de ne pas bouger le temps qu’il revienne avec de quoi la soigner. Sauf que le regard de la fille se stoppa sur le couteau, et ses yeux pétillèrent de nouveau. Lorsqu’il fut hors de portée de sa vue, elle ne s’empêcha pas de le saisir pour s’entailler un lys sur l’autre bras. Elle trouvait ça sympa et, à la manière d’un chat faisant sa toilette, elle se lécha le bras pour laisser couler le sang dans la gorge. Elle se surprit même à fermer les yeux pour le savourer, et aspira le sang de ses veines. Puis elle retira ses lèvres de sa peau, sans la quitter des yeux. Elle risque un regard vers là où était parti le garçon, mais il ne revenait pas. Elle râpa sa langue sur la lame de l’arme pour aspirer encore une fois le liquide rouge au goût métalliquement horrible.

-C’est tellement bon… Trop bon même, encore plus que des baisers langoureux.

Vernis avait pris la peine de susurrer avant de ranger le couteau de cuisine, encore plus rouge qu’auparavant. Elle aimait tellement ça qu’elle ne s’en lassait jamais. Ses pupilles frémissaient toujours autant que sa bouche, autant que chacun de ses membres. La plus grande torture pour elle, serait d’être privée de torture, attachée par tous les membres, bouche scotchée et plongée dans le noir. Puis d’un coup, les pas se faisaient entendre de nouveau. Tous les sens en alerte elle tourna la tête vers lui, laissant son propre sang tacher la table et même un peu le sol. Des gouttes, du rouge partout, comme si on avait fait une fausse blague et que l’on avait étalé du jus de mûre partout. Mais ce n’en était pas. Tout ça était bien réel. Tout aussi réel que l’homme paniqué qui se précipita vers Vernis, toujours souriante et parla, comme si tout était affreusement normal :

-Je suis Vernis, la psychologue qui habite à deux rues d’ici.

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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Lun 7 Jan - 20:29

La trousse à pharmacie... ou est la trousse à pharmacie ? Fébrilement, il cherchait dans sa cuisine où il a pu ranger sa trousse. Il ne s'en était jamais servi alors forcément il avait oublié où elle était. Et puis il était troublé. Comment une si jolie femme pouvait se couper les veines pour boire son sang ? C'était un vampire ou quoi ?

Finalement, il trouva enfin la trousse et repartit aussitôt dans la pièce principale. Elle était là, sagement assise à... lécher le couteau. Il y avait une nouvelle plaie sur son bras.


« C’est tellement bon… Trop bon même, encore plus que des baisers langoureux. »

Trop bon ? Le sang était bon ? C'est officiel, c'est un vampire ! Rei n'osait plus bouger alors qu'elle rangeait le couteau à sa place. Il lui fallait un moment avant de retrouver le courage de bouger vers elle. Il fallait qu'il la soigne, après tout. Tant qu'elle buvait son propre sang, ça allait... non ? En attendant, elle en a mis partout sur sa table et par terre...

« Je suis Vernis, la psychologue qui habite à deux rues d’ici.  »

P... p... psychologue ? Cette tarée était... psychologue ? Rei n'en revenait pas. Comment on pouvait attribuer ce job à une femme qui s'entaillait les bras pour boire son propre sang et risquer l'anémie ?

Rei s'installa et ouvrit la petite mallette qui contenait coton, bandages, désinfectant, scalpel, ciseaux et médicaments. Toutefois, il attrapa son carnet et son crayon. Une question le turlupinait :


Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi vous vous taillez le bras pour boire votre sang ?

Je vais commencer par désinfecter. Attention, ça va piquer.

Puis il attrapa le coton et l'imbiba de désinfectant avant d'attraper le bras de la psy pour l'appliquer et frotter. Ca devait être un peu douloureux mais elle était assez grande pour encaisser ça, non ?

Une psychologue buveuse de sang... il n'en revenait pas... et pourquoi pas un boulanger muet, tant qu'on y était ? Décidément, il y avait bien des cas à Espérance. La voleuse de pot de confiture, le mec qui se mêlait de la vie des autres... pourquoi il avait l'impression que tous les tarés du monde étaient ici ? … était-il aussi taré qu'eux ? Non, pas du tout. Certes, il ne parlait pas, mais il était parfaitement saint d'esprit !
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Jeu 10 Jan - 18:26

Elle le regardait, se posait des questions. Le jeune homme semblait paniqué, ne sachant pas où tourné, avant de sortir de quoi la soigner de sa trousse de secours. Elle observa sa main agile noter sur un bout de papier que le produite risquait de lui piquait la main. Elle chercha donc ses yeux, pour savoir comment ça se faisait qu’il fuyant son regard, et elle voulait aussi comprendre son comportement. Pourquoi la soignait-il alors que d’autres gens se seraient enfuient, pourquoi il ne parlait pas. Elle était décidée à percer le mystère, et persuadée qu’elle pouvait l’aider, bien que la tâche s’avère compliqué. Le garçon imbiba un coton de produit et il l’appliqua vivement sur le bras de Vernis, dont le visage s’éclaira d’un sourire.

Alors qu’il essayait de stopper tant bien que mal les saignements, elle lui attrapa le bras pour le retirer du sien. Puis elle passa sa douce main sous le menton de l’homme pour lui relever doucement la tête, afin de plonger son regard gris dans celui du garçon, inconnu encore.

-Dis-moi ton nom ? Ou, mime-le avec tes lèvres pour voir ?

Elle couronna sa phrase d’un petit sourire pour l’encourager. Elle devinait seulement maintenant qu’il ne parlait pas, mais elle ignorait s’il refusait de parler ou s’il était muet. Elle se moquait désormais de son bras ensanglanté, le plus important était d’interroger ce garçon. D’en savoir plus, et de peut-être lui proposer de venir dans son bureau. Voyant qu’il ne mima rien avec ses lèvres, comme s’il était réticent, elle posa une autre question, qui n’en était pas vraiment une.

-Je peux t’aider ?

Nouveau sourire pour la belle, puis elle replaça ses bras sur ses genoux et cuisses pour qu’il puisse continuer à appliquer du désinfectant. Elle le regardait faire, confiante. Oui, elle ne se contente pas seulement d’avoir confiance en ses clients ou connaissances, elle veut que cette confiance soit réciproque et comprise. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir n’est-ce pas ? Et l’affection également, mais c’était un point particulier et pas aussi important que le précédent.

Vouloir l’aider était obligatoire pour Vernis. Il l’avait aidé lui-même, elle avait donc une dette envers lui. Et un eu d’aide ne doit pas être refusée, c’est ça ? Oui, certains le font, mais ils savent ce qu’ils font. Bref, ne nous éloignons pas trop du sujet.

Elle lâcha finalement un soupire et lui chuchota d’arrêter de faire ce qu’il faisait. Elle saisit aussitôt un bandage et une compresse, avant de s’enrouler les bras comme si elle devenait une momie. Elle n’était plus une gamine, elle pouvait le faire non ? Et elle n’aimait pas juste participer au spectacle. Vernis veut toujours en faire un peu partie. Le silence c’était abattu entre eux, et ils se regardaient comme si l’un ou l’autre avait peur de casser ce moment stressant et étrange.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Jeu 10 Jan - 20:35

Au contact du coton imbibé d'alcool, le visage de la femme se fendit non pas d'une grimace mais d'un SOURIRE... pourquoi elle souriait ? C'était sensé être désagréable, pas le contraire ! Rei n'y comprenait rien... elle aimait avoir mal ? Elle serait masochiste ? Ça collerait avec le fait qu'elle se soit entaillé les bras mais... pourquoi le sang ? Elle serait une vampire masochiste ?

… flippant, quand même.

Vernis porta la main au menton de Rei et l'incita à lever la tête.


« Dis-moi ton nom ? Ou, mime-le avec tes lèvres pour voir ? »

Rei ne répondit pas et ne bougea pas plus les lèvres. Il n'allait pas émettre le moindre son ni même bouger les lèvres.

« si tu parles, je te tue... » ces mots résonnaient encore et encore dans sa tête, en particulier quand il hésitait à émettre un son. Non, il n'allait pas parler... pas question... pas même pour elle. C'est pourquoi il baissa les yeux d'un air désolé.


« Je peux t’aider ? »

L'aider ? Rei n'avait pas besoin d'aide! C'était elle qui en avait besoin ! Bon, elle avait surtout besoin qu'on soigne ses plaies pour le moment, en fait. Et elle se laissa faire jusqu'au moment où il fallait placer les bandages. Là, elle ôta ses bras des mains de Rei et s'appliqua elle-même les bandages. Rei la laissa faire, estiment qu'elle n'allait pas se mutiler en chemin de toutes façons, et il attrapa le papier pour rédiger un mot à lui faire lire.

« Je n'ai pas envie qu'on m'aide. Je ne parle pas pour des raisons personnelle, mais je ne suis pas muet. Je ne parle pas, c'est tout. Je m'appelle Rei.

Et vous n'avez pas répondu à ma question : pourquoi vous vous mutilez comme ça ? Pourquoi vous buvez votre propre sang ? »

Il souligna les questions pour insister sur le fait qu'il aimerait bien une réponse et il lui tendit le papier.

Elle ne devait pas être dangereuse. Si elle voulait lui faire du mal, elle l'aurait déjà fait. Elle devait juste avoir un grain...
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Ven 11 Jan - 17:11

Elle ne s’imaginait pas un instant face à cette situation. Quelqu’un qui refuse qu’on l’aide, qui ne parle pas mais qui est muet. Et qui, en plus de cela ne manquait pas une occasion de demander sur papier pourquoi une jeune femme s’automutilait et buvait son propre sang. Elle lâcha un soupir, fuyant les yeux du jeune homme. Elle ne savait pas quoi répondre et lâcha même une petite larme qu’elle essuya rapidement. Comment expliquer aux gens que pour elle c’est un besoin de se faire mal ? C’était un défi impossible.

-Je n’ai pas forcément envie d’en parler. Encore moins ici, dans une boulangerie. Tu sais, je veux vraiment t’aider. Et puis je pourrais même te parler de moi non ?

Elle le regardait de nouveau avant de descendre du comptoir où elle était installée. Elle se surprit à faire un tour sur elle-même avant de lentement s’asseoir sur le sol, comme si elle tombait, sauf qu’elle l’avait fait exprès. Elle ne s’était néanmoins pas fait mal. Elle regardait le sol en le caressant du bout des doigts. En vérité tout dans sa tête était confus. Elle prit sa respiration et parla doucement, dos au garçon.

-En fait, mon métier de psy est plutôt reposant. Rien de méchant. J’aide seulement les gens à retrouver la mémoire, et savoir pourquoi en eux ils ont quelque chose de si particulier qu’ils ignorent. Mais je n’insisterais pas, si tu déclines mon offre ce n’est pas grave ! On pourrait toujours se voir et devenir amis non ?

Elle souriait légèrement sur ces paroles et se releva avant de poser sur le comptoir de quoi échanger avec un croissant. Elle attendit que le jeune homme le lui donne pour le prendre dans ses mains et commencer à le dévorer. Au moins, ça allait lui redonner des forces. Elle s’installa près d’une table, sur un tabouret et observa les passants à l’extérieur. Tous semblaient pas plus jeunes que vingt ans. Tout ce Monde, tout Espérance était un mystère incompris, un mystère qui n’avait pas envie d’être révélé. Ses yeux passaient d’objets en objets, jusqu’à ce qu’elle avale la dernière miette du croissant. Elle tourna la tête vers lui et lui fit signe de s’installer en face, pour papoter un peu.

-Le croissant était très bon.

Elle tira un léger sourire en regardant ses yeux.
Rei
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Ven 11 Jan - 20:06

« Je n’ai pas forcément envie d’en parler. Encore moins ici, dans une boulangerie. Tu sais, je veux vraiment t’aider. Et puis je pourrais même te parler de moi non ? »

Il pouvait comprendre qu'elle n'aie pas envie d'en parler. Ca devait avoir un lien avec son entrave donc les gens étaient moins susceptible d'en parler. Rei attrapa le feuille, se préparant à lui dire que lui non plus voulait pas parler de ses problèmes, surtout dans sa boulangerie. Mais il se sentait un peu coupable quand il se rendit compte qu'elle avait versé une larme... l'idiot...

Elle descendit du comptoir et s'installa par terre pour caresser le sol... pourquoi ? Vernis était vraiment étrange.


« En fait, mon métier de psy est plutôt reposant. Rien de méchant. J’aide seulement les gens à retrouver la mémoire, et savoir pourquoi en eux ils ont quelque chose de si particulier qu’ils ignorent. Mais je n’insisterais pas, si tu déclines mon offre ce n’est pas grave ! On pourrait toujours se voir et devenir amis non ? »

Amis ? Elle voulait être son ami ? Rei rougit, vraiment flatté. Il n'avait pas beaucoup d'amis à cause de son handicap. Blanche a été la première à lui tendre la main et maintenant c'était elle. Certes, elle était un peu bizarre mais pourquoi pas ?

Avant qu'il n'aie le temps d'attraper le papier avec l'intention de s'installer à côté d'elle, Vernis se releva et déposa des pièces sur le comptoir, ce qu'il fallait pour un croissant. Visiblement, elle avait faim. Rei lui donna sa commande et elle alla consommer le croissant à une table. Rei la rejoignit quand elle l'invita à s'installer à coté d'elle.


« Le croissant était très bon. »

Le boulanger muet sourit et déposa l'argent qu'elle avait donné sur la table avant de griffonner un mot.

« La boulangerie est fermée. Je ne peux pas vendre de produit hors de mes heures de service. De toutes façons j'avais l'intention de t'en donner un. Tu as besion de manger après t'être saignée comme tu l'as fait. Considère ça comme le cadeau d'un nouvel ami. »

Il déposa la feuille à côté de l'argent, toujours souriant, puis entama un nouveau message sur une nouvelle feuille.

« Je n'ai pas beaucoup d'ami vu que je ne parle pas. Les gens ont du mal à faire la conversation avec moi, ils n'ont pas la patience d'attendre que j'écrive quelque chose sur un papier. Pour le fait que je dise rien, j'ai peur que vous ne partiez si je le dis. La dernière personne à qui je me suis confessé m'a également un peu forcé la main et quand elle l'a appris, elle est partie après s’être excusée. Je suis désolé »

Il repensa au départ précipité de Julia. Il ne l'avait pas revue depuis et pourtant il l'a cherché pour lui donner sa commande qu'elle a laissé à l'abandon en partant. Rei secoua la tête pour chasser ce souvenir de sa tête et tendit le papier à Vernis. Il espérait qu'elle comprendrait.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Ven 11 Jan - 21:00

Vernis observa la manière pas très élégante que Rei avait de marcher. Ça lui apportait du réconfort de voir ça. Elle le regarda s’installer ainsi que de saisir du papier pour noter des choses. Il lui rendit aussi la monnaie qu’elle lui avait donnée. Elle le remercie d’un signe de tête pour ce croissant offert mais repoussa l’argent vers lui tout de même.

« Je n'ai pas beaucoup d'ami vu que je ne parle pas. Les gens ont du mal à faire la conversation avec moi, ils n'ont pas la patience d'attendre que j'écrive quelque chose sur un papier. Pour le fait que je dise rien, j'ai peur que vous ne partiez si je le dis. La dernière personne à qui je me suis confessé m'a également un peu forcé la main et quand elle l'a appris, elle est partie après s’être excusée. Je suis désolé » a-t-il écrit sur un autre papier que Vernis caressait du bout des doigts.

Elle releva la tête vers lui, voyant qu’il secouait la tête d’un air désespéré. Aussitôt elle s’en voulait. Mais une nouvelle amie n’était pas si mal si ? Sa main se posa sur celle de Rei pour qu’il lève les yeux vers elle. Le regard brun de la jeune femme cherchait celui du jeune homme.
-Ceux qui t’ont laissé sont des idiots. Et tu peux me tutoyer tu sais, Rei.

Elle replaça sa main devant elle, lui souriant. Elle voulait sa confiance, et elle voulait qu’il ait la sienne également. Les amis c’est comme ça. On compte l’un sur l’autre coûte que coûte. Elle comprenait sa douleur. Être rejeté pour un défaut était nul, et donnait parfois des envies de s’isoler encore plus et de pleurer. Mais Vernis était du genre à essayer de ravaler ses larmes. Pour ne pas montrer la souffrance qu’elle ressent psychologiquement. Des amis elle n’en avait pas vraiment non plus. Au bureau ce ne sont que des clients qui passent devant elle, pas des amis. Certes, elle est gentille avec eux, les encourage et les aide, mais au fond elle aimerait tellement plus.

La jeune femme aux cheveux rouges tourna la tête vers la baie vitrée pour regarder dehors, se grattant légèrement la nuque. Elle était gênée, un peu. Gênée d’un peu de tout et de n’importe quoi. Le silence s’abattait sur eux et elle luttait pour chercher quelque chose à dire. Et tout ce qui franchit sa bouche était :

-C’est moi qui suis désolée.

Elle ne le regardait plus. Ses yeux se perdaient dans la foule à la recherche d’un visage qui pourrait lui être familier. Mais il n’y en avait aucun qui lui donnait cette impression. Elle posa ses bras sur la table pour enfuir sa tête dedans et souffler doucement. Ils étaient aussi blessés l’un que l’autre de cette situation, ils pouvaient donc pleinement se comprendre et s’apprécier à leur juste valeur. Ils pourraient avoir un soutien. Et Vernis n’avait pas envie de le laisser seul de sitôt, elle voulait rester beaucoup plus longtemps pour apprendre à le connaître. Et intérieurement elle se faisait la promesse de souvent passer le voir dans ses heures libres.
Rei
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Ven 11 Jan - 21:35

Bien qu'elle aie eu l'air d'apprécier le geste, Vernis repoussa l'argent qu'il lui avait rendu. Rei n'en voulait pas, mais elle avait l'air du genre tête de mule. A charge de revanche. Rei ne toucha pas l'argent, mais si elle partait sans malgré tout, il lui offrira des pâtisseries une prochaine fois.

« Ceux qui t’ont laissé sont des idiots. Et tu peux me tutoyer tu sais, Rei. »

Il sourit. Il avait tellement l'habitude du vouvoiement qu'il avait encore du mal à tutoyer les gens. C'était une chose qu'il devait corriger dans la vie courante, surtout pour sa nouvelle amie.

Elle posa sa main sur la sienne en souriant. Sa main était douce et chaleureuse, réconfortante. Rei sourit, se sentant apaisé. En tant que psychologue, elle devait savoir comment s'y prendre pour apaiser les gens.

Puis elle ramena sa main vers elle et elle regarda dehors alors que le silence s'installa. Ca devait être tellement gênant pour elle.


« C’est moi qui suis désolée. »

Désolée ? De quoi ? Elle n'avait rien fait de mal ? Pourtant, elle avait l'air tellement triste, tellement mélancolique... tellement seule...

C'est alors qu'elle enfoui sa tête dans le creux que ses bras formaient sur la table et souffla. Presque automatiquement, Rei caressa son crâne d'un air rassurant. Ses cheveux couleurs tomates glissant entre ses doigts. Elle devait vraiment se sentir seule. Etait-ce à cause de son attirance pour la douleur ?

Les caresses durèrent un moment, le temps qu'il écrive de l'autre main, puis un petit papier glissa sur le bras de Vernis. Il avait vraiment hésité à le rédiger et ça se voyait à son écriture tremblante et raturée.


« Je ne vois pas de quoi tu t'excuses, mais je te remercie franchement pour ton amitié. Les gens comme toi sont si rares, ici. Je veux bien te faire confiance et te dire pourquoi je suis muet.

Quand j'étais enfant, un soir d'orage, je cherchais mes parents dans leur chambre pour du réconfort, mais ils n'y étaient pas et il y avait du sang par terre, le long du couloir. La piste remontait jusqu'à la salle de bain où j'ai vu quelque chose d'horrible, je ne sais plus quoi. Je me souviens juste que la baignoire était remplie de sang et qu'il y en avait partout sur les murs. J'ai aussi entendu une voix qui m'a dit que si je parlais, il me tuerait.

C'est le seul souvenir que j'aie de mon passé et il me hante tellement, même dans mes rêves, que j'ai vraiment peur de parler. En parler avec les gens est tellement difficile. J'ai sans cesse peur que l'assassin apparaisse pour me tuer s'il apprenait que j'ai dévoilé ce que je savais... »

Sa main quitta les cheveux de Vernis et il scruta la baie vitrée d'un air inquiet, comme si le tueur pouvait apparaître d'un moment à l'autre.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Ven 11 Jan - 22:17

Elle le laissa passer une main dans ses cheveux rouges. C’était un geste qui pour Vernis semblait réconfortant. Comment un homme aussi gentil pouvait-il être repoussé juste par le fait qu’il ne parle pas ? Ce n’est pas juste. C’est tout ce que se disait la jeune femme en ce moment. Elle souriait légèrement, jusqu’à ce qu’il pose un papier sur son bras. Elle releva la tête pour lire. Il quitta ses cheveux lorsqu’elle croisa son regard, surprise mais comprenant ce qu’il ressentait.

« Je ne vois pas de quoi tu t'excuses, mais je te remercie franchement pour ton amitié. Les gens comme toi sont si rares, ici. Je veux bien te faire confiance et te dire pourquoi je suis muet. Quand j'étais enfant, un soir d'orage, je cherchais mes parents dans leur chambre pour du réconfort, mais ils n'y étaient pas et il y avait du sang par terre, le long du couloir. La piste remontait jusqu'à la salle de bain où j'ai vu quelque chose d'horrible, je ne sais plus quoi. Je me souviens juste que la baignoire était remplie de sang et qu'il y en avait partout sur les murs. J'ai aussi entendu une voix qui m'a dit que si je parlais, il me tuerait. C'est le seul souvenir que j'aie de mon passé et il me hante tellement, même dans mes rêves, que j'ai vraiment peur de parler. En parler avec les gens est tellement difficile. J'ai sans cesse peur que l'assassin apparaisse pour me tuer s'il apprenait que j'ai dévoilé ce que je savais... »

Alors c’était pour ça. Elle prit sa main pour entrelacer leurs doigts, voyant qu’il avait peur que cette voix revienne de nouveau pour le tuer à petit feu. Mais c’est là que Vernis ne pouvait pas ne pas intervenir.

-Je te protègerai. Je te le promets.

Elle pensait vraiment ce qu’elle disait. Puis elle tourna la tête dans la même direction que Rei. En sentant sa main trembler, son regard se reporta de nouveau sur lui. Ce n’était pas le fait ne pas être courageux qui provoquait ça. C’était une marque à jamais gravée dans sa mémoire. Il est possible qu’il en ai peur toute sa vie et qu’il abandonne l’espoir de reparler un jour. Mais s’il avait quelqu’un pour l’épauler, le soutenir, réussirait-il ? C’était quelque chose d’osé. Quelque chose que Vernis refusait encore de faire avec lui. Il avait déjà trop l’air mal en point pour pouvoir essayer un quelconque exploit.

-Si tu veux, et si ça te rassure je veux bien passer au moins une fois par jour. De toute façon il me faudra de quoi manger et l’épicier donne des produits fades, dont toi seul arrive à en changer le goût.

Un sourire fut de passage un instant sur ses lèvres. Elle lui caressait la main de ses doigts. Ces contacts elle avait l’habitude. Et bizarrement, aujourd’hui et surtout maintenant elle aimait bien. Elle ne ressentait même plus l’envie –pour le moment- de se mutiler les bras ou autre chose. Ce devait être la compréhension qui provoquait ça. Mais il ne valait mieux pas que ses pupilles remarquent du sang, ou un objet dangereux. Mais pour l’instant ça ne risquait pas, car elle préférait voir leurs mains plutôt que l’extérieur de la petite boulangerie.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Ven 11 Jan - 23:13

La ! Au loin ! Une silhouette se rapprochait dans la masse ! Une silhouette imposante ! Rei retint son souffe alors qu'elle s'approchait et... tourna à l'autre bout de la rue. Soulagement... il stressait trop, ce n'était pas bon.

C'est alors que quelque chose vint s'entrelacer entre ses doigts. Quelque chose de fin, doux et d'une chaleur rassurante. Vernis venait une fois encore le rassurer.


« Je te protègerai. Je te le promets. »

Le protéger... Rei ferma les yeux en souriant, rassuré. Il savait que ce n'étaient des mots : il n'avait besoin de protection contre rien, mais ça lui faisait plaisir malgré tout.

« Si tu veux, et si ça te rassure je veux bien passer au moins une fois par jour. De toute façon il me faudra de quoi manger et l’épicier donne des produits fades, dont toi seul arrive à en changer le goût. »

Fade... ce mot lui rappelait la visite de Vishva... Rei chassa ce souvenir de son esprit et se focalisa sur Vernis. Sa présence avait vraiment quelque chose de rassurant, de réconfortant. Les caresses de ses doigts sur sa main lui remontaient le moral, chassant la menace de la voix et les sarcasmes d'un jeune homme qui ne vivait que pour les gourmandises rances.

Rei lui sourit et, laissant sa main dans la sienne, rédigea de l'autre. Comme ce n'était pas la main dominante, l'écriture était assez inégale mais encore lisible.


« Ca me ferait vraiment plaisir d'avoir de ta visite, mais ne te force pas. Je ne vaux pas la peine que tu prives tes clients de ta présence, mais n'hésite pas à venir si le cœur t'en dis. Je serais ravi de discuter avec toi. »

Le terme exact serait plutot « la faire discuter ». Lui ne répondait que par des bouts de papiers noirci par la mine d'un crayon. Trouvera-il un jour le courage de parler ? Probablement pas. Il avait trop peur... et puis ça devait faire des années qu'il n'a pas émit un son. Se souviendra-il de comment parler ? En sera-il capable même s'il le voulait vraiment ? Ou bien sera-il handicapé toute sa vie ?

Il frissonna à l'idée d'être incapable de parler malgré le fait qu'il aie vaincu sa peur... maintenant, en plus d'avoir peur de parler, il avait peur de ne plus pouvoir parler. Il se sentait vraiment démoralisé. Il lui fallait un remontant... la mine du crayon dansa à nouveau sur la feuille.


« Tu veux quelque chose à boire ? »
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Sam 12 Jan - 9:42

Le contact oculaire durait toujours. Jusqu’à ce que Rei soit obligé de baisser les yeux pour écrire sur sa feuille :

« Ca me ferait vraiment plaisir d'avoir de ta visite, mais ne te force pas. Je ne vaux pas la peine que tu prives tes clients de ta présence, mais n'hésite pas à venir si le cœur t'en dis. Je serais ravi de discuter avec toi. »

En lisant ceci, Vernis tira un léger sourire, sans pourtant lâcher le boulanger. Certes, elle serait obligée de tout de même de cesser le contact deux leurs deux mains, mais elle souhaitait attendre un peu, qu’il se rassure un peu plus. Elle ressentait les mêmes frissons que Rei était en train de ressentir. Il devait imaginer des tas de choses, et pour s’en détacher il proposa une boisson à la jeune femme.

-Je prendrais la même chose que toi ! lança-t-elle, le sourire aux lèvres.

Puis sa main revint près d’elle, mais doucement, de façon à ne pas le déstabiliser de trop. Oui car il se pourrait que si elle enlève sa main brusquement, qu’il pense qu’on est en train de l’attraper ou on ne sait quoi encore. Il ne valait donc mieux ne pas prendre de risques pour le moment. Et pour l’encourager à se déplacer, elle se leva pour le suivre tranquillement jusqu’aux boissons, sans jamais le quitter des yeux. D’après le point de vue de Vernis, Rei était encore un peu trop fragile pour agir seul. Parce qu’il aurait peur que ce monstre sorte de nulle-part après avoir avoué quelque chose d’intime, quelque chose qu’il avait peur d’avouer auparavant. D’ailleurs, la fille aux cheveux rouges n’avait pas laissé le tas de papier sur la table, elle les avait dans la main.

-Je vais jeter ce petit tas au feu, dit-elle aussitôt. Je pense que ce sera mieux pour toi de ne plus les voir, et ça te rassurerai sûrement qu’ils aient disparu de cette manière non ?

Elle lui lança un sourire et s’éloigna jusqu’au four. Ses pupilles grises fouillaient la pièce du regard, un regard qui s’avérait luisant et heureux. Il y avait des couteaux de cuisine, un four, des emporte-pièces et d’autres objets qui semblaient fait pour elle. Ils l’appelaient. Alors, elle lâcha presque automatiquement les papiers qui s’éparpillèrent sur le sol pour se ruer vers des objets tranchants. Elle en saisit un au hasard, les larmes aux yeux et le tourna dans tous les sens pour l’observer. Elle avait déjà perdu la notion du temps, et elle s’apprêtait à recommencer de se mutiler.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Sam 12 Jan - 11:47

« Je prendrais la même chose que toi ! »

La même chose que lui ? Bon, ça posait problème parce qu'il pensait exactement la même chose... bon ben il prendra la première boisson qui lui sautera aux yeux (et qui ne soit pas de l'eau) quand il arrivera au frigo.

La main de Vernis se détacha de la sienne, doucement. Rei aurait aimé que ça dure un peu plus longtemps mais il n'allait pas réclamer : la position était peut être inconfortable pour Vernis. Sur ce, il se leva pour prendre les boissons. Et son regard tomba sur... du coca. Bon eh bien ça sera du soda. Si elle n'en voulait pas, tant pis, il ira lui chercher autre chose.


« Je vais jeter ce petit tas au feu. Je pense que ce sera mieux pour toi de ne plus les voir, et ça te rassurerai sûrement qu’ils aient disparu de cette manière non ? »

Les jeter au feu ? L'existence de ces papiers ne le dérangeait pas vraiment. Avant qu'il n'aie pu répondre, elle avait déjà passé la porte double battant qui donnait sur la cuisine. Le four était éteint alors elle allait probablement le rallumer. Est-ce qu'elle saura où se trouvent les allumettes ? Ils se trouvaient dans le tiroir juste à côté, là où sont rangé les couteaux.

… couteaux... il se remémora la tête qu'elle faisait quand elle en avait un dans les mains, son expression de bonheur béat. Et il y avait tout plein d'objets du même acabit sur des présentoirs un peu partout... Rei se leva et la suivit dans la cuisine

Comme il s'en doutait, elle avait vite oublié les papiers qui se trouvaient par terre, juste devant lui, et elle se tenait devant un présentoir à couteaux, l'un d'entre eux entre les mains. C'était le plus grand (et le plus aiguisé) qu'il aie.

Rei hésitait. Devait-il intervenir ? Après tout elle semblait tellement heureuse quand elle se faisait mal, mais d'un autre côté c'était pas vraiment hygiénique de faire ça dans la cuisine. Ouais, mieux valait l’arrêter.

C'est pour cela qu'il s'avança et attrapa le couteau par la lame pour le lui prendre un peu brusquement. Il sentit l'acier lui mordre la paume de sa main et le sang ruisseler le long de la lame. Pas de gémissement de douleur, juste une grimace. Ca piquait pas mal, mais il avait l'habitude de s'entailler à force de cuisiner. Rei grimaça et posa la lame ensanglanté sur le présentoir, il nettoiera après.

Comment pouvait-elle aimer faire ça ? Rei ne ressentait qu'un désagréable picotement là où suintait le sang et une désagréable douleur au moment où il s'était entaillé. Il ne comprenait pas Vernis... et il leva les yeux vers elle pour voir sa réaction.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Sam 12 Jan - 13:15

Elle aurait dû se douter qu’il la suivrait par précaution. Il arriva et saisit le couteau par la lame et tira pour le récupérer. Mais Vernis ne lâchais pas prise. Sauf lorsqu’elle vit qu’il lui fut arraché des mains et que Rei s’était entaillé. Là, elle se mordait la lèvre, elle s’en voulait vraiment. Il était blessé par sa faute, et c’était dommage. Leurs yeux se croisèrent, mais la jeune femme dévia son regard ailleurs. Elle cherchait dans la salle quelque chose pour empêcher le saignement, mais il n’y avait rien. En fait, elle voyait qu’il souffrait et qu’il paniqué à l’idée de ce qu’elle pouvait faire. Elle saisit donc la main de Rei pour la passer sous l’eau et enrouler le torchon autour de sa main. Elle lui devait au moins ça, lui qui l’avait aidé auparavant.

-Désolée… lâcha-t-elle en baissant la tête.

Elle était une fois de plus en train de s’excuser. Mais cette fois c’était parce qu’en ovulant l’empêcher de se faire mal le jeune homme avait mal lui-même. Elle ne pouvait pas savoir ce qu’il ressentait. Elle ne pouvait pas savoir que ça piquait, que parfois ça emmenait à pleurer de douleur, alors qu’elle, pleurait de plaisir. Peut-être que jamais elle ne connaitrait ça. Mais en vérité ça ne l’inquiétait pas vraiment. Elle refusait de devenir comme tout le monde, elle voulait garder cette part d’elle-même. Et puis c’est comme ça que sans rien dire elle recula de quelques pas en fuyant son regard.

-Tu t’es fait mal à cause de moi…

Elle s’en voulait décidément beaucoup. Beaucoup trop pour que l’homme n’ai le temps de réagir à sa fuite. Elle partit en courant de la pièce pour aller dans les toilettes. Elle n’avait pas barré à clés, elle était assise, recroquevillée sur elle-même et fermait les yeux en pleurant silencieusement. Et si finalement, elle ressentait comme tout le monde une douleur ? Une douleur inexplicable. Celle de souffrir quand quelqu’un s’est fait mal, au lieu de pleurer ses propres blessures. Or, au fond d’elle, elle ignorait tout ça. Vernis refusait involontairement d’ouvrir les yeux sur son ego. Et c’en serait ainsi pendant un bon bout de temps. Il est pourtant inutile de s’attarder sur ces détails. Ses larmes refusaient de sécher. Elle restait comme ça, comme si un miracle allait se produire.

En entendant des pas s’approcher elle se releva et s’approcher du robinet pour se passer de l’eau sur le visage et souffler un peu. Déjà, elle se sentait un peu mieux. Puis elle tourna la tête vers la porte. Elle l’avait lâchement abandonné alors qu’il avait peur, et ça, ça lui faisait mal au cœur. Au point qu’elle cria son nom tout en le cherchant dans le coin, dans la boulangerie, jusqu’à ce qu’elle le bouscule et qu’elle glisse pour s’écrouler à genoux au sol.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 13:25

Elle ne le regardait même pas. Elle fuyait son regard comme si le simple fait de se regarder dans les yeux pouvait les tuer. Elle culpabilisait, visiblement. Elle le traîna alors jusqu'au lavabo et passa l'entaille sous l'eau avant de l'enrouler dans un torchon qui s'imbiba bien vite de rouge.

« Désolée… »

Désolée ? C'est lui qui l'était. Il n'aurait pas du l'empêcher de se faire mal. Il aurait du la laisser se faire plaisir. Il a été idiot. Elle culpabilisait tellement...

Elle s'éloigna alors, petit à petit... en direction de la porte.


*Non... pas elle aussi...*
« Tu t’es fait mal à cause de moi… »
*Ne pars pas... ne me laisse pas...*

Trop tard, elle était déjà en train de courir. Rei se lança à sa poursuite en franchissant à son tour les portes à double battant mais déjà elle avait disparue. Rei se dirigea en vitesse vers la baie vitrée mais ne retrouvait pas la chevelure couleur tomate. Où était-elle ?

Partie...


*Comme Julia...*

Elle aussi... elle a finie par l'abandonner.

*Pourquoi ?*

Pourquoi est-ce qu'elles partaient toutes ? Pourquoi finissait-il toujours seul alors que tout ce qu'il voulait c'était de la compagnie ? Pourquoi personne ne restait ? Pourquoi même son amie s'en était allé ?

Ca faisait mal... trop mal... il n'existait pas de pire blessures que celles qu'il subissait.

Il était définitivement seul dans ce monde de silence. Des formes passaient par moment, il avait l'impression qu'elles le voyaient, mais au final elles ne s'arrêtaient qu'un court instant et repartaient au loin, le laissant seul dans ce monde de ténèbres.

Rei était de retour dans sa cuisine et contemplait le couteau ensanglanté. Il attrapa l'ustensile et le fit tourner entre ses doigts et s'entailla légèrement le pouce.

Le sang perla alors le long de la lame, mais il ne souffrait pas. Au contraire.

Il avait compris.

Il remonta alors sa manche et fit glisser le tranchant le long de sa peau dans une ligne droite. Pas de souffrance, juste des chatouillis qui lui arrachaient un sourire. Ce n'était pas le sang qui suintait de ses plaies, c'était la douleur qu'il ressentait. Il s'exorcisait de la souffrance par la souffrance. C'était donc ça que Vernis faisait ! Elle se faisait mal pour ne plus avoir mal. Elle se faisait mal pour ne ressentir que du bien. Rei se livra alors à cet exercice avec le sourire, appliquant la méthode de la psy pour oublier la douleur qu'elle lui a infligée. Le sang perlait et ruisselait le long de son bras au fur et à mesure que les plaies apparaissaient. Le torchon ensanglanté gisait au sol au millieu de gouttelettes rouges.

Il était allongé par terre, dans son sang, exorcisé. Il n'était pas mort, non, mais il était heureux. La douleur physique l'a guéri. Rei lêcha le sang sur la lame. Ca avait un drôle de goût, pas vraiment agréable, mais pas plus dégueulasse que le goût de la souffrance. Il s'apprêtait à nettoyer tout ça quand un cri résonna dans la boulangerie.

Quelqu'un hurlait son nom.

Rei se releva et Vernis entra en trombe dans la cuisine et se heurta à lui et tomba par terre, dans son sang. Rei la regarda un moment et s'accroupit devant elle pour la prendre dans ses bras, son bras ensanglanté tâchant le dos de sa tenue.

Elle était revenue.

Il la comprenait, maintenant. Elle a du tellement souffrir, au point qu'elle adorait se faire mal pour ne plus avoir mal. Elle a peut être enduré des pires souffrance qu'il n'en aurait jamais eu.

Et la voilà revenue... pourquoi ? Il s'en foutait, elle était la, maintenant.

Rei sourit et la lâcha avant de se redresser pour lui tendre la main et l'aider à se relever.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 14:33

Rei était là. Elle lui avait vaguement foncé dedans pour retomber au sol, dans une mare de sang. Elle écarquilla d’abord les yeux, mais n’eut pas le temps de lancer quelques jurons car le jeune homme avait déjà posé genoux au sol pour la serrer dans ses bras, le sourire aux lèvres. Vernis était secouée, ne savait plus quoi faire, alors elle lui rendit vaguement son étreinte jusqu’à ce qu’il se lève et l’aide à se relever à son tour. Elle le regarda et vint également lui faire un câlin. Elle posa la tête sur son épaule et soupira. Elle avait peur pour lui. Il s’était mutilé comme elle l’avait fait auparavant, et le sang tâchait leurs vêtements. Mais elle s’en fichait, elle ne le lâchait pas pendant plusieurs minutes, des minutes de silence.

Elle s’écarta rapidement de lui et regarda ses bras. Elle comprit donc qu’il avait failli se tuer juste parce qu’elle s’était enfuit, une grossière erreur de sa part. Elle commençait à paniquer, et sans piper mot, juste en actionnant les lèvres sans son, elle cherchait la trousse de secours jusqu’à la trouver. Elle l’ouvrit et força son ami à s’installer sur une table ou un rebord d’on ne sait trop quoi. Elle lui retira son tee-shirt, parce que c’était un cas extrême. Elle posa l’habit à côté et commença à asperger les bras du garçon de désinfectant. Elle déchira le tee-shirt, parce que de toute manière il n’y avait plus de bandages et tâchés comme ils étaient, leurs tenues finiraient à la poubelle. Elle en fit des bandes qu’elle enroula assez vite autour de ses deux bras qui étaient en sang, pire qu’elle. Elle allait l’aider à nettoyer la pièce, même si ça prendrait un temps fou. Elle passa une main sur sa joue, rassurée de voir que le sang était pour le moment stoppé.

-Espèce de fou ! Ne recommence pas, tu ne peux pas comprendre les risques que tu prends en faisant ça.

Elle soupira et retira sa main de la peau du brun. Elle vint s’asseoir à côté de lui, observant le liquide rouge sur le sol, sur leurs bras, leurs vêtements, leurs mains et même leurs figures. Elle croisa ensuite son regard.

-Je vais t’aider à tout nettoyer.

Elle lui lança un petit sourire avant de tourner la tête. C’était dur. Très dur de voir qu’il avait voulu se mutiler encore plus que ça. Et elle ne comprenait pas pourquoi il avait voulu voir ce qu’elle ressentait en se faisant du mal. Puis de toute façon, il était impossible de comprendre aux yeux de Vernis. Tout lui paraissait insensé, stupide, et tout d’après elle ne servait pas à grand-chose. C’était bien une première fois que là, elle se sentait elle-même et qu’elle n’avait pas besoin d’en savoir plus sur la vie de quelqu’un. Elle était redevenue civilisée, humaine, et non psychologue.

Son sourire revint et elle posa la tête sur l’épaule de Rei.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 16:36

Elle était là. Elle était revenue. Vernis était revenue vers lui. Rei sourit, savourant la chaleur de l'étreinte qu'elle lui infligeait alors que le sang coulait encore petit à petit de ses bras mutilés. Finalement, elle le lâcha et partit à la recherche de quelque chose qu'elle finit par trouver : la trousse de secours. Rei fut donc plus ou moins contraint de la laisser le soigner, torse nu. La situation de semi-nudité le fit un peu rougir. Il était maigre, presque pas musclé et il était contraint d'exhiber son torse à son amie. Enfin, tant pis, c'est elle qui a retiré son tee-shirt après tout.

Le désinfectant piquait. Rei songea à un mauvais souvenir et la douleur se changea en soulagement, lui arrachant un léger sourire, presque imperceptible. Le tee-shirt de Rei partit en lambeau afin de servir de bandage de fortune. Il allait devoir renouveler sa garde robe.

Les soins terminés, Vernis caressa la joue de Rei.


« Espèce de fou ! Ne recommence pas, tu ne peux pas comprendre les risques que tu prends en faisant ça. »

Visiblement, elle avait vraiment eu peur. Rei s'en voulait. Il s'était laissé guidé par sa douleur en prenant pourtant garde à ne pas trop se vider de son sang, mais il a malgré tout fait du mal à Vernis par conséquent. Il se sentait mal. Tout ça parce qu'il n'en pouvait plus de la solitude. Quel imbécile il faisait.

Vernis vint s'installer à côté de lui et observa la flaque de sang par terre.


« Je vais t’aider à tout nettoyer. »

Rei lui rendit son sourire et prit le carnet dans sa poche alors qu'elle posait sa tête sur son épaule. Le carnet trouvé, il commença son message.

« Je suis désolé. »

Il s'arrêta un court instant. Devrait-il s'expliquer ? Devrait-il lui dire pourquoi il a fait ça ? Elle pourrait le juger... finalement, elle ne lui disait pas pourquoi elle se mutilait alors il n'avait pas à lui dire. Il reprit sa rédaction.

« Je ne voulais pas te blesser en faisant ça, mais je faisais attention. Je n'allais pas me laisser mourir. Mais je suis content que tu sois revenue. Tu n'as pas à m'aider à nettoyer tout ça. »

Il lui tendit le bout de papier et ne bougea plus un moment, la laissant profiter encore un peu de son épaule. Puis il se leva et alla chercher le seul balai présent, un seau qu'il remplit d'eau et de javel et la serpillière. Commença alors le nettoyage de la cuisine. L'inconvénient était que si Vernis insistait pour l'aider, il avait bien une autre serpillière mais pas de deuxième balai.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 16:54

« Je suis désolé. »

Le mot lui arriva droit sous les yeux alors qu’elle ne s’y attendait pas. Et un autre suivit, plus long que le précédent.

« Je ne voulais pas te blesser en faisant ça, mais je faisais attention. Je n'allais pas me laisser mourir. Mais je suis content que tu sois revenue. Tu n'as pas à m'aider à nettoyer tout ça. »

Vernis aurait bien laissé sa tête sur l’épaule de Rei un moment, mais celui-ci se leva pour aller chercher de quoi nettoyer. La jeune femme se leva et vint chercher les papiers qu’elle avait abandonnés par terre. Elle les fourra rapidement dans sa poche, refusant finalement d’allumer le four, c’était plus prudent. Et elle vint à côté de Rei. Elle posa sa main sur la sienne et le regarda droit dans les yeux.

-Laisse-moi au moins nettoyer l’autre côté d’accord ?

Elle déposa un léger baiser sur la joue et le lâcha pour prendre un vieux torchon, un autre seau remplit d’eau et de javel et avant de passer la porte elle lança :

-Si tu as un problème, j’insiste pour que tu essayer de hurler mon nom d’accord ? J’en ferais de même. Et si tu n’y arrive pas, trouve un code, n’importe lequel.

Elle lui lança un autre sourire et quitta cette pièce. Elle vint clore la porte à clés, et mettre la pancarte « fermé ». Ensuite, elle vint s’accroupir par terre pour tremper le torchon dans l’eau et frotter le sol. Que chacun essuie son propre sang après tout, non ? La fille continua de tout nettoyer, écoutant le silence stressant de la pièce. Et elle regardait partout autour au cas où quelque chose de surprenant et de flippant arriverai. Autant avoir un peu de prudence, c’est mieux que rien non ? Elle se leva, regardant son travail. Puis elle essuya la table, autant tâché que le sol. Elle continua à nettoyer partout, jusqu’à ce qu’une silhouette se plante devant la vitrine et la regarde.

Elle figea son regard dans celui de l’inconnu. Un homme visiblement. Il souriait, mais elle non. Commençant à avoir quelques frissons dans le dos elle se dépêcha de saisir le tout et de s’enfuir dans la même salle que Rei. Elle vida le seau dans l’évier et rangea le tout, avant de se poster devant la porte et de regarder en l’entre-ouvrant l’homme qui n’avait pas bougé d’un poil. Mais que voulait-il ? Elle se surprit elle-même à grogner de peur, comme un fauve.
Rei
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 17:28

Rei commençait à laver vigoureusement. Le sang était encore frais donc n'a pas encore trop collé, mais il fallait quand même passer plusieurs fois pour nettoyer efficacement le sang sur le sol et éviter que ça colle. Il arrêta son geste quand une main se posa sur la sienne. Rei leva les yeux poru croiser ceux de Vernis.

« Laisse-moi au moins nettoyer l’autre côté d’accord ? »

Elle lui embrassa alors la joue, ce qui fit virer le boulanger au rouge pivoine et il la vit attraper un torchon et un seau qu'elle remplit d'eau et de javel. Elle s'en alla alors de l'autre côté.

« Si tu as un problème, j’insiste pour que tu essayer de hurler mon nom d’accord ? J’en ferais de même. Et si tu n’y arrive pas, trouve un code, n’importe lequel. »

Hurler son nom ? Il en serait bien incapable, même en cas de danger de mort. Et puis qu'est ce qui pourrait bien lui arriver dans sa cuisine ? C'était son sanctuaire, une zone sure où il était le maître. Non, franchement il risquait rien.

La voilà donc partie laver son sang resté sur la table et le sol. Rei reprit donc son opération nettoyage. Le silence soudain avait quelque chose d'oppressant. Généralement, ça ne le gênait pas, mais Vernis était à coté et il aurait aimé profiter un peu de sa présence... Non mais qu'est qui lui prenait ? Rei secoua la tête et se remit au travail. Il a fait assez de dégats pour la journée et le retour de Vernis lui faisait déjà assez de bien comme ça. Il pouvait s'estimer heureux qu'elle accepte d'être son ami alors qu'il ne parlait pas.

Il ne fallut toutefois pas longtemps pour que Vernis revienne et range le tout. Rei avait presque fini également et il allait en faire de même quand Vernis se mît à grogner en regardant par la porte entrouverte.

Rei se leva pour regarder par dessus elle. Un homme était à l'entrée, juste derrière la porte. Le boulanger haussa les épaules et franchit la porte en écrivant sur le calepin. Il déverouilla la porte et tendit le papier à l'inconnu :


« Puis-je faire quelque chose pour vous ? »

Officiellement, le magasin était fermé mais il se devait quand même d'accueillir les visiteurs... même s'il était torse nu avec son tee-shirt en charpie faisant office de bandages et avec un jean ensanglanté.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 17:57


Vernis laissa Rei passer devant elle pour qu’il se dirige vers la porte, son calepin à la main. Mais il était torse nu, et la jeune femme refusait qu’il attrape froid. Elle saisit donc une blouse de cuisine et le suivit. En voyant qu’il avait ré ouvert la porte pour tendre un bout de papier, Vernis lui mit la blouse et la ferma. L’inconnu devait se poser des questions. Il devait se demander pourquoi ils étaient tâchés de sang, des bandages autour des bras et pourquoi le garçon était torse-nu.
L’homme voulait entrer et fit un pas. La femme aux cheveux rouges attrapa le bras de Rei pour le faire reculer. L’inconnu les regardait tour à tour. Il fixa la pièce du regard. Alors, la fille lâcha :

-Qui êtes-vous ? Partez !

-Bonjour. Vous voulez qu’un client parte ? Grimaça l’homme de deux têtes plus grand que Vernis.

D’ailleurs, celle-ci chuchota au boulanger de le virer d’ici, mais il semblait refuser. La jeune femme refusait de lâcher son ami, et elle tremblait même. Cet homme ne lui présageait rien de bon. Elle lui aurait bien donné un coup mais il valait mieux qu’elle évite de le faire fuir. Après tout, ce n’était pas son job de faire fuir les clients… Client qui demanda juste un chausson aux pommes. Mais Vernis commençait à pleurer et insistait pour qu’il parte. Et c’est ce qu’il finit pat faire en marmonnant qu’il n’irait plus que chez l’épicier désormais. Vernis soupira, et sécha vite ses larmes. Elle n’avait plus qu’à s’excuser de la situation. Il perdait un client. Décidément, elle portait malchance. Elle claqua la porte après avoir lâché Rei, et elle s’y appuya sans se retourner.

-J’ai fait fuir un client… Mais ce n’est pas plus mal. Il ne m’inspirait pas confiance. En plus, il puait le rat mort !

Elle croisa le regard de son ami, se sachant que lire dans celui-ci. Elle eut peur d’y voir de la colère ou quelque chose du genre. Elle rougit et baissa les yeux, honteuse et très gênée. Voudrait-il encore qu’elle passe la porte de la boulangerie ? Elle l’ignorait. Mais il aurait sûrement besoin d’elle de toute façon. Ou pas, cela dépendait du point de vue. Et ne sachant pas quoi faire, elle retourna s’asseoir sur une chaise sans le regarder.

Rei
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 18:14

Vernis avait suivi Rei et lui passa alors une veste qu'elle referma aussitôt. C'était gentil de sa part parce que c'est vrai qu'il faisait un peu froid, dehors. C'est alors qu'elle lui attrapa le bras et le fit reculer. Pourquoi ?

« Qui êtes-vous ? Partez !
- Bonjour. Vous voulez qu’un client parte ? »

Quoi ? Mais qu'est ce qu'elle avait ? C'était juste un client ! Et elle insistait en plus ! Elle lui murmurait de le chasser. Il était ouvert, il fallait qu'il serve le client... enfin presque : la pancarte indiquait fermé. Vernis a indiqué que la boulangerie était fermée ? Mais qu'est ce qui lui prenait ?

En tout cas, Rei donna au client ce qu'il voulait : un chausson aux pommes. Mais Vernis n'avait pas l'air bien, quand même : elle pleurait et suppliait pour que le client parte. Celui-ci s'en alla alors en déclarant que l'épicier deviendra son unique fournisseur.

Rei soupira. Il venait de perdre un client et ça faisait de la mauvaise pub. Si ça se trouve, il ira se plaindre à qui voudra l'entendre.


« J’ai fait fuir un client… Mais ce n’est pas plus mal. Il ne m’inspirait pas confiance. En plus, il puait le rat mort ! »

Elle soupira et claqua la porte. Elle n'avait vraiment pas l'air d'aller bien. Rei alla verrouiller la porte puis alluma la cafetière avant de s'installer à côté d'elle et lui caressa la joue.

Ce n'était qu'un client parmi tant d'autre. Un client qui ne lui parlait jamais que pour demander un chausson aux pommes à l'occasion. Ce n'était rien. Vernis, elle, était là. Et elle l'inquiétait un peu. Il sortit alors son carnet et rédigea un mot.


« C'est rien, ne t'en fais pas. »

Mais elle avait quand même l'air vachement secoué.

« Ca va aller ? Tu n'as pas l'air bien. Tu as besoin de quelque chose ? »

Ca l'embêterais que Vernis aille mal après ce qui venait de se passer. Il va falloir qu'il la réconforte un peu.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 20:16


Vernis laissa Rei s’installer à côté et lui caresser la joue. Elle tira un joue à peine quelques secondes avant de le lâcher et de soupirer. Le jeune homme lui montra des bouts de papiers, comme depuis le début. Mais la jeune femme lisait à peine. Elle tourna la tête vers lui avant de regarder de nouveau dehors.

-Je m’en veux tellement. Tellement…

Elle soupira encore, comme si elle ne savait ne faire que ça. Les rôles s’étaient lentement inversés. Maintenant c’était elle qui allait mal, ce n’était plus son ami. Elle croisa les bras sur la table, posa la tête dessus et ferma les yeux. Elle ne savait plus quoi faire. Elle avait comme le cafard ou un coup de blues. Ces moments étaient rares. Arrivaient-ils donc lorsqu’elle avait l’impression, comme une enfant de faire une bêtise ? Ceci était fort possible. Elle ne pleurait pas, mais presque. Elle attrapa la main de Rei sans rouvrir les yeux. Un réconfort. Oui, elle avait vraiment besoin de ça.
Finalement, ses yeux se rouvraient pour regarder Rei :

-Un chocolat chaud... Pourquoi pas s’il te plaît.

Elle se força à sourire légèrement. Elle croisa son regard avant de pointer ses yeux gris dehors et de se redresser en s’appuyant que ses coudes. Puis elle posa sa tête sur ses yeux mains qui servaient d’appuis. Elle voulait juste passer plus de temps en sa compagnie. De toute manière elle n’allait pas rentrer dans cette tenue… Elle pourrait faire peur aux gens, ce qui est logique. Elle se leva pour venir dans les bras de l’homme dont elle avait fait la connaissance il y a seulement une heure ou plus, à peine. Elle n’avait plus la notion du temps. Elle posa la tête contre son torse et passa ses bras autour de sa taille, mais juste en geste d’amitié. C’était sa façon de dire qu’elle le pardonnait et qu’elle lui promettait d’éviter de se remettre dans cet état pour rien. Elle espérait que ce geste suffirait pour qu’il comprenne.

Rei
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Dim 13 Jan - 21:35

Vernis n'allait définitivement pas bien. Elle n'arrêtait pas de regarder dehors, elle faisait une tête de déprimée... qu'est ce qui n'allait pas ?

« Je m’en veux tellement. Tellement… »

Rei la regardait et se sentit mal. Il y a peu, c'est lui qui s'en voulait et maintenant c'était elle... il ignorait quoi faire pour la réconforter, mais elle si. La preuve : elle attrapa sa main alors qu'elle était affalée sur la table. Oui, c'était de ça dont elle avait besoin : de contact. Un contact réconfortant. Rei caressa doucement le dos de sa main avec son pouce.

« Un chocolat chaud... Pourquoi pas s’il te plaît. »

Aussi, oui. Le chocolat était un bon antidépresseur. Rei se leva et se dirigea vers la cuisine faire chauffer une casserole de lait et préparer le cacao en poudre. Il s'apprêtait à retourner auprès de Vernis mais celle-ci apparut et le serra contre elle. Rei était un peu surpris de cette réaction mais se ressaisit bien vite et la serra contre lui. Une main remonta vers sa nuque pour la caresser doucement. Il allait faire ce qu'il fallait pour qu'elle aille mieux. C'était sa faute, après tout, si elle était dans cet état. Il n'aurait jamais du l'empêcher de se faire du mal.

Il fallait qu'il lui dise, mais il ne voulait pas rompre l'étreinte. Que pouvait-il faire alors ? Parler ? Pas question ! Il avait trop peur !

Mais elle l'a bien encouragé à hurler si les choses tournaient mal pendant qu'il lavait le sol.

Oui mais... il ne pouvait pas !

Elle a besoin de réconfort. Il fallait qu'il fasse un effort.

Rei ouvrit la bouche et tenta de faire sortir un son, mais sa gorge se nouait et les cordes vocale refusaient de bouger. Il avait encore trop peur. Pourtant il fallait faire quelque chose.

Il la regarda alors. Tout ce qu'il pouvait voir, c'était son front alors qu'elle se blottissait contre lui. Rei se pencha alors légèrement et y déposa un baiser.

Elle avait le front si chaud. Elle a du pleurer un moment. Elle avait vraiment besoin de réconfort... et tout était de sa faute.


« J... »

Ses cordes se stoppèrent automatiquement avant qu'il n'aie émit un autre son et il se figea. Qu'est ce qu'il faisait ? Qu'est ce qui lui prenait ? Rei la lâcha aussitôt et recula, heurtant la casserole de lait tout juste chaud qui se renversa alors. Il tituba et tomba par terre avant de se rouler en boule. Il a parlé ! Il a émit un son ! Sa voix était si rauque par manque de pratique mais c'était bien la sienne. Et il va venir le tuer !

*Ne me faites pas de mal ! Ne me faites pas de mal ! Je n'ai rien dit ! Ce n'est pas moi qui aie parlé ! Ne me tuez pas ! Pitié !*

Il était roulé en boule au milieu d'une flaque de lait, juste devant Vernis, mais il s'en moquait. Il ne voulait pas mourir.
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MessageSujet: Re: Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis] Aujourd'hui à 5:44


Un petit couteau pour un grand bonheur [Vernis]

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