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[mini-event]Adiaŭ Espero

Bird
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MessageSujet: [mini-event]Adiaŭ Espero Dim 24 Fév - 19:06

    Malgré les dissuasions, la balle avait fendue l'air, s'échappant du canon et privant de vie le corps de la jeune fille. Le « Bang » avait résonné en une seconde volée et déjà l'amas de chair humaine s'affalait sur le sol, habillé d'une corolle pourpre et poisseuse. En fond, ces enfants aux prunelles privés à jamais d'innocence chantaient un kyrie de cris affolés. HORREUR.

    Rhine reposait, encore coloré des teintes de la vie, quand le directeur arriva. Il ne crut pas une seconde au miracle de la médecine mais l’emmena à l'infirmerie pour que Litanie puisse dans un dernier espoir stopper l’hémorragie de ses doigts de latex blanc et rattacher la vie à ce corps. En vain. Rhine était morte, se suicidant d'une balle de métal, libérant son esprit du carcan de l'existence. Le mal était fait.

    Le mal était fait et c'était ce jour, troisième levé de soleil après ce tableau tragique qu'Espérance entière se réunissait pour en partager les fruits.

    Dans le lieu de culte aux murs glacés, Vishva venait de finir la messe funéraire. C’est le gourou qui officiait sous demande de Bird, prônant cette religion universelle et si propre à Espérance que l’indien peinait à mettre en place. Oubli et Renouveau étaient les souverains qui régissaient cette foi dont l’Oiseau était nouvel adapte. Oublier le christianisme, le judaïsme, l’hindouiste ou la religion musulmane, ici ils étaient tous enfants de l’Espérance, rejeton d’une nouvelle vie sans passé destructeur, sans raison de se suicider. Vivre en paix, dans l’ignorance.
    Discours moralisateur.

    Le baldaquin où la belle dormait démarra, porté par les ainés du village. Dans son sillage des ombres sombres aux mines tristes suivaient. En silence, chacun allait vers le même lieu, vers cette mer étrange où l’eau était si douce et limpide. Rhine ferrait son dernier voyage là-bas, entre mer et ciel, découvrant avec la mort, enfin les limites de cette univers.

    Le lit fut posé sur la barque et après un dernier regard vers la dame en blanc resplendissante d’une dernière beauté, Bird recouvrit le corps d’un drap, mit le radeau dans l’eau de l’Hiver et d’une torche enflammée, embrassa cette dernière couche, la laissant s’éloignant vers l’infini.
    Goodbye Rhine.





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MessageSujet: Re: [mini-event]Adiaŭ Espero Mer 8 Mai - 14:19

Espérance s'était voilée d'un filament de tension. Des regards angoissés se baladaient sous des paupières rouges boursoufflées. Tous retenaient leur souffle, spectateurs d'un événement important. Le vent avait psalmodié une bonne partie de la nuit, essayant de faire cracher à tous les paroles taboues.

Comment cela avait-il pu arriver ? Une seconde d'inattention et c'était toute une communauté qui basculait. Dans un univers où on se croyait immortel, une mort avait changé la donne.
On avait ignoré les disparitions soudaines, mais devant un suicide, comment devait-on réagir ? Les enfants sont décidément les derniers à pouvoir supporter de tels enchainements. Une bande de traumatisés, voila ce qu'on créerait si ça se reproduisait.

Vishva avait contemplé de loin l'agitation des trois jours. Beaucoup se demandaient sûrement ce qui allait se passer à présent. Comme si d'un coup d'un seul, Rhine avait dérangé la fourmilière. En vérité, elle avait juste accéléré les choses. Combien de temps tiendrait Espérance avant le prochain désastre ? Combien de Rhine allait suivre ? Ah, c'était dérangeant. Car même si ces décès étaient utiles pour faire tout avancer, on ne pouvait pas laisser des pistolets entre les mains d'enfants.

D'accord en accord, pour calmer ce jeu macabre, on mit en place une sorte d'Adieu. Même si Vishva n'aimait pas l'expression, on aurait pu appeler ça "messe funèbre", suivit de "cortège funèbre".
Si Bird lui demanda d'entreprendre la dite messe, Vishva le prévint qu'il ne parlerait pas en l'honneur d'une religion d'ailleurs, ni même au nom de l'oiseau. Son discours serait d'ordre personnel, pas une litanie, non, mais un discret plaidoyer pour le futur ordre des Albins qu'il comptait mettre en place.

« [...] Gardons nous de trop repenser à cette tragédie. Elle appartient à un passé qu'il faut sceller. Mais ne voyons pas sa mort comme inutile, elle sera la base d'un monde meilleur à venir » termina-t-il, les bras croisés, appuyé contre un mur.

Il avait su habiller les pierres froides d'une douceur vanillée. Un silence avait suivit ses mots et il tourna la tête vers le corps de Rhine. Pauvre petite chose. Que son corps s'envole vite loin de la vue de ceux qui reste. Espérance ne pourrait pas supporter trop longtemps un coeur qui ne bat plus.

Lorsque le corps fut transporté vers la mer, cette frontière impossible, Vishva resta sur le pas de la porte du lieu de cultes. Hors de question qu'il suive ce cortège, qu'il soit un de ces moutons attristés, qui pleure la disparition d'un des leurs. Il avait beau s'inquiéter de cette mort, il préférait s'isoler dans ses âpres vapeurs et réfléchir.
Alors, plissant les yeux, il leva la tête vers le ciel. « Adieu Rhine... » et se détourna, prenant le chemin inverse de Bird... et du cortège.
Fioccolino
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MessageSujet: Re: [mini-event]Adiaŭ Espero Ven 17 Mai - 21:13


La mort. Pour Fioccolino, comme pour la plupart des enfants d'Espérance, c'était devenu un concept flou et irréel. Comme la plupart des enfants d'Espérance, il n'aurait jamais cru que la faucheuse pût traverser les murs de la bulle protectrice dans laquelle Bird les avait enfermés. Fioccolino se souvenait encore de comment il avait appris la nouvelle. C'était à l'école.

Pendant la récréation, alors que Fioccolino restait seul dans son coin comme à l'accoutumée, il avait vu un garçon d'à peu près son âge foncer vers un groupe d'enfants, l'air effaré. Le garçon, qui s'appelait Pierre, s'était écrié :

- Rhine est morte !

Sa voix avait résonné dans la cour et dans la tête de Fioccolino. Le garçon s’était levé et avait approché le groupe d’enfants, tous rivés sur le visage décomposé de Pierre. A son approche, quelques enfants s’étaient retournés.

- C’est le bizarre, avait murmuré certains.

Mais Fioccolino ne les entendait pas. Il n’entendait que ce mot, ce mot presque imprononçable, comme un mot d’une langue étrangère : «morte».

- Tu dis n’importe quoi, avait dit Fioccolino.

Pierre l’avait toisé de haut en bas, avant de lancer.

- Ecoute Piccolino, si tu ne me crois pas, tu n’as qu’à demander au directeur. Tout le monde est au courant.

- Tu mens. Personne ne meurt ici.

- Je ne mens pas ! Retourne plutôt te déguiser en loup-garou !

Fioccolino s’était alors jeté sur lui et ils étaient tombés à la renverse, leurs petites mains s’abattant sur l’autre avec rage. Un professeur était venu, les avait séparé, avait demandé à l’assistance qui était l’élément déclencheur de la bagarre, on avait répondu « Piccolino » en le montrant du doigt. Le visage dur et fermé, Fioccolino avait refusé de répondre aux questions qu’on lui avait posées, alors on l’envoya chez le directeur. Mais Bird ne lui dit rien. Quand il demanda à Fio, Flocon comme il l’appelait parfois, ce qui avait causé cet accès de fureur, le garçon avait répondu que Pierre avait dit un mensonge. « Quel mensonge ? ». Rhine était morte. Et Bird était resté silencieux. Alors Fioccolino avait demandé, la voix un tout petit peu tremblante, « C’est un mensonge, n’est-ce pas ? ». Bird avait cessé de le regarder dans les yeux. Il avait dit « Tu ne seras pas puni. N’en parlons plus. Tu peux retourner dans ta chambre ».

Rhine était morte. Pierre n’avait pas menti. Le monde s’écroulait. La bulle de protection qui recouvrait leur existence venait de se craqueler d’une fissure, le danger y filtrait comme un poison invisible et insaisissable, distillant la pureté de leur air. Au foyer, à l’école, dans les rues, tout le monde avait ce même visage défait et accablé. Personne n’avait été préparé à ça.

La mort. Un cœur à Espérance ne battait plus. C’était tellement incroyable que l’information ne parvenait pas à s’installer dans l’esprit de Fioccolino. Comme si une barrière se dressait entre l’idée de mort et sa conscience. Aucun enfant ne mentionna le drame au sein du foyer. Il eut un regard insistant, lourd de sens, avec Résine, lorsqu’il la croisa dans le jardin. Un regard plus bref, plus fuyant, avec Narcisse, quand il pénétra dans leur chambre. Les autres, il ne les regarda pas. Même Bird, il n’osait plus le regarder.

Puis, ce fut le temps de la cérémonie. Elle se déroula dans l’unique et impressionnant lieu de culte d’Espérance. Ce fut Vishva, le chef des Albins, qui la dirigea. Fioccolino ne le connaissait que de loin, d’ailleurs tout le monde le connaissait, il ne passait pas inaperçu. Le gourou l’effrayait un peu, comme le reste de sa secte. Il ne comprenait pas bien ce qu’ils cherchaient. Mais en cet instant, c’était le seul à pouvoir assurer les adieux à Rhine. Le seul à pouvoir rompre ce silence trop lourd.

Tous les jeunes habitants étaient rassemblés. Aucun ne disait mot, on n’osait à peine bouger. Fioccolino, l’un des plus petits, avait été placé juste devant. Le lit nacrée dans lequel reposait le corps inerte de la jeune fille se trouvait à quelques pas devant lui. Son dernier lit, pour son dernier repos. Bird était là aussi, juste à côté. Il gardait la tête baissée. Le teint pâle, le corps un peu voûté, les yeux vides. Il n’avait pas du beaucoup dormir, ces derniers jours. Fioccolino non plus.

Les mots de Vishva sonnaient bizarrement dans les oreilles de Fio. Il ne comprenait pas, à nouveau, où le gourou Albin voulait en venir. Un monde meilleur à venir ? Comment une mort pouvait-elle être le symbole d’un renouveau prometteur ? C’était si illogique que Fioccolino était complètement troublé par les propos de l’indien, qui semblaient pourtant faire écho chez d’autres pensionnaires.

Lorsque la cérémonie s’acheva et que le cortège se mit en marche, Bird mit sa main sur son épaule et l’encouragea à avancer. Fioccolino leva la tête vers lui mais Bird ne le regardait pas. Il marcha, comme les autres, comme toutes ces autres silhouettes atterrées qui se dirigeaient vers la mer. Bird restait à ses côtés, creusant le sillage de la cohorte qui lui succédait. Peu à peu, leurs traces de pas s’inscrivirent dans le sable fin de la plage. Ils étaient arrivés. Fioccolino n’était encore jamais allé jusque-là. Il connaissait la forêt, et même le moulin, mais pas la mer. Pas la mer. Et pour une première fois, ce n’était guère un évènement joyeux.

L’atmosphère pesante et sinistre qui les englobait commençait à l’oppresser réellement. Sans la présence de Bird, il serait parti en courant, s’enfuyant à l'ombre des bois en revêtant son costume de loup, seule chose capable d’apaiser ses angoisses. Mais il sentait, et peut-être n’était-ce le fait que de son imagination, que Bird ne devait pas être seul. Oh, bien sûr, c’était le directeur, il était plus haut que tous, il était le maitre et l’équilibre de ce monde. Il n’avait besoin de personne, encore moins un gamin farouche tout juste bon à se bagarrer. Mais la fissure qui avait ébranlé le dôme invisible surplombant Espérance semblait s’être transféré sur lui, fissurant son image et sa puissance. Parce qu’Espérance, c’était Bird, et Bird, c’était Espérance. Oui, pour la première fois, Bird avait l’air fragile.

Le lit de Rhine, aussi diaphane que son teint, avait était délicatement posé au creux d’une barque. Les plus grands avaient lancé la barque dans la mer. Certains avaient pleuré, la plupart demeuraient figés, statiques et silencieux. On entendait que quelques faibles murmures. « Qu’y a-t-il au-delà de la mer ? », « Où ira la barque ? », « Est-ce qu’on la reverra un jour ? » … Fioccolino se posait les mêmes questions, qu’il essayait de faire taire en son intérieur, car il savait qu’il n’aurait pas de réponse. Cela dépassait Espérance, cela les dépassait.

La silhouette de la barque s’éloigna, devenant de plus en plus minuscule, jusqu’à disparaitre tout à fait. Tous les enfants avaient les yeux fixés sur le rivage sur lequel Rhine ne voguait plus. Fioccolino attrapa alors la main de Bird, sans la regarder, sans le regarder, il l’attrapa d’un geste presque instinctif. Le bras du directeur vibra, ne bougea plus, puis finit par serrer la main crispée qui l’agrippait.


Bird
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MessageSujet: Re: [mini-event]Adiaŭ Espero Dim 19 Mai - 19:14


3éme levée de soleil après la mort de Rhine.
Aux yeux du directeur, la vision du temps avait totalement changée. Espérance n'était plus l'utopie inébranlable mais un univers de cristal défiguré par une fêlure pourpre.
Fêlure-gouffre, gouffre-serpent glissant ses anneaux sur les plaies vives, muant de chagrins en chagrins avant d'être assez grand pour dévorer tout sur son passage.
Le radeau s'embrasa.
Les flammes redonnèrent la couleur à l'immaculé, au blanc mortuaire avant d'entièrement consommer vie et espoirs.
Le feu destructeur. Comme toujours. Comme durant ce bal des horreurs. Comme pendant ce jugement cauchemardesque.
Le feu qui efface, supprime la vérité et ce qui a existé.
Le feu libérateur.
Pour le bien de tous, Rhine la morte devait disparaitre, s’effacer de leur mémoire comme bien avant, le feu avait effacé de nombreuses histoires de la grande Histoire.
Le cœur du Directeur se serra. L’ombre d’un four apparut. Un haut le cœur le prit. Malaise. N’était-il pas aujourd’hui sosie de ceux qu’il avait toujours détesté ?
Malaise commun.
La main de Fioccolino chercha la sienne, il l’accueillit au creux de sa paume, la serra aussi fort que sa gorge était nouée, que ses yeux se retenaient de pleurer.

« Viens Flocon, rentrons. »


Sans un regard en arrière, ils disparurent, l’Oiseau certain que, s’il avait dû le faire, brûler ce corps n’était pas un pas vers le « bien ».


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MessageSujet: Re: [mini-event]Adiaŭ Espero Aujourd'hui à 14:09


[mini-event]Adiaŭ Espero

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