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Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche]

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MessageSujet: Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche] Sam 27 Avr - 18:05


♪ Alors, le prince ambitieux revint sur ses pas, pour ne pas oublier les siens.
La maison au bout du chemin, ouvrit ses bras. C'était la porte du labyrinthe.

Le temps en Espérance pouvait paraître long à quiconque n'avait pas d'ambition. A quiconque voulait rester en paix. Pourtant, un moment de tranquillité n'était jamais refusé. Cette... Tranquillité, Vishva l'avait connue, avec Cali en tout premier lieu. Grande amie de Bird, femme aux larmes faciles, aux nombreux troubles, elle était tout de même animée d'une vivacité qui avait surprit l'être flegme que lui était. Il aimait la complexité dont elle était faite. Sorte de lunatique, bipolaire même, passant du rire aux larmes, de la douceur au fracas. De manière générale, Vishva avait toujours montré une étonnante fascination et tout autant de sympathie envers ceux qui dégageaient une force animale. Lui était la théorie s'entourant de pratique.

Mais Cali n'était pas que ça pour lui. Au fil des discussions, elle était devenue une amie. Au détour d'une plaisanterie, il l'avait appelée sa concubine. Depuis c'était resté. Poussant le vice, il l'avait persuadée de quitter la fermette de Bird, tandis que lui abandonnait l'internat, fuyant ainsi un vieil ennemi : le Lièvre de Mars. Elle et lui s'étaient installés dans l'une des nombreuses maisons abandonnées. Au départ, la maison était morne, mais Cali avait rapidement su l'animer et Vishva avait suivit. Les murs s'étaient doucement imprégnés d'une odeur vanillée et le sol avait finit par se faire habiller de quelques meubles. Ils étaient bien là, tous les deux, en faux couple.

Dans leur faux couple, survenaient quelques disputes. Rien de bien méchant, mais il arrivait que Cali lui reproche son espèce de je m'en foutisme. Et, comme Vishva ne répliquait pas, elle brisait la vaisselle, avant de s'en aller de la maison, claquant rageusement la porte. Les murs tremblaient alors et lui attendait qu'elle revienne. Cali revenait toujours...

Un jour, ils s'en allèrent se promener aux abords de la forêt et trouvèrent un gamin. Peut-être treize voir quatorze ans tout au plus. C'était un blondinet aux yeux bleus. Il semblait apeurer.
« Tiens, tu as vu ? commença Vishva. Ca doit être un nouveau...
- Oh, qu'il est mignon ! On devrait peut-être l'aider ? »
Vishva n'eut pas réellement le temps de réfléchir à sa proposition, que déjà elle lui prenait la main, l'entrainant vers ce petit bonhomme. Il y eut un silence, durant lequel Cali hésita sur la façon de l'aborder. Etonnement, c'est le gamin qui la devança, ses grands yeux s'illuminants.
« Maman !
- Maman ? répéta Vishva, perplexe.
Cali, elle, sautilla de joie.
- Il est trop adorable !
- Qu'est-ce que ça veut dire maman ? fit-il cependant. Ce n'était ni de l'Espéranto, ni du Perse. Enfaîte, le gamin parlait français.
- Que tu es idiot Vishva, ça veut dire "mère"... C'est du français.
- Tu n'es pas sa mère Cali...
- Et alors, ça reste tropppp mignon ! »
Il roula des yeux. Disons, que si elle était enthousiaste, lui restait prudent. Et ce gosse, non seulement étrange, vint soudainement se lover dans les bras d'une Cali euphorique, qui lui caressa les cheveux, comme si elle venait d'adopter un chaton.

Sans trop de peine, elle le persuada de le prendre avec eux. Plus tard, ils apprirent que le garçon s'appelait Georges. Dans un même temps, Vishva reçut le délicieux nominatif de père.
« C'est un peu comme si nous étions une véritable famille, non ? Moi la mère, toi le père et Georges notre fils...
- Il fallait bien qu'on saute le pas Cali... Après tout, tu n'es pas ma concubine pour rien, plaisanta-t-il. »
Tous les deux s'étaient mis à rire. Ils s'entendaient bien... Réellement bien.

Vishva était alors au summum de la plénitude. Mais toute bonne chose à une fin. Et leur "conte" ne s'acheva pas par un "et ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps". Au contraire, la fin fut abrupte et... étrange.

Cali, à fond dans son rôle de mère, avait décidé d'emmener son petit Georges en promenade.
« Tu es sûr de ne pas vouloir venir Vishva ? Ca te ferait du bien de quitter un peu ta fumée... Tu vas finir par moisir.
- Non, non, je suis très bien où je suis, répliqua-t-il en haussant les épaules.
- Boooon, très bien, mais alors demain, tu viens !
- Promis... Ne le perd pas en route, hein.
- Comme si ! »
Elle lui fit un signe de la main et Georges vint le serrer dans ses bras, avant de sortir. La maison, redevint toute calme et Vishva souffla un peu de fumée vers le plafond, les attendant patiemment.
Mais ils ne revinrent jamais. Pourtant, ce ne fut pas faute de les chercher. Ils avaient tout bonnement disparu. Comme par magie. Il eut grand mal à digérer la nouvelle, grand mal à s'en remettre, à voir les murs de la maison retrouver leur froideur. Et, même s'il continuait à chérir la maison, il préféra la quitter et prendre place à la fermette, au moins pour un temps. Car, bien qu'il exècre légèrement Bird, il préférait se savoir là, que seul au bourg, entouré de questions sur le pourquoi du comment Cali et Georges s'étaient envolés.

Incapable de faire proprement le deuil de cette brusque disparition, Vishva finit par se décider à remettre les pieds dans la maison, au bourg. Le temps d'une journée, il voulait se remémorer leur douce présence. Car lui qui prônait l'oubli, n'avait pas imaginé une seule seconde que l'on puisse disparaître, une fois en Espérance. Le fil de la vie était décidément bien fragile.



♪ Perdu dans un labyrinthe de brume et jasmin, le prince ambitieux croisa
la princesse coquette. Ils surent dès lors que leurs destins seraient liés.

La journée était décidément encline à la réflexion. Il faisait doux et le ciel était d'un beau bleu où quelques nuages osaient se promener. Vishva, accoudé à la fenêtre de sa chambre comprit que les conditions étaient propices à ce qu'il fasse un tour dans son ancien chez lui : au bourg. Il attrapa son petit coffret de bois, contenant tout ce qui lui était nécessaire pour les dessins de henné et enfila une paire de chaussures en toile brune.

Avec décontraction, il quitta la chambre et descendit les escaliers. Sans un seul regard, ni une parole pour personne, il sorti de la fermette, se pressant sur le chemin. Les odeurs de la ferme lui arrachaient un certain dégoût. Il préférait décidément se perdre dans les âpres vapeurs de la drogue. D'ailleurs, il espérait que rien n'ait bougé dans la maison et que son narguilé tienne toujours une importante place dans le salon.

Sur la route, il observa son coffret d'un oeil distrait. Cette boite était apparue par sa simple envie et ne le quittait que rarement. Elle était un souvenir sans en être un, mais elle le rassurait, lui donnait une sorte de profondeur, d'authenticité. Vishva n'était pas seulement un homme d'Espérance, il était également un marginale aux inspirations orientales.

Ses doigts caressèrent sa fine tresse et après un moment de marche, il déboucha sur les rues pavées du bourg. Quelques souvenirs surgirent ça et là, allant d'une course-poursuite que lui et Cali avaient du improviser après Georges, aux plaisanteries qu'ils avaient échangé concernant un certain... oiseau. Un sourire passa sur ses lèvres et il secoua légèrement la tête. « Tu me manques Cali » Cette réalité lui arracha un soupir et supprima son sourire. Au fond de lui, si profondément que le Divin lui-même aurait du mal à le débusquer, il craignait de voir disparaître l'un après l'autre, chacun de ses proches. On ne peut évoluer seul sur les chemins d'Espérance, c'est pour cela qu'il chérissait l'idée d'une communauté.

Tout ça... tout ça c'était la faute de Bird. Il cachait quelque chose, Vishva le sentait. Il transpirait le mensonge, son regard était le reflet d'un mal aise qui l'agaçait, lui et le Divin. C'est bien pour ça qu'il voulait l'évincer et prendre le contrôle. Il supprimerait définitivement le pseudo-pouvoir qu'il croyait avoir et instaurerait un régime où il serait l'oeil, le "big brother is watching you". Ce n'était peut-être pas un symbole de démocratie, mais qu'est-ce que pouvaient y connaître des enfants ? Rien. De la fermeté, de la rigueur, la suppression de la mauvaise graine et, montant crescendo, l'explosion de cette utopie gangrenée pour en faire une nouvelle, plus propre, plus vraie, à l'image des idéaux du Divin. C'était simple non ?
Enfin, l'heure n'était pas à ça. Il préférait revenir à des pensées plus douces, plus sablonneuses. Il se voyait déjà, les yeux clôt, baignant dans une sérénité de jasmin.

Il tourna à l'angle d'une rue et vit non loin, la maison de dessiner, plus isolée que les autres. Elle était en marge de la petite communauté que formaient les autres maisonnées. Vishva avait voulu qu'ils se mettent là, prétextant qu'il fallait mieux tenir éloigner l'opium... du peuple.

La maison se dessinait en façades de briques. Abimée par le temps, elle gardait cependant son petit côté charmant, par ses grandes fenêtres. La porte, en bois non traitée se voyait affubler d'un ridicule bonhomme dessiné à la craie grasse par Georges. Tandis qu'il passait ses doigts sur les contours du personnage, Vishva se rappela le jour où il l'avait prit en flagrant délit. Georges n'avait jamais pu le terminer et il manquait la moitié du visage au bonhomme...
Il ouvrit la porte non verrouillée et entra dans la bâtisse. Dedans, le silence était comme... pesant. Il faisait sombre, le soleil étant du côté opposé. Il s'avança, ses pas faisant craquer le parquet. Il laissa la porte se refermer dans un claquement brutal et un vent froid s'engouffra dans le couloir de l'entrée. C'était tout à fait lugubre, sinistre... En manque de vie, pareille à la première qu'ils étaient venus.

Ses mains passèrent sur les murs blancs et il alla dans le salon, jouxtant de peu l'entrée. Il fut heureux de constater que tout était à sa place, que ça soit les coussins aux teintes chaudes - petit caprice de sa part - en passant par la narguilé prenant fièrement place au centre de l'endroit.
Une fois, Georges avait voulu essayer... Ce jour là, il avait hurlé de peur, croyant, en voyant les vapeurs s'élever, que le narguilé était à un dragon cracheur de flammes.

Vishva traversa le salon et passa dans un autre couloir, pour aller à la cuisine. Peut-être était-ce par prévoyance, mais il y avait laissé tout ce qui servait à allumer le narguilé : Le charbon, ainsi que les autres objets nécessaires à la préparation. Il s'en saisit et revint au salon, pour mieux s'installer dans les gros coussins. Il retira ses chaussures et resta tout d'abord allongé, fixant le plafond. Il inspira et souffla profondément avant de mettre en marche tout ce fatras.

Les minutes s'écoulèrent en vapeurs naissantes. Lentement elles vinrent lécher les murs, ravivant d'anciennes exquises odeurs. Deux carreaux brisés d'une fenêtre du salon, les laissaient ensuite s'échapper pour venir titiller les sens de quelques passants.
Se faisant une place de souhait entre les coussins, Vishva inspira toujours aussi profondément les puissantes vapeurs de jasmin, qui se déversaient dans ses poumons, en un parfum d'ailleurs.

Lui-même était ailleurs. Son regard nuancé de brun se perdait sur les murs brouillés d'une fumée blanche. Il songeait à Cali, à Georges et à tous ces autres, disparus d'un claquement de doigt. Peu à peu, il se mit à penser qu'Espérance ferait naître en tout à chacun une sorte de peur insondable. Celle de partir en volutes de fumée, qui se feraient à jamais oublier des consciences de ceux encore présent.
Que valait un souvenir en Espérance, quand on s'évertuait à vouloir oublier le passé ?

Il soupira, détourna les yeux du mur et fixa le coffret à henné, lové au centre un coussin beige. Son regard remonta sur ses propres bras où dansaient quelques arabesques. Enfin, il rejeta la tête en arrière dans ses coussins, remontant légèrement une jambe, le tuyau relié au narguilé toujours dans une main. « Qu'est-ce que cela vaut... » lâcha-t-il pensivement.


Dernière édition par Vishva le Dim 28 Avr - 11:52, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche] Sam 27 Avr - 19:24

Parfois, bien loin de sa patrie, de son pays natale et de ses origines, la nostalgie l’emportait sur le présent, laissant le passé s’infiltrer involontairement dans le cours de la vie. La perfection a malgré tout ses défauts et ses effets pervers, et cette journée, Blanche ne souriait pas. Elle avait rêvé, et ce n’était pas un rêve du Reflet, c’était en cela que tout était pire, parce qu’il y avait une odeur familière qui trottait dans ses narines depuis la veille sans savoir laquelle elle était, sans pouvoir mettre un nom dessus. Elle avait beau côtoyer les parfums, celui là avait le goût amer d’un doux souvenir où bien-être et bonheur y étaient mélangés comme des ingrédients secrets qui font d’une recette quelque chose d’unique. Mais voilà, c’était tant unique et familier qu’il ne collait pas à sa vie à Espérance. C’était une odeur lointaine et elle pouvait essayer autant qu’elle le voulait de lever le nez en l’air et respirer les odeurs, elle ne pouvait l’attraper, et encore moins avec ses mains.

Allongée sur le dos, dans son lit, dans une robe pourpre, elle leva la main vers le plafond, regardant ses doigts parfaits qu’elle orienta vers la fenêtre pour voir le ciel bleu se profiler derrière ses phalanges. Un soupire sortit de sa gorge. La poignée de la chambre s’était brusquement activée et cela la sortit de son songe éveillé. Jamais donc, elle ne retrouvera cette odeur. Jamais donc elle ne sentira cet état de bien-être qui lui semblait alors possible en ces temps là. Elle referma sa main qu’elle laissa doucement tomber sur le lit pour s’appuyer dessus et se relever. C’était sans doute ses camarades qui venaient aux nouvelles. Elle n’en avait pas envie, mais sourire était le plus important. Parce que tout n’était que transparence à Espérance, tout était mascarade. Et ce qui la révoltait le plus c’était de voir qu’un satané piaf aux ailes peu assurées était capable de maintenir un certain ordre, ou tout du moins de contrôler la communauté alors qu’il y avait bien mieux pour remplir ce rôle, elle. Avec elle, rien ne serait faux-semblant, avec elle…avec elle il n’y aurait plus de menteur ou de faible, Espérance serait Réalité et pas un espoir vain, une attente de quelque chose, une attente de déchéance. Ce n’était pas même le jardin d’Eden, la seule chute possible était celle de Bird et elle serait la clé de la délivrance ! La fin d’un monde mis de côté et séparé de ce quelque chose. Et même si ce qui était derrière les murs étaient inconnu de Blanche, peu importait ! Elle irait voir ! Elle évacuerait cette vie du poison incapable de gérer correctement la vie des hommes. Pleins de catastrophes étaient advenues et le seul point commun à tous ces évènements était comme par hasard le directeur de pacotille, Miséricorde en était bien la preuve, sa haine envers lui était ce qui avait déclenché sa folie et qui avait fait des enfants, des rêveurs victimisés, de pauvres êtres soumis au cauchemars incessants, hantés par leur passé…. C’était de la faute de Bird ! On pouvait lui reconnaître une grandeur, et une seule, celle de s’être crée de la compagnie dans sa cage dorée. Le bougre s’était reconstruit une vie entière, rameutant des sujets à ses ordres, comme une araignée garde ses proies dans ses toiles pour mieux avoir la main mise sur elles. A quand la fin ? A quand la mort ? Parce que dans une toile, on n’en sort jamais vivant sauf…avec de l’aide, mais qui dans cet univers où, bien qu’on prône la communauté, ne se la jouait pas en solitaire ? On jouait ses propres intérêts au final… mais Blanche sauverait les siens, parce qu’il le fallait, et tout le monde deviendrait les siens, il le fallait, son pouvoir en dépendait. On pouvait bien l’accuser de faire pareil que Bird, de vouloir assouvir son pouvoir, oui mais. Ce n’était pas tout à fait pareil…elle faisait ça pour que les enfants ne soient plus sous le voile de l’ignorance, et pour placer un maître digne de ce nom sur Espérance et prouver qu’une femme était capable de pouvoir, et qu’elle valait mieux que n’importe qui. Blanche avait la carrure d’un chef, pas Bird, certainement pas Bird, surtout pas Bird.

« Blanche, tu ne veux pas faire un tour avec nous ? Tu as l’air pâle, le soleil te fera du bien » lui dit une de ses camarades, une fois la porte ouverte. Elle en ferma longuement les yeux, alors qu’une légère brise s’engouffra dans la chambre. Dans un dernier espoir, elle avait essayé d’humer l’air mouvant pour retrouver son odeur, mais en vain, l’odeur ragoûtante de la paille s’élevait simplement et c’est dans un soupire las qu’elle baissa légèrement la tête. « Laissez moi me préparer, je vous rejoins en cours de route » dit-elle simplement, en refermant la porte, sans laisser le temps à sa camarade de répliquer. Alors, lentement, elle se détourna pour aller chercher dans ce qui était son armoire quelque chose. Prise de cet effet de nostalgie plus que de haine envers Bird, son envie n’était pas d’avoir l’air ravissante aux yeux de tous, mais de porter des couleurs qui réchaufferaient son cœur un peu trop froid par rapport à la norme. Et puis, elle n’avait envie de croiser aucun regard en ce jour… D’’une main glacée, elle attrapa un sarouel en lin de couleur rouge sang et un léger haut blanc d’une matière un peu transparente, qui laissait voir la couleur de son soutien-gorge noir. Doucement, elle enfila ses sandales, assise sur le lit, les jambes croisées, des sandales plates et noires. Délicatement, elle se posa à sa coiffeuse, détachant ses longs cheveux noirs ondulés qu’elle coiffa rapidement, pour les disposer en trois parties, deux devant, la dernière suivant la courbe de son dos. Elle se parfuma d’un mélange d’ambre et de vanille. Une fois son trait de crayon noir, unique sur elle, sans doute parce que c’était une pratique de son avant qui, tant de fois répété chaque jour était devenu naturel, elle sortit de sa chambre, enfilant des rangées de bracelets. Elle se sentait un peu mieux…un peu mieux oui. Mais elle s’en alla par un chemin peu emprunté de tous, et discrètement, elle se mit à déambuler dans les rues dehors, laissant ses sandales claquer au sol, et ses hanches onduler selon ses pas. Le soleil s’abattait doucement sur sa peau et sa démarche était rythmée par l’entrechoc de ses bracelets.

Parfois, sur sa route, elle fermait les yeux et laissait ses pas la guider. Et même si elle s’était persuadée de ne plus rechercher l’odeur, elle ne pouvait s’empêcher de respirer l’air, espérant sincèrement au fond d’elle la retrouver…tout du moins poser un nom dessus et l’oublier pour ne plus ressentir cet état qu’elle n’aimait pas…parce qu’il la rendait un peu trop vulnérable. Ses pieds avaient frôlés l’herbe, le sable, les cailloux, maintenant…des pavés. Elle ouvrit les yeux, oui des pavés. Elle était arrivée au bourg. Endroit qu’elle connaissait assez bien, pour y aller assez souvent et retrouver des gens…des hommes principalement, elle n’en était pas honteuse non…d’ailleurs elle sourit, en pensant qu’il faudrait qu’elle réponde à une avance de l’un d’entre eux. Elle s’amusa à dévisager certaines bâtisses, regardant leur architecture, puis, une fois lassée, elle referma quelques instants les yeux alors qu’elle s’était engouffrée dans une rue. Plus elle avançait, et plus ses sourcils se fronçaient légèrement, parce que l’odeur commençait à resurgir. « Arrête, Blanche, c’est encore ton imagination, je t’ai dit d’oublier » Elle ferma davantage ses yeux mais finit par s’arrêter tout bonnement au milieu de la rue, parce qu’elle se faisait plus…puissante. Elle tritura ses pointes puis finit par ouvrir les yeux sur le ciel d’où montaient des petits nuages de fumée qu’elle regarda assez longuement, avant de tourner la tête vers la source. Elle n’avait jamais vu cette maison, on aurait dit qu’elle s’était implantée à l’instant même. Et bien qu’elle lui soit étrangère, elle avait quelque chose de familier, sans doute l’odeur…hm. Elle regarda longuement le bâtiment, avant de s’approcher du dessin pour lequel elle sourit doucement, dessinant à blanc l’autre partie du visage. Puis elle regarda rapidement à droite et à gauche si personne ne se trouvait dans les parages, et posa la paume de sa main sur le mur avant de lever une main vers un nuage pour l’attraper. La fumée s’enfuit de part et d’autre de ses fins doigts et elle ramena son poing à elle.

Blanche se dirigea ensuite vers la porte qu’elle regarda longuement. Qu’allait-elle trouver derrière ? Mais le parfum eut raison de sa prudence, et elle ouvrit la porte en silence, retenant sa respiration. Et quelle n’en fut pas la surprise ! De voir cet homme allongé parmi ses coussins. Cette scène était incroyablement fascinante. Un autre monde se cachait finalement derrière cette planche de bois. Un autre univers, comme un autre espace-temps… Et c’était quelque chose qui attirait Blanche qui ne comprenait pas pourquoi son cœur s’était doucement resserré. Les coussins, l’odeur…Alors sans bruit, elle referma la porte, continuant de regarder la pièce avant de s’arrêter sur le narguilé qui provoquait les nuages. Elle se frotta délicatement un bras, laissant soin à ses bracelets de marquer sa présence. Bizarrement, elle avait perdu ses airs arrogants pour laisser place à son côté métissé et oriental. Comme à la maison.


Dernière édition par Blanche le Mar 7 Mai - 19:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche] Sam 27 Avr - 21:28

♪ A la sortie du labyrinthe, le prince ambitieux se tourna vers la princesse coquette :
« Partagerons-nous encore le goût des choses ? » demanda-t-il tout bas.

L'évocation des souvenirs se pressa à la porte de sa mémoire, comme une foule trop nombreuse. Si bien, qu'aucun ne parvenait à correctement se présenter. Tous passaient comme dans un grand huit derrière ses paupières closes. Il y avait des évocations joyeuses, des plus tristes, d'autres colériques. Étrangement, les colériques faisaient parties de celles qu'il aimait le plus. Voir Cali se déchainer contre la vaisselle ou les joues de Georges se gonfler d'agacement, lui paraissaient aujourd'hui comme quelque chose d'amusant. Il se voyait en garçon conciliant ramasser un à un les bouts de porcelaine disséminés sur le sol, les déposer dans un sac et jeter ce dernier, pour qu'il disparaisse.

C'est étrange comme les faits de disparitions lui sautaient aux yeux à présent. Beaucoup de choses en Espérance disparaissaient en effet. Des gens, mais des objets aussi. Parfois remplacés, parfois non. Il se souvient avoir entendu un jour, un enfant parler d'une télévision, très lourde pourtant, ayant disparue comme par magie. Ça avait animé un petit débat au sein des plus jeunes. Si, sur le coup Vishva n'y avait pas prêté grande attention, à présent c'était largement différent.

Quelque chose clochait réellement en Espérance. Aussi, faire descendre de son piédestal Bird, devenait de plus en plus pressant. Il jubilait d'avance de voir cet oiseau perdre son calme factice et paniquer devant le retournement de toute une communauté qu'il pensait parfaitement maîtriser, contre lui. Cette réflexion avait certes un fond cruel, mais Vishva le cachait au regard des autres. Seul le Divin pouvait être au courant des réelles ambitions de son prophète.

Il se voulait représentant terrestre de son Divin. Rêvait de diriger à son tour Espérance. Il serait l'homme de la situation. Il avait le calme et la sérénité pour. Bird était loin de remplir les conditions pour être un meneur. Il était lâche. Par moment, il lui rappelait les petits bonshommes rabougris que l'on trouve dans les contes. Ces espèces d'Igor, trop bêtes pour dépasser leur maître. Décidément, Vishva développait de plus en plus d'antipathie pour l'oiseau... Bien que ce dernier ne lui ait réellement rien fait. Leurs conversations se bornaient en quelques politesses échangées ou, dans de plus rares cas, en une pique ou deux balancées. Rien de bien méchant. Mais bien assez pour lui.

Se concentrant de nouveau sur la caresse du jasmin, Vishva se redressa, pour souffler sur le charbon et intensifier ses braises. L'odeur devint un peu plus intense et il se laissa aller dans les coussins, passant un doigt le long de la courbe de son nez, jusqu'à ses lèvres, puis posa sa paume à plat dans son cou, comme pour se rappeler qu'il était encore matériel, malgré le fait que son cerveau soit aux prises avec quelques paresses d'orient. Qu'il faisait bon vivre à cet instant. Il aurait presque pu entendre les musiques d'ailleurs, sentir les orangers, voir s'animer des danses exotiques.

Le tintement de quelques bracelets parvint même jusqu'à ses oreilles, au point qu'il s'imagine tout un monde. Il garda ainsi les yeux fermés, jusqu'à ce que par hasard, il les rouvre sur... une femme. Ah ? Il ne l'avait pas vu venir celle-ci. D'ailleurs, était-elle un songe venue tout droit de son passé ou était-elle vraiment là ? Lentement, il se passa une main, marquée de dessins au henné sur les yeux et se redressa sur un coude, l'observant silencieusement de en haut en bas.
Le visage, l'expression, les habits, tout était réunit pour composer le portrait d'une dame typiquement orientale. Et bien qu'il maudisse ses souvenirs de Perse, trop présents dans son cœur, Vishva ne pouvait qu'apprécier ce qu'elle représentait. Que dire, sinon qu'il la cataloguait sans le vouloir dans une sphère familiale. Une sœur d'orient, une camarade de souvenirs, une amie du narguilé peut-être même.

Tout en la regardant, il mena le tuyau à ses lèvres, expectorant par la suite une longue bouffée de fumée. Dans ce confortable silence, il laissa son regard dévier sur les bracelets qu'elle avait, son sarouel, sandales, puis tourna la tête vers la cheminée qu'elle semblait observer. Elle était rouge et dorée, finement ciselée. L'œil averti, aurait pu reconnaître les décorations indiennes, valant le nom de houka plutôt que de narguilé, même si la popularité de ce nom-ci, faisait que Vishva l'utilisait.

Enfin, observation faite, il revint au visage de la métisse, qu'il n'avait pas entendu entrer. C'est étrange, mais il ne l'avait jamais croisé. Il s'en serait rappelé sinon. Avec son haut légèrement transparent, elle ne devait pas passer inaperçue pourtant. Qui pouvait-elle être ? Il aurait clairement pu le lui demander, mais la vaporeuse léthargie s'étant emparée de ses lèvres, il ne daignait pas encore composer quelques phrases. Juste, inspira-t-il profondément pour la énième fois. Dans un geste sempiternel, sa main libre grimpa le long de sa tresse. Enfin, il cligna très lentement des yeux et parla :
« Assis toi, si tu veux. Le timbre de sa voix trahissait de la douceur dans laquelle il lambinait. Et dis moi un peu qui tu es... Je ne crois pas t'avoir déjà vu par ici... »

La conversation proposée, il se leva sans trop se presser, pour aller prendre le plateau sur lequel était entreposé d'autres bouts de charbon, du tabac et différents parfums. Il attrapa une pince, s'accroupit et changea tranquillement l'appareillage du narguilé, pour le remplacer par un nouveau morceau de charbon ainsi qu'un autre parfum, pour raviver les papilles. Il mit alors, de l'orange et de la cannelle. Le tout fait dans la dextérité de l'habitué, il s'assit enfin en tailleur, finissant de souffler sur les braises.


Dernière édition par Vishva le Lun 3 Juin - 15:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche] Mer 8 Mai - 18:39

Ainsi, l’Orient était à portée de main, derrière une porte. L’air sentait l’Orient, la pièce respirait l’Orient. Et Blanche se laissa à fermer les yeux pour en sentir encore plus les parfums de là-bas. Qu’il était bon de renouer avec les senteurs d’antan, de chez soi. Alors elle esquissa un petit sourire, la main toujours sur son autre bras avant de rouvrir les yeux sur les nuages parfumés qui s’élevaient en l’air, silencieux et pourtant contant leur histoire du soleil levant. La seule différence était que le temps semblait simplement figé. Figé par le silence et par les mouvements. Tout était agréablement lent et reposant. Cela lui rappelait l’espace d’état flegmatique qu’elle pouvait avoir avant… Allongée quelque part à ne rien faire. Ici, dans cette pièce, l’oisiveté y était offerte et cela faisait du bien.

Elle l’observa longuement, la tête légèrement penchée sur le côté. Elle non plus ne l’avait jamais croisé réellement, sinon, bien évidemment qu’elle ne l’aurait pas laissé filer. Pas forcément parce que c’était un homme, mais surtout parce qu’il avait quelque chose de familier, oui, quelque chose d’elle. Jamais ici, elle n’avait croisé ce genre de personne, ni masculin ni féminin. Elle aurait fait une exception même, si cette personne avait été une fille. Parce qu’il y avait quelque chose de rassurant chez lui, une je-ne-sais-quoi fascinant. Elle ne répondit pas d’abord à sa question, préférant le regarder encore un peu avant de commencer à avancer, les sandales claquant à peine au sol, seuls les bracelets résonnaient dans la pièce enfumée. Dans une démarche extrêmement lente, elle fit le tour du narguilé regardant surtout tout autour d’elle avant de baisser les yeux sur ses deux compagnons d’Orient. « On me nomme Blanche » dit-elle arrivée à la fin de sa course. Elle attrapa ses cheveux, feintant d’en faire une queue de cheval, mais elle les ramena d’un seul côté, sur son épaule gauche avant de s’asseoir en tailleurs sur un coussin orange. Elle regarda les dernières vapeurs de jasmin s’envoler par le trou de la fenêtre puis posa son regard de chat sur Vishva. « Je ne sais pas d’où je viens, je sais juste qu’ici je me sens bien. J’ai senti l’odeur du narguilé… Toute la journée je l’ai cherché, je ne l’ai trouvé qu’enfin ici… Bizarrement, après l’avoir senti, je me sens mieux. Dis moi…que fumais-tu ? » demanda-t-elle doucement après avoir baissé les bracelets sur son bras. « D’où viens-tu, au fait ? Comme toi, je ne t'ai jamais vu, alors qu'au fond, comment ne pas te voir » Ce n'était pas un reproche au contraire.
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MessageSujet: Re: Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche] Jeu 9 Mai - 20:47

♪ Le prince ambitieux regagna seul son royaume.
Mais la princesse coquette lui tournait la tête et ses idéaux, dans un tourbillon de jasmin.

Il fallait fermer les yeux pour être capable de s'imaginer danser tout un paysage féerique sur les murs blancs de la maison. Les odeurs ne suffisaient pas à créer l'ambiance. Non, il fallait également les corps et il y en avait deux ici, présentant tout le symbolisme du désert. Une peau métissée, souffrant de la différence. Une peau sur laquelle les regards se posaient avec intrigue.
Ce duo nouvellement proposé, jouissait du calme de leur origine. tous deux sur les coussins, comme des cousins d'un ailleurs lointain, ils formaient le délicieux tableau d'une entente cordiale.

Vishva ne la regarda pas réellement, continuant avec soin son activité favorite : celle du narguilé. Entouré de vapeurs, il ressemblait à ces types à l'aura un peu étrange, ces espèces de gourous d'un autre siècle. Une telle comparaison ne le dérangeait pas, tant qu'on retirait le côté 'arnaqueur'.
Il s'amusa ensuite, à faire tourner pensivement le tuyau entre ses doigts marqués des stigmates d'une sophistication connue comme féminine. Ah, les dessins au henné ! Cela l'ennuyait qu'ici, on considère cet art comme celui des femmes ! C'était également un dessin d'homme ! Le symbole des guerriers. Il était un guerrier. Soldat sournois d'un ordre révolutionnaire : les Albins. Dommage que personne ne s'en rende compte. Mais il fallait avouer que ça renforçait son marginalisme.

« Blanche, hm... glissa-t-il du bout des lèvres, tout à fait pensif. Il se remit à l'observer, associant ce prénom à la personne. A son sens, ce prénom était un mensonge. Il ne lui ressemblait pas. Il n'était pas assez mélodieux, pas assez séduisant. Elle avait le regard d'une Carmen, la figure d'une Sherazade, l'exotisme de Saartjie. Non, Blanche était définitivement trop occidental, pelucheux, voluptueux, ennuyeux pour elle.
Aussi, hocha-t-il la tête quand elle lui dit ne pas savoir d'où elle venait. Si elle savait, jamais elle ne se ferait appeler comme ça. Mais il n'allait pas lui jeter la première pierre, ni même la pousser à reconquérir ses souvenirs. Il était parfois bon de couper court avec l'Avant. Même toujours.

Vishva lui tendit le tuyau dont il se servait, après s'être redressé.
Les parfums d'ailleurs sont le baume de notre coeur confia-t-il lentement. Le jasmin, l'orange et la cannelle... Sont donc sûrement les maîtres du tient. » Il lui abandonna totalement le narguilé. Il aurait pu se saisir d'un autre tuyau, mais, il n'avait pas le courage de bouger. Pas encore. Il se rallongea, replaçant un coussin sous sa tête et croisa les mains sur son ventre.

« Que veux-tu dire Blanche ? Il se plut quand même à prononcer son prénom. Sa consonance lui faisait penser à un tapis perse que l'on déroule lentement. Son rapport à ce qui l'entourait et au monde en général était amusant. Il savait trop bien associer les choses à son avant. Avant qu'il considérait suffisamment acquis pour le faire passer dans sa vie actuelle.
De quel... venir parles-tu ? Je pourrais être issu de cette maison... Un simple songe qui s'offre à tes yeux grâce aux effluves de jasmin, aux vapeurs de narguilé... Ou bien, un fantôme d'ailleurs, dans une maison d'ailleurs, à un instant... d'ailleurs et tout s'écroulera en dune de sable, lorsque tu auras posé un pied hors d'ici. »
Il leva sa main en l'air et la referma sur le vide en lâchant un petit sifflement, imitant le vent. « Je ne suis peut-être rien, mis à part une volute de fumée ambitieuse. Mais peut-être qu'au contraire... sa voix devint murmure tandis qu'il se redressait sur un coude, triturant le temps de quelques secondes, sa tresse. Peut-être suis-je plus... Parce que tu veux que je sois plus. On ne suit pas les parfums de fleurs par hasard n'est-ce pas ? »

Et le chemin de fleurs invisibles devint un nuage d'odeurs, qui se fit génie de quelques heures, sous les traits d'un perse un peu trop poète, en face d'un Aladin un peu trop féminin.

Mais combien de questions lui laisserait-il encore poser ?
Trois comme dans le conte ? Ou une infinité ?


Dernière édition par Vishva le Lun 3 Juin - 15:16, édité 2 fois
InvitéInvité
MessageSujet: Re: Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche] Mer 22 Mai - 11:56

Le narguilé partagé, Blanche se laissa aller contre un coussin, un peu plus gros que les autres, un peu plus coloré que les autres, un peu plus que les autres tout simplement. Elle prit alors une longue bouffée qu’elle garda quelque temps en elle, avant de l’expirer doucement pour avoir le temps de voir les vapeurs s’envoler et sortir par le trou à l’aide duquel elle était parvenue jusqu’ici. Ce n’est qu’une fois le dernier nuage parfumé envolé qu’elle rebaissa les yeux sur le beau parleur. Elle se redressa en détournant un instant les yeux, un sourire en coin, un peu moqueur, un peu intéressé. Il était plaisant de l’écouter parler, bien qu’il ne jouisse visiblement pas d’un état mental comme les autres. C’était sans doute ça qui l’amusait. Il n’était pas comme les autres, elle non plus. Ils étaient dans cette maison…imaginaire ? Elle apporta de nouveau le tuyau à ses lèvres, répétant le même schéma lent que précédemment, et se plût entre temps à imaginer que ce qu’il disait était vrai.

« Alors je préfère de loin laisser danser mes rêves dans ces parfums avec toi, plutôt que de tout voir…partir en fumée » glissa-t-elle doucement en lui tendant de nouveau le tuyau. Elle finit par s’installer en tailleurs, jouant pensivement avec les étages de ses bracelets dorés. Pourtant prise d’un doute et d’une certaine inquiétude quant au fait qu’il ne soit pas vrai, elle mena une main à son visage et lui passa quelques doigts le long de sa joue avant de fermer le poing qu’elle ramena rapidement à elle. « Plus qu’une fumée indépendante, tu serais plutôt à l’image d’une oasis dans laquelle je reprendrais mon souffle et épancherais ma soif » dit-elle en adoptant la lenteur de son langage. « Je l’ai suivie parce qu’elle m’intriguait depuis un certain temps, je n’arrivais pas à…poser un nom dessus…maintenant, j’ai tari ma soif de connaissance ! » Elle esquissa de nouveau un sourire et par soucis de confort, elle délassa ses sandales pour les poser un peu plus loin. Ensuite, elle se tourna vers lui, en faisant légèrement craquer son dos, en l’ondulant lentement. Ses cheveux furent posés d’un côté de son épaule, puis elle reposa doucement ses yeux de chat sur lui. Des yeux qui se firent un peu plus perçant que plus tôt, pour la simple et bonne raison que la question de sa véracité tenait toujours. D’abord ses cheveux, ses yeux, son nez.. son cou, sa tresse… « Du henné ? » lâcha-t-elle s’en le contrôler. Des fois, quand elle allait à la bibliothèque retrouver des contes un peu mystiques, un peu lents, un peu pour enfants, elle retrouvait des dessins semblables. Ils l’avaient toujours intrigués, elle en avait rêvé et leur dénomination lui avait été enfin livrée. Du henné oui, elle ne se souvenait pas d’en avoir vu en vrai, mais à travers les mots, les descriptions, les rêves… est-il vraiment un rêve, ou bien son fidèle génie ? Doucement, elle mena une main teintante vers un de ses bras et lui frôla légèrement la peau, une éphémère caresse. Ses lèvres s’entrouvrirent et elle sourit.

« Définitivement, je préfère fermer les yeux sur le dehors et rester avec les vapeurs, que tu sois vrai ou… fumée »
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MessageSujet: Re: Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche] Aujourd'hui à 7:40


Que dansent les vapeurs de Jasmin [PV : Blanche]

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