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Icare - Hijo de la Luna

Icare
Messages : 34
Date d'inscription : 23/05/2013
Age : 17
Localisation : Lune

Feuille de personnage
Âge: 10 ans
Entrave: phobie des rires
Métier: élève et livreur
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MessageSujet: Icare - Hijo de la Luna Jeu 23 Mai - 17:41

▬ Icare
▬ Sexe : ♂
▬ Nationalité : Argentin (tzigane)
▬ Âge : 10 ans
▬ Lieu d'habitation : Internat
▬ Poste : élève et livreur
▬ Religion : aucune
▬ Qualités : rêveur, doux, vif, malin, téméraire, attachant, débrouillard.  
▬ Défauts : toujours dans la lune, embobineur, dissipé, indocile, têtu, fantasque, inconscient et farceur.
▬ Activités/Hobbies : flûtiste, passionné d’avions et de fusées, adorateur des étoiles, fasciné par la Lune.  
▬ Particularités : Asthmatique / porte souvent des lunettes d’aviateur / est souvent en train de jouer en parlant tout haut.
Il était une fois...


Icare a su préserver ses souvenirs. Son esprit n’a jamais voulu diluer les contours de son plus beau souvenir, aussi le plus laid n’a pas pu non plus disparaitre. Ce dont Icare se souvient le mieux, ce sont les sensations. Tout ce qu’il a ressenti, sa mémoire l’a gardé en elle comme un coffre-fort.

Icare a deux grands souvenirs. Le souvenir lumineux et le souvenir sombre.


Il y a, d’abord, le souvenir lumineux. Son grand-père, Abuelo, en est le soleil. Abuelo, qui a dans ses veines le sang indien de l’Amazonie et tzigane des peuples nomades, lui apprend l’importance des sourires, de la dignité, et de la tendresse. Quand les médecins condamnent Icare parce que ses poumons ne marchent plus, Abuelo dit non. Le petit vivra, et pour de bon.

Contre l’avis de tous, Abuelo apprend à Icare, le petit gars à la santé fragile, au corps trop maigre et aux yeux trop grands, à nager, courir et vivre pour de vrai. Les poumons ne lâchent pas. Icare vit. Abuelo lui dit de ne jamais avoir peur de son sang d’indien et de gitan, malgré le mépris des ignorants. « Ton héritage est ta force, c’est ta fierté ». Abuelo lui apprend la vie. Ancien pilote, il lui fait découvrir les secrets de l’aviation et ils partagent ensemble une admiration émue pour Charles Lindbergh et Amelia Earhart, deux aviateurs célèbres. Icare nourrit alors une passion sans borne pour toutes les machines volantes. Sa chambre croule sous ses petites inventions mécaniques qui lui prennent tout son temps. Abuelo est aussi musicien, comme l’était son père et son grand-père. Dans le village tzigane, tout le monde vient se réunir pour écouter ses morceaux endiablés. Le violon d’Abuelo est connu de tous, et surtout d’Icare, qui est le seul à pouvoir le toucher. Abuelo veut que le petit garçon apprenne la musique et joue la joie, comme lui. Pourtant, Icare ne voudra pas de son violon. Après avoir entendu la musique qui le transportera comme jamais, Pierre et le Loup, il choisit la flûte traversière. L’oiseau, forcément. Abuelo sacrifie ses économies pour lui offrir l’instrument, qu’Icare ne quittera plus.

Icare est né nuit de pleine lune, et « luna » est le premier mot qu’il prononce. Il devient vite captivé par l’astre lunaire, au point de lui composer des poèmes, de se lever la nuit pour la regarder du toit de la caravane, de rêver en secret de la rejoindre pour l’éternité. Hijo de la luna, c’est comme ça qu’on l’appelle. Abuelo lui dit que c’est à force de contempler la lune que ses yeux sont devenus si grands et si brillants.

Le temps qu’il passe avec Abuelo est son réservoir de joie et de vitalité.  Il lui fait regarder vers le ciel, toujours, toujours plus haut.


Mais il y a le souvenir sombre, très sombre.

- Ignore-les.
- Défends-toi.
- Demande à des grands de te protéger.
- S’ils font ça, c’est qu’il y a une raison.
- Allons, ils ne sont certainement pas si méchants.
- Ce ne sont que des enfants.

Icare se tait. Il ne s’appelle pas encore Icare à l’époque. Mais son nom est oublié, comme le reste. Comme le visage de ces gens trop hauts et trop loin qui l’assomment de ces mots trop vides. Des parents, des professeurs, des adultes, quelle importance. Icare a vu les affiches placardées sur les murs de l’école. « Si quelqu’un te fait du mal, dis-le. », « La violence à l’école, parlons-en. », « Le silence tue ». Icare parle, il essaye presque chaque jour. Les menaces résonnent encore dans ses oreilles, comme le bourdonnement d’un insecte qui se serait coincé dedans. « Si tu le répète, on te tuera ! » et pire encore, pire encore.

Icare a parlé, et personne ne l’a entendu. Ses mots se sont dissous dans le silence. Ils ne comprennent pas. Le soir, Icare ne dort pas. Il regarde le réveil électronique. 1 :02. Encore 7 heures. Il ne faut pas dormir. Le temps passe lentement ainsi. L’échéance est retardée. L’uniforme est posé sur la chaise. Un short bleu, une chemisette blanche. Les traces de sang se sont mélangées à la terre et personne n’a compris. Personne n’a vraiment regardé. Il faudrait crier, mais Icare n’a pas la force. Au creux de son lit, en sécurité jusqu’à demain, il pense et se raisonne. « Demain, je me laisse pas faire ». Ils disent que c’est une mauviette, mais ce n’est pas vrai. Il se défend. Il se bat. Personne ne le voit, c’est tout. Il est plus petit que les autres. Il réfléchit plus vite. Il est dans les nuages, toujours dans les nuages. C’est une proie facile. Alors ils lui sont tombés dessus. La bande des trois, les terribles de l’école. Des hyènes. Icare ne se souvient même plus comment ça a commencé.

Des moqueries d’abord. Le gnome, le clochard, le p’tit génie. L’indien ou le gitan. Tout est bon. Et les insultes, les grossièretés, les choses plus personnelles. Les petites attaques ensuite. Bousculades, affaires déchirées ou aspergées d’encre, petits vols, petites tapes sur la tête. Et puis les violences, les vraies, qui vont de plus en plus loin. On lui donne des coups de pieds dans les jambes, on le pousse par terre, on lui tire les cheveux. On l’enferme dans les toilettes. On le cloitre même dans un casier une fois. Oui, pour de vrai. Tout entier dans un casier fermé. Les humiliations. Le pire. Tout y passe. Soumission, solitude, impudeur. Les forces d’Icare l’abandonnent de jour en jour.
Quand il parle, on lui dit que ce sont des chamailleries et que ça va passer. Alors Icare parle de moins en moins fort, jusqu’à ce que sa voix ne soit qu’un tout petit murmure. Ce soir-là dans le noir, il pense et raisonne encore. Et maintenant, il pleure, juste un peu, sans bruit. Il est 2 : 35. Encore 5 heures et demi. Il ferme les yeux. Il sombre dans un sommeil sans rêve, qui s’achève trop vite.

Le lendemain, il longe les murs en allant à l’école. Sa mère l’a forcé à avaler son petit déjeuner, malgré son ventre tout noué. Le déjeuner ne parvient pas à passer à travers les nœuds, il finit toujours par ressortir et finit dans les toilettes. Ça dure depuis des semaines, peut-être des mois, maintenant. L’angoisse est une montagne qu’Icare ne parvient pas à franchir. Elle régit sa vie, à tous les instants. Il ne pense qu’à ça. Icare a préparé son gouter, qu’il ne mangera pas, parce que ce n’est pas pour lui. C’est pour eux. Il arrive devant les grilles de l’école. Elles sont immenses, gigantesques, terribles ! Elles sont si hautes qu’elles touchent le ciel. Si redoutables qu’on dirait la bouche d’un monstre.

Icare rentre. Dans l’arène.

Dans le couloir, avant d’entrer en classe, une fille lui crache au visage. Il ne réagit pas. Ce n’est pas grand-chose, ça. Icare s’assoit au fond, comme d’habitude. Personne ne vient à côté de lui. En entrant, des enfants de sa classe l’insultent en cœur et lui lancent des trucs. Il ne réagit pas. Les autres rient, ils rient tous ensemble, à l’unisson. Un chœur de rires. Grosse brute n° 1 arrive. Il est plus grand et plus robuste, avec ses petits yeux noirs incrustés dans ses orbites. Il balaye la classe du regard, comme un radar. Il repère sa cible. Il esquisse un sourire de serpent, et il vient s’asseoir. A côté d’Icare.

- Bonjour mon copain, ça va ? demande-t-il en enserrant les épaules d’Icare de ses grosses mains comme un étau.

Icare ne répond pas. Le calvaire commence. Pendant la classe, Grosse brute n° 1 le bombarde de petites tortures. Il met sa main sur sa cuisse et serre fort, très fort. Il gribouille sur les cahiers d’Icare, déchire ses feuilles, casse ses stylos. A force, Icare n’en a presque plus. Il le pique avec un compas, le griffe avec ses ongles. Il murmure des railleries dans son oreille. Icare fait tout pour ignorer, comme on lui a dit – « Ne fais pas attention, ça leur passera » –  mais il s’agite, gigote malgré lui. Le maitre le réprimande. Ça suffit, le fauteur de trouble, il va se calmer. Le maitre l’interroge ensuite, pour vérifier qu’il écoute bien. Il ne peut pas écouter, Icare, puisqu’une voix sournoise siffle dans ses oreilles. Il répond n’importe quoi, il le sait, tant pis. La classe rit encore, plus fort. Toute la classe. Debout, au fond de la pièce, Icare regarde les visages hilares tournés vers lui. Il rougit, les yeux embués, les doigts tremblants.

A la récréation, il va donner machinalement son gouter aux brutes. Il se fait juste tirer les oreilles, quelques injures en prime. C’est tranquille. Mais en repartant, alors qu’il a le dos tourné, une des brutes lui jette une pierre dans la tête. C’est trop. C’est trop ! Icare se retourne.

- Qu’est-ce qu’il a, le rom ?
- T’as un problème ?
- Casses-toi, petit con.

Le cœur d’Icare bat tellement fort qu’il lui fait mal, ça cogne dans sa poitrine. Il fixe les trois garçons, plus grands et plus forts que lui. Il se mord les lèvres pour les empêcher de trembler. Et il leur fonce dessus.

Les coups partent de tous les côtés. Icare en reçoit plus qu’il n’en donne. Mais il ne s’arrête pas. Il frappe et frappe et frappe, il hurle de fureur. Les surveillants arrivent et sépare les bagarreurs. Il se fait punir et renvoyé pour trois jours. Ses parents l’engueulent. Icare ne dit rien. Le feu de sa rage ne s’éteint pas, il l’attise et l’entretient. C’est ce qui l’empêche d’avoir peur, ce qui éloigne le froid et l’obscurité.

Le retour à l’école se fait la peur au ventre, mais le feu est toujours là. C’est fini, il ne subira plus, c’est fini. Il est déterminé. Les brutes ne l’ont pas oublié. Le feu de la vengeance danse aussi dans leurs pupilles. La révolte ne les a pas intimidés. Au contraire. C’est plus drôle quand la victime se débat. A la récré, ils attrapent Icare et lui maintiennent la bouche, les bras et les jambes. Ils l’emmènent jusqu’au préau. Toute la classe est rassemblée. Ils l’encerclent, fixant de leurs yeux durs son petit corps trop vif. Grosse Brute n° 1 arrive devant lui et le gifle. Une fois. Ça résonne partout, même à l’intérieur de lui. Une autre, encore une autre. Coup de poing. Il saigne du nez.

- Tenez-le !

Les deux autres le tiennent. On lui bloque les bras et on lui tire les cheveux. C’est une garantie de douleur. Coup dans le ventre. Coup dans les tibias. Icare suffoque, les chocs lui coupent la respiration. Il n’a pas le temps de comprendre ou de pleurer.

- Petit bâtard !

Les insultes frappent autant que les coups.

- Salopard, tu croyais que t’allais t’en tirer comme ça ? Tu crois que parce que t’as sauté des classes, t’es plus fort que nous ? Mais tu n’es rien, tu comprends, rien.

Grosse Brute n° 1 s’approche tout près de lui et crache :

- Personne ne t’aime. Tu sens mauvais. Tu fais pitié. Tu es ridicule, tu sais même pas parler. T’as pas d’amis. Tu es tout seul, parce que personne ne voudrait trainer avec un gars comme toi. T’es trop moche et trop con. Tu mérites de crever. Tu entends ? Mourir. Mou-rir.

Des larmes coulent enfin des yeux rougies d’Icare. Les mots le blessent encore plus que les coups. Grosse Brute n° 1 s’écarte un peu de lui et clame :

- Crève, crève, crève, crève, crève…

Et toute la classe reprend en cœur et scande :

- Crève, crève, crève, crève, crève !  

Icare reçoit des ras-de-marées de « crève » qui le recouvrent et lui font boire la tasse. On prend son cartable et on en vide brutalement le contenu sur le sol. Il y a parmi les cahiers des avions en métal de la collection d’Icare, qu’il emmène pour se donner du courage. Des enfants les prennent, les tordent et les fracassent. On jette sur lui des boulettes de papier et des cailloux. Grosse Brute n° 1 trouve un dessin du ciel dans les affaires d’Icare. Il le met en boule et, s’approchant d’Icare, le fourre dans sa bouche.

- Allez, avale !

Icare essaye de recracher le papier qui lui obstrue la gorge et lui écorche les lèvres, mais Grosse Brute n° 1 appuie avec ses doigts. Pitié, pitié que ça s’arrête. Qu’il meurt sur le champ.

- Crève, crève, crève, crève, crève, crève, crève, crève, crève !

Grosse Brute n° 1 sourit de toutes ses dents. Il s’approche encore et agrippe la nuque d’Icare. Les doigts s’enfoncent dans la chair.

- Tu vas payer maintenant, petite merde.

Il lui donne une petite tape sur la joue.

- Tenez-le bien.

Il arrache la chemise du pantalon. Icare crie, sa voix est étouffée par la boule de papier coincée dans sa bouche. Il se débat, mais les brutes le tiennent bien. Ils suivent les ordres. Les autres scandent toujours, ils acclament leur chef, leur tyran, encourageant ses immondices. Grosse Brute n° 1 déchire les vêtements, comme un chien enragé. Icare pleure et se secoue dans tous les sens. Il ne peut rien faire. On lui baisse le pantalon. Devant tout le monde. Il ne hurle plus, il ne se débat plus, il ne pleure même plus. Les rires effroyables de l’assemblée qui l’entoure viennent à lui et le noient, le broient, le tuent. Ha ha ha ha ha ha. Il n’est plus rien.

Le soir, quand il rentre chez lui, Icare s’enferme dans sa chambre. Le ciel est loin, très loin de lui. Ses yeux sont rivés sur le sol. Au lieu de dessiner ses silhouettes d’aviateurs conquérant les cieux, il écrit sur sa feuille blanche : « Je veux mourir ».



Ils vécurent heureux et...


Icare ne se rappelle plus, d’ailleurs personne ne se rappelle. Il se souvient qu’il a voulu voler, il le voulait si fort, c’était devenu vital. Une raison de vivre, de survivre peut-être. Il se disait en lui-même « Que je vole ou que je tombe, je serais libre de toute façon ». Icare a revêtu sa panoplie. Cela n’a rien à voir avec un déguisement. C’est un attirail sophistiqué, probablement inefficace mais il y a mis toute sa foi. Un harnais solide, rattaché à des ailes qui battent très vite, grâce à un petit mécanisme intégré qu’il porte sur le dos. Il y travaille depuis des mois, d’après des plans de son grand-père, caché dans le garage. Il a parcouru son village, traversé la forêt, il est arrivé sur le pont. Il fait nuit, Icare préfère la nuit que le jour, l’obscurité, le silence, le murmure du vent ne l’effraie pas. Et puis, s’il veut voler, ce n’est pas pour le soleil, c’est bien pour Elle. Elle, Séléné, Luna, sa mère qui l’appelle et l’attend. Il doit la rejoindre. C’est maintenant ou jamais. Il est plus haut que les plus grands immeubles. En bas, une rivière, avec les rapides et la chute, la mort assurée, en somme. C’est fait exprès. Il regarde les nuages, qu’il touchera, c’est sûr. Il abaisse ses énormes lunettes d’aviateur, celles de son grand-père. Il a déjà son casque en cuir. Il se met sur le rebord, des petits cailloux dégringolent jusqu’en bas. Ses chaussures mal lacées dérapent légèrement sur la pierre. Grâce à un petit cordon, il met en marche le moteur qui se met à vrombir. Il s’agrippe à l’espèce de trapèze qui accompagne son équipement et qui lui permettra d’être horizontal, exactement comme un oiseau. Il ne veut plus d’une vie d’humain. Une vie où on peut être noyé de rires et écorché par des pierres et des mots. Il ne veut plus toucher cette terre qui le cloue à ce cauchemar. Il sera lunaire. Elle le regarde, l’enrobe de son éclat. Il s’élance. S’envole. Il voit le ciel, il tombe, il plane, il ne sait plus, ça chancelle et crapote. L’eau de la rivière, parsemée de rochers durs et pointus, s’approche dangereusement. Il va chuter, s’écraser, se tuer.

Mais il atterrit là. Sur la plage. Il se réveille allongé dans le sable, ses ailes encore sur le dos. Il ôte difficilement son harnais qui lui lacère les épaules. Il n’a pas si mal, pour une telle chute. Il n’a rien de cassé, même pas de bosse. Par contre, il est tout étourdi, complètement confus. Il ne sait pas où il est, et pendant un instant, il se demande même s’il n’est pas mort. Il a envie de vomir, il se sent faible, bientôt son esprit chancelle comme la flamme d’une bougie. Il a tout juste le temps de voir une grande silhouette floue s’approcher de lui. Il veut parler mais n’y arrive pas, ses yeux se ferment, il se sent soulevé, emporté, et il sombre.

C’est tout naturellement que le directeur nomme le jeune garçon ailé : Icare. L’enfant, lui, n’avait jamais entendu parler du mythe, mais il adopte son nouveau nom sans broncher. Malgré ses mauvaises expériences terrestres, il est maintenant bien intégré à la communauté, qu’il sert avec ardeur. Il est en effet le jeune livreur officiel d’Espérance. Vaelh s’occupe du courrier quand lui s’occupe des livraisons. Ils travaillent ensemble, Vaelh est celui qui lui donne ses directives. Que ce soit pour des demandes spéciales de particuliers ou des services généraux, Icare est très efficace, filant sur son vélo comme une fusée dans l’espace. Son petit engin est très équipé, il possède un klaxon, des roulettes optionnelles en cas de gros chargement, un panier à l’avant et un cageot sur le porte-bagage. Il fait souvent le lien entre les produits de la ferme (lait, œufs, légumes) et la ville, ou alors il s’occupe des commandes de fleurs, de pain, de colis divers, de médicaments parfois… On peut aussi lui demander des livraisons personnelles qu’il vient déposer au seuil de votre porte. Son travail lui prend beaucoup de temps, mais lui rapporte aussi beaucoup de bons points ! Il s’occupe de ses livraisons très tôt le matin, se rendant à pied jusqu’à la demeure de Vaelh qui lui expose les commandes de la journée qu’on lui a donné. Il file ensuite sur son vélo, va faire son rapport à son jeune patron, et part à l’école. Parfois, il les poursuit le soir.

Icare est un garçon connu pour sa rêverie et sa vitalité. Il s’entend bien avec à peu près tout le monde, surtout les adultes qu’il préfère aux enfants. Il aime être entouré de grands et oublie parfois qu’il est encore tout jeune.

Grâce à son activité, presque tout le monde le connait, en particulier les commerçants du bourg. A l’école, son côté excentrique intimide un peu les élèves les plus réservés, mais il ne se fait pas beaucoup embêter. Il fait attention aux plus âgés que lui, encore effarouché par ses mésaventures passées, mais il se sent plus en sécurité à Espérance que dans son ancienne vie. Quant à Bird, il ne l’aime pas spécialement. Comme il n’aime pas qu’on le contraigne à faire ou ne pas faire des choses, il serait tenté de défier son autorité. Et son constant besoin de liberté le pousse à vouloir découvrir ce qui se cache derrière les murs. A l’inverse de beaucoup d’enfants de son âge, il ne serait pas contre ébranler la suprématie du directeur.  Pour lui, tout ce qui importe, c’est de trouver un moyen de toucher la lune. Quitte à retourner Espérance dans tous les sens.


La princesse eut par ce moyen toutes les perfections inimaginables...

Icare est tout le temps dans la lune. C’est la chose la plus marquante chez lui, et beaucoup se contenteraient de cet unique trait pour décrire son caractère. Le ciel l’attire et le captive, il peut passer des heures à observer la course des nuages sans se lasser. Il n’écoute jamais bien ce qu’on lui dit, il se distrait facilement. Il est fréquemment plongé dans ses rêveries. Il s’imagine qu’il vole, qu’il est un moineau, qu’il est plus léger que le vent…  Il invente en lui-même ses retrouvailles avec celle qu’il voit comme une mère. Luna.

Mais ce n’est pas pour cela qu’il est mou et morne comme une limace ! C’est un enfant jeune mais très vif, d’esprit comme de corps. Il s’exprime très bien, d’un vocabulaire élaboré, et il s’exprime assez souvent, d’ailleurs. Il n’aime pas les règlements, qu’ils soient justes ou pas, il n’aime simplement pas les cages. Il est un peu craintif vis-à-vis des groupes d’enfants, il les fuit en général, mais ce n’est pas un garçon associable pour autant. Il sait se lier d’amitié avec les autres quand il les trouve intéressants. Il serait d’ailleurs plutôt du genre chef de bande. Malgré cela, il privilégiera toujours la compagnie des grands, avec qui il passe beaucoup plus de temps que ceux de l’internat, en dehors d’Eagon. Ses moments solitaires, il les passe surtout à construire des maquettes, s’amuser, rêvasser, et jouer de la flûte dans la salle de musique.

Il est un peu casse-cou, mais sa santé fragile ne lui permet pas tous les défis. De nature asthmatique, il se doit d’être prudent. Par ailleurs, ses poumons défaillants le rendent souvent malade, il est d’ailleurs parfois pris de violentes crises d’asthme. Icare est assez cultivé pour son âge, il apprend vite et bien, mais il n’est pas toujours très sérieux dans son travail. Ses défauts de concentration l’empêchent de faire correctement ses devoirs. Il adore se croire dans des aventures et il aime bien entrainer les autres dedans. Eagon, qui partage sa chambre, représente un camarade de jeu inespéré. Eagon, aussi fantasque que lui, est persuadé d’être un être céleste, là où lui s’est convaincu d’être lié à la Lune. Leurs deux esprits s’évadent à l’unisson.  

Icare est imaginatif et malin, il n’hésite pas à élaborer des farces et des aventures de toutes sortes au sein de l’école. Il aime aussi broder des tas de mensonges ou d’histoires loufoques, soit pour expliquer des évènements, soit pour enflammer l’imagination des plus naïfs. Mais, après tout, peut-être qu’il y croit vraiment. Icare ne dira jamais « je ne sais pas ». Il est aussi curieux, très curieux, voire un peu fouineur. Il n’hésite pas à poser des questions, même si elles sont intrusives ou déplacées. Et il ne tolère pas qu’on ne lui réponde pas !

Dans son Avant, c’était un peu un enfant des rues, assez voué à lui-même, il sait en général se débrouiller dans une ville, il y est d’ailleurs plus à l’aise qu’à la campagne. Il aime bien parcourir les rues, monter sur les toits, proposer aux gens de menus services en l’échange de bons points ou de friandises. Une habitude qu’il avait prise avec les autres petits gitans de son village. C’est un garçon assez gai et exubérant,  mais il est tout de même bien fragile. On l’oublie simplement facilement. Une chose trop impressionnante peut le brusquer et casser d’un seul coup cette image d’enfant sûr de lui et débrouillard. Il peut alors se mettre à pleurer ou se recroqueviller sur lui-même, dans n’importe quel endroit. De plus, malgré sa jovialité, Icare ne rit jamais, ou très silencieusement.

Icare a certains tics particuliers. Quand il est très content, il sautille en agitant les mains très vite. Quand il est angoissé, il se balance d’avant en arrière. Quand il a peur, il se cache les yeux avec ses mains. C’est aussi un collectionneur, qui adore les figurines d’avions, de fusées, de machines et de figurines en tous genres. Sa chambre en est remplie. Et bien sûr, il aime la Lune. Mais alors, qu’est-ce qu’il l’aime ! C’est sa déesse, sa mère, son ange-gardien.


On ne trouve guère un grand esprit qui n'ait un grain de folie.


Icare craint les rires. Les gloussements l’irritent, les esclaffements le brusquent, les fous rires sonores le terrifient. Cela peut paraitre étrange en vue de son caractère farceur et enjoué, mais si Icare aime ce qui est amusant, il ne craint pas moins les éclats de rire. C’est une véritable épouvante.

Dans le reflet, il se voit comme il est, généralement vêtu de son uniforme scolaire. Il a de grandes ailes, plus grandes que celles qu’il a su construire, et des ailes qui fonctionnent. La lune, entre astre et femme de lumière, lui tend les bras. Il court, court pour prendre son élan afin de s’envoler. La plupart du temps il y parvient, mais avant qu’il ait pu atteindre la lune, un vent de rire se fait entendre. Le vent de rires devient de plus en plus violent, bousculant l’équilibre de son vol, jusqu’à le faire tournoyer. Souvent, il s’écrase par terre, et veut reprendre son envol, alors il court encore, court mais avant même de quitter le sol, ce dernier ce change en sables mouvants. Il bat des ailes, de plus en plus fort, mais cela ne fait que l’embourber, de plus en plus loin. Les sables mouvants semblent émettre des sortes de murmures, qui se changent en ricanements. Un nouveau vent de ricanements se met à lui fouetter le visage, il ne comprend plus rien, le vent s’emballe en même temps que les rires, il lui fouette le visage et lui glace le sang. La lune est bientôt cachée par les nuages qui ricanent à leur tour. C’est cela qu’il voit dans le reflet. Comme son désir de voler et de toucher Luna est plus fort que tout, il y retourne.


Miroir, miroir dis-moi qui est la plus belle ?

Icare n’est pas bien grand ni bien épais, sa santé délicate l’a rendu chétif, voire osseux. C’est un gringalet. Il est plutôt agile mais pas très résistant. Ses traits sont fins et sculptés, comme beaucoup de gens au sang mêlé d’Amazonie. Il a souvent un air malicieux sur le visage, un air futé de petit diable. C’est d’ailleurs comme ça que son grand-père l’appelait, petit diable, à cause de toutes ses manigances. Ou alors un air complètement ailleurs, comme s’il venait de se déconnecter et que son esprit s’était envolé vers de plus beaux horizons. Il est très expressif, en général. Ses cheveux sont noirs, plutôt courts et ébouriffés – bien qu’ils repoussent trop vite – , et ses grands yeux sont d’un vert sombre et luisant, encerclés de longs cils noirs. Sa peau est mate, mais lorsqu’il est malade elle se pare d’un teint un peu cireux.

Quand il fait ses livraisons, Icare porte toujours ses accessoires fétiches. Ses lunettes d’aviateur, d’abord, l’un des seuls vestiges de son Avant, presque aussi grandes que son visage entier. Son chemisier de livreur, qui est un peu particulier, puisque c’est un habit marin bleu marine comme les enfants en portaient au début du siècle dernier. Il l’a trouvé quelque part, dans une boutique ou un remise, et il a décidé de ne plus s’en séparer. Et ses chaussures, qu’il ne quitte que pour dormir, des bottines hautes et usées qui rappellent un autre temps. Il porte toujours de grandes et épaisses chaussettes pour ne pas abimer ses pieds en courant. En général, il se vêtit de shorts et de chemises quand il ne met pas son chemisier marin, qu’il resserre avec des bretelles, plus rarement des ceintures, car à Espérance il a du mal à trouver des vêtements à sa taille. Il n’a pas un look très actuel, en somme. Il évoque plus les enfants d’antan, même si personne ne s’est jamais habillé aussi bizarrement que lui au cours des derniers siècles.


Il/Elle était entouré(e) d'innombrables amis.

VAELH : son patron, celui qui fait marcher son affaire. C’est grâce à lui qu’Icare peut faire ses livraisons. Chaque matin – sauf quand il a la flemme – , avant la classe, il se rend chez le messager et ce dernier lui énonce les livraisons à effectuer de la journée. En échange, Vaelh lui donne des bons points. Ce n’est pas un garçon bavard et extraverti, mais leur collaboration fonctionne bien et Icare aime bien travailler à ses côtés. Vaelh ne l’embête jamais. Il est tout juste un peu renfermé.
EAGON : Eagon est son grand ami, l’un des seuls de son âge. Icare est fasciné par les récits que le garçon fait de sa vie céleste, il y croit d’ailleurs dur comme fer. Ils passent beaucoup de temps à regarder les étoiles et parler de ce qui pourrait se trouver dans le ciel, même si leurs théories ne sont pas toujours bien réalistes.
HYDROGYNE : C’est elle qui l’a trouvé, sur la plage. Icare lui trouve un air un peu irréel.

De l'autre côté du miroir...


▬ Prénom/Pseudo : Pan (ou Flocon)
▬ Âge : jeune
▬ Où as-tu connu Je de l'âme ? par un partenariat
▬ Comment le trouves-tu ? je n’ai pas de mot, je crois qu’il est magique.  
▬ Expérience en RP : un petit peu.
▬ Présence : autant que je peux, souvent je pense.


Dernière édition par Icare le Ven 1 Nov - 14:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Icare - Hijo de la Luna Jeu 23 Mai - 19:08

comme promis, fiche validée!
Le passé d'icare est vraiment dur, ça en fait mal au coeur :'( heureusement qu'Abuelo était là!

j'aime son style vestimentaire. ça doit-être trop mignon *^*
j'aime bien ton entrave, et son rapport avec son passé. La description dans le reflet est terrifiante!

Bon jeu Flocon, bien que tu connaisses déjà les régles =p

_________________

Icare - Hijo de la Luna

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