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Labyrinthe de feux où le regard se perd

Icare
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Date d'inscription : 23/05/2013
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Localisation : Lune

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MessageSujet: Labyrinthe de feux où le regard se perd Mer 29 Mai - 13:55


Icare n’a pas pris son vélo. Il se rend chez Louhanne à pied, profitant des privilèges que lui offre son escapade. Il vient de quitter l’Internat, alors que tous ses camarades gagnent leur chambre et couvrent leurs fenêtres de volets qui les priveront de la beauté de la nuit. Lui la voit de partout, tandis qu’il parcourt la distance qui le sépare du bourg.

C’est étrange de rendre visite à Louhanne le soir. On dirait que la journée est à l’envers. C’est d’ailleurs la première fois qu’Icare rencontre la veilleuse de nuit à cette heure avancée, qui est pour elle le début de la journée. Le rituel est toujours le même. Chaque matin, Icare apporte les victuailles, deux croissants au beurre offerts par Rei en remerciement de ses livraisons express. Louhanne s’occupe du café au lait. Assis sur les marches du perron – sauf lorsqu’il fait trop froid – les deux enfants regardent le soleil se lever en dégustant leur frugal petit déjeuner. Aucun d’eux ne connait l’origine ni la raison de cette habitude qui semble venir de nulle part. Et aucun d’eux ne s’en soucie vraiment.

Lorsque Icare arrivera devant sa porte, cela ne fera que quelques heures que la jeune fille sera debout. Il ne faudra pas qu’il s’endorme, lui. Il doit tenir le coup jusqu’à l’aube. Pour Louhanne, c’est plus facile, elle a l’habitude.

Icare y a pensé toute la journée. Les discours monotones des professeurs semblaient encore plus lourds et longs que d’habitude. Et lorsque Icare se faisait remonter les bretelles, il mourrait d’envie de répliquer : « Mais enfin, j’ai des choses plus importantes dans la tête, ce soir, je vais regarder les étoiles toute la nuit durant ! ». Bien sûr, il avait gardé sa langue dans sa poche, ce qui pour Icare, est signe d’un très grand effort. Mais cette journée accablante s’achève enfin. Il est libre.

Arrivé devant la jolie demeure de Louhanne, le garçon frappe à la porte et, sans attendre de réponse, il entre d’un pas vif. Louhanne n’est pas dans la pièce d’entrée, peut-être s’adonne-t-elle aux préparatifs pour la longue nuit qu’ils s’apprêtent à passer. Icare, lui, n’a prévu qu’une couverture, et des vêtements chauds – même un pantalon, ce qui est bien rare chez lui. Les nuits sont fraiches ces temps-ci, mais cela ne leur fait pas peur. Rien ne les empêchera de contempler le ciel ce soir.

- Louhanne, c’est moi ! J’espère que tu es prête. Parce que moi, oui !


InvitéInvité
MessageSujet: Re: Labyrinthe de feux où le regard se perd Sam 1 Juin - 20:48

Au printemps de quoi rêvais-tu?
Vieux monde clos comme une orange
Faites que quelque chose change
Et l´on croisait des inconnus
Riant aux anges
Au printemps de quoi rêvais-tu?


Jean Ferrat


    C'était une belle soirée de printemps. Temps doux, vent calme, soleil qui s'éteint avec la douceur d'une caresse. Temps à rêver, à ouvrir grands ses yeux et à se taire. Ou bien, mais alors, tout doucement, de la voix la plus basse et la plus respectueuse qui soit, temps à murmurer les vers d'un vieux poème oublié de tous.

    Pas un temps à dormir, en tout état de cause.

    Ca tombait bien. Ce n'était pas ce qui était prévu.

    Louhanne s'affairait avec un certain bonheur, en ce soir de printemps. Elle était debout depuis quelques heures déjà. Elle avait passé tout ce temps dans le jardin. C'est que les fleurs avaient besoin de soins. Elles avaient besoin qu'on les pare, qu'on les ausculte, qu'on leur ôte leur mauvaises herbes. Et si elles voulaient parler, il fallait qu'il y ait quelqu'un pour les écouter. C'est ce que faisait Louhanne. Elle avait fait tout cela sous le soleil couchant puis, dès que l'astre avait disparu, elle était allée chercher son arrosoir pour donner aux fleurs l'eau qui leur permettrait de survivre jusqu'au lendemain. Ainsi vivent les fleurs, éphémères, dépendantes, et si rayonnantes pourtant. Drôle de vie, vraiment.

    L'arrosage achevé, Louhanne passa quelques temps à regarder ses bottes couvertes de boue. Foutre, comment faisait-elle pour se tâcher toujours autant ? Il allait falloir qu'elle change de chaussures, en tout cas.

    C'est que ce soir était un jour assez spécial. En temps normal, elle aurait pu garder ses bottes boueuses. Qui se soucie de la propreté des chaussures d'une veilleuse de nuit qui fait ses rondes ? On a mieux à faire, et c'est heureux. Mais, ce soir, il y avait Icare, ce jeune garçon un peu étrange, mais si charmant, qui venait chez elle. Il fallait qu'elle se dépêche, d'ailleurs. Il risquait de ne pas tarder.
    Oh, ce n'est pas qu'elle éprouvât le besoin d'être élégante en présence du garçon - ni de quiconque d'autre, d'ailleurs. Juste une question de pratique. Quand on grimpe sur un toit, qu'on passe des heures à observer les étoiles, il y a plus confortable que des bottes recouvertes de boue.
    Louhanne était quelqu'un de pragmatique.

    Elle se dirigea donc vers l'entrée de sa maison, revenant du jardin. Tout en marchant, elle crut entendre un bruit venant de devant la maison. Elle n'accéléra pas le pas pour autant. Quelle crainte y avait-il à avoir ? C'était sans doute Icare qui était arrivé, déjà, et la cherchait. Et quand bien même ç'aurait été quelqu'un d'autre... Louhanne n'était pas de celles qui craignent le genre humain.

    Elle constata que la porte était ouverte, et se tint un instant sur le pas de sa porte, observant la pièce d'entrée, qui était vide. Elle prit la parole, sans hausser la voix plus que nécessaire.

    - Icare ? Pardonne-moi. Je suis en retard. J'ai encore quelques petites choses à préparer.

    Elle fit quelques pas dans l'entrée de sa maison puis, se souvenant de ses bottes crottées, fit demi-tour et entreprit de les enlever.
    Croyant entendre un bruit, et tout en se démenant avec ses chaussures, qui pour une raison inconnue semblaient rechigner à quitter son pied, elle dit, sans lever la tête :

    - J'en ai pour un instant !
Icare
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MessageSujet: Re: Labyrinthe de feux où le regard se perd Lun 3 Juin - 10:09


La voix de Louhanne émerge et parvient à ses oreilles. Icare attend un moment, laissant son regard se poser sur les différents éléments qui complètent la petite pièce. Louhanne entretient bien sa demeure, bien que tout reste d’une grande simplicité. Un peu comme elle.

D’après ce qu’il perçoit, Louhanne se trouve dans son petit jardin. Son coin de paradis, comme il aime à l’appeler. Qu’il vente, qu’il crame ou qu’il neige, la veilleuse de nuit ne délaissera jamais son petit bout d’herbes qu’elle chérit et alimente avec beaucoup de tendresse. Rien d’étonnant, donc, à ce que Louhanne ne soit pas encore dans la maison.

- J'en ai pour un instant !

Un instant de combien de temps, se demande Icare. Il effleure quelques objets du bout des doigts, observant le papier peint sur les murs et les fleurs dans un vase. Mais son impatience a raison de lui, et il finit par rejoindre la jeune fille au jardin.

Et en effet, il n’est guère vaste, quelques carrés de pelouse où Louhanne permet à quelques éléments naturels de s’épanouir. Elle est là, juste à côté, s’affairant à ôter de son pied une botte encrassée de boue. La tâche parait ardue. Icare pouffe un peu, la main devant la bouche.

- Tu veux de l’aide, Louhanne ?

La jeune fille ne l’avait pas aperçu, et elle sursaute un peu lorsqu’il prononce ces mots. Il saute devant elle et entreprend de tirer sur le talon, tandis que Louhanne retient sa jambe.

- Dis donc, c’est qu’il tient à toi, le zapato !

Il tire, tire, tire, la botte glisse jusqu’à libérer le pied de Louhanne. Mais en libérant son étreinte, la bottine propulse ainsi Icare quelques pas plus loin, et il s’écrase sur les fesses dans un son mat. Il a le postérieur ouvert de boue. Rageur, il se relève et tâche de s’épousseter.

- C’est malin, peste-t-il. Je t’interdis de rigoler Louhanne !

Il pose la botte contre le mur et tente d’aplatir ses cheveux hirsutes. Il se calme un peu. Inutile de perdre du temps pour ces futilités. S’approchant de son amie, il énonce :

- Nous avons tout juste assez de temps pour voir le coucher du Soleil. Cela te dit ? Je… Je sais qu’il y en a que ça rend triste. Moi aussi, des fois. Mais c’est beau, alors… Enfin bref, tu veux ?

Il imagine déjà la plaisante soirée qui s’annonçait. Observer pendant des heures les mutations du ciel, aussi changeants que les petits hommes qu’il surplombait. Il savait que Louhanne aimait les étoiles, la nuit, la Lune même, comme lui. Mais des couchers de Soleil, elle devait en voir tous les jours. Peut-être que pour elle, cela n’avait rien d’exceptionnel…


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Labyrinthe de feux où le regard se perd

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