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Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve]

Fioccolino
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MessageSujet: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Jeu 30 Mai - 14:48


La journée avait bien commencé pourtant. Fioccolino était venu sans son costume de loup, sans ses marionnettes, sans ses masques, sans rien de bizarre qui lui valait des regards intrigués de ses camarades. Il avait tâché de suivre les cours avec intérêt, et jusqu’à la fin de l’après-midi, aucun évènement ne vint perturber la classe – oui lui. Jusqu’au moment où, pendant le cours de poésie, la jeune professeure crut bon de parler des grands thèmes qui inspiraient les poètes. L’amour. La peine. La vie. La mort. La peur.

La peur. Rien qu’à l’entente du mot, Fioccolino sentait les poils de sa nuque se dresser. Ce mot le rendait mal à l’aise, il sonnait comme un mauvais présage, un murmure anticipant l’horreur. Pourquoi parler de la peur ? En parler, c’était la nourrir, la faire exister. Lui donner de la force, pour qu’elle s’étende et dévore tout sur son passage. Fioccolino commençait à sentir des sueurs froides dans son dos. Il s’essuya les mains sur son jean, la tête baissée. Quitte à entendre, autant ne pas voir.

- Qu’évoque la peur, pour vous ?

La jeune femme avait posé cette question avec légèreté, pour elle c’était une question vague, impersonnelle, uniquement théorique. Mais c’était le cauchemar de Fioccolino. Les autres élèves, plus grands et plus sûrs d’eux que lui pour la plupart, répondaient à tour de rôle, décrivant leurs avis, leurs ressentis, leurs hypothèses. Fioccolino ne les écoutait qu’à moitié, car un étrange bourdonnement vibrait dans ses oreilles, comme lorsqu’il sentait l’angoisse se diffuser dans son corps tel un poison.

- Et toi, Fioccolino, qu’en penses-tu ?

Penser ? Oh mais non, Fioccolino ne pense pas. On ne pense pas à la peur quand on la subit à ce point. Il ne pense pas, Fioccolino. Il regarde la porte et espère qu’elle s’ouvrira comme par magie. Mais la porte ne s’ouvrit pas.

- Il a peur de tout, Flocon !

Fioccolino se tourna vivement vers le garçon qui avait dit ça. C’était faux. Il y avait plein de choses qui ne l’effrayaient pas. La forêt, par exemple. La solitude. Le labeur. Les animaux. Le sang. Et cela, tant de gens en avaient peur ! Pas lui. C’était tellement, tellement faux. Mais Fioccolino ne dit rien.

- Peut-être y a-t-il une peur qui dépasse toutes les autres ? dit le professeur d’une voix douce. Tu veux nous en parler, Flocon ?

Même les professeurs l’appelaient Flocon. Bird avait été le premier, et beaucoup avaient suivi. Mais par où commencer ? Peur du noir, d’abord, peur de l’obscurité qui ronge et qui dévore, qui dévore le monde entier, même lui. Peur des autres, peur des contacts, peur des regards. Peur des souvenirs. Fioccolino finit par faire non de la tête, lentement, la bouche à l’envers. Non, il ne voulait pas en parler. Il ne voulait même pas en entendre parler.

Pourquoi, pourquoi ne le laissait-on pas tranquille ?? Ils ignoraient, tous, à quel point le petit garçon était brave de se rendre à l’école, d’affronter cet environnement trop grand pour lui, avec trop de gens ensemble, trop d’adultes inconnus. Ils ne se rendaient pas compte de l’effort qu’il s’infligeait, se faisant violence chaque matin. Ils disaient « Il a peur de tout, Flocon » avec un sourire bête et poisseux. Cela lui faisait mal, et comme chez lui la douleur est toujours mère de colère, il se sentit irrité, énervé. Il se mit à dessiner des gros traits sur son cahier, avec un crayon à papier, appuyant de plus en plus fort sur la feuille.

- Tu n’es pas obligé. Chacun a le droit d’avoir ses secrets.

Cela aurait pu s’arrêter là, car malgré son jeune âge, la professeure avait fait preuve de délicatesse. Mais les enfants n’ont pas ce tact naturel, ils ne savent pas reconnaitre le trouble dans le regard d’un autre et comprendre qu’il faut respecter son silence. Ils insistent.

- Moi je sais de quoi il a peur, Mademoiselle. Il a peur de faire pipi au lit !

Le rouge lui monta aux joues d’un seul coup, comme si on les avait brutalement remplies de sang. Il sentit sa respiration s’affoler dans sa gorge. La professeure adressa un regard réprobateur à l’égard du garçon inconscient, même un peu cruel, tout en surveillant l’état de Fioccolino de quelques coups d’œil furtifs.

- C’est vrai, Mademoiselle. Son père, il lui a jamais appris à être propre !

Quelques éclats de rire, mais la plupart des enfants étaient un peu embarrassés, pas très à l’aise. Fioccolino n’aimait pas qu’on parle de père, de parents, de famille, de son père. C’était comme parler de notes à un mauvais élève, d’armes à feux à un rescapé de la guerre, de mort à un cancéreux. C’était maudit. Et déjà les effluves de souvenirs réapparaissaient, comme le gaz qui remonte lorsqu’on ouvre une bouteille de champagne. Et ça, il ne le supportait pas. Il ne le supporta pas.

Il replia ses doigts tremblants et abattit son poing sur la table, faisant sursauter la professeure dont le regard alarmée se posa sur la silhouette vibrante de rage du garçon. Fioccolino était tellement bouillant à l’intérieur qu’il ne savait pas comment faire sortir cette chose, quelle qu’elle fût, de son corps. Il était désemparé, affolé, comme un animal pris au piège. Il aurait voulu extraire cette fureur empoisonnée qui lui brûlait les entrailles. Il n’y parvenait pas, et personne ne pouvait l’aider.

Sa colère floutait son regard et saccadait ses gestes, il n’était plus maitre de lui. Il voulut sortir par la porte du fond, mais elle était fermée à clef. Il s’acharna un moment, tandis que la professeure disait d’un ton qu’elle voulait à la fois ferme et rassurant : « Flocon, calme-toi, s’il te plait, tout va bien, arrête, calme-toi. » Mais Fioccolino ne l’entendait pas. Il voulait retourner au foyer, retrouver son déguisement, ses marionnettes. Il voulait voir Bird. Il ne retournerait plus jamais à l’école. JAMAIS !

Rendu fou par son état et par son cloisonnement, Fioccolino se mit à courir partout, repoussant les tables et les chaises avec une force insoupçonnable pour un enfant de sa carrure. Les élèves effrayés s’étaient levés et ratatinés contre le tableau, à l’autre bout de la pièce, près du professeur complètement dépassée. Fioccolino tenta même d’ouvrir les fenêtres, de les casser, il se mit à s’arracher les cheveux en poussant des cris, les dents serrés. Ce n’était plus un petit garçon, c’était une tornade humaine.

La professeure chuchota à l’oreille d’Icare, un jeune garçon de sa classe qui était messager – et donc le plus rapide de toute l’école – d’aller trouver Louve. Fioccolino ne l’entendit pas. Il était maintenant recroquevillé dans un coin, à la manière d’un embryon qui espère que sa naissance n’aura jamais lieu.



Louve
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Jeu 30 Mai - 16:35

Au-dessus du magasin de Moïra, la fleuriste, s'élevait comme une aria, Louve chantonnait, de la voix claire et calme qui était la sienne, variant le ton, l'intonation ; alors qu'elle rangeait les livres éparses que les plus jeunes avaient semés aux quatre coins de son logis. Comme s'ils allaient retrouver seuls le chemin de l'étagère qui les abritaient d'ordinaire...
Cette pensée la fit sourire et elle s'apprêtait à passer à l'étagère suivante quand on frappa à sa porte dans un grand fracas. La demoiselle mit quelques secondes avant de réagir, avant que la surprise ne quitte son visage nacré pour laisser place à la perplexité. Posant ouvrages et dessins sur le meuble le plus proche, elle s'avança vers la porte et reconnu derrière celle-ci, la voix d'Icare saccadée, l'appelant.

En ouvrant elle découvrit le jeune homme, le souffle court, les joues rougies par l'effort, la priant de venir rapidement à l'école car il y avait un problème. Flocon, était apparemment dans une des crises qui lui valaient les regards de biais de ses camarades. Abandonnant tout le reste, Louve prit avec elle uniquement ses clés et suivit le messager jusqu'au seuil de l'école, l'interrogeant sur le chemin sur ce qui s'était produit.

Reprenant un semblant de souffle, Louve inspira profondément et une fois arrivée devant la salle, avisa la classe paniquée qui s'était tassée dans un coin de la pièce. Son regard bleuté se posa sur chacun, elle acquiesça brièvement pour saluer tout le monde avant de se détourner vers le roux qui semblait avoir un don pour refaire la décoration de la salle.

Sans une once d'hésitation la blonde entra définitivement dans la pièce et s'avança vers le jeune homme, ses pas résonnant dans la salle, comme le glas d'une musique qui touche à sa fin. Louve s'arrêta quand elle fut à moins d'un mètre de Fioccolino, et lui adressa le même sourire que le jour où il était arrivé.
En les regardant, on aurait pu croire que c'était comme s'ils étaient à présent seuls. Comme des retrouvailles qu'on attend avec tant d'impatience qu'elles semblent irréelles les premiers instants.

Posant sur lui le regard d'une mère qui tend seulement à rassurer son fils, elle glissa d'un ton serein:


-Bonjour Flocon. Elle attendit qu'il ait une réaction avant de poursuivre, se penchant légèrement vers le jeune homme : Ce n'est pas facile tous les jours l'école, n'est-ce pas?

Elle n'attendait pas réellement de réponse, un geste tout au plus, si le cœur lui en disait. Ce qui n'était peut-être pas le cas, alors elle avisa le ciel par-delà la vitre et reporta son attention sur le petit bout d'homme qui lui faisait face.

-Ça te dirait qu'on aille se balader au parc? Juste toi et moi? Il fait si beau ce serait dommage de ne pas en profiter!

Louve inclina la tête sur le côté, et quelques-unes de ses mèches virent compléter sa vision du monde.

-On y va?

D'un geste lent, elle montra la porte de la main, pour l'inciter à la suivre.

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Fioccolino
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Ven 31 Mai - 15:07


Spoiler:
 


Ce fut Louve qui entra dans la pièce. Rompant ainsi le silence et la tension, partenaires idéaux, qui les englobaient. Fioccolino tremblait légèrement, toujours replié contre le coin du mur, à l’opposé des autres, toujours à l’opposé des autres. Sa respiration ne parvenait pas à se calmer, son souffle était sans cesse coupé. Louve entra et le visage de la jeune professeure s’éclaira, comme si elle voyait en elle une lueur d’espoir qu’elle n’attendait plus. Mais tout n’était pas encore fait.

Fioccolino n’avait pas d’avis bien précis sur Louve. Elle savait qu’elle aimait les enfants, et plus encore, qu’elle aimait prendre soin des enfants. Il avait été intrigué, les premiers temps, par son nom à la fois doux et sauvage, elle était louve là où il était louveteau, et peut-être était-ce là les prémices d’un lien futur… Il ne réfléchissait pas à cela bien sûr, tout au plus se contentait-il de ressentir une sorte de sécurité lorsque la louve entrait dans son champ de vision. Ce n’était pas encore très net. Mais si quelqu’un avait dû l’approcher à cet instant critique, en dehors de Bird, cela pouvait bien être la jeune fille.

Elle était grande, tellement plus grande que lui. Un air doux, vaguement fragile, sur le visage. Fioccolino n’osa qu’un bref regard fuyant dans ses yeux bleus qui, eux, ne le lâchaient pas. Louve s’était déjà approchée, aussi délicatement qu’une brise. Elle ne vint pas trop près, et ne resta pas trop loin, elle savait où se placer grâce à cet instinct étrange qui attirait à elle des groupes entiers d’enfants d’Esperance. Fioccolino ne répondit pas à sa première question, mais au bout d’un petit temps, il hocha la tête, sans lever les yeux.

- Ça te dirait qu'on aille se balader au parc? Juste toi et moi? Il fait si beau ce serait dommage de ne pas en profiter!

Fioccolino releva légèrement la tête, jetant un coup d’œil par la fenêtre au-dessus de lui. Il était si bas qu’il ne voyait que le ciel, et c’était vrai, il était clair et bleu, même pas de nuage pour ternir son éclat. Le parc. Cela faisait si longtemps qu’il voulait y aller. Il n’osait généralement pas s’y rendre seul, puisque c’était le lieu des enfants par excellence, et qu’il craignait le monde et le bruit. La proposition était très tentante, d’autant plus pour lui qui souhaitait par-dessus tout s’échapper de ces murs.

Malgré tout, il redoutait quelque piège, quelque entourloupe, comme chaque fois. Par ailleurs, son corps était si rigide qu’il peinait à le bouger, et il n’était même pas sûr de pouvoir se lever. Juste toi et moi, elle avait dit. Louve et petit loup dans le parc, sans rien d’autre que la nature et les balançoires, sans personne pour dire « Il a peur de tout, Flocon ». Juste toi et moi.

Fioccolino parvint dans un geste lent à déplier ses jambes. Louve lui désignait la porte, passage vers sa liberté retrouvée, dont il se méfiait encore, mais… mais non, non, décidément, il ne pouvait pas rester ici. Il le savait. Même pas que pour lui, mais pour les autres aussi. Tous les élèves, et même la prof, le regardaient avec crainte, tous espéraient certainement le voir passer la porte. Tous exprimeraient un soupir de soulagement lorsqu’il serait parti. Il n’était pas bête, il le savait bien. Et de toutes façons, il n’était plus capable de rester ici. De suivre les cours, de supporter les voix d’enfants, de faire face à ces portes closes. Il fallait sortir, partir. Oui, Louve, on y va.

Il se leva finalement, toujours aussi lentement et laborieusement, son corps était si tendu que tous ses muscles semblaient courbaturés. Mais son souffle était plus apaisé. Il respirait presque normalement. C’est ainsi qu’il suivit Louve jusqu’à la porte, qu’il se laissa accompagner dans les couloirs, puis dehors, jusqu’à l’entrée du parc.

Aucun d’eux ne prononçait le moindre mot. Fioccolino était encore sur le qui-vive, son pas était vif et un peu brusque, tandis que les longues jambes de Louve soutenaient la cadence sans effort. Le parc était un endroit reposant, et à cette heure de la journée, il était vide. La plupart des enfants qui s’y rendaient venaient de l’internat, et en ce moment ils étaient tous à l’école. Le parc pour lui tout seul ! Fioccolino ne put réprimer ce petit sourire qui lui chatouillait les lèvres, à la vision de ce terrain de jeu qui s’offrait à lui.

- Est-ce que nous pouvons faire de la balançoire ? demanda-t-il à Louve.

Il s’imaginait que la jeune fille était aussi enthousiaste que lui devant ce spectacle réjouissant, et que l’idée de faire du tourniquet était une aussi grande source de joie que pour lui.

- Je veux bien te pousser, et après ce sera ton tour. Sinon, on en fait tous les deux en même temps.

Son ton rauque et dur s’était radouci à présent, il avait un timbre plus enfantin. Sûr, Louve avait eu une bonne idée en l’emmenant ici. Ils étaient juste elle et lui, comme elle l’avait prédit. Juste toi et moi.


Louve
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Mar 4 Juin - 21:30

Après un temps de réflexion, Flocon choisi de l'accompagner, lui arrachant une esquisse de sourire. Les rares distraits qui les regardaient passer s'étonnaient de leur duo décalé. Dans un autre univers on les aurait sûrement comparé un duo comique des années 80.
Arrivés au parc, il y avait dans la voix de Fioccolino, de cette joie éphémère des jours qui comblent. Un peu comme ceux où un enfant ouvre un cadeau de Noël, s'émerveillant autant d'être gâté que du présent qui trône à l'intérieur. Ses iris bleutés, écho du ciel, se posèrent sur la balançoire et la blonde inclina la tête sur le côté en songeant qu'il paraissait aller déjà mieux. Le parc semblait libérateur pour le petit homme.


-Bien sûr!

Elle trouva cela surprenant qu'il lui demande ainsi la permission pour quelque chose d'aussi simple. Etait-ce parce qu'il craignait de l'ennuyer? La demoiselle n'en était pas encore sûre. Si elle avait eu d'étroits liens avec la majorité des enfants d'Espérance, Flocon, était l'un des plus farouches. Ce n'était pas pour lui déplaire, Louve se doutait bien qu'il avait ses raisons. Chacun arrivait ici, avec ses bagages pas toujours évidents à porter, alors elle ne pouvait lui en tenir rigueur, mais il avait mis tant de soin à creuser cet abyme entre lui et les autres. Seul Bird semblait capable de l'atteindre en étendant les ailes. C'était surprenant la première fois, de le voir si différent en sa présence. Ensuite, elle s'y était probablement habituée.
La belle haussa ensuite doucement les épaules en effleurant du bout des doigts la balançoire.


-Comme tu préfères.

Le contact rêche de la corde sous ses doigts, le bois faisant office de siège, le vent frais, et le ciel d'un bleu infini, ponctué ci et là de nuages blancs, sans mot dire Louve s'assit et eut l'impression de redécouvrir le monde. Elle avait si souvent connu le parc empli de rires des plus jeunes qu'elle avait fini par oublier qu'il pouvait aussi être si serein, comme endormi.

-Si tu veux on fait la course? Celui qui arrive le plus haut sans tomber a gagné, ça te va?

La jeune femme sourit, attendant qu'il se décide puis étendit ses jambes devant elle, sur les traces passées qui prouvaient que les jeux les plus simples sont ceux qui font rire le plus longtemps.

-Sinon, je veux bien que tu me pousses. Mais il faudra pousser fort...sinon je ne pourrais pas attraper de nuage! Glissa-t-elle un peu plus bas avec malice, comme une confidence entre deux vieux amis. Je n'ai encore jamais réussi mais... son regard se perdit sur les masses laiteuses et voluptueuses ..."Qui ne tente rien n'a rien", n'est-ce pas?

Louve lui fit un clin d'oeil comme pour conclure et presque imperceptiblement entama un mouvement de balancier.

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Fioccolino
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Mer 5 Juin - 19:20



Louve dégageait quelque chose de gracieux, comme si elle laissait une empreinte dans l’air plutôt que dans la terre. Son corps délicat et élancée, sa chevelure lisse et soyeuse, ses gestes mesurées qui semblaient tous obéir à une chorégraphie naturelle… Tout cela la rendait agréable à regarder. Mais Fioccolino se gardait de le faire avec trop d’insistance, cela eût été trop impoli. Et même lui avait quelques valeurs, quoiqu’en disent les autres.

La compétition, d’ordinaire, effrayait un peu Flocon, qui supportait mal de perdre. Non pas qu’il fût vaniteux, mais chaque petit échec chez lui prenait des proportions trop grandes, et l’encourageait même à se considérer comme un être faible. En vérité, Fioccolino craignait chaque situation susceptible d’entraver sa fragile estime de lui.

Mais… Mais il était avec Louve. Même race que lui. Même poésie dans le regard, puisqu’elle y croyait, à toucher les nuages rien qu’avec une balançoire. Et, il paraitrait, mêmes angoisses. Mais cela, Fioccolino n’en était pas sûr. Il avait juste entendu dire. Et comme il n’écoutait jamais vraiment les rumeurs, il ne s’y était guère attardé. De toutes façons, il n’aimait pas parler de ce qui faisait peur.

Ainsi, Flocon se prêta au jeu. L’air légèrement malicieux, enflammé par le défi lancé, il s’assit à la gauche de la jeune femme qui, déjà, se laissait doucement balancer. Elle était grande, si grande que ses pieds pouvaient toucher le sol, contrairement à ceux du garçon qui ne pouvait que faire râper le bout de ses baskets contre la terre. Il rattrapa bientôt la cadence, et même la dépassa, accélérant le mouvement.

Son cœur commençait à faire de petites montagnes russes, ainsi balloté dans sa poitrine, à mesure qu’il allait de plus en plus haut, et de plus en plus vite. Il lançait fréquemment des regards en coin en direction de Louve, qui semblait au comble de l’épanouissement, comme une fleur de printemps. Pour une adulte – aux yeux d’un garçon de onze ans, c’en était une – elle paraissait estimer comme il se doit les jeux d’enfants et le plaisir essentiel qu’ils offrent. Comme c’était surprenant pour lui !

Des éclats de rire, un peu retenus tout de même, s’échappèrent de sa bouche. Il devenait grisé par l’altitude. Le vent ébouriffait ses cheveux roux qui, au soleil, reflétaient un drôle d’éclat doré. Et alors, le miracle se produisit. Observant ses jambes tendues lorsqu’il était au plus haut, il regarda ses pieds et s’aperçut que… mais oui, ils touchaient les nuages ! Ses vieilles tennis se détachaient dans le ciel, prenant leur place parmi les nuages ! Elles n’étaient certes pas si immaculées, mais enfin elles touchaient le ciel !

- Louve, ça y est ! Ca y est ! s’écria-t-il sans quitter des yeux ses pieds tendus.

Ce qui lui fut fatal, puisque soudain, il sentit son postérieur glisser contre le bois vieilli de la balançoire, jusqu’à carrément quitter son siège et envoyer tout son corps valser dans les airs ! Fioccolino eut tout juste le temps d’écarquiller les yeux avant de s’écraser sur le sol, face contre terre. Pour ne rien arranger, le sol était couvert de boue. Un grand « BONG » avait accompagné sa chute, témoignant de la violence de l’impact. Il n’avait pas particulièrement mal, mais il était complètement sonné. Une bosse commençait à germer sur un côté de son front.

- Aïe… gémit-il à mi-voix.

Il espérait qu’il n’avait rien de cassé, car il ne supporterait pas de retourner en ville, et encore moins d’aller se faire soigner à l’infirmerie. Mais déjà, les pas hâtifs de Louve se faisaient entendre, approchant de son corps toujours étendu.


Louve
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Mer 5 Juin - 22:45

A sa grande surprise, le roux releva le défi avec impatience, alors à son tour, elle monta les deux pieds sur la balançoire, et se pencha en avant pour donner au bois l'impulsion nécessaire. Pour toucher le ciel il fallait voir grand! C'était essentiel! Autrement comment serait-il possible de l'éteindre tout entier? Lui qui semblait sans fin. Immuablement présent et immense.
De temps à autre, elle jetait un regard à son adversaire pour juger de sa progression et de l'écart qui les séparait. Le rire du jeune homme vint ensuite, comme un rayon de soleil supplémentaire, résonner dans tout le parc.
Ensuite tout alla vite, très vite. Trop vite.
Il se détacha de la balançoire, sans se défaire de son sourire et la chute qui s'en suivit fut tout aussi impressionnante que le vol plané qui avait suspendu l'émerveillement sur le visage de Fioccolino.

Il se redressa pourtant courageusement, gémissant un peu, tandis qu'avec précipitation Louve gagnait son chevet. S'accroupissant près de lui.


-Est-ce que ça va Flocon? Tu as mal quelque part?

Soulagée de voir qu'il ne semblait pas avoir trop de difficultés à se redresser, elle laissa échapper un soupire puis haussa un sourcil en découvrant le monticule qui apparaissait sur le front de son vis à vis. La demoiselle avisa la bosse et sourit doucement, approchant sa main pour l'effleurer, telle une caresse.

-Hum...c'est une belle blessure de guerre que tu as là, champion! On le saura pour la prochaine fois que les nuages sont chatouilleux! Celui-là a dû rire autant que toi quand tu l'as frôlé! Doucement, elle éloigna de la bosse une mèche de cheveux et plongea son regard bleuté dans le sien, continuant avec un mélange de curiosité et d'impatience dans la voix: Alors dis-moi, ça fait quel effet? C'était doux?

Sûrement que bien d'autres l'auraient accusé de ne pas mesurer les conséquences de ses actes et de ne pas les assumer, mais il n'en était rien. Pour Louve, Fioccolino s'était montré très courageux, il ne se plaignait d'ailleurs pas en dépit de la douleur, alors pourquoi s'apitoyer et mettre en avant le négatif?

La blonde se rapprocha ensuite un peu de lui et poursuivit:


-En tous cas quel vol! C'était incroyable! C'est sûr tu as battu le record de saut en hauteur de l'école entière! Elle frappa brièvement dans ses mains comme pour signifier qu'il n'allait pas tarder à être célèbre après ça. Tu n'as pas fait les choses à moitié! Un sourire franc vint ponctuer le propos. Un silence s'installa ensuite, bref, comme une parenthèse entre deux morceaux de musique. Si on allait mettre un peu d'eau sur ton front tout de même avant que tu ne deviennes officiellement un dompteur de nuages? Tu te sens de marcher?

Pointant du doigt vers l'horizon le point d'eau le plus proche, elle mit légèrement son autre main en avant, comme une invitation, sans obligation aucune. Les héros doivent faire certaines choses seuls, peut-être que pour Flocon, cela en faisait partie? Il y avait aussi de cette fierté toute masculine et naturelle, qui n'aimait guère à accepter l'aide des femmes, préférant la virilité même dans la difficulté. Peu lui importait en réalité la raison, elle voulait seulement qu'il comprenne qu'il n'était plus seul désormais, et qu'après la chute, on était plus grand encore, une fois debout.

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Fioccolino
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Lun 10 Juin - 16:07


Louve agit comme Fioccolino aimait qu’on agît avec lui. Elle ne prit pas d’expression alarmée, elle n’émit pas d’affreux « OOOOH » ou d’atroces « AAAAAH », elle ne parla pas d’hôpital ou d’aller chercher de l’aide. Elle parla de blessure de guerre, et ça suffisait bien. Fioccolino commençait à ressentir une douleur de moins en moins diffuse et de plus en plus concentrée, mais il avait vu pire. Il se sentait toujours étourdi mais parvint à se redresser. Lorsque Louve lui effleura le front, il sentit comme un grésillement sous sa peau, mais il ne dit rien.

Louve reporta bien vite son attention – et de ce fait celle de Flocon – sur les nuages qu’ils avaient su atteindre par le fait d’un étrange tour de magie. Fioccolino trouvait amusant, presque doux, la manière poétique dont Louve décrivait leurs actes. En fait, il en connaissait peu, des gens d’Espérance qui s’exprimaient ainsi. Il se demandait si la jeune fille parlait comme ceci parce qu’il était un enfant, ou si elle le faisait même avec les autres.

Oh bien sûr, Fioccolino n’était pas un enfant particulièrement naïf, il savait qu’il n’avait pas réellement touché le ciel, mais il aimait bien cette manière aérienne de parler. Il essayait d’y croire un peu, faire semblant. Comme Louve. Il avait l’impression d’être plus léger. Être terre à terre, ce n’était pas tellement rigolo. C’était lourd. A l’entente du mot « dompteur de nuage », qui sonnait diablement bien, il esquissa un sourire plus grand.

Il suivit du regard le point d’eau que Louve désignait, c’était une petite fontaine comme on en trouve dans les vieux villages. Il hocha la tête pour répondre à la question de Louve et se releva prestement. Et il courut jusqu’à la fontaine. Louve le suivit de sa démarche légère.
Il actionna la manivelle et mit ses deux mains sous le flot d’eau avant de s’en asperger abondamment le visage. En passant ses mains sur son grand front bombé, il sentit nettement la grosseur qui y avait poussée, et devinait déjà l’aspect bossu et violacé de la chose. Il mouilla l’endroit et rejeta ses cheveux humides en l’air, ce qui lui donnait un vague air de hérisson.

Louve arrivait maintenant à son niveau. Fioccolino, plus par plaisir que par nécessité, replongea ses mains dans l’eau avant de les passer sur son visage, puis immergea carrément sa mâchoire et but quelques grandes gorgées. Qu’il aimait l’eau ! Il s’essuya les lèvres d’un revers de manche et regarda le paysage. Les balançoires se balançaient encore faiblement, comme si leurs ombres n’avaient pas eu le temps de les suivre et qu’ils poursuivaient le mouvement. C’était si calme…

Flocon tâta à nouveau son front, puis il plaqua sa frange sur son crâne et demanda à Louve :

- Ça se voit beaucoup ?

Ce n’était pas la gravité de la blessure qui l’inquiétait, c’était son évidence. Il ne voulait pas que les autres la remarquent. Ils auraient tôt fait d’inventer l’origine de son état, d’après ce qu’ils savaient de Fioccolino.

- Je sais ce qu’ils diront, dit ainsi Flocon en rabaissant ses cheveux et en s’éloignant légèrement. Que je me suis fait ça moi-même, en me bagarrant ou en me frappant, comme je fais dans mes crises. Des fois ça arrive, c’est vrai, mais c’est rare. Je sais ce qu’ils vont dire. Ce n’est pas que je suis fou ou méchant, je ne suis pas comme ça. Je suis pas si différent des autres. Enfin... Il y en a des pires. Après tout, tous les enfants d’ici ont des problèmes. Par exemple, j’ai bien vu que la plupart ont des peurs spéciales. Tu as bien remarqué, non ? Tu n'en as pas, toi ?

Il était de plus en plus mal à l’aise, sans pour autant s’arrêter de parler. Les mots sortaient de sa bouche comme un jet d’eau, il ne parvenait pas à en maitriser le flux. Cela lui arrivait lorsqu’il était angoissé ou gêné par une situation, alors ses propres paroles semblaient envenimer les choses et il s’emmêlait les pinceaux, sa langue trébuchait, sa pensée s’embrouillait.

Parfois même il paniquait et se mettait à se frapper la tête pour se calmer.
Il finit par s’asseoir sur un rocher et marmonner :

- Pardon, c’est personnel. Tu n’es pas obligée de répondre.


Louve
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Jeu 13 Juin - 19:01

Son vis à vis ne répondit pas à sa question concernant les nuages et après avoir fixé un moment la direction qu'elle lui indiquait, s'en été allé le plus naturellement du monde, comme si de rien n'était, courir jusqu'à la destination proposée. Un bref instant, elle avait craint qu'il ne tombe encore, étourdi par sa chute, il n'était pas bon de fournir trop d'efforts d'un coup dans un laps de temps si court. Mais le roux ne semblait pas s'en préoccuper, courant sans se retourner vers la fontaine.

La demoiselle resta un instant sans bouger, les yeux rivés sur le dos du jeune homme, se disant simplement que le courage dont il faisait preuve été remarquable. S'étirant ensuite, elle le rejoignit après avoir avisé le paysage, puis le sol, comme pour vérifier qu'il ne saignait pas sans s'en rendre compte. Mais il n'en fut rien et les cheveux trempés son partenaire de jeu lui s'enquit de son apparence, lui arrachant un air perplexe.


-Un peu. Confia-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine. Pourquoi?

Une tirade s'échappa ensuite des lèvres du jeune garçon, la laissant un instant surprise. La demoiselle s'avança ensuite vers lui et acquiesça :

-Oui, chacun a ses secrets, et traine des casseroles. J'espère qu'on arrivera à les dépasser un jour. Son regard se fit vague et un instant, elle fixa le ciel avant de sourire énigmatiquement. Si moi aussi, j'en ai. Nous en avons tous. C'est pour ça qu'il faut essayer d'être tolérant avec les autres, même si ce n’est pas facile.

La blonde s'accroupie et pencha un peu la tête, contemplant le visage de Fioccolino avant de déclarer d'une voix sans timbre, comme si elle était hors de son corps.

-J'ai peur quand... Quand un garçon me regarde avec trop d'insistance, quand il sous-entend plein de choses, ou qu'il essaye de me toucher en espérant... Je ne sais pas trop. Peut-être des choses qui arrivent quand un papa et une maman s'aiment très fort? Louve dégluti lentement et sourit. Ça me met mal à l'aise et après, je ne sais plus quoi faire. J'ai juste envie de partir. Loin, très loin, de ne plus voir personne. Ce n'est pas très gentil pour les autres mais... Elle n'acheva pas, seul un soupir ponctua le propos, rejoint bien vite par un silence, lourd de sens. Tu sais je crois que ce qui est important, ce n'est pas tant de savoir ce dont on a peur, mais d'essayer de lutter contre ça. C'est plus facile à dire qu'à faire bien sûr. Ça se saurait s'il y avait une potion magique pour résoudre les problèmes, mais bon. Peut-être qu'un jour on y arrivera qui sait? Qu'est-ce que tu en penses toi? Tu crois que tu feras toujours des crises?

Il n'y avait dans ces questions, aucune trace de méchanceté quelconque, à peine un semblant de curiosité sur un avis. Tout au plus une réflexion, peut-être de trop portée sur la philosophie.

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Dernière édition par Louve le Mer 11 Sep - 21:31, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Mar 18 Juin - 10:26


Et là, Louve montra un autre visage. Sa douce assurance se mua en angoisse sourde. Fioccolino la sentit instinctivement, avant même de la comprendre. Le timbre de la voix de Louve devint atonal, un peu éteint, tandis qu’elle disait ce qu’elle ne devait pas dire souvent. Flocon, lui, l’écoutait en scrutant son visage d’un air fixe et fermé.

Fioccolino apprit ainsi ce que, jusqu’alors, il n’avait pu que deviner. Louve le fit rire en lui-même lorsqu’elle parlait de « ce que font les papas et les mamans lorsqu’ils s’aiment très fort ». Il ne put s’empêcher de répliquer, après que Louve eut achevé de répondre :

- Je sais ce que les papas et les mamans font lorsqu’ils s’aiment très fort. Tu peux le dire. Et je sais aussi que ce n’est pas toujours des papas et des mamans, je sais aussi que ce n’est pas toujours parce qu’on s’aime très fort. Je sais même que des fois, on ne choisit pas de le faire. On est forcé. Je le sais.

Il marqua une pause. Ça n’avait pas été long pour lui de comprendre que quelque chose de grave était arrivé à Louve, et qu’elle en gardait les traces au fond de son âme. Quel genre de traces ? Les mêmes que les siennes ? Mais ces questions-là, Fioccolino ne les poserait pas. Il n’osait pas. Il ne fallait pas aller trop loin. Le ton désincarné de Louve lorsqu’elle avait parlé de ses peurs était déjà un peu bizarre.

Et puis, il était évident que la jeune fille ne tenait pas à s’attarder sur le sujet. Puisque avant même de terminer sa phrase, elle enchaina sur les fameuses formules d’optimisme dont les adultes ont le secret. Oui, l’important, c’était de voir l’avenir, de garder espoir, de chercher des solutions. Au début, Flocon se contenta de hocher la tête lentement en signe d’approbation, détournant le regard du visage de Louve. C’était un peu incongru de parler d’avenir dans ce monde figé, hors du temps et de ses effets. Mais, comme elle disait, qui sait ?

- Bien sûr, peut-être, répondit à nouveau le Flocon d’une voix basse. On ne peut pas savoir. Mais, si on sait de quoi on a vraiment peur… Et si on sait POURQUOI on en a vraiment peur… Alors, c’est peut-être plus facile de s’en occuper. De lutter contre ça.

Il aperçut une coccinelle perchée sur un brin d’herbe, en face de lui. Il l’attrapa du bout des doigts et la plaça dans sa paume en levant un peu la main pour l’observer.

- Moi, je ne pense pas que mes crises partiront. Tant pis. L’important, c’est qu’elles ne durent pas toute la vie. Toi, tu es heureuse ici, Louve ? Tu crois que c’est la meilleure des vies ?

Lui qui n’en imaginait même pas d’autre, il était curieux de savoir à quelle autre existence pouvait penser la jeune femme. Peut-être plus dangereuse, plus dure, plus loin. Plus vraie. Qui sait ?


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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Mar 18 Juin - 14:31

Pour toute réponse aux propos sur les parents Louve n'eut qu'un sourire absent. Il n'était pas rare qu'elle présente les choses ainsi, cela faisait sourire et permettait à ceux qui le souhaitait comme Fioccolino de s'étendre d'avantage si le cœur leur en disait.
Peu importe comment elle abordait les choses les termes employés la faisait toujours tressaillir intérieurement. Alors elle évitait d'en parler trop longuement. A son discours suivant elle haussa les épaules, semblant un peu plus elle-même.


-Peut-être oui. Même si je doute qu'il y ait jamais quoique ce soit de "facile" dans tout ça.

La blonde garda pour elle sa verbe sur le sujet. Son opinion n'aurait ici en rien permit de faire avancer les choses, alors mieux valait s'abstenir. Sa mémoire lui jouant encore bien trop de tours pour qu'elle puisse être objective. Etonnement elle n'avait aucune envie de chercher maintenant des traces de ce "pourquoi" dont lui parlait Flocon. Il n'était pas vital pour l'instant de remuer tout ceci. Alors elle préférait s'arrêter à la frontière de cette idée plutôt que de tenter le diable, sans toutefois parvenir à s'en éloigner véritablement.

Quand enfin Flocon lui parla de bonheur, elle retrouva complétement de son sourire habituel et alla même jusqu'à lui ébouriffer les cheveux, tâchant de ne pas toucher la bosse sur son front et au fond de ses yeux bleutés, une joie certaine passa.


-J'aime être ici. Avec toi, avec les autres. Elle porta son attention sur la "bête à Bon Dieu" -comme on l'appelait parfois, avant d'hausser un sourcil sous la surprise. Je ne sais pas. Peut-être y en a-t-il des mieux? Peut-être des pires? Mais celle-ci m'a permis de vous rencontrer, vous tous qui êtes à Espérance, alors je ne m'en plains pas.

Un détail pourtant venait de s'incruster dans son esprit: comment Fioccolino pouvait-il penser que ses crises ne partiraient pas et qu’elles ne dureraient pourtant pas tout au long de sa vie? C'était un brin paradoxal. A moins qu'il n'y est là une vérité peu plaisante à entendre?

-Tu aurais préféré être ailleurs, toi?

Quelque part, même si elle détestait le reflet, il y avait quelque chose là-bas qui lui disait que la vie à Espérance était bien trop calme, bien trop sereine, pour qu'elle puisse ne pas cacher quelque chose en dépit du caractère de chacun. Mais quoi? Et comment cela opérait? Elle l'ignorait. Du moins pour l'instant.  

-Tu voudrais aller au delà des murs?

Qui y avait-il là bas? C'était une question que chacun s'était déjà sûrement posé mais trouver quelqu'un capable d'y répondre franchement et sincèrement été plus complexe qu'il n'y paraissait.

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Fioccolino
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Dim 23 Juin - 9:14



C’était drôle comme Louve pensait les choses simplement. A côté d’elle, Fioccolino avait un peu l’impression de se prendre la tête pour rien. Peut-être était-ce lui qui compliquait tout. Déjà, à l’école, il se sentait régulièrement à l’écart des autres, et ce pas uniquement à cause de ses drôles de manies. C’est qu’il posait des questions. Des questions que les autres enfants oubliaient de se poser. Et des questions que personne ne voulait entendre, et auxquelles personne ne voulait répondre.

Enfin, Louve avait répondu. Avec Louve, c’était différent. Tout était un peu différent. Il y avait moins barrières. Tout paraissait moins difficile, même si parfois Fiocco sentait que c’était compliqué pour lui de sortir les mots de sa bouche. Il avait peur de leur effet. Le tempérament apaisant de la jeune fille était donc tout à fait approprié à sa curiosité présente. Il reposa la coccinelle sur son brin d’herbe.

Flocon ne répondit pas tout de suite à la question de Louve. Tout d’abord parce qu’il ne connaissait pas vraiment la réponse, secondement parce qu’il eut envie de courir. Le caractère un peu fougueux de Fiocco en faisant un enfant actif, qui avait besoin de mouvement pour pouvoir contenir son agressivité. Il était capable de rester fixe et immobile pendant des heures, ne laissant entrevoir la moindre expression, ce qui arrivait d’ailleurs régulièrement. Mais alors, il était vital qu’ensuite, il pût s’exprimer, que ce soit par la voix ou par le corps. En général, Bird veillait à ce que ce fût chose faite.

Fioccolino fila donc comme une flèche, un peu au hasard, jusqu’à stopper sa course aux environs du tourniquet. Il avait l’air un peu ancien et le souffle du vent le faisait doucement bouger dans un grincement sourd. Fiocco le fit tourner d’un mouvement vif et regarda les sièges passer devant lui. Il fit ensuite signe à Louve de venir, sans trop savoir pourquoi. Peut-être qu’au fond, il aimait juste l’avoir près de lui. Mais cela, il ne s’en rendait certainement pas compte.

Louve était son opposé. Ses mouvements étaient fluides et gracieux, sa marche paisible, une douceur infinie enrobait chacun de ses mots. Cette délicatesse était presque perturbante pour le garçon farouche qu’était Flocon. Lorsque la jeune femme fut près de lui, observant de son regard clair le tournoiement du tourniquet, il dit d’une voix forte, sans cesser de pousser les sièges dès que le jeu perdait de la vitesse :

  -  Je me souviens de cette chose. Je me souviens d’enfants très petits, beaucoup plus petits que moi. Des enfants avec des adultes. Des fois ils tombent, ils pleurent.

Le tourbillonnement des sièges était un spectacle fascinant, qu’il ne quittait pas des yeux.

  -  Des fois oui, je voudrais être au-delà des murs. Je voudrais savoir si j’aurais eu quelqu’un pour me relever si je tombe et pleure. Je ne voudrais pas forcément y vivre. Je suis bien ici. Je voudrais juste savoir.

Fioccolino arrêta les sièges d’un seul coup en agrippant un dossier, ce qui figea net le mouvement endiablé du tourniquet. Il s’assit lentement sur un des sièges, se contentant de se bercer très doucement, sans le faire tourner.

  -  Tu sais que les louves ne quittent jamais leur meute ? Elles restent auprès du chef toute la vie, et prennent soin de leurs petits jusqu’à ce qu’ils partent. Des fois pour toujours, aussi. C’est toi qui a choisi ton nom ? Est-ce que c’est pour ça ? Rei, le boulanger, il ne sait pas pourquoi il s’appelle Rei. Moi je sais que c’est Bird qui m’a appelé Flocon. Tu sais, moi j’adore les loups. Ils ont été chassés depuis toujours par les hommes, on les a pris pour des bêtes féroces et même des démons. Et pourtant, ils sont toujours aussi beaux. Ils sont courageux, les loups. Bien plus que les humains.


Louve
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Jeu 27 Juin - 14:30

Un silence se fit entre eux et un instant Louve s'était demandée si la question était indiscrète. Trop osée. Mais Flocon ne disait jamais vraiment "non" comme les autres. De même, là où d'autres préféraient l'oisiveté d'Espérance lui ne pouvait se résoudre à s'y complaire complétement. Il n'y avait dans cette attitude rien d'aisé, pourtant le jeune homme ne savait comment exprimer son ressenti autrement et ses pairs n'avaient cure d'essayer de comprendre ce en quoi la différence est source de richesse. Mais ils étaient tous si jeunes. Comment leur en vouloir de tenter d'avancer ? Blesser les autres faisait inéluctablement parti de ce processus. Impossible d'y réchapper. Quel que soit la personnalité de chacun.

Mais l'enfant s'en fut. Tel un oiseau dont on venait d'ouvrir la cage. Lui rappelant sans trop savoir pourquoi ce poème de Prévert avec un oiseau sur une branche. Puis une cage peinte barreaux, par barreaux et finalement ouverte. L'image de Bird vint s'immiscer dans son esprit et elle secoua la tête pour l'en chasser, rejoignant le petit homme près du manège qui le fascinait.

Quand il évoqua les adultes, le mot lui parut étrange, nouveau, redécouvert. Etait-ce dû au son de sa voix? Ou parce qu'ici le temps semblait figé à jamais? Ou encore parce qu'ils avaient parlé de leurs peurs? La blonde n'aurait su le dire, aussi se contenta-t-elle de l'écouter sans l'interrompre, le regardant s'assoir, puis l'imitant.

Un bref instant son regard se fit vague. Comme lui, elle aimait Espérance, mais quelque chose en elle avait besoin de ce qui était par-delà les murs de la ville, pas par orgueil ou autre. Non, par nécessité et par besoin de compréhension.

A l'entente de son nom, elle tourna instinctivement le regard vers le garçon et un "o" de surprise s'afficha sur son visage, rapidement remplacé par un air satisfait.


-J'en ai entendu parler oui. Mais ce n'est pas vraiment cette caractéristique qui m'a attribué ce nom. Elle ramena une de ses jambes à elle, sur le tourniquet et appuya sa tête dessus sans se défaire des yeux de son vis à vis. Quand je suis arrivée ici, j'avais un peu mal partout. Je ne sais pas bien pourquoi. Toujours est-il que ça me faisait affreusement souffrir et que je n'arrêtais pas de grogner à chaque fois qu'on essayait d'approcher de quoi me soigner. Ca brulait et je n'aimais pas ça. Elle fit une pause puis fit la moue, fronçant un peu le nez. Je crois que je n'aime toujours pas ça d'ailleurs. Du coup, j'ai eu droits à toutes sortes de surnoms peu flatteurs, mais celui qui revenait le plus souvent c'était "Louve". Je crois que j'ai laissé quelques belles marques de morsures aussi. Peut-être même des cicatrices.

Elle ferma un peu les yeux, monta les épaules et eut un sourire un peu singulier, comme un gosse prit en faute, avant de laisser sa main glisser sur ses cheveux pour les entortiller un peu.

-Beaucoup moins noble comme raison, n'est-ce pas? Il y avait dans sa voix une touche d'amusement mêlé à un brin d'ironie, à peine perceptible. La belle se redressa et étendit ses deux jambes. Cela dit, je ne m'en porte pas plus mal maintenant, et ça ne semble gêner personne ici. Après un bref silence elle s'enquit curieuse: Tu connais bien Rei?

Louve ignorait que Fioccolino avait tissé un lien -aussi infime soit-il - avec le bonlanger et se réjouissait qu'il ne soit peut-être pas le seul dans ce cas.

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Fioccolino
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Lun 8 Juil - 15:13



Flocon ne cessait d’écarquiller les yeux devant le drôle de récit que lui présentait Louve. Ainsi, elle n’avait pas toujours été cette jeune fille douce et paisible, qui posait sur le monde un regard nacré. Elle avait été une véritable sauvageonne, presque encore plus farouche que lui. Cette révélation avait un aspect très impressionnant, mais Fioccolino ne put réprimer un léger sourire lorsque Louve avoua qu’elle avait certainement laissé des morsures sur certains pensionnaires. Un côté de lui était tout à fait satisfait de connaître la facette apaisée de la jeune fille, mais un autre côté, plus audacieux peut-être, aurait bien aimé voir l’autre facette. Juste pour voir.

  -  Beaucoup moins noble comme raison, n'est-ce pas ?

Louve avait l’air vaguement embarrassée, et Flocon le comprenait, bien qu’il ne jugeât pas que ce fût juste. Contrairement à lui, Louve avait réussi à surmonter ses accès d’agressivité et devenir une figure maternelle tendre et rassurante, pour la plupart des gamins d’Espérance. Dans son cas à lui, rares étaient les enfants qui osaient encore l’approcher de trop près. Quant aux plus grands, beaucoup avaient renoncé. Certes, on ne pouvait pas dire qu’il n’y avait pas eu d’amélioration, cela aurait été injuste pour lui comme pour ceux qui les avaient encouragées. Bird, Résine, et même Narcisse, le petit peintre. Tous ceux-là, à leur façon, avaient contribué à apaiser la fureur perpétuelle qui agitait le corps de Flocon et enflammait son regard. A présent, le garçon était en mesure d’aller à l’école, de prendre le pain, et même de passer du temps avec les autres enfants du Foyer comme Drill ou Undy.

En pensant à ces progrès, Fioccolino se fit le fait d’une étrange réflexion. Chaque habitant changeait, en lui-même, chacun subissait des avancées et des échecs, évoluait, apprenait, réapprenait… Pourtant, autour d’eux, rien ne changeait. Le monde demeurait figé et immuable. Ils ne grandissaient même plus.

Il observa Louve, qui venait à présent de lui demander s’il connaissait Rei, mais la question frôla ses oreilles tandis qu’il scrutait ce visage dont il savait qu’il demeurerait toujours le même. Toujours. Ce mot apparaissait encore plus fatal que « jamais ». Fioccolino serait toujours un enfant. Louve toujours une jeune fille. Ils vivraient ici, pour toujours.

Il cligna des yeux plusieurs fois, comme si ce geste lui permettrait de reprendre correctement ses esprits, avant de répondre, détournant enfin le regard :

  -  Oh oui. Un peu. Il ne parle pas. Mais ça, ça ne me dérange pas. Je préfère ceux qui ne parlent pas à ceux qui parlent trop. Mais... Tu vois, Louve, je suis content que tu m'aies parlé. Je suis sûr que ce que tu m'as dit, tu ne l'as pas dit à grand monde. C'est comme un secret. J'adore les secrets. Je les garde bien, comme un dragon garde un trésor.

Son regard, cette fois, fut attiré par une fourmilière, non loin de lui. En dehors des moustiques qu’il avait en horreur, Flocon était assez attiré par les insectes et les petites bestioles. Il s’approcha doucement et posa ses genoux dans la terre, entachant son jean sans s’en préoccuper. Louve s’approcha à nouveau, pour voir ce qui captait tant son attention.

  -  Voilà Espérance, Louve ! dit-il d’un ton théâtral. Je serai… cette fourmi. Il pointa alors du doigt une fourmi à l’air vigoureux. Et toi celle-ci. . Il désigna cette fois une fourmi qui semblait venir en aide à une autre en mauvaise posture. La véritable différence, c’est que nous ne travaillons pas… Pas autant. Bird serait notre reine. A 11 ans, je ne serais certainement pas une larve, qu’en penses-tu ?

Il observa un moment la course régulière des fourmis sur leur usine de terre.

  -  Ces fourmis ne réfléchissent même pas.  Elles font ce qu’on leur demande, pour peu qu’elles aient la protection de la reine. Elles ne se posent pas de questions. C’est la reine qui s’occupe de tout. Elle élève même les bébés. Et… alors il n’y a pas vraiment de famille. Pas d’amour. Si ?

Le regard que lança Flocon à la jeune fille témoignait bien du fait que l’enfant, à cet instant, ne parlait pas uniquement de la société de fourmis qui s’étalait à leurs pieds. Mais, si un adulte intuitif s’en serait aperçu, l’enfant concerné lui, ne s’en rendait même pas compte...

Louve
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Mer 10 Juil - 11:59

La belle lui adressa un regard doux devant son propos sur les créatures extraordinaires. En réalité, si elle avait peu parlé de son nom, c'était -outre le fait qu'elle en soit un peu embarrassée- surtout parce que rares étaient ceux qui s'étaient aventurer à le lui demander. Peut-être les "adultes" sentaient-ils plus lorsqu'il valait mieux éviter d'aborder un sujet et prenaient-ils un grand soin à suivre cet instinct? Bien qu'elle soit considérée comme telle, elle n'avait pourtant jamais réussi à se sentir complétement convenir au moule du mot "adulte", comme si une part d'elle-même refusait en bloc d'y entrer et faisait son possible pour en sortir. Pour Flocon, c'était différent et c'était cela qui la troublait tant. Ce corps si chétif, recelait tant de questions qu'il n'y avait aucun doute quant au fait qu'il été coincé entre deux états. Son côté enfantin préférant le jeu et en perpétuel recherche de changement semblait contredire incessamment sa réflexion sur l'environnement qui les entourait ainsi que ses rapports aux autres.
Un être grand coincé dans un corps trop petit. C'est ainsi que Louve observa Fioccolino alors qu'il lui décrivait la fourmilière.
Sa pensée coupa court quand l'enfant prononça ces mots:
"Bird serait notre reine", pas parce que cela lui paraissait imaginé et farfelu, mais parce que dans son esprit, une image de Bird déguisé en princesse en détresse vint s'immiscer et rompre le sérieux de la conversation.
Visualisant les frous-frous et autres fantaisies liées à la coquetterie des femmes, la belle ne put retenir un rire franc.


-Bird en reine...Tu crois qu'il mettrait des robes avec de la dentelle?

Il lui fallut quelques secondes pour étouffer ce fou rire et après avoir toussoté reprit avec sérieux.

-Hum, pardon. Je n'aurais pas dû me moquer, mais j'avoue que je ne m'attendait vraiment pas à cette image. Elle appuya ses mains sur ses hanches et s'enquit malicieuse: Tu as l'impression qu'il n'y a pas de famille ou d'amour dans ce genre de société? Pourtant toutes les fourmis sont des enfants de la Reine. Elle se pencha vers lui et déposa avec lenteur un baiser sur son front avant de le fixer dans les yeux. Aucune mère ne peut rester de marbre face à la détresse d'un de ses enfants. Aucune. Et vice versa. Elle sourit avec tendresse. Quand tu ne vas pas bien, à qui penses-tu en premier? La question était purement rhétorique. Tous deux savaient parfaitement de qui il s'agissait. N'as-tu pas alors envie de courir te réfugier dans les bras de cette personne? S'il n'y avait pas d'amour, tu ne ressentirais pas ça, tu ne crois pas? L'amour a différentes formes, c'est ce qui le rend si complexe et important.

Elle observa la fourmi qui la représentait et sourit en songeant qu'elle était bien peu de choses. Cette fois ce fut elle qui se détacha de lui, marchant un peu, elle tendit la main vers l'arbre le plus proche, entrant en contact avec l'écorce rêche.

-Pour le reste, je ne parle pas le langage des fourmis, aussi je serais bien incapable de te dire si elles sont à même ou non de se poser des questions, mais même si les gens d'Espérance t'en parlent peu. Ne doutes pas que chacun ait un point de vue différent sur notre vie ici. Ne pas évoquer ses questions en public ne signifie pas pour autant qu'on ne s'en pose pas.

Sa main pianota sur l'arbre et ses prunelles azurs montèrent vers le feuillage verdoyant.

-Il y a des questions qui te tracassent Flocon?

Peut-être n'était-elle pas la mieux placé pour y répondre, mais elle tâcherait tout du moins de faire de son mieux.

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Fioccolino
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Mer 17 Juil - 16:26



Comme il était doux de voir Louve rire aux éclats ! Son rire était comme une cascade, et il évoquait à Fioccolino un autre rire, un rire cascade lui aussi, mais il ne parvenait pas à retrouver à qui cet autre rire appartenait. Il ne distinguait qu’une figure vaporeuse, à peine plus nette que la brume qui occupait son esprit.

Louve avait un avis sur tout. Dans son cas, ce n’était pas désagréable ou irritant, cela ne paraissait même pas hautain, elle était simplement de ceux qui semblant avoir réfléchi à tout. Les mots, dans sa bouche, semblaient prendre un autre sens, Fioccolino les trouvait moins agaçants que chez les autres – Flocon n’aimait pas beaucoup les mots, il n’aimait en particulier pas qu’il y en eût beaucoup à la fois – mais il ne pouvait dire pourquoi.

   - Alors oui, j’ai une question, Louve. Si une mère ne fait rien face à la détresse d’un de ses enfants. Si une mère ne fait rien, alors ce n’est pas une mère ? Tu dis « AUCUNE mère ». Alors, ce n’est donc pas une mère ?

Tout individu qui aurait assisté à cette scène se serait dit que cet enfant n’était pas normal, pas sain, de s’interroger à ce point sur ce genre de choses. Les enfants sains ne se demandent pas ces trucs-là. Ils demandent pourquoi le ciel est bleu et s’ils ont le droit de gouter de la bière. Ils ne demandent pas si les mères insensibles peuvent être appelées « mères ». Oui, c’est ce que tout individu assistant à cette scène aurait pensé. Mais fort heureusement, il n’y avait personne d’autre qu’eux dans le grand parc vide qui, à mesure que le soleil déclinait, prenait des allures de jardin d’enfants fantômes. Les balançoires bougeaient légèrement sous l’effet du vent, qui faisait vrombir les arbres et grincer le tourniquet. Flocon frissonna.


Il dit plus bas :

   -  Mais toi, Louve. Tu as environ le même âge que Bird. Peut-on être parent à cet âge ? Parent de tant d’enfants. Et voyons, ce n’est pas possible qu’il soit ta mère, puisque tu as le même âge ! Tu n’as donc pas de mère, Louve. Tu n’en as pas. Tu es encore plus seule que moi.

N’y voyez pas de la cruauté. Fioccolino n’était pas cruel, ni méchant, ni mesquin. Il était dur. Il était durci. Le vent souffla plus fort et il sentit ses cheveux partir en arrière. Des feuilles mortes longèrent le sol jusqu’à disparaitre au loin, emportées par les bourrasques. Le ciel devenait gris.

Louve
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Ven 19 Juil - 18:32

Louve le regarda brièvement interloquée, puis sourit tristement et reporta son attention sur le feuillage verdoyant. Elle détestait entendre hurler une âme. Et Flocon sans s'en rendre compte, hurlait une injustice qu'il ne semblait pas percevoir lui-même. Le bruit d'un cœur qui saigne. Rien ne lui paraissait plus atroce, mis à part, la caresse d'un homme peut-être.

-Il y a hélas une grande différence entre vouloir et pouvoir aider quelqu'un....

La suite des propos la laissèrent un peu songeuse, non pas qu'elle l'ait mal pris, mais juste qu'elle n'avait jamais envisagé les choses ainsi. Peut-être pour la simple et bonne raison que jusqu'à présent elle n'avait cherché en personne le substitut d'une mère. Donc il n'y avait aucune chance pour qu'elle ressente ça vis à vis de Bird.

-Etre parent jeune? Je l'ignore. Probablement oui.

Son esprit vagabonda, qu'avait donc subit Flocon pour sembler si triste à cette évocation. Ou était-ce Espérance qui l'avait rendu ainsi? Après tout, il était clair que ce monde n'avait pas grand-chose à voir avec l'Avant, mais quand à savoir lequel des deux serait plus réel que l'autre...

S'en sans rendre compte, elle s'était rapproché de l'enfant et lui appuya doucement sur les joues.


-Merci. A la question muette qui passa dans les yeux de son vis à vis, elle répondit calmement: Merci de t'inquièter pour moi. Tu sais je ne suis pas malheureuse de ne pas savoir si j'ai une mère ou pas. Ni même si j'ai des parents. En revanche je suis certaine d'une chose: jamais Bird ne pourra avoir ce rôle pour moi. Même si ces ailes sont grandes.

La blonde lui fit un clin d'oeil et s'étira un peu. L'image de Bird en reine vint s'immiscer à nouveau dans son esprit mais elle n'en toucha mot au roux, se contentant de sourire.

-Je ne crainds pas d'être seule. En tous cas pas autant que d'être mal accompagnée. Comme tu es avec moi, tout va bien.

Elle lui adressa un air chaleureux et s'avança vers la sortie du parc:

-Si on rentrait? Je commence à avoir faim et je ne serais pas contre une glace. Qu'en dis-tu? Glissa-t-elle avec malice vers le jeune homme.

_________________



Dernière édition par Louve le Mer 11 Sep - 21:42, édité 2 fois
Fioccolino
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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Dim 21 Juil - 12:51



Fioccolino fut assez impressionné de voir comme Louve défendait son indépendance. Lui qui s’était inquiété de constater que jamais Bird ne pourrait être la mère de Louve… Voilà que finalement, même elle l’aurait refusé. Il avait du mal à saisir ce mode de pensée et s’interrogeait. Etait-ce par fierté ? Par volonté de n’être sous la domination de personne ? Ou simplement par fidélité, en souvenir d’une mère absente…

Il ne dit rien, se contentant de scruter, encore et toujours, les traits lisses de la jeune femme. Certaines présences sont encore plus impressionnantes lorsqu’elles sont enrobées de tendresse et de délicatesse.

   -  Je ne crains pas d'être seule. En tous cas pas autant que d'être mal accompagnée. Comme tu es avec moi, tout va bien.

Fiocco se sentit étrangement flatté, et il sentit le rouge lui monter légèrement aux joues en même temps qu’un sourire timide étirait ses lèvres. Le vent soufflait encore plus fort et Fioccolino sentait venir la pluie.

Lorsque Louve proposa de rentrer, il fut un peu déçu, car il appréciait sa compagnie – jamais une femme ne lui avait offert un si grand sentiment de sécurité – et il aurait supporté l'averse pour que l’entretien se poursuivît. Mais Louve eut tôt fait de lui faire une proposition qu’aucun enfant n’était en mesure de refuser, et sa déception se mua en un ravissement qu’il eut du mal à contenir. Oh, on ne l’aurait pas reconnu !

Il lui prit alors la main et, tandis qu’ils s’éloignaient du parc, il dit d’un ton gai :

   -  Nous devrions revenir. Nous devrions construire une cabane dans les arbres, dans un coin secret, une cabane rien que pour nous deux. On le fera.

Leurs silhouettes disparurent progressivement, et même la pluie attendit qu’ils fussent partis avant de tomber.  



FIN


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MessageSujet: Re: Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve] Aujourd'hui à 5:40


Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre [pv Louve]

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