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[Event]Absolem

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Miséricorde
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 17 Sep - 5:07





    Acte 2 : Je de rôle


    "Tu as bien raison ma Petite Alice..."

    Enlaçant la fontaine de son corps mou, la Chenille était apparue. Elle posa un regard sur son corps.

    "Drôle d'apparence n'est-ce pas? Mais je l'aime bien..."

    Elle expira, une fumée claire s'échappant de sa bouche.

    "Tu as raison Oiseau, et tu as tord car je ne suis pas totalement fautive de cette situation... Mais tu as oublié n'est-ce pas? Comme tout ceux qui ne veulent pas grandir et affronter la réalité..."

    Elle souffla longuement, jusqu'à disparaître sous un pan de vapeur. Elle sourit de toutes ses dents, de chat à présent.

    " J'y ai longtemps réfléchi en fumant et, Oisillon, Peter Pan te va mieux qu'Alice... De mon côté... moi... Moi... je peux prendre toutes les formes:  Toi, lui, Alice, Absolem, Cheshire, ou encore la Reine de Coeur qui juge sans jugement et punie partiellement ... à son bon vouloir..."

    La face de la Reine se superposa un instant à celle du Chat.

    "Peut-être auriez du vous m'appeler ainsi...Enfin... Je ne suis plus rancunière...Et je vais même vous aider... Pour me faire pardonner. "

    Le chat agile, sauta de la fontaine, se séparant en deux identités semblables et différentes:
    Une jeune, l'autre vieille, toutes deux rappelant les véritables traits de l'enfant se cachant derrière Miséricorde.

    "Je suis Tweedle Dee
    -Et moi Tweedle Dum.
    -Je suis le passé oubliée
    -Et moi ce que vous savez.
    -Ou ne savez pas.
    -si
    -non
    -si
    -non
    -(ensemble) Point de dispute car nous allons devoir coopérer.
    -Nous le savons, pour retrouver notre apparence, c'est au "papa et à la maman" qu'il va falloir jouer.
    -Pour retrouver l'identité.
    -Et rétablir l'autre.
    -Car cette univers repose sur chacun de nous.
    -Mais, inadapté que vous êtes
    - vous ne comprenez surement rien à mes explications.
    -Cependant sachez  que l'identité que vous avez prise n'est pas du au hasard
    -Mais à votre coeur.
    -Vous fuyez le présent pour le Présent.
    -Vous fuyez le présent pour le Passé.
    -Mais ceci vous semble déconnecté de compréhension.
    -Et par la mise en scène de l'oublié, il va falloir trouver.
    -Vous reviendrez à la normal à ce moment et vous quitterez le jeu!
    -Mais au fur et à mesure, pour ceux qui restent, il n'y aura plus de compagnon de jeu adéquate...
    -Et les derniers se verront piéger.
    -Alors organisez vous...dépéchez-vous...
    "Avant qu'il ne soit trop tard... En retard... "


    Les deux corps se réunirent et de longues oreilles poussèrent. Miséricorde se transforma en lapin, et sans prendre le temps d'en dire plus, fonça sur Elmeraud. Aux pieds du blondin, un terrier se forma où la bête disparut sous une dernière phrase:

    " A bientôt petites cartes! Nous nous reverrons au grand Procés!"




Vous n'avez rien compris? =D C'est normal! Je vous laisse discuter un peu dessus pour vous expliquer ensuite! =)
Noah
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 17 Sep - 9:23

Tout s'est enchaîné à une vitesse incroyable. Et d'une minute à l'autre, on s'est tous retrouvés face à ce terrier rebouché et un goût amer dans la bouche. Enfin, dans mon cas, je sentais même deux ganglions me presser de chaque côté du cou. J'entendais les paroles de ce personnage... ces personnages qui se répétaient dans ma tête. << c'est au "papa et à la maman" qu'il va falloir jouer. >> << Alors organisez vous...dépêchez-vous...  >> << Et les derniers se verront piéger. >>

Piégés. Piégés dans ce monde qui ressemble à Espérance mais ... qui vraisemblablement de l'est pas ? Cette vision de rester ici m'effraie au plus haut point. Un partenaire de jeu pour jouer au papa et à la maman ? Alors pas de souci. Je m'en vais m'en trouver un de père ! Je me dépêche avant que ce nigaud de Julien ne choisisse un des deux gosses qu'il a entre les mains. Hors de question que je reste cloîtré ici !
J'arrive face à papy les sourcils froncés et les dents serrés. Merde mon envie de chialer revenait encore... Encore. C'était le mot. Espérance était sur le point de me rejeter dans ce que j'avais fui. Jamais au grand jamais je ne laisserai un truc pareil se reproduire ! Je jetai un œil aux gosses que Ju' avait avec lui. Mon visage se changea au moment où j'imaginais que ce soit eux qui restent dans ce monde factice. Non. Je n'ai pas le temps pour penser aux autres.

- Ju' ! Fais équipe avec moi ! lui lançai-je droit dans les yeux. Ma voix tremblait. Je ravalai ma salive et continuai en serrant les poings. Tu me dois bien ça, non ? On est potes tous les deux ! C'est moi, Noah, alors t'as pas intérêt de me faire faux bond pour un de ces deux-là ! On se barre ensemble et eux ils trouveront bien quelqu'un d'autre, d'accord ?

Je ne le lâchais pas du regard, mon cœur tambourinait en l'attente de sa réponse. Je pouvais le sentir, sentir que s'il refusait, je lui sauterais dessus comme un diable est éjecté de sa boîte. Je lui hurlerais les pires insultes, m'accrocherais à ses vêtements et lui enverrais mes petits poings frêles dans le ventre. Les larmes couleraient sur mes joues, et plus rien ne pourrait les arrêter.


Dernière édition par Noah le Mar 17 Sep - 10:22, édité 1 fois
Louve
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 17 Sep - 9:44

Elle n'avait pas tout comprit, et ne comprenait toujours pas tout mais elle était lassée de les voir s'agiter depuis la fenêtre de sa chambre, qui donnait sur la place. Après un bon quart d'heure à les écouter se chamailler vaguement en dégustant son café au lait, elle avait fini par prendre les affaires les plus larges qu'elle avait. Bien sûr elle aussi été tombée dénu d'avoir une apparence si singulièrement différente, et pourtant si familière, et diamétralement opposée à celle du Reflet, mais là il lui semblait tout de même que ça prenait une trop grande proportion. C'était pourtant -il fallait l'admettre- troublant pour elle aussi d'être dans une chambre qu'elle connaissait sans qu'il soit pourtant normal qu'elle y dorme encore, après tous les efforts qu'elle avait fourni pour enfin arriver à partager son quotidien avec quelqu'un. Blasée, elle avait fini par descendre après avoir grommelé contre un illustre fantôme, qu'elle aurait mieux fait de rester au lit à attendre que ça passe.

Il y avait dans sa tête comme un sentiment de liberté mêlé à quelque chose d'indéchiffrable. Pas vraiment de la tristesse, pas vraiment de la nostalgie. Autre chose. Quelque chose qui lui échappait. Comme beaucoup de prénoms depuis qu'elle s'était levée. Trop de prénoms. Avoir la trentaine passée, des cicatrices ça et là en plus, des cheveux jusqu'au bas du dos, et si peu d'espace entre cette robe trop courte et sa respiration en plus de tous ses petits détails, lui déplaisait grandement. Mais il y avait une chose dont elle était à peu près sûre : c'est qu'ils été tous en train de s'énerver en bas sans que ça fasse avancer le schmilblick. La blonde fini par descendre, cherchant une silhouette du regard, comme si une personne aurait dû se trouver là avant de se demander vaguement si quelqu'un avait réchappé à cette étrange métamorphose.

La belle fit peu cas les commentaires ci et là en s'intégrant à la foule, heureuse de retrouver quelques visages familiers parmi les plus âgés, se remémorant entre autres une discussion plutôt poussée avec Elmeraud sur sa vision d'Espérance, des fous rires avec Camélia au sujet de l'une de ses nouvelles addictions : le café, un air récurrent de violon assimilé à Victor mais pas que ça ; cependant pour les plus jeunes elle bloquait un peu, cherchant Ruby ou Flocon du regard.

Elle songea dans un soupir qu'avec une telle agitation si la majorité des plus jeunes ne finissait pas en larmes, ils auraient de la chance. La blonde laissa là ses idées et se glissa jusqu'à Elmeraud, pour lui appuyer doucement sur l'épaule avant de lui sourire, réprimant de peu l'envie de l'affubler d'un surnom.


- Coucou. Elle laissa un temps, pour juger s'il arrivait ou non à mettre un nom sur son visage. Dis, Elmeraud... Elle n'acheva pas, trop surprise de voir qu'un étrange personnage été entré en scène en laissant derrière lui une énigme des plus troublantes. La jeune femme ne remarqua donc même pas que sa voix était légèrement plus rauque, en demandant, troublée : ...euh, c'était Miséricorde là à l'instant ?

Son regard glissa sur les présents, il fallait chercher des gens avec qui ils étaient en lien ? Par le passé et le futur, et retrouver son apparence en jouant au papa et à la maman ? Hum...jouer à la maman ça elle savait faire. Quant au papa...elle aurait bien aimé que sa mémoire cesse de jouer au yoyo ! Enfin manifestement il fallait s'occuper des plus jeunes, dans tous les cas.

- Je rêve ou elle essaye de ne faire retrouver des souvenirs l'air de rien ? S'enquit-elle en posant son regard azur sur le blondinet, un sourcil arqué par la sidération. "Cet univers repose sur chacun d'entre nous"? C'est étrange on dirait que c'est pour nous inciter à être solidaires...

Elle ignorait combien ils pouvaient être, "jouer au papa et à la maman" ça voulait dire aussi qu'il fallait s'occuper des autres après tout. Donc il ne suffisait pas de former un duo pour que tout redevienne normal. Après tout, des parents peuvent avoir plusieurs enfants. Elle était bien placée pour le savoir.

_________________



Dernière édition par Louve le Mar 17 Sep - 21:58, édité 1 fois
Kei
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 17 Sep - 12:41

-Kei ! Là bas ! Indiqua l'infirmière rétrécie en montrant la fontaine du doigt après avoir parcouru la foule des yeux pendant quelques instants.
En effet une petite fille aux cheveux rouges venait d'y monter et même de là où ils étaient, même en la voyant rajeunie de dix ans, le doute n'était pas permis sur le fait qu'il s'agissait de la marchande de jouet.
Le médecin se fraya avec difficulté un chemin au sein de la foule bruyante qui se pressait autour de la fontaine, se disputant pour savoir si il fallait destituer Bird ou non, organiser une chasse à la Miséricorde ou non et il ne savait quoi d'autre encore.
Alors qu'il avait atteint le premier rang et se trouvait juste à côté de Ruby dont s'éloignait à présent le vieillard acariâtre et la petite fille blonde de tout à l'heure (par une ironie du destin les mêmes trois qui l'avaient bousculé peu avant) une chenille bleue se matérialisa autour de la fontaine et, tout en alternant les transformations chimériques, fît passer un message sybillin.
« ...pour retrouver notre apparence, c'est au "papa et à la maman" qu'il va falloir jouer.Vous reviendrez à la normal à ce moment et vous quitterez le jeu... Mais au fur et à mesure, pour ceux qui restent, il n'y aura plus de compagnon de jeu... Et les derniers se verront piéger... »
Son sang se glaça dans ses veines : apparemment le seul moyen de sortir d'ici était de former un couple accordé avec une autre personne et ceux qui échouaient allait se retrouver prisonnier. Il s'apprêtait à se précipiter auprès de l'enfant aux cheveux rouges lorsqu'une remarque s'imposa à son esprit avec la lourdeur d'un bloc de plomb.
« … Je suis monstrueux ! Je planifie mon évasion de ce monde avec Ruby alors que je porte encore Catherina sur mon dos... Quoiqu'il arrive si j'en sauve une je condamne l'autre, je dois choisir entre ma collègue et probablement une de mes meilleures amies à Espérance et la jeune femme la plus formidable que je connaisse ainsi que possiblement la clé à pas mal de mes interrogations dans ce monde de fous... Je fais quoi ? »
Une voix au fond de sa tête trancha le dilemme d'un ton calme, une voix qui ressemblait à la sienne sans être la sienne, une voix qui, il le comprit, représentait l'expérience de la vie fantôme de son corps actuel.
« Réfléchis calmement, c'est comme un triage d'urgences : premièrement tu traites tout le monde sur un pied d'égalité, pas de favoritisme, deuxièmement tu t'arranges pour sauver le plus de monde et, in fine, troisièmement seul l'urgence de la situation préside à l'ordre de priorité ! »
Aucune personne ici ne mérite plus qu'une autre de rester prisonnière de cet endroit, aucune ne représente une urgence supérieure, conclusion...
-Ruby ! Cria-t-il en arrivant à proximité de la demoiselle. Je vais avoir besoin de toi et de Catherina-chan : on va essayer de rassembler le plus de gens que l'on connait et former un groupe organisé. C'est le meilleur moyen de sauver le plus de monde possible de cet endroit.


Dernière édition par Kei le Mer 18 Sep - 11:01, édité 2 fois
Julien
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 17 Sep - 17:56

Il se tire les cheveux comme un animal, comme si le simple fait de se faire mal arrangerait tout. Malgré son comportement, je reste immobile devant lui, attendant une réponse qui me rassurerait.
J’éprouve encore une fois une sorte de pitié, comme une sorte d’instinct protecteur… Vivement que je retrouve la mémoire, pour comprendre ce phénomène.
Il se lève doucement.
A un moment, j’ai cru qu’il allait s’enfuir, mais il finit par dire :

–Je crois que je me suis perdu.

Miracle !
Il parle ! Mon visage trahit un sourire, mais pour le respect de sa détresse, je l’efface aussitôt.

-Je reconnais ici mais… c’est comme dans un rêve. Je crois que c’est un rêve.

Il a une sorte d’accent, ou plutôt, une sorte d’hésitation à parler…

-Et ces gens, je les ai vus en rêve. Ils étaient différents, dans les rêves c’est toujours différent. S’il te plait, arrête de t’énerver. Il faut… Il faut que tout le monde arrête de s’énerver. ARRETEZ !

Il s’est énervé comme un petit garçon qui pique une crise pour qu’on lui achète un jouet, tapant du pied comme un enfant qui voulait attirer l’attention du public.

– On ne fait de mal à personne. Si c’est un rêve, on va se réveiller. Sinon… On va peut-être trouver des parents ou quelque chose comme ça pour nous aider. Petite fille, il ne faut pas pleurer. Personne ne doit faire pleurer. On ne fait pas de mal aux enfants.

Il semble vraiment troublé, et n’a pas l’air de pouvoir penser correctement. Il a un raisonnement d’enfant, une nouvelle preuve contre cet abruti de blond…

Je me rend compte que le violoniste était en train de parler. Quand je me suis retourné, il était en train d’inviter Bird à dire quelque chose.
Après quelques secondes d’hésitation, le mini-directeur se lance :

-Je... Je suis désolé mais personne n'a tord, ni n'a raison... Je... ne me souviens plus de grand chose... et je pourrais pas vous guider. Quelqu'un devrait peut-être prendre ma place... mais... je ne suis pas sur que cela soit une bonne idée... comme le fait de chasser Miséricorde... Je ne saurais dire pourquoi... mais je le ressens ainsi. Nous devons être solidaires, ceux qui me comprennent doivent traduire aux autres, nous devons nous organiser pour que tous ensemble nous soyons un seul et unique chef.

Le directeur propose au peuple de prendre le pouvoir ? Ca doit être une première, quoique, c’est vrai que je ne connais pas vraiment Bird…
Soudain, le flou.
Je bascule en arrière, mon cœur fragile sursaute dans mon torse, un monstre vient de se matérialiser dans la fontaine.
Une sorte d’énorme chenille qui me parait étrangement familière…
Elle commence un monologue, je ne capte que très peu d’informations, tout ce que je veux, c’est m’enfuir loin d’ici.
Elle change plusieurs fois de forme, tantôt en chat, tantôt en jumelles parlant tour à tour.
Puis, pour terminer, elle se change en lapin et creuse un terrier pour s’enfuir.
Je suis abasourdi.
Elle veut que l’on récolte des souvenirs en équipe pour sortir d’ici, c’est ça ? Ou il faut jouer à papa-maman ? Les derniers resteront dans ce monde de cauchemar ? Je ne comprend rien, je suis totalement paniqué.
Mon cœur ne veut pas s’arrêter et semble compter les millisecondes. Il fait presque un arrêt fatal lorsque mini-Noah se poste devant moi, l’air furieux et paniqué en même temps. Comme je ne comprend pas ce qu’il attend de moi, je me contente de le fixer avec un regard de truite morte. Il regarde fébrilement mes deux protégés, puis me lance :

- Ju' ! Fais équipe avec moi !
Hein ? Quoi ? Equipe ? De quoi parle-il ? De ce que vient de dire Miséricorde ? Il est drôlement réactif, je n’ai même pas le temps d’avoir un avis sur la question qu’il enchaine :

-Tu me dois bien ça, non ? On est potes tous les deux !

Mon esprit s’embrouille. Oui, c’est vrai qu’on est copains, enfin, il me semble. Ou bien ce n’est pas réciproque ? Le physique enfantin de Noah finit de me perturber, mon cerveau le traite comme une nouvelle connaissance et mes souvenirs le traite comme une… Comme une connaissance.

-C'est moi, Noah, alors t'as pas intérêt de me faire faux bond pour un de ces deux-là ! On se barre ensemble et eux ils trouveront bien quelqu'un d'autre, d'accord ?

Mon souffle s’accélère, mon cerveau tourne à plein régime, et ce n’est pas de la rigolade. J’ai envie de le frapper, de le prendre dans mes bras, de lui dire de s’en aller, de lui hurler dessus, de le prendre sur mon dos et de m’enfuir avec…
Je suis avec qui ? Qui est avec moi ? Qui je connais ? Qui je dois sauver ?
Noah me demande d’abandonner mes deux compagnons ? Je…
Mon instinct me hurle de ne pas les abandonner, mais en même temps, il me hurle d’aider Noah !
POURQUOI ? Pourquoi mon esprit ne peut-il pas faire un choix, même temporaire ?

Je regarde la petite russe, puis le petit piqueur de crise, puis Noah, il semblent tous attendre ma réponse.
MAIS JE NE SAIS PAS, MOI !
Comment je pourrais choisir ? Pourquoi tous ceux qui sont plus jeunes que moi attirent ma bienveillance ? Comment je pourrais suivre mon instinct fraternel avec de telles contraintes ?
Fraternel…
C’est le mot.

Ma vision flanche, je suis sur le point de m’évanouir.
Je m’agrippe à Noah, et tente d’amortir ma chute. Je m’écrase sur le sol dans un bruit sourd. Les enfants se précipitent à mes côtés, se demandant ce qui ne va pas.
Je regarde le ciel, ne pensant plus à rien. Des larmes ruissellent sur mes joues, Noah me demande de les abandonner.... Si il avait toujours 18 ans, je l’aurais envoyé balader, mais il est plus jeune que moi, je ne peux donc pas l’abandonner, lui aussi… Bordel, pourquoi je dois considérer tous mes cadets comme mes frères et sœurs ? Dans ce genre de situations, c’est un truc à perdre la boule.
Après quelques minutes de calme, je saisis fortement l’épaule de Noah, et chuchote faiblement pour économiser mon souffle :

-On fait équipe tout les 4.

Je resserre mon étreinte, anticipant sa réaction :

-Pas d’objection.

Je tourne la tête vers lui, les yeux brillants de larmes :

-Je vous abandonnerais pas, désolé.
Alexandre
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mer 18 Sep - 12:41

Mon regard ne quitte pas le groupe d'adultes le temps que dure de leurs délibérations dont je ne comprends d'ailleurs strictement aucun mot. Je m’agace dans mon coin, de l'autre côté de la fontaine mais ne bouge pas, bien décidé à ne pas interrompre leur débat. De toute façon, je ne sais pas si l'un d'entre eux parle français, mis à part Bird, toujours inaccessible, perché sur le épaule du grand blond.

Je croise les bras sur mon torse frêle et commence à taper du pied contre les pavés. Le temps passe très lentement alors que l'impatience grandit en moi. Au moment où je vois enfin mini-dirlo toucher terre, je décroise les bras et me prépare à contourner la fontaine pour satisfaire ma curiosité, Absolem réapparaît. Je me stoppe immédiatement, prêtant une oreille attentive à la Chenille qui change rapidement d'apparence.

...
Alors que le terrier se referme je recule et reprends ma place initiale, caché, loin de la foule qui de toute manière me prête peu d'attention. Je connais déjà ma place dans cette histoire mais je ne peu pas m'empêcher de balayer avec une lueur d'espoir la foule du regard. Les groupes se forment déjà. Les connaissance se retrouvent malgré les changements physiques et les habitants se préparent à devoir se protéger les un les autres. Ils finiront tous avec un compagnon de jeu.

Je m'accroupis sur les pavés froids, dos à la fontaine et ramène mes genoux contre moi. Un étau de solitude serre mon petit cœur. Même si Elle était méchante avec moi, je me sentais pas aussi seule quand elle était là...
Seulement, je ne veux pas la revoir, c'est vraiment pas une bonne personne et je préfère encore rester coincé ici. Après tout Tweedle Dee et Tweedle Dum ont dit que "les derniers" seraient piégés alors je ne serais pas tout seule. Un sourire flotte sur mes lèvres tandis que je me tasse un peu plus pour qu'aucun de mes cheveux roux ne dépasse du bord de la fontaine, me faisant le plus discret possible.
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mer 18 Sep - 19:26

Spoiler:
 

Catherina n'avait guère parler après que Kei l'ait mis sur son dos, tel un père promenant avec sa fille. Il faut dire que les paroles et les actions s'enchainaient sans discontinuer. Elle avait pu simplement indiquer au docteur où se trouvait Ruby. Pour ses autres questions, elle apporterait des réponses plus tard. Elle-même était encore incapable de mettre des mots sur sa situation, sur ce qu'elle ressentait. L'action ne laissant pas de place à l'introspection, Catherina balaya tout de la main.

Le manège de la chenille la captiva; après tout elle était redevenue enfant. Les différentes figures prises par la créature lui rappelèrent un très ancien ouvrage. Un ouvrage qu'elle avait lu sans réellement tout comprendre. Mais elle se souvenait fort bien des personnages.

— Il faut se méfier du chat, crut-elle bon de préciser alors que celui-ci avait depuis longtemps disparu. Son sourire sonne faux. J'espère simplement qu'il ne reviendra pas changé en reine de coeur.

Catherina préféra ne pas préciser que cette reine aimait couper les têtes. La tension régnait déjà bien assez dans ce village naguère si paisible. Craignant pour leurs vies, les habitants se rassemblaient par duos, par équipes. Il y en eut même un qui harcelait un garçon pour ne pas être abandonné. Catherina ne savait quoi faire : s'allier avec quelqu'un, mais qui ? La jeune fille baissa la tête vers Kei et Ruby, et ce fut le docteur qui eut le mot de la fin.

— Ruby ! Je vais avoir besoin de toi et de Catherina-chan : on va essayer de rassembler le plus de gens que l'on connait et former un groupe organisé. C'est le meilleur moyen de sauver le plus de monde possible de cet endroit.

Catherina hocha la tête, se ralliant à la décision du docteur. Ils ne pouvaient pas abandonner les autres, et en groupe ils auraient plus de chance de s'en sortir. La demoiselle se permit même d'apporter sa contribution.

— On devrait aussi aider ceux qui sont mis de côté, même si on les connait pas. C'est comme quand t'es en cours de sport, y a toujours les moins aimés, les plus timides qui sont laissés sur le banc de touche. On doit pas les abandonner.

Juchée sur les épaules de Kei, Catherina pouvait facilement voir autour d'elle. Presque géante, elle avait une vue imprenable sur place. C'est ainsi qu'elle vit le petit Alexandre qui tentait de se cacher derrière la fontaine. D'une main vive, Catherina poussa le docteur à tourner la tête dans la bonne direction.

— Là, là ! Y a un petit là-bas, tout seul ! Faut aller le chercher !

Comme si elle était montée sur un cheval, Catherina cogna son talon contre le docteur pour l'obliger à avancer. Abaissant son regard sur Ruby, elle lui cria :

— Prends la main de Kei et la lâche pas, on risque de te perdre sinon !

Haute comme trois pommes, huit ans au compteur, Catherina n'était plus la douce infirmière. Mais une boule d'énergie qui jouait les chefs.

Elmeraud
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Dim 22 Sep - 21:19

[Gosh le pavé o_o je ne m'en étais même pas rendu compte. Bon sachez qu'il y a un passage assez long sur Miséricorde, si vous n'avez donc pas la foi, vous pouvez le zaper XD ]


Elmeraud avait bien des choses à dire, mais comme bien des gens, la plupart du temps il les taisait.

Alors bien sûr, il aurait pu répondre au vieux papy, bien sûr, il aurait pu essayer d'aider la gamine étrangère qui parlait sur la fontaine, mais il n'en avait ni l'envie ni le pouvoir. Certaines notions lui échappaient, et cela n'était pas arrivé depuis longtemps. Et surtout, il n'aimait pas les foules... jamais contentes, toujours trop imprévisibles, éparpillées, désordonnées.... Sans parler du fait qu'il gardait un très mauvais souvenir des grandes assemblées d'Espérance.

Et puis tout s'enchaîna très vite, pour lui, pour tous les autres...
Le premier événement majeur fut l'intervention de Bird - pas des plus utiles à vrai dire - elle fit comprendre à Elmeraud que si le garçon souhaitait des réponses plus précises, il devrait soit les extirper de Bird en privée, soit trouver Mimi et lui demander directement.
Pourtant, Miséricorde, il la trouva plus facilement que ce qu'il pensait.

Louve venait d'arriver à ses côtés. Il la reconnu tout de suite, aux quelques traits familiers d'abord, ayant subit le même sort que ceux du garçon, puis à sa présence chaleureuse qui acheva de l'apaiser, et enfin, au timbre de sa voix, qui était sans nul doute le même que lors de leur première rencontre.  Elle était sorti de nulle part et s'était dirigé vers lui, et il était heureux qu'elle l'ait fait, avoir quelqu'un qu'il connaissait vraiment, autre que Bird, s'avérait un atout non négligeable, sans parler du fait que la jeune femme avait elle aussi été derrière le Mur. C'était étrange, mais il se sentait assez proche d'elle, sans qu'il ne sache vraiment si ce sentiment était lié à ses "souvenirs du futurs" ou non, mais plutôt que de parler d'elle en terme "d'alliée" il préférait songer à elle en tant "qu'amie".
Cette vérité se faisait jour dans son esprit tandis que sa tête ne cessait de le faire souffrir un peu plus à chaque instant.
Elle sembla souhaiter lui demander quelque chose mais fut interrompu par un spectacle des plus incongrus.

En fait tous bruits cessa alors, même les pleurs des enfants désespérés. Tous rivaient leurs regards sur un seul être : une immense chenille s'enroulant langoureusement autour de la fontaine. C'était.. assez répugnant comme spectacle à vrai dire. Elmeraud avait vu bien pire, mais ceux et celles qui ne goûtaient pas l'amour des invertébrés eurent un léger mouvement de recule. Et puis elle commença à parler, et ses paroles glacèrent le sang du garçon. Même si ses paroles portaient à faire croire à l'assistance qu'il s'agissait là de Miséricorde, même si sa raison même avait accepté ce fait quelque soit son étrange costume, son coeur lui, ne retrouvait en cette manifestation aucune part de son amie. Il écoutait comme n'importe qui et tentait de comprendre, refusant de faire parti de la farce et bien peu impressionné par ce défilé incongru de personnalités, avant bien sûr, que tous ces beaux efforts finissent aux oubliettes.

L'apparition des jumelles du passé et du futur, comme il les nomma ainsi dans sa tête, lui fit l'effet d'un poignard au coeur. Nul doute qu'il s'agissait là de Sujin, la petite fille ou la vielle mamie, toutes deux portaient ses traits. Pourtant leurs voix, sa voix, sonnait comme une hypnose, une simple illusion d'optique. Il avait peine à y croire, pourtant elle était là, en face de lui, et lui n'était plus qu'air. L'air qu'elle respirait, l'air qu'elle lui ôtait à chaque parole tandis que lui manquait de s’asphyxier. Son sang battait fort contre ses tempes, dans son coeur percé, se répandant dans tout son corps à la manière d'un feu ardent lui lacérant la chair. Focalisé sur la présence des asiatiques, il en oubliait d'écouter leurs paroles.

Et puis son dernier costume mit fin à sa rêverie. Le garçon sortit de sa torpeur et le Lapin fonça vers lui, ou plutôt vers le terrier qui s'était creusé juste à ses pieds. De surprise, il fit un pas en arrière et Miséricorde en profita pour s'engager après une dernière phrase prophétique, laissant là le pauvre jeune homme désemparé, stoppé dans son mouvement pour la rattraper alors que le trou se refermait manquant de lui enterrer les doigts.

Il resta ainsi un long moment, tandis que tous commençaient déjà à s'agiter. C'est Louve qui, encore une fois, brisa la glace.

- ...euh, c'était Miséricorde là à l'instant ?

Alors il se redressa, fixant toujours le sol d'un regard perdu.

- Oui.... sans aucun doute.


- Je rêve ou elle essaye de nous faire retrouver des souvenirs l'air de rien ? "Cet univers repose sur chacun d'entre nous"? C'est étrange on dirait que c'est pour nous inciter à être solidaires...

- Miséricorde n'est pas méchante tu sais, dit il avec un léger sourire.

En fait Elmeraud avait déjà agis comme elle à quelques reprises, aussi il comprenait sa phrase. Du moins en partie. Tentant tant bien que mal de se rappeler les paroles des jumelles, les plus importantes à priori, il se tourna enfin vers son amie.. avant de sentir quelque chose lui chatouiller la joue. Au contact de sa peau rosée, ses doigts devinrent humide. Hé ? Il ne pleuvait pourtant pas.. Faisant comme si de rien n'était, il essuya rapidement la larme coulant de son oeil gauche puis afficha un grand sourire.

- ça te dire de faire équipe avec moi Louve ? Voyons voir... Si par exemple il faut jouer des scènes de la vie quotidienne pour le "papa" et la "maman" il s'agira forcément de scènes tirées de notre expérience personnelle, de notre avant, non ?  Donc imaginons qu'il s'agit de faire des petites scénettes par groupe, comme au théâtre, et qu'à chaque scénette une personne revienne à son état normal, dans le vrai Espérance, ça veut dire qu'à la fin, au moins une personne par groupe restera toute seule. Et si ces personnes se rassemblent pour former un dernier groupe, une restera définitivement seule bloquée dans ce monde non ? Enfin ce ci n'est qu'une hypothèse donc...

Il respira un instant, sentant le stresse monter en lui. L'ancien Elmeraud n'aurait pas fait de chichi, mais lui, dans son état actuel, que désirait il vraiment ? Il avait ici tout ce qu'il rechercherait de nouveau là bas. Mais ici s'achevait sa quête, et par conséquent sa vie qui perdait tout sens. Il serait seul et ne pourrait donc plus créer de futur. D'un autre côté, il ne serait jamais aussi vivant à Espérance, il retournerait en hibernation, avec là non plus, aucune garanti d'avenir, si ce n'est celle d'une grande douleur. Il lui fallait beaucoup de courage pour achever sa phrase.

- Ce que je veux dire c'est que si je peux être d'une quelconque utilité, alors je serais celui qui restera. Je m'en fiche personnellement, alors autant que toi tu sois assurée de ton retour sain et sauf non ? Tu ne souhaites pas rester ici je me trompes ?
Noah
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Lun 23 Sep - 12:29

Je me sentais comme une boule de nerfs. Jamais rien ne m'avait autant stressé et énervé depuis mon arrivée à Espérance. La situation m'embarrassait et me faisait perdre mon calme comme rien auparavant. À part peut-être lorsque j'avais essayé le Rêve et que, de colère, j'avais brisé mon miroir. Cet endroit, visiblement, c'était ce rêve que je haïssais de tout mon être. Ceci expliquait cela. Le reflet m'avait encore piégé, mais pas seulement moi, tous les autres également. Malheureusement il ne suffisait plus d'en sortir pour être libéré, ici et maintenant, le jeu prenait une dimension cauchemardesque.

Julien vint saisir mon épaule déjà très crispée.
- On fait équipe tout les 4.
Que disait-il ? Il perdait la boule ! On pouvait pas faire ça enfin ! Je serrai des dents et lui lançai un regard mauvais quand il resserra son étreinte et continua :
- Pas d’objection.
Tu vas voir tout-à-l'heure si j'ai pas d'objection, vieille relique de mes deux...
- Je vous abandonnerais pas, désolé.

Il... pleure ? Surpris de voir Julien si tourmenté, bien que je ne puisse à peine le reconnaître, j'ouvris de grands yeux ébahis et gardai le silence un moment. Je m'éloignai l'air bougon, et shootai dans un caillou en glissant mes mains dans mes poches trop larges. Alors quoi ? Ces deux-là, je devais les considérer comme mes frères et sœurs ? C'était absurde. Je tournai la tête et observai le tableau par dessus mon épaule. Je n'ai pas le souvenir d'avoir eu de frère ou de sœur... L'expérience me changerait peut-être. Je me sentais plus apaisé jusqu'à ce que les mots de la "chenille" me reviennent en mémoire. Je ne voulais pas risquer de rester cloîtré là. Je retournai voir Julien.

- Eh pépé. Tu sais que dans ton état, tu fais plutôt grand-père que paternel ? Je sais pas si ça marchera comme ça, mais bon. J'ai aucune intention de rester cloîtré ici, c'est assez clair ? Si jamais je me retrouve coincé par ta faute...
Je lui jetai un regard noir lourd de sous-entendus. Si ça continue et qu'il veut en aider d'autres, j'irai peut-être me trouver un autre parent moi. J'ignore si je peux lui faire confiance, et surtout, j'ignore s'il pourra vraiment me faire sortir de ce cauchemar.
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Lun 23 Sep - 20:13

Elle devait être fatiguée. Toute fatiguée, cette toute petite fille. Parce qu'elle avait dormi longtemps, bien plus longtemps que tous les autres enfants. Et même les grands étaient partis, étaient déjà levés. Il faut dire que la répétition pour son spectacle de danse qui s'était déroulé la veille lui avait semblé très éprouvant ! Mais il fallait que tout soit parfait. Que tout soit parfait pour allumer les lumières dans les yeux de maman. Et le sourire de papa aussi. Parce qu'elle aime beaucoup son papa aussi. Mais aujourd'hui, personne n'était venu lui embrasser le front pour la réveiller. Ni lui faire de câlins. Ni ne lui avait fait chauffer son lait avec du chocolat, et les tartines de confitures ! Alors elle, elle s'était levée de son lit, avec son ami l'ourson, ses petits pieds nus cherchant un refuge sur le carrelage gelé. Sortant de sa couette chaude et agréable qu'elle avait eu grand mal à quitter. Elle cherchait du bout de son nez, l'odeur des croissants, des pâtisseries et du pain chaud.

Mais elle ne sentait que le froid. Ses petits yeux endormis lui avaient caché que tous ses plus beaux jouets avaient disparu. Ils lui avaient caché aussi qu'elle s'était éveillée dans un lit bien trop grand pour elle, et que cette chambre n'était pas la sienne. Du moins, pas dans sa tête, ni pour l'âge qu'elle avait physiquement. Mais dans l'instant, elle cherchait, le nez levé vers le plafond, l'odeur du parfum des pâtisseries de sa mère et du café de son père. C'est quand elle ouvrit la porte de la cuisine mais qu'elle se retrouva dehors que la gamine souleva un sourcil interrogatif. De quoi ? Où elle est la cuisine ? Acedia fronça les sourcils. Qui pourrait lui faire une aussi grosse blague ? Elle resta un moment sur le pas de la porte, cherchant quelque chose... Une caméra peut être ?

Quel matin désagréable déjà ! Puis dehors, y avait du bruit. Plein de gens qui couraient partout dans les rues. Une grande ville. Et pourtant ce n'était pas Moscou, et il ne neigeait pas. L'enfant leva les yeux vers le bâtiment qui se trouvait être l'internat d'où elle sortait : ce n'était vraisemblablement pas sa maison, non ? Et la voiture de papa n'était pas là non plus. Alors la fillette se retourna vers la rue. Inspira un coup, serrant son ours Цоцо (Tsotso ce qui en votre langue, ne veut rien dire, mais c'était ainsi qu'on l'appelait.) contre son coeur, et se met à suivre toutes ces personnes, où qu'ils allaient. Maman et papa étaient sûrement là-bas. Le reste se passa assez vite pour tout avouer : la fillette arriva sur la place, trop petite pour voir quoi que ce soit, elle se faufila entre ses immenses pattes d'adultes pour voir ce que tout le monde regardait. Et là, elle vit un garçon, un grand. Et tous les grands lui criaient dessus. Se criaient dessus aussi. Et elle, les disputes elle n'aime pas ça. Alors elle s'est mise à part. Pas loin, derrière la fontaine sur lequel le vieux monsieur était monté et près duquel un autre enfant était caché aussi. Ses petits yeux s'affolent, elle se bouche les oreilles un instant, ferme les yeux, le temps que la tempête passe :

Papa ? Maman ? J'ai fais un cauchemar cette nuit. Vous aviez disparu. Et moi, j'étais perdue. J'étais partie loin, et pourtant j'avais l'impression de connaitre là où j'étais. Et puis quand je suis arrivée là où je devais aller, une grosse chenille bleue m'a offert un champignon. Et je me suis transformée en grande. C'était un rêve hein ? Maman...?

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, il y avait une fille et une mamie. Et toutes les deux finissaient les phrases de l'autre. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui se passait. Autour d'elle, les gens se pressaient, discutaient, et elle était restée cachée. "Les derniers se trouveront piégés". Un immense sentiment d'inquiétude vint lui lacérer le cœur en un instant, la toute petite demoiselle se mit à pleurer, se réfugiant dans un buisson, elle couinait :

"Мама ... Папа ... Приходите и получите меня, я не хочу остаться здесь ..."
Garm
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Lun 23 Sep - 20:49

Au début, ce n'était rien d'autre qu'un rêve. Une saloperie de chenille bleu qui venait hanter le sommeil du journaliste. Une bestiole teinté de variance de bleu, vautré sur un espèce champignon géant, qui parlait d'une voix douce et énigmatique. La chenille, hein? Pas le champignon. On sait tous que les champignons, ça parle pas. Et les chenilles? C'est un rêve, c'est pas forcément logique. Freud vas sûrement faire la tronche en entendant ça, mais, il faut pas toujours essayer de donner une explication à des songes. C'est pas bon, ça ronge le cerveau pour pas grand chose. En plus, ça devient le merdier quand la chenille, elle se contente pas de parler, mais qu'en plus, elle fume comme un pompier. C'est la merde, et ça te bousille la tête. C'est pour ça que Garm, en se levant, il avait pas prêté plus d'attention que cela à ce rêve. Non, il s'est contenté de soupirer lorsque le soleil est venus le tirer de son sommeil, de passer sa main sur son visage encore à moitié endormis, et de râler parce qu'il arrivait pas à enfiler ses chaussons. Encore un qui avait décidé de l'emmerder en ce plaquant sous le lit. Tant pis, il irait prendre son petit-déjeuner pieds nus, et sans caleçon. La tronche encore dans le brouillard, il avait même pas fait gaffe à son reflet. Après tout, il en avait rien à cirer. Il devait encore avoir une mine affreuse pour avoir trop bossé la veille. Ou pour avoir trop picoler à une soirée mondaine. Et lorsqu'il ouvrit le placard, deuxième problème de la matinée. Plus de café. Mais une flanquée de chocolat en poudre. Rien non plus dans la réserve. Un nouveau soupir, quelques jurons crachés. Décidément, la journée commençait mal. Vraiment mal. Il avait même pas encore enfilé un froc qu'il était déjà sur les nerfs. Fais chier.

Il avait une solution. Un remède à ce poison qui te mettrais même un bouddhiste en rogne. Une bonne douche, d'abord chaude, réconfortante, rassurante, apaisante. Puis, progressivement, de plus en plus froide, revigorante, vivifiante, histoire de se sortir les doigts du cul, et de se mettre d'aplomb pour la nouvelle journée qui t'attends. Maintenant, ça faisait combien de temps qu'il était sortis de son lit? Bien une vingtaine de minute, pas loin d'une demi-heure même. Et c'est seulement en sortant d'en dessous cette cascade d'eau qu'il se rendit compte. Se rendre compte de quoi? Qu'il avait bien pris dix piges dans la tronche, rien qu'en une nuit. Première réaction? Un «C'est quoi encore ce bordel..?» qui franchis ses lèvres. Seconde réaction? La simple pensée qu'il allait pas avoir de fringues à sa taille dans son placard. Et pour finir? Un sourire, à la fois amusée et fier. Pourquoi? Parce qu'il avait là un merveilleux sujet pour un article!  Il ne restais plus qu'a voir si il était le seul dans cette galère, ou si tout le beau monde avait subitement vieillis.

Au final, grâce à un tailleur du coin, il avait réussit à mettre la main sur des vêtements plus ajusté à sa nouvelle corpulence. Et en flânant un peu dans la rue, Garm c'était rapidement rendus compte qu'il n'avait pas trop de quoi se plaindre. Il avait prit dix ans de plus, mais, certains avait pris dix en de moins. Il préférait de loin avoir l'inexplicable envie de fumer une clope, plutôt que devoir se mettre sur la pointe des pieds pour pisser correctement dans l'urinoir. L'espace de quelques dizaines de minutes, le journaliste trouvas refuge dans un café pour prendre, enfin, son petit déjeuner. Un crayon à la main, un petit carnet posé à côté de sa tasse, il prenait en note quelques observations sur l'apparence nouvelle de ses concitoyens qui avait subit le même sort que lui. Et au milieu de la page, en gros traits, repassant la mine plusieurs fois sur les lettres, il avait inscrit le nom de cette maudite chenille, ou en tout cas, ce qui pensait être son nom. Absolem. Comme dans ce vieux conte de Lewis Caroll. Il y avait incohérence dans le lien, improbabilité de rapport entre son rêve et ce fléau. C'était plus l'intuition de journaliste que les faits qui parlait.

Quelques pièces sur la table, sûrement largement de quoi payer son café et le croissant qu'il avait engloutis, et il repris son périple à travers le village, continuant de mémoriser chaque observations, ainsi que chaque incidences de cette étrange épidémie sur Espérance. Et c'est sur le chemin de la place central qu'il avait croisé quelques visages familiers. Enfin, familier... disons juste qu'il avait été foutus de mettre un nom sur des tronches qui avaient quelques années en moins, ou en plus. D'ailleurs, cette gamine au pieds de la fontaine, elle non plus n'avais pas dérogé à cette fatalité. Il avait mis quelques secondes avant de retrouver son nom, mais, au final, celle que l'on nommait Acedia avait maintenant l'apparence d'une gamine, quelques traits ayant été inaltérés par le temps. Un sourire sur les lèvres de cet homme qui dépassait la petite fille de plusieurs têtes, et il instauras le dialogue, s'adressant à elle comme à une enfant perdue. C'est qu'à force, et sans vraiment trop savoir pourquoi, il commençais à avoir l'habitude, des gamins des rues totalement largués. Doux, compréhensif, un brin protecteur alors que seulement quelques paroles avait été échangé, essayant d'essuyer les larmes coulant sur les joues de la petite. Il prenait plus un rôle de grand-frère, bien que ne délaissant pas son côté fouineur, en quête de réponse à cette nouvelle énigme. La seule problématique, c'était que la petite demoiselle, elle pipait pas un mot d’Espéranto. Elle ne recevait que le canal Russe... En clair, c'était galère. Mais un bon journaliste, ça a plus d'une corde à son fusil. Garm, il avait des notions de Russe, très primaire, pas de long discours, plutôt du genre "Da-Vodka-Kalashnikov-Vladimir Poutine", mais c'était mieux que rien. Et au final, ils ont finis par se comprendre. La gamine ne savait pas où aller, et elle ne pouvait pas rester seul dans ce merdier. Peut-être que ces changements soudains n'étaient que les prémisses de plus sinistres événements.

Le petit duo surprenant venait de se rapprocher de la grande fontaine, de cette foule envahissant la place centrale. Comme une seule créature, de prêt de deux mètres de haut, Acedia fixement planté sur les épaules de cette homme qui semblait pas encore totalement réveillé. Quelques paroles glissèrent des lèvres du journaliste, atteignant peut-être les oreilles de l'enfant qu'il portait : « C'est quoi ce bordel? ». Sa première remarque, qu'il fit silencieuse, c'était cette cohue autour d'un gamin de dix ans, il ressemblait à une version miniature de Bird, le boss d'Espérance. Apparemment, tout ce bel attroupement avait dû être spectateur d'un numéro un peu hors du commun. Pourquoi? Parce qu'au final, c'était pas le cohue, c'était carrément le bordel. Tout le monde qui gueulait dans tout les sens, rien de clair, d'organiser, de cohérent. Des piaillements à tout vas, on entendait tout, on entendait rien. On voyait tout, et on voyait rien. Pas besoin de s'attarder sur le sujet... la discorde était reine, et dans celle-ci, Garm n'arrivait à rien saisir. Absolument rien. Néant totale. Alors, il inspira un coup avant de répéter, d'une voix plus forte, d'une voix plus ferme, afin qu'on l'entende, et peut-être, parvenir à faire taire ce brouhaha qui lui sciait les tympans : « C'est quoi ce bordel? ». Au final, il avait plus gueulé qu'autre chose, insistant sur le second et le dernier mot. Il en avait sûrement fait sursauté plus d'un. Son cri résonnait encore dans les ruelles, lorsqu'en soupirant, il leva les yeux au ciel, désabusé, saoulé en moins d'une heure. C'était vraiment une journée à chier.
Camelia
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 24 Sep - 12:04

Espérance a toujours été un endroit bizarre pour Came. Un lieu où les lois de la réalité s'altéraient parfois pour laisser place à des événements étrange. Se retrouver soudainement avec un corps d'adulte de pas loin de 30 ans était une chose, mais voir une chenille devenir chat puis reine puis se dédoubler pour finir en lapin... là fallait quand même le faire. C'était donc elle, Miséricorde ? Bah putain, Camelia s'était attendu à tout sauf à ça. Ca filait grave les jetons quand même.

C'est alors que quelqu'un arriva sur les lieux. Une personne qu'elle identifia suffisamment vite pour sentir son cœur battre la chamade. Camelia observa le corps magnifiquement adulte, les longs cheveux blonds qui tombaient jusqu'au bas du dos et plus encore. Louve était magnifique. La brune était ravie de voir que sa « maman » vieillissait bien, quand même. Souriante, Camelia s'approcha d'elle, dans son dos, puis l'enlaça par derrière, mais finissant en dessous de la poitrine sans la toucher.


« Tu sais que tu vieillis bien, toi ? ♥ »

Rien que pour avoir eu la chance d'admirer pareille beauté, Camelia ne regretta pas ce jour où elle a pris physiquement dix piges d'un coup. Puis son regard se posa sur la petite fille perchée sur les épaules d'un mec et son sang ne fit qu'un tour. Ces yeux, cette petite chevelure chatain, cet accent russe dans la voix.

« Naaaan pas possible. Ce ptit bout d'chou c'est quand même pas... »

Oubliant un instant celle qu'elle considérait autre fois comme sa mère, Camelia se dirigea alors vers sa « soeur ».

« Acedia ? C'est toi ? Oh putain, j'regrette de pas avoir d'appareil photo, t'es trop mimi en mioche ! »

Un sourire et la grande caressa la joue de la petiote, sourire angélique aux lèvres, puis elle observa l'homme. Apparemment, le mec l'a pris sous son aile... dommage, elle aurait bien aimé que ça soit elle. Bah, une autre fois peut-être. Camelia sourit une dernière fois à la chibi-Ace puis retourna auprès de Louve.

« Hey Louve ! Ca te dérange pas si je reste avec toi ? Enfin si t'as rien de prévu, hein ! »

Ouais, elle voulait plus lâcher sa maman chérie. Ya des choses qui ne changent pas totalement, même si c'est plus l'affection maternelle qu'elle cherchait.
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 24 Sep - 15:54



Fioccolino lâcha le manteau du vieillard auquel sa main trop petite était agrippée. L’apparition surnaturelle qui venait de survenir, prenant toute la foule déjà agitée et fébrile au dépourvu, le figea instantanément. Il sentit son sang se glacer, ou bien circuler très vite, ou encore se vider, il ne savait pas bien. Il semblait qu’une confusion absolue, grandissante, régnait en son cœur et l’empêchait de comprendre. Il ne comprenait rien.

Sa consternation fut encore plus intense lorsqu’il reconnut le visage déformé de Miséricorde. Il s’était tellement employé à enfouir cette affaire sordide au fond de sa conscience, dans un gouffre reculé et banni de sa mémoire, mais voilà qu’elle réapparaissait, là, devant tout le monde, semblant plus puissante et incisive que jamais !
Il crut reconnaitre dans les images et les mots un conte qu’il avait lu – ou qu’on lui avait lu. Alice. Merveilles. Pays des merveilles. Jeune enfant, Flocon confondait systématiquement les mots « merveille » et « cercueils ». Jamais encore cette tendance ne s’était montrée si effroyable. Elle prenait presque du sens.
Fioccolino n’aimait pas Alice. Il avait un temps été charmé par la fantaisie de ses aventures loufoques, par le caractère égal et consciencieux de cette petite fille qui, malgré une successions d’épreuves et de bizarrerie, demeurait gaie et fidèle à elle-même. Mais le Pays des Merveilles – Cercueils – se transformait bien vite, dans le courant de son imagination fertile et indéfectible, en un Pays des Horreurs. Envahi de lapins angoissés, de chapeliers frappés, de reines meurtrières, de larmes fatales et de chutes interminables… L’histoire d’Alice se transformait en un manège désenchanté, maudit, où les rires innocents devenaient ricanements glacés… Il voulait descendre, mais ne pouvait pas. Tourne, tourne, tourne… Il était pris de vertige.

L’effervescence générale redoubla lorsque la silhouette vaporeuse de Miséricorde disparut aussi soudainement qu’elle était apparue. Les choses dégénéraient, Fioccolino le sentait. Il n’y connaissait peut-être rien en sociabilité, en logique, en adaptation cognitive et tous ces trucs qu’avait dit le psychologue, mais il avait un instinct infaillible, animal, pour percevoir les élans qui transportaient le cœur des hommes. L’hystérie était toute proche, grondant au-dessus de leurs têtes comme un orage sur le point d’éclater.
Le grand-père, qui s’appelait Ju, s’adressa à un enfant qu’il semblait connaitre en exigeant que Flocon fît partie de leur groupe. Lui qui était si solitaire, si inadapté, si indisposé aux liens affectifs, voilà qu’il était contraint, sous peine de… de mort ? de se coupler avec une personne, n’importe qui, pour ne pas se faire prendre. Ressentant aisément – il n’y avait guère besoin d’un instinct affûté pour le voir – la réticence que le certain Noah éprouvait à l’idée d’accepter Fioccolino dans son équipe, ce dernier s’écarta du vieux – qu’il aimait bien pourtant – en lançant un regard farouche à l’autre garçon. Connard. Il ne dit rien.

Flocon se jette littéralement dans la cohue. Il n’a encore vu aucun enfant aussi petit que lui. Peut-être en cherche-t-il, inconsciemment, un camarade de peur et de confusion à qui il pourrait prendre la main.
Là, une fille ! Une petite fille à peine plus âgée que lui, juchée sur les épaules d’un grand type. C’est… C’est un docteur. Flocon le sent avec une certitude étonnante, sans le savoir, sans l’avoir su. Peut-être pourra-t-elle être celle qui lui tiendra la main… Trop tard. Un petit garçon attrapa la main du docteur. Fiocco rétracta la sienne qu’il avait déployée inconsciemment.

L’agitation ambiante le rendait nerveux mais réactif. Il ne restait pas fixé sur place, figé dans son échec. Les pincements au cœur qu’il éprouvait en voyant les duos se former autour de lui – et qui lui rappelaient singulièrement de vagues souvenirs, ceux de l’école et du centre aéré – étaient des impulsions électriques l’incitant à redoubler d’efforts afin de trouver celui qui, assurément, était destiné à se joindre à lui. Il refusait de laisser l’incertitude, sœur du désespoir, pénétrer son cœur. Il y arriverait. Il y arriverait.

Autre petite fille. Elle est minuscule, elle parle russe. Espoir. Fioccolino se fraye un chemin parmi les passants agglutinés, chaque pas est laborieux, comme empêtré dans un sable mouvant. Il se dégage, se rue sur la petite fille. Trop tard. Encore. Flocon trébuche sur un pied et s’étale par terre. La douleur assaille ses genoux mais bien plus son cœur enflammé. La petite fille est déjà sur les épaules de quelqu’un. Protégée, emportée, épargnée.
Après l’avoir regardé s’éloigner sans un croisement de regards, Fioccolino se releva prestement. Les gens ne faisaient guère attention à la petite silhouette étendue sur les pavés. Il n’avait pas envie de se faire écraser. Il n’avait pas fini de chercher.

Ne résistant plus à cette turbulence collective, Fioccolino n’eut d’autre choix que de s’en extraire. Les joues rosies, les genoux écorchés, il était essoufflé et en sueur, contemplant de ses yeux mobiles l’attroupement bouillonnant qui s’amassait sans raison ni sens. Beaucoup de petits trouvaient un compagnon d’âge mûr et de stature vigoureuse. Fioccolino resta un moment à observer cet autre manège, duquel cette fois il était exclus, jusqu’à s’asseoir lourdement sur le trottoir qui bordait la place.

Il tâchait de se raisonner, de se rassurer, se parlant doucement à lui-même. Il pensa à ses marionnettes. S’il avait eu le réflexe d’en emporter une, il ne serait pas seul. Mais tant pis. Il était brave, il était résistant. Il avait même l'âge de raison. Tiens bon, petit flocon.



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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mar 24 Sep - 18:30

J'étais restée quelques instants sur cette fontaine, mais personne n'avait levé la main pour faire acte de présence et me répondre "Moi". J'étais donc bel et bien toute seule au milieu de ces inconnus, sans une trace de Papa ou de Lyov. Le vieux monsieur qui était avec moi sur la fontaine descendit alors l'air énervé, j'avais l'impression d'avoir dit quelque chose de mal mais je ne voyais pas quoi. Ensuite il est venu me voir en souriant, c'était troublant. J'ai hésité mais j'ai fini par saisir la main qu'il me tendait. Cherchait-il à m'aider ? Peut-être allait-il me conduire à Papa ? Il aurait pu lui ressembler, s'il avait eu les cheveux plus foncés, les traits plus doux, une moustache rigolote et des petites lunettes rondes. Oui bon, en fait il ne lui ressemblait pas du tout.
Il m'entraînait avec lui vers un petit garçon en larmes. Je ne comprenais pas pourquoi tous les enfants pleuraient... Je levai un sourcil marquant mon incompréhension et suivis la scène qui se déroulait sous mes yeux. Grand-père semblait vouloir le consoler, mais avec sa tête, il allait sûrement lui faire peur ! Tout en restant en retrait, je fis un sourire à l'enfant mais je ne savais pas s'il l'avait vu. Il se mit à prononcer des mots épiciers pour répondre, et puis à taper du pied, comme s'il faisait un caprice, j'ouvris de grands yeux et relevai la tête comme un animal surpris. C'était bizarre de réagir comme ça, enfin, qu'est-ce que j'en savais finalement, puisque je ne comprenais rien.

Je me perdais dans la confusion de ce monde étranger. Les voix se réunissaient dans ma tête pour n'être plus qu'un bruit sourd, un flux vocal indescriptible et inaudible. Je me frottai la tête et fermai les yeux un instant pour tenter de trouver le silence, mais ils parlaient tous et toutes, en même temps.
Puis, une lumière se fit entendre et le silence apparut.

Une grosse chenille était enroulée autour de la fontaine en fumant. Tiens, c'était drôle, elle me rappelait un peu celle de cette histoire pour enfants. Je toussotai à cause de la fumée, son apparition magique avait fait taire le brouhaha, c'était apaisant. Je regardais ce spectacle comme hypnotisée par l'événement. En fait, je ne l'avais pas vu que dans un livre cette grosse larve, mais en rêve aussi, je m'en souvenais à présent.
Elle enchaîna les transformations, mes yeux se plissèrent. Oh, j'étais donc dans un rêve en fait. Ou peut-être un cauchemar ? On ne voit pas ce genre de choses quand on est réveillé. C'était assez incroyable en fait, pourquoi donc rêvais-je d'un monde d'épiciers en colère avec pour chef une grande prêtresse chenille ? Si c'était leur chef, elle allait sûrement les rassurer et leur montrer la voie, supposai-je alors.

Dès qu'elle eût disparue -alors sous forme de lapin- l'agitation reprit rapidement. Un garçon est venu trouver Grand-père et semblait lui dire quelque chose d'important. Mais il ne semblait pas plus calme pour autant. Des gens se rassemblaient entre eux, discutaient plus ou moins calmement. Quelque chose avait changé dans l'atmosphère et dans l'esprit de ces gens, mais je n'aurai su dire quoi.
Le petit blond et le vieux monsieur parlaient toujours, mais soudain, grand-père tomba à terre, je sursautai. Je voulais m'approcher et profitai que l'autre garçon ne s'éloigne un instant pour venir poser mes petites mains blêmes sur ses larges épaules. Je vis des larmes sur ses joues. Il avait l'air triste, j'ignorais comment réconforter une grande personne, mais peut-être cela marchait-il comme avec les enfants ? Doucement, je déposai un bisou sur son front ridé et lui fit le plus beau des sourires. Je lui aurais bien dit de ne pas s'inquiéter mais il n'aurait pas compris. Je m'éloignai avant que le garçon ne revienne pour retourner voir le petit roux qui pleurait. Mais j'avais beau le chercher, il avait disparu. J'ignorais ce que je devais faire, rester avec Grand-père malgré le blond qui faisait peur ou continuer de chercher un visage familier dans la foule ?

Finalement, je m'éloignai sans m'en rendre compte, j'avais peur de me faire marcher sur les pieds à tout instant. Un instant, je réalisai. Qu'avais-je fait de la peluche de chat que j'avais pris dans la chambre où je m'étais réveillée ?! Mince, elle n'était pas à moi, je devais la retrouver ! Était-elle par ici ? Et si les gens avaient marché dessus ? Quand l'avais-je donc perdue ? Je me faufilai toute agitée dans la foule puis la quittait sans m'e rendre compte. Je la remarquait, là, le chat roux aux yeux verts de tout-à-l'heure !
J'accourrai le récupérer. Il était un peu sale à cause de la poussière, mais pas abîmé, je m'en trouvai soulagée.

En tournant la tête, je vis à nouveau le petit garçon roux de tout-à-l'heure, c'était donc là qu'il était passé ? Il ne semblait plus pleurer, mais avait quand même l'air triste, tout seul sur le trottoir. Moi, je me sentais mieux à l'extérieur de la foule où je me sentais perdue. J'allai m'asseoir à côté de lui et déposai la peluche sur ses genoux. Lorsqu'il releva la tête je lui montrai mon plus beau sourire et pointai le coin de mes lèvres avec mes doigts. Je voulais lui faire signe de sourire et lui montrer qu'il n'était pas tout seul. Je pressai ensuite une main sur ma poitrine pour me désigner.
- Nonna.

De cette même main je vins ensuite toucher son buste et lui fit un signe de tête pour l'inciter à me dire comment il s'appelait à son tour.
J'espérais de toutes mes forces qu'enfin, quelqu'un me comprenne.
Julien
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Mer 25 Sep - 7:26

Allongé sur le sol, je regarde Noah s’éloigner comme un petit garçon a qui on aurait refusé une friandise, totalement impuissant.
Mon esprit s’absente quelques instants, je ne remarque même pas que le petit piqueur de crise est parti, je reste juste là, à contempler les nuages au milieu du tumulte environnant, sans que personne ne fasse attention à moi, comme si je faisais parti du gazon.

Alors que je pensais rester encore allongé quelques minutes pour me calmer, la petite russe, qui voulait sans doute me réconforter, déposa un baiser sur mon front vieilli par le temps, avant de s’éloigner.
Je résiste à l’envie d’aller les chercher, en essayant de me raisonner.
Je ne les connais pas, ses gosses, après tout ! Si ils sont bloqués ici, ça ne changerait rien à ma v…
Cette pensée me soulève le cœur, mais je tente de rester brave : quelqu’un d’autre les aidera, personne ne laisserait des enfants bloqués ici, non ?
Mais si tout le monde pense comme ça, ils sont fichus.
Je me ressaisis, ma priorité, c’est Noah. Après tout, je le connais bien, alors il n’est pas question que je le laisse tomber.

Je me redresse et m’assois en tailleur sur le béton, bien décidé à passer 10 minutes la tête vide pour me déstresser.
Mais une voix enfantine familière parviens à mes oreilles, Noah est derrière moi.

- Eh pépé. Tu sais que dans ton état, tu fais plutôt grand-père que paternel ?

Je le regarde par-dessus mon épaule, avec un regard vide. Que voulait-il dire ?

-Je sais pas si ça marchera comme ça, mais bon.

Encore une fois, je ne vois pas de quoi il parle. Il veut encore jouer à papa-maman, c’est ça ? J’ai décidemment beaucoup de mal à suivre.

-J'ai aucune intention de rester cloîtré ici, c'est assez clair ? Si jamais je me retrouve coincé par ta faute...

Il me menace, maintenant ? Il n’est pourtant pas en position de force, je pourrais lui écraser la tête contre le sol avec une seule main.
Je marmonne une mauvaise blague inaudible, puis me lève, le toisant de toute ma hauteur.

-C’est quoi, les règles du jeu ? Rejouer notre avant ?
Tweedle Dee
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Dim 29 Sep - 7:55

Car je considère que vous avez poireauter je vais éclaircir un peu le message de miséricorde~~





    Dans le chaos et la peur du moment, une idée s'impose à vos esprits. C'est une révélation qu'un dieu inconnu vous a implanté, ce sont les régles du jeu.

    Votre apparence n'est pas anodine. Inconsciemment, vous l'avez choisi mais consciemment, vous ignorez tout son sens. C'est ce sens qu'il va falloir retrouver en rejouant la (les) "scéne(s)" qui est (sont) à l'origine de votre visage actuel. Vous serez l'acteur principal et vos camarades les acteurs "déclencheurs" ou des figurants importants.

    *Pour vous aider, un indice accompagne cette révélation. Ce sont quelques mots, une image, un bruit, ou peut-être même une sensation. Laissez vous guider par elle, déduisez son sens Wink

    *Dans les groupes que vous allez devoir former, les amitiés vont devoir être disloquées pour l'utilité.  Bien sur si une personne très proche de vous peut remplir un rôle dans votre histoire, prenez-la. ça influencera forcement ;)Il n'y a pas de limite de nombre pour les groupes, mais pour la facilité, mieux faut qu'ils ne soient pas trop grands.

    *Le sexe n'a pas vraiment d'importance ( sauf si c'est un détail important dans votre histoire). une homme peut jouer un rôle féminin et vice versa.

    *Vos mises en scènes (moyennement ou peu maîtrisées en général) se feront tour à tour. Néanmoins deux mises en scène peuvent se mêler s'il y a des relations entre elle.

    *Comme nous somme dans le rêve, les décors peuvent changer selon les moments de votre mise en scène. Cependant c'est "l'acteur principal" qui influencera ces changements d'apparence ( sauf si figurants prend soudainement une part importante....)
    Votre apparence peut aussi changer, cependant vous garderez votre visage réel. Vous ne grandirez ou rajeunirez juste selon les événements!  
 


Cela reste surement très flou pour vous donc n'hésitez pas à poser des questions et vos explications sur ce sujet: http://je-de-l-ame.rpg-board.net/t983-organisation-de-la-suite-de-l-event#8251

Vous pouvez répondre aprés ce message, mais sachez que ce n'est pas obligatoire =p
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MessageSujet: Re: [Event]Absolem Aujourd'hui à 7:43


[Event]Absolem

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