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La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie]

Aubane
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MessageSujet: La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie] Jeu 3 Avr - 18:39


Il faisait une chaleur maladive dans l’atelier. L’ébène luisant semblait gémir faiblement, suant de façon invisible. Et puis dans l’ombre, les mains crispées sur ses outils, Aubane s’attelait à la lente conjuration qui tuait l’esprit du bois, peu à peu, sous ses coups de couteau. Sa pensée divaguait confusément tandis que son corps se concentrait sur son labeur. Les volets, à jamais fermés, laissaient filtrer quelques rayons de lumière un peu diffus, et le silence était tel que les raisonnements tacites de l’ébéniste auraient pu être entendus. Cette dernière avait le sentiment de taillader la peau de cette prison utopique qui l’oppressait, à chaque coup de couteau qu’elle abattait. Et elle recommençait, les yeux grands ouverts sur la macabre déchirure qui s’ouvrait alors sur le corps du bois. Ses gestes n’avaient rien de violents, une simple pelure roulée en coupeau résumait ses actes. Et pourtant, elle pensait que passer sa rébellion sur ces êtres inertes que sont les arbres apaiserait le poids du doute sur ses épaules. Elle avait tort.

Depuis son arrivée à Espérance, Aubane avait maintes et maintes fois tenté d’élaborer quelques stratagèmes inconscients pour percer les mystères de cette utopie trop fébrile, et les secrets de cette autre réalité qui l’accablait si souvent. Mais sa conviction flanchait à tous les coups, abattue violemment par la triste vérité : personne avant et certainement personne après elle n’aurait de réponses à ce genre d’incompréhensions. Et pourtant, combien n’avaient pas essayé de comprendre, et de s’enfuir ! Combien de légendes urbaines Aubane avait-elle cueillit dans ce champ de perfection sans aucun parfum ? La connaissance, le savoir, le pourquoi, l’ébéniste n’en avait finalement que faire. Son plus haut souhait était qu’on lui rende une liberté vérace ; qu’elle puisse sentir les liens de son destin entre ses mains, et pas dans celle d’un dieu immoral ou d’un Oiseau ténébreux. Aubane chercha des yeux son maillet de menuisier.

Alors elle en avait décidé ainsi, les mains couvertes d’une moiteur brunâtre : le Mur, si bien enveloppé dans sa forêt éteinte, serait son premier objet de suspicion, comme il l’avait certainement tant de fois été pour une multitude d’Espéranciens douteux. Mais depuis déjà longtemps, deux gardiens exécutaient des rondes dans le bourg et les alentours, allant même parfois jusqu’à la fameuse forêt révélatrice de soupçons. Évidemment, la candeur, la quiétude d’Espérance se devait d’être préservée coûte que coûte, en particulier au niveau des enjeux que certains doutes dits « déplacés » pouvaient avoir. Ces gardiens, en règle générale, après s’être habitué à leurs tournées lassées, peu d’habitants s’en souciaient vraiment, et quelques-uns irradiaient même à la simple idée d’être « protéger » par quelques dévoués. Aubane, de son côté, épiait leur moindre faits et gestes à chaque occasion qui se présentait, avec l’espoir de déceler un jour une faille dans leurs rondes sempiternelles. Mais rien, une perfection mathématique était de mise.

Ce jour-là, alors que l’après-midi avançait ses bras chauds lentement, l’ébéniste quitta enfin son antre de moiteur, ses outils encore en main, pour aller jeter un coup d’œil préoccupé à l’entrée du village. Vers midi, Lexie, la gardienne de jour, se trouvait souvent au cœur même du bourg, et à en croire le soleil, elle devait désormais certainement s’apprêter à quitter le village, à deux pas de l’atelier de l’ébéniste. Aubane guettait son départ, plus pour s’assurer de ses prévisions qu’autre chose, lorsqu’elle aperçut enfin la gardienne en question. Cette dernière cheminait lointainement aux côtés d’un autre homme, qu’Aubane identifia comme étant Takehiko, le gardien de nuit. Les voir tous deux progressant ensemble vers la forêt était une première pour Aubane, qui vit dans cette brisure de ses calculs routiniers une occasion de mettre à mal leur attention. Une opportunité en or de s’accorder les foudres ou les faveurs de ces deux gêneurs, les acteurs potentiels de son échec.

Ainsi, une épée acérée à la garde ornée d’un magnifique aigle d’or au flanc, Aubane s’aventura dans les bois, sur les pas des deux gardiens. Cette stratégie était d’une fragilité déconcertante, et l’ébéniste se préparait mentalement à une défaite cuisante, mais nombreux étaient les arguments qui appuyaient ses convictions. Ces dernières restaient d’ailleurs d’une assurance inégalable, au-delà de toute témérité. Progressant silencieusement entre les arbres, la jeune femme connaissait les sous-bois par cœur, car une grande partie de son métier s’articulait autour de ce lieu, et surtout de ses habitants. De cette façon, elle n’eut aucun mal à s’orienter entre les arbres, les saluant parfois d’un signe de main, avant de retrouver les teintes qui faisaient les habits des deux gardiens, entre deux souches vides. Accélérant le pas et dépassant une cabane de bois haut perchée dans un grand chêne, Aubane se retrouva enfin nez-à-nez avec Takehiko et Lexie. Les mots se bousculèrent contre ses dents, et les mains tendues devant elle, comme pour se protéger, elle commença, assaillie par tous ces dires :

« Arrêtez, arrêtez de marcher. Oui, oui, arrêtez, là c’est bien. »

Elle sentit que ses mots étaient confus, à côté de ses esprits d’une lucidité déconcertante. Sa voix possédait cette fragilité équivoque qui lui accordait une crédibilité sans faille, mais qui dévoilait aussi toute la teneur de sa déraison. Il n’était pas rare qu’au seuil même d’une discussion, l’interloqué ait pris Aubane pour une folle-à-lier, surtout dans ces instants de profonde anxiété qui la prenaient si souvent. Comme en ce moment même.

« Vous êtes stupides. »

Cette phrase était sortie ainsi, indépendante, comme un couperet mal aiguisé qu’Aubane elle-même n’avait pu retenir, et qui se trouvait en totale contradiction avec le chevrotement imperceptible de sa voix. Aubane regrettait rarement certaines de ses actions ou certains de ses désirs, et ne se sentit donc pas coupable de cette insulte un peu trop vélocement promulguée, alors que ses deux interlocuteurs n’avaient rien demandé jusqu’ici et ne s’attendaient certainement pas à son arrivée.

« Enfin, ce que vous faîtes est stupide, se rattrapa-t-elle maladroitement. Arrêtez de marcher, là, comme ça. Laissez cette petite utopie perdre pieds enfin. »

Sous-entendu : laissez le mur à découvert, en ce qui concernait Aubane. Par utopie, tous les habitants pouvaient comprendre Espérance, car la transparence entre ces deux mots était évidente. L’ébéniste avait planté ses yeux dans ceux du gardien de nuit, qui risquait de lui poser le plus de difficulté s’il ne lui accordait pas le bénéfice du doute concernant Espérance, s’il ne la laissait pas approcher le mur. Car la nuit, tous les stratagèmes d’Aubane avaient un espoir de devenir réalité. Son regard si anxieux, où se reflétaient presque quelques lueurs de paranoïa, avait trouvé son point d’ancrage intimidant dans celui de Takehiko. L’ébéniste commença à triturer son écharpe.

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Takehiko
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MessageSujet: Re: La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie] Lun 28 Avr - 15:35

La lumière du soir descend une dernière fois et illumine le centre du Bourg. De multiples lumières viennent illuminer la place. La nuit était encore tombée. Ce soir comme tous les soirs Takehiko avait fait ses multiples rondes, désormais la ville dort, il est en paix, seul pourtant il se sent parmi eux. C'est un apaisant sentiment qui l'envahit comme chaque nuit. Une impression d'étrangeté où il sécurise la nuit, un monde qu'il sait irréel. La nuit qui est tombée est un soulagement pour lui de ne plus voir les exploits de centaine d'humains qui se sont abandonnés à rester coincé ici. Le gardien sait que ce sentiment émane d'être hors de son monde et hors de temps. Il rentre, son ombre arpentant les murs des ruelles, il monte les escaliers, entre cher lui et s'affale dans son lit. Absent... présent ou ailleurs, comme s'il était l'auteur et le spectateur de la vie qui se déroule ici. Son esprit s'effondre et s'étouffe sous une brume de rêves.

××××××××××××××××××××××××××××××××××

Le monde est silencieux, personne ne parle, seulement parfois le magnétophone lui rappelle qu'il est encore sur Terre et qu'il essaie de revenir dans le brouhaha de cette rue:
« Je ne suis pas avec toi, tu es seul, je ne suis que de passage, je suis détachée de ta vie et pourtant j'y participe vigoureusement. Même la foule où je suis est translucide pour toi et tu me vois. Moi, je ne te vois pas, tu es dans le meilleur des mondes. Je sais à présent que notre histoire à tous deux n'ira pas plus loin, toi tu as choisi de t'intégrer malgré tous à cette tragique société, moi je n'ai pas pu te suivre et je n'y arrive plus sans toi. Il ne restera plus qu'à nous dire au revoir, puisque pour moi, tu as disparu. »

C'était une jeune femme qui parlait ou plutôt qui pleurait. Se lamentant sur la perte d'un être cher. Un enfant prit au piège lui hurlait ses méandres en vain. Rien ne lui parvenait. Une ombre s'était approché de la femme à genoux, elle lui chuchotait à l'oreille ce que lui disait l'enfant.

« Mais moi... j'espère revenir et je reviendrais.»

Malgré ses mots, l'enfant savait qu'il ne reviendrait pas, depuis ce jour où il ne fait plus partie de ce monde...mais l'espoir fait vivre, alors la dame l'attendra. Le miroir se brisa.


××××××××××××××××××××××××××××××××××

Ce matin, Takehiko s'était réveillé en sursaut. Quand il avait tourné la tête, il avait aperçu les habitants en activité dehors par la fenêtre. Était-il si tard?! Il n'était pas très éveillé. Et une jeune fille attendait devant l'immeuble.
Effrayé pour peu, il tressaillit par cette présence inconnue.
Il fit volte face. Fit un brin de toilette puis hésita à sortir.
-Le ciel est si bleu, mais je lui en veux. Pensa-t-il tout haut.-
La jeune fille était devant lui elle hésitait à parler. Le cœur de l'homme s'emballa, poussé par l'agitation de son ventre qui n'avait rien englouti depuis pas mal de temps. Sous la menace du couteau imaginaire placé sous sa gorge Takehiko allait devoir lui dire de partir ou d'éviter toutes formes de conversations, car il n'est pas « une personne fréquentable». (Chose idiote me direz vous !)

Pourtant, il avait reconnu la jeune fille qui n'était autre que la gardienne de jours du village. Takehiko avait eu vent de sa présence.

-Bonjour, tu m'excusera je n'ai pas le t-... Il fut coupé par la question de cette dernière qui s'interrogeait sur « pourquoi quelqu'un qui n'est pas obnubilé par l'ordre a décidé de faire ce métier ?»

La réponse lui semblait évidente. Mais l'explication allait être longue.
-Comment savait t'elle ce genre de choses à mon propos ?-

-Que dis-tu de marcher un peu le temps que je t'explique ?

La réponse positive, ils avancèrent tous deux vers extrémité du centre. Lui expliquant ses principes de ne pas forcement vouloir faire régner l'ordre, mais plutôt de veiller à la sécurité et non à l'ordre. Les explications détaillées et précises que prononçait Takehiko fut troublés par des pas. Il arrête promptement de parler et regarda les alentours. Rien à signaler pourtant... Ils continuèrent à marcher, mais Takehiko s'était tut. Puis quelque mètre plus tard, une jeune fille fit son apparition devant eux, les bras devant elle comme si les deux gardiens allaient l'attaquer.

« Arrêtez, arrêtez de marcher. Oui, oui, arrêtez, là c’est bien. »

Il l'avait directement reconnu, cette jeune fille était l’ébéniste qui logeait dans une cabane quelque pas plus loin dans la forêt, cabane qui était et est en piteux état. La jeune fille avait un léger tremblement dans ses mouvements et dans sa voix.

« Vous êtes stupides. » décocha-t-elle.

Takehiko arqua un sourcil. Plutôt perplexe il regarda Lexie et avança de deux pas vers la jeune fille.

« Enfin, ce que vous faîtes est stupide, se rattrapa-t-elle maladroitement. Arrêtez de marcher, là, comme ça. Laissez cette petite utopie perdre pieds enfin. »

Il esquissa un léger sourire comprenant à peu près ce qu'elle voulait insinuer. Les paroles maladroites de l'ébéniste ne la rendait pas du tout crédible.

"Serais-tu nerveuse Aubane" ? dit-il avec un soupons de sarcasme.



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Aubane
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MessageSujet: Re: La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie] Sam 31 Mai - 16:45

    Takehiko s’était avancé, tandis que Lexie, certainement peu enclin à entrer en débat maintenant, fit volte-face et quitta les lieux d’un pas rapide, avant même que quelqu’un n’est pu la retenir. Aubane concevait qu’elle n’était pas la personne la plus avenante et accueillante du village, mais tout de même, pas de là à faire fuir une gardienne en seulement quelques phrases, si inintelligibles soient-elles. Toutefois, l’ébéniste ne s’attarda pas davantage sur le brusque départ de Lexie ; elle n’aurait pas à convaincre les deux gardiens à la fois, ce qui ne se présentait pas sous un si bon augure. Reportant de nouveau son attention sur Takehiko, elle nota qu’il s’était un peu trop approché à son goût, et elle recula d’un pas, triturant toujours aussi nerveusement son écharpe rouge. Un grand cerf au visage d’homme les dépassa en silence, sans se préoccuper d’eux. Takehiko, semblant ne pas l’avoir remarqué, lança alors d’un ton empli de sarcasmes :

    « Serais-tu nerveuse Aubane ? »

    L’intéressée baissa les yeux soudainement. Elle se sentait complètement écrasée par l’aura de cette homme devant elle, qui semblait si assuré, si sûr de lui, d’une certaine façon. Et elle face à lui qui balbutiait ses charades sans savoir où aller ; quelle piteuse représentation de soi-même ! Puis elle redressa le regard, plantant de nouveau ses yeux dans ceux de Takehiko, et sans tenir davantage, elle les rebaissa presque aussitôt, avant de les relever une dernière fois, mettant toute sa frêle assurance dans cette confrontation œil pour œil. Son écharpe souffrait entre ses mains tendues.

    « Arrête, arrête, balbutia Aubane. Je… Je sais ce que je dis… »

    C’était absolument faux, et absolument peu plausible. L’ébéniste n’avait même pas pris en considération la provocation voilée dans les paroles de Takehiko, qui jouait carte sur table ses faiblesses alors qu’Aubane cherchait à le convaincre d’une entreprise immense. Enfin, une entreprise qui lui semblait immense à elle, vu l’ampleur du pouvoir de Bird et la vraisemblance naïve de tout ce lieu. Mais l’ébéniste était presque persuadée, en soutenant tant bien que mal le regard du gardien, que ce dernier n’était rattaché que par un infime filon à Espérance, et qu’un rien pourrait briser ses certitudes si la rhétorique et l’art oratoire étaient au rendez-vous. En d’autres termes, deux entités qui étaient loin de sourire à Aubane en cet instant.

    « Tu, tu sais très bien quelles sont mes fins, tu sais très bien ce qui dérange ici, hein, bafouilla-t-elle, baissant de nouveau les yeux. Si ton amie la gardienne est partie, alors, alors soit. J’ai… »

    Elle marqua une courte pause, ne sachant comment présenter sa requête sans faire trop de vagues et sans donner l’impression d’obliger le gardien à quoi que ce soit, ce qui ferait l’effet inverse que le convaincre.

    « J’ai besoin que vous fermiez tous deux les yeux pendant quelques temps. »

    Fermer les yeux durant une ronde, c’était précisément ce qui était défendu aux gardiens, et ce de tous temps. Aubane avait volontairement employé cette expression à ce moment précis, cherchant à s’extirper de sa confusion par tous les moyens. Elle voulait, elle espérait, elle désirait ardemment que Takehiko, au moins lui, la laissât tenter de franchir le mur, ou du moins qu’il ne se mette pas en travers de ses plans.

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Takehiko
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MessageSujet: Re: La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie] Jeu 5 Juin - 6:58

Lexie était alors en recule, on pouvait l'entendre reculée puis finir par se mettre à courir...

Pourquoi avait-elle fuit ? Pourquoi ... ? De la peur.. ?

Quant à Aubane, la jeune fille semblait toujours aussi peu sûr d'elle. Regardant frénétiquement sur sa gauche comme si quelque chose de gigantesque et d'étrange passait à côté d'elle. Puis elle baissa les yeux, comme étouffée par le poids d'une lourde charge. Takehiko le dos cambré, un bras le long de son corps, son autre main sur sa hanche. Elle, en total opposition avec lui, balbutiait, elle semblait se contredire, comme si elle était un paradoxe à elle-même. Redressant son regard, l'abaissant, le redressa insistant sur le regard du gardien, puis lâchant prise, elle rebaissa les yeux fassent au sol. Les mails de son écharpe allaient bientôt s'écarter ou se déchirer. Puis finalement dans un ultime effort elle monta son regard le long du corps de l'homme pour atteindre ses yeux bleus.

«Arrête, arrête, balbutia Aubane. Je... Je sais ce que je dis...»

Pas de confiance en soit. Pas d'assurance. Donc pas de courage; à quoi pouvait-elle donc pensée .. ? Ce n'est pas une personne naÏve et Takehiko ne peut qu'apercevoir ses intentions. Il la questionnait du regard tant qu'il pouvait.

« Tu, tu sais très bien quelles sont mes fins, tu sais très bien ce qui dérange ici, hein, bafouilla-t-elle, baissant de nouveau les yeux. Si ton amie la gardienne est partie, alors, alors soit. J'ai... »

Il ouvrit grand les yeux, ayant effacé l'expression sarcastique de son visage. Elle ne continuait pas sa phrase, rien, les mots, ne sortaient plus de ses lèvres. Songeuse elle reprit :

« J'ai besoin que vous fermiez tous deux les yeux pendant quelques temps. »

Pas vraiment la peine de réfléchir, juste à faire un choix. Cette jeune fille habite dans une cabane qui lui sert d'atelier, elle est à proximité de tout surtout du mur... Partir, s'évader, non s'échapper serait le mot juste...

Il changea d'expression et avança doucement vers elle en tremblant légèrement. Les actes qu'ils allaient commettre allaient être dangereux pour lui. Beaucoup plus près d'elle, à quelques centimètres, il s'abaissa à son niveau, plongeant son regard dans le sien. Il sourit doucement. Posant sa main tremblante sur son épaule droite.

« En considérant que tu ne puisses pas l'admettre, vas-tu de nouveau tenté de t'enfuir en portant ton masque? »

Il exerça une pression sur son épaule pour la faire doucement reculé avec lui.

« Ce n'est pas le meilleur plan d'action et je sais que tu le sais. Mais pourtant...»

Sa voix s'était arrêté net... Un regard triste et amer s'installait sur son visage. Comme un enfant s'apprêtant à faire une bêtise. Il reprit avec une voix abimée :

« Pourtant, je ne fermerais pas les yeux, mais mes yeux seront les tiens. Alors, est-ce que ma personne peut y mettre du siens ? Puisque mes espérances sont la réalisation de tes intentions.»


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Aubane
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MessageSujet: Re: La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie] Sam 21 Juin - 11:15

    Aubane détaillait les moindres faits et gestes de Takehiko, ses plus infimes mouvements, de peur qu’il décide soudain de s’en prendre à elle, de la maîtriser, de tenter de la dissuader par la force, ou pire : de la livrer à Bird. Elle serra les poings. Sur le visage du jeune gardien, diverses expressions prenaient place tandis que les paroles de l’ébéniste s’éclairaient dans son esprit, ou au contraire s’assombrissaient. Aubane observa du début à la fin ce panel de faciès s’alternant sur les traits de Takehiko, avant qu’un et un seul se fige enfin. Il s’avança légèrement vers Aubane, et cette dernière pouvait percevoir le tremblement imperceptible dans ses pas. Elle se figea, tandis que ses phalanges blanchissaient ostensiblement. À tel point stoïque, elle ne parvint même pas à reculer lorsque Takehiko ne fut plus qu’à quelques centimètres d’elle.

    Enfin, il s’abaissa à son niveau, et Aubane ferma instinctivement les yeux, les paupières crispées, de peur de se prendre un coup. Il n’en fut rien. Lorsqu’elle se décida timidement à regarder le jeune gardien en face, elle put constater que ce dernier avait planté son regard dans le sien, un regard franc et sincère qu’elle ne connaissait à aucun autre habitant d’Espérance. Elle sentit ses membres tressauter légèrement. Le sourire qui se dessina alors sur le visage de Takehiko venait peaufiner ce nouveau personnage, presque bienveillant, qui était apparu devant la jeune ébéniste. Lorsqu’enfin, le gardien posa une main hésitante et tremblante sur l’épaule droite d’Aubane, cette dernière retint jusqu’à son souffle, et alors que son esprit lui ordonnait de reculer, de s’enfuir, son corps n’en fit rien et ne cilla pas. Seuls les petits poils de sa nuque se dressèrent immanquablement.

    « En considérant que tu ne puisses pas l'admettre, vas-tu de nouveau tenter de t'enfuir en portant ton masque ? »

    Aubane baissa les yeux, prise à son propre piège. Elle avait définitivement abandonné l’idée de s’enfuir, ou du moins d’échapper à l’emprise du jeune gardien. Ses paroles résonnèrent longuement dans son esprit, heurtant les parois de son subconscient. Même sa voix ne semblait plus la même, son ton venait de prendre une sorte d’assurance mélancolique que l’ébéniste ne connaissait pas à Takehiko. Aubane ne répondit rien. Le gardien exerça alors une pression sur son épaule, pour la contraindre à reculer avec lui, et ses pieds obéirent mécaniquement. Ses mains commencèrent à trembler. Takehiko continua de cette même voix si troublante, car tellement étrangère :

    « Ce n'est pas le meilleur plan d'action et je sais que tu le sais. Mais pourtant... »

    Ah, enfin, le vif du sujet. Ses mots, stoppés nets sur cette déclaration dont découlait un nombre incalculable de conséquences, demeurèrent en suspens de longues minutes durant. Une nouvelle expression, douce-amère, triste, s’installa sur le visage de Takehiko. Aubane comprit alors, au-delà de toute peine, qu’elle venait de le rallier à sa cause. Ses muscles se détendirent brusquement, ses barrières mentales tombèrent aussi lourdement qu’un spartiate relâchant son glaive après un rude combat. Elle avait réussi, et cette constatation la frappa au moment même où le jeune gardien terminait enfin sa phrase :

    « Pourtant, je ne fermerais pas les yeux, mais mes yeux seront les tiens. Alors, est-ce que ma personne peut y mettre du sien ? Puisque mes espérances sont la réalisation de tes intentions. »

    Aubane planta ses yeux dans les siens. Sa peur s’estompait lentement. Le regard qu’elle jeta à Takehiko était empreint d’une persévérance et d’une témérité relativement paradoxales quant à sa fragilité et son manque d’assurance évidents. Mais elle avait réussi, il lui fallait bien cela. Son esprit bascula soudainement pour se concentrer sur la suite des opérations, et sans même réfléchir davantage, l’ébéniste entraîna Takehiko à travers la forêt. Elle avait agrippé son poignet, bien que ce geste lui coûta un effort surhumain, et courait désormais à travers les arbres en direction d’Espérance. Ou plus précisément, en direction de son petit atelier de menuiserie, sa cabane esseulée en bordure du bois. Elle ne se retourna pas une seule fois pour s’assurer que Takehiko n’avait aucun mal à la suivre, de peur qu’un regard vers lui la dissuade de continuer.

    Arrivée devant sa petite cabane, elle relâcha enfin le jeune gardien et souleva le lourd verrou. Elle ouvrit grand la porte, et les raies de lumière dévoilèrent son environnement rachitique et poussiéreux. Se retournant enfin vers Takehiko, elle l’intima du regard à entrer, et s’engouffra à sa suite dans la petite cabane, en prenant soin de refermer méticuleusement derrière elle. Quelques fins jets de lumière perçaient à travers les volets fermés, que l’obscurité engloutissait. Toutefois, cette vêprée funèbre permettait encore de distinguer les objets avec exactitude, ainsi que les contours grossiers du lieu. Ne pipant toujours aucun mot, Aubane se précipita à l’étage et entame des fouilles presque archéologiques. Parchemins, écorces, copeaux, fusains, plans illisibles, cartes d’Espérance et autres feuillets incompréhensibles voltigèrent jusqu’au rez-de-chaussée, tapissant le sol autour du jeune gardien. Aubane décela enfin l’objet de ses désirs et rejoignit Takehiko. Elle fourra dans ses mains un papier poussiéreux. Il s’agissait d’une sorte de carte gribouillée où le mur de la forêt figurait en gros, avec toutes les failles exploitables. Dans un coin figurait aussi une caricature très grossière de Bird, avec griffonné en-dessous : « Bird Brother is watching you. »

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Takehiko
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MessageSujet: Re: La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie] Dim 3 Aoû - 17:14

Un poignet agrippé, une course s'en suivit frénétiquement. Avec un énorme paradoxe humain devant lui Takehiko se faisait traîné à travers la forêt de pins.
La course à toute jambe venait de se finir devant le petit atelier de menuiserie, cette vielle cabane rongé par le lière et de multiples plantes montantes diverse .

-On peut lire en elle comme dans un livre ouvert- se dit-il alors.

Sa main tenant fermement son poignet s'était desserré pour le lâcher et soulever de ses frêles bras l'imposant verrou. Au contraire de rachitique et poussiéreux, Takehiko, émerveillé devant les rayon de lumière entrant et sortant de l'atelier, trouvait à cette endroit paisible un lieu tout à fait différent de l’extérieur.
L’œil pétillant d'admiration il scruta tous les recoins de la pièce ou il entra d'un pied ferme. Il n'avais pas prêter gard au regard qu'Aubane lui intima, il n'avais même pas fait attention au cliquetis de la porte refermé. Les grains de poussières virevoltait, a travers quelque vaisseaux lumineux on pouvait les observés. Les recoins de cette "baraque" était sombre et par moment on pourrait même croire que la pénombre nous engloutirait comme le vide. Le temps de toute observé d'un œil minutieux, Aubane s'était précipité à l'étage du dessus pour recherche des paperasse, surement. La vision en noir et blanc de Takehiko s'était une fois de plus détérioré n'arrivant presque plus à bien analyser les écritures sur quelque livres traînant par ci par là.

-C'est regrettable, soupira-t-il.

Plusieurs petites feuille et parchemins tombèrent de la rampe du dessus. Il leva délicatement d'un geste nonchalant la tête, une dernière feuille lui couvrit le visage. Il la prise en main, cette dernière étant la carte d’espérance, il l'a posa sur la table. Dans un élan fou Aubane descendit en furie, dans ses mains un petit papier plein de poussière. Une fois le papier étalé contre la table, Takehiko s'en approcha et aux premier abord il laissa un léger rire sortir de ses lèvre lorsque son regard venait de caresser la caricature de l'Oiseau :  

« Bird Brother is watching you. »

-Nos vies sont souvent brisées, exploitées, détruites, profitent de la nuit pour sortir de l’ombre et manifester ta discrétion, Aubane. Rajouta-t-il en lui donnant une pichenette sur le bout du nez.

Attentivement, il recommença son observation scrupuleuse.
Il y avait quelques défauts sur son plan, avec l'aide de la carte d’espérance (à sa droite) il corrigea quelques coquilles d'observations de la zone avec un vieux fusain mal taillé.

-Ici, ici et là, il y a un gros arbre plutôt imposant juste avant le mur. Là, non la cabane est un peu plus au sud du mur, donc il vaudrai partir par le nord-est puis redescendre légèrement vers le sud-est, il laissa un silence entre deux phrase, puis il reprit. Aubane... Si la réalité où nous somme n'est pas un mensonge alors qu'est-ce-que c'est ?... Si tu ne comprends pas, alors tu n'es pas obligé de répondre.

Il continua à griffonner contre le papiers. et ajouta: " A la fin tout cela, une fois que nous aurions traversé ce mur, tu sais, qu tu trouvera surement une insolation ifninie qui te sera donné par des hommes..."

En pensant à haute voix, il murmura.

- Dans une chambre sans lumière, je répéterais mon quotidien, et je commencerai à m’effondrer.

Le plan d'évasion était terminé, il tendis le feuille à Aubane.

-Qu'en dis-tu ?
Aubane
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MessageSujet: Re: La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie] Jeu 7 Aoû - 10:00

    « Nos vies sont souvent brisées, exploitées, détruites, profite de la nuit pour sortir de l’ombre et manifester ta discrétion, Aubane. »

    Takehiko avait prononcé ces mots avec une sorte de sourire dans la voix. Aubane l’observait, légèrement ébaubie, tandis qu’il parcourait des yeux ses plans maladroits. Elle ne savait trop quoi tirer de cette affirmation, mais une chose était sûre : le jeune gardien marchait avec elle. La discrétion n’était peut-être pas le point fort d’Aubane, mais il se voyait grandement compensé par sa vivacité et sa vélocité. La nuit, très bien, l’ébéniste y avait songé. Nos vies sont souvent brisées, exploitées, détruites. Cette phrase résonne longuement dans l’esprit d’Aubane. Takehiko comprenait, mais plus que tout, il savait. Il savait quelle condition les emprisonnait. Alors que l’ébéniste répétait cette phrase dans sa tête, telle une boucle rythmique infinie, le jeune gardien lui donna une pichenette sur le bout du nez, qui la fit tressaillir légèrement.

    « Ici, ici et là, il y a un gros arbre plutôt imposant juste avant le mur. Là, non la cabane est un peu plus au sud du mur, donc il vaudrait partir par le nord-est puis redescendre légèrement vers le sud-est, il laissa un silence entre ces deux phrases, puis il reprit : Aubane... Si la réalité où nous somme n'est pas un mensonge alors qu'est-ce-que c'est ?... Si tu ne comprends pas, alors tu n'es pas obligé de répondre. »

    Takehiko avait lancé ces instructions en corrigeant quelques détails sur les plans d’Aubane avec l’aide d’un fusain mal taillé. Il ne releva pas les yeux vers l’ébéniste en lui posant cette dernière question, continuant de scruter les parchemins griffonnés. La jeune fille comprenait parfaitement cette interrogation, et plus que tout, elle la légitimait. Tout dépendait en réalité de ce que Takehiko entendait par « mensonge ». Si la réalité sculptée par Bird se voyait être une vérité, alors Espérance ne serait plus du domaine du rêve (du mensonge, en outre), mais de la certitude, et tous ses habitants en seraient alors les mensonges. L'équation marchait dans les deux sens selon Aubane : si le mensonge ne venait pas de l’un, alors il viendrait de l’autre. Pourquoi la présence du mensonge était obligatoire dans ce calcul ? Car l’entité des fragments étaient présentes. Du moment qu’il y avait un passé caché, il y avait un mensonge.

    « Si Espérance n’est pas un mensonge, alors nous sommes les mensonges, nous les habitants de cette réalité sculptée par Bird. Le mensonge est une évidence dans cette équation, car demeure le mystère. »

    Elle marqua une courte pause, comme si sa réflexion était maintenue en suspens.

    « Du moment qu’il y a une inconnue, tels que les fragments par exemple, il y a un mensonge. Trop de mystères planent. Mais je comprendrais que tu ne partages pas cette idée… »

    Takehiko continua de griffonner quelques indications sur les plans d’Aubane. Visiblement, il réfléchissait. Peut-être lui répondrait-il plus tard. L’ébéniste n’osa pas l’interrompre davantage dans ses stratégies. Elle appréciait plus que tout l’avis expérimenté d’un gardien tel que Takehiko, qui avait toujours pris son rôle relativement à cœur, et dont la fonction était la plus adéquate pour connaître les plans d’Espérance. Il ajouta bientôt :

    « À la fin tout cela, une fois que nous aurions traversé ce mur, tu sais que tu trouveras sûrement une insolation infinie qui te sera donné par des hommes... »

    Oui, Aubane le savait. Elle baissa les yeux. C’était une des raisons qui la poussait à agir dans le silence et l’obscurité. Elle ne pouvait convaincre un peuple entier de se jeter dans l’inconnu et dans une vérité certainement périlleuse, bien plus horrible qu’Espérance. C’était impossible, et totalement en adéquation avec les principes de l’ébéniste. Le prix de la vérité était plus douloureux que tout autre, car la porter sur ses épaules était un fardeau inégalable. Mais cette vérité était aussi le don qui surpassait tous les autres dons. Le regard qu’elle jeta à Takehiko suffisait à répondre. Empli d’une mélancolie sereine.

    « Dans une chambre sans lumière, je répéterais mon quotidien, et je commencerai à m’effondrer. »

    Le jeune gardien avait prononcé ces mots dans un infime murmure, comme s’il s’adressait à lui-même, en son for intérieur. Instinctivement, mais timidement, Aubane agrippa la manche de Takehiko, et la serra sans le regarder. Ce geste avait quelque chose d’innocent, mais au-delà de tout, il signifiait ceci : je sais. Crois-moi, je sais. Ils se trouvaient tous deux dans la même prison de vérité, dans la même impasse. Ils savaient tous deux tout ce que leur coûterait une telle folie. Durant de longues minutes, Aubane resta ainsi. Enfin, le jeune gardien lui tendit le plan arrangé, en l’interrogeant :

    « Qu'en dis-tu ? »

    Aubane n’avait cessé de suivre des yeux les corrections de Takehiko, mais elle prit tout de même le plan dans ses mains et fit mine de le découvrir pour la première fois. En réalité, elle s’en imprégnait. Après quoi, elle releva les yeux vers le jeune gardien, et répondit avec une voix bien plus froide que ce qu’elle n’avait souhaité, une voix imprégnée de sa détermination :

    « Cette nuit. Je t’attendrai. Si tu ne viens pas, je comprendrai. »
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La relève des gardiens [Pv. Takehiko & Lexie]

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