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Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur

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MessageSujet: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Dim 29 Jan - 17:19

Le silence du parc donnait l'impression que la Nature s'était tue avec l'arrivée de l'Hiver: l'air glacé transperçait les tissus, s'inflitrant dans les os des habitants d'Espérance, et une fine couche de poudreuse recouvrait les étendues vertes. Le ciel était gris et pesait au-dessus des têtes comme besace pleine, sans doute parce qu'un orage se préparait...

Soudain, des bruits de pas se firent entendre. Leur rythme était saccadé, et la respiration haletante de leur propriétaire, indiquaient qu'une course s'était engagée. Il courrait à perdre haleine, comme s'il essayait de fuir quelquechose...Ou plutot quelqu'un.

Et cela faisait maintenant une heure que l'irlandais courrait dans le parc, ses bottes s'enfonçant un peu plus dans le manteau neigeux, à chaque foulée. Finalement, le rouquin s'arrêta au bout d'un moment, essouflé, et tomba à genoux au sol, les larmes aux yeux.

"Je n'en peux plus...Ca fait mal...Elle me fait mal...Pitié...Quelqu'un...Ausecours..."

Curdberthus s'effondra dans la neige, les paupières closes, le néant envahissant son esprit. Il n'avait plus froid...Il ne sentait plus rien...Il était simplement dans un autre espace, entrain de flotter il-ne-sais-où. Un cri de terreur retentit dans sa tête:

-S'il vous plait! Quelqu'un...Aidez-moi!

Mais personne ne l'entendait. Les mots ne sortaient pas de sa bouche, car il avait perdu conscience, et autour de lui, la Nature continuait son oeuvre. Des flocons tombèrent du ciel, et, peu à peu, la neige recouvrit le corps du jeune homme.



Quelques heures plus tôt, Curdberthus prenait la direction du Parc. La nuit d'hier lui avait retourné l'estomac. Son meilleur ami, Elloy, avait assister à une crise de schyzophrénie...Et l'irlandais détestait ça...

Il ne supportait pas d'avoir une crise en présence d'une autre personne...Il se sentait si faible, si fragile...Parfois, il avait l'impression qu'une simple caresse pourrait le brisé...Pourrait briser la mince barrière mentale qu'il s'était efforcé de dressé, contre Elle...Mais, hélas, Elle aurait toujours le dessus sur lui...Toujours...

"Je suis un ange déchu: mes ailes sont teintés de sang et mon âme est enchainé au fardeau que je traine avec moi...Mon seul crime est d'exister..."

Il chantonnait cette chanson, qui lui ressemblait tellement...C'était comme ça: quand il était triste, que son coeur lui pesait, il chantait...Sa tristesse, sa souffrance passait dans ses chants...



Et maintenant, il ne chanterais plus. Maintenant, sa voix se perdait dans les méandres de son esprit...L'oiseau ne chante plus, l'oiseau est tombé du nid, l'oiseau s'est brisé les ailes.
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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Lun 30 Jan - 16:56

Robin sourit. Il aimait se promener dans le parc. Surtout lorsque celui-ci était enneigé. Il avait passé dans le parc la majeure partie de son temps depuis son arrivée à Espérance, à vagabonder entre ce dernier et la plage, a cueillir les fruits des arbres, lorsque ce n'étaient pas des légumes qu'il volait à la ferme de Bird. C'était d'ailleurs lors d'une de ces rapines nocturnes qu'il avait rencontré ce dernier.

Les souvenirs remontaient à sa mémoire et il ne faisait pas attention à là où il marchait. Il ne remarqua pas les traces de pas dans lesquelles s'enfonçaient ses bottes. D'ailleurs il ne faisait pas attention à grand chose, tant sa journée avait été épuisante, et tant il était perdu dans les méandres d'obscurs souvenirs, altérés par le temps. Il ne remarqua pas non plus le tas de neige un peu plus haut que les autres sur lequel il se précipitait tout droit. Bien évidement il butta contre ce dernier.
Et se retrouva à genoux. Sur un corps inconscient...

Effrayé, il fut un temps tenté de s'enfuir. Puis, se souvenant qu'il n'était pas un lâche, et prenant conscient qu'il était face à un corps inerte, celui d'un garçon roux qui ne demandait qu'à être secouru. Il ramassa le garçon. Il apprécia ses traits fins, ses beaux cheveux roux. Il aimait la beauté. Il l'adulait.

Puis, il s'en retourna vers son habitation, au pas de course, avec le corps du jeune garçon dans ses bras... Il traversa la moitié du parc, et se mit à marcher vers le bourg. La neige le ralentissait. Elle crissait sous ses pas.

Il entra chez lui, appréciant la douce chaleur de son foyer d'Espérance. Il posa le garçon roux, bleu d'être resté si longtemps au froid, sur le lit d'une des chambres de l'habitation. Puis, il se rendit dans la cuisine où il fit du thé. Quand il remonta, le garçon roux était là, tremblant encore de froid, sous les draps du lit.

Il avait repris connaissance.
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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Mar 31 Jan - 14:56

L'esprit de Curdy flottait entre le monde réel et le labyrinthe de son esprit. Tout autour de lui n'était que néant...Il n'y avait ni haut, ni bas...Et le seul son qui lui parvenait était la voix de son autre personnalité:

_Regardes-toi, Curdberthus...Si faible...Tu ne pourras jamais m'échapper...Jamais! Nous resterons ensemble pour toujours! Toujours! Tu m'appartiens! Tu es à moi! A MOI!!

Les paupières du jeune homme tressaillirent, signe de sa lutte intérieure pour sortir de son semi-coma. Un cri de frayeur s'échappa alors des lèvres du rouquin, qui se redressa dans le lit en un sursaut, des gouttes de sueurs froides serpentant sournoisement dans dos.

"Jamais! Non! A l'aide!"

Son corps étaient secoué de violents frissons. Il tremblait de froid, le gel s'étant infiltré jusque dans ses os, mais aussi de terreur...Elle avait encore eu le dessus sur lui...Et il détestait ça...Il détestait se sentir dominer de force...Il détestait lorsque les choses lui échappait de cette façon...

Calmant les battements saccadés de son coeur, ce dernier semblant vouloir sortir de son torse, le rouquin regarda autour de lui. Il semblerait qu'une âme charitable soit venue à son secours, et l'ai ramenée chez elle, au chaud. Curdy appréciait la décoration sobre de la pièce, alors que sa chambre à lui était surchargée de divers objets plus ou moins taditionnels, plus ou moins irlandais ou japonais...Il avait toujours adoré le Japon...D'ailleurs, où était passer son katana? Il était sur de l'avoir pris avec lui...Cette arme ne le quittait jamais...Elle était un peu comme une partie de lui...

Mais, sortant de sa réflextion, Curdy s'apperçut que le propriétaire de l'habitation venait d'entrer dans la chambre, une boisson chaude dans les mains. Ses traits asiatiques et sa silhouette fine attirèrent les prunelles mauves de l'irlandais. Etant d'abord méfiant, parce que sa seconde personnalité était prête à ressortir au moindre faux pas, le garçon finit par se détendre en remarquant le sourire bienveillant de son hôte.

"E-Excusez-moi...Je...Je vous remercit pour m'avoir aider..."

Il remonta un peu la couverture sur lui, étant heureux de retrouver la chaleur aprés le froid rigoureux de l'exterieur. Resserrant ses jambes contre lui, le rouquin jetta un coup d'oeil à la fenêtre de la pièce: il s'était mis à neiger, et pas qu'un peu. Cette tempête de neige n'allait pas s'arrêter avant un bon moment...


Dernière édition par Curdberthus le Mer 1 Fév - 18:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Mer 1 Fév - 8:11

Le bel inconnu aux cheveux roux dont il ne se rappelait plus le nom s’était donc assis dans le lit, sous les couvertures. Il semblait frigorifié. Et effrayé aussi. Robin lui fit un sourire, et au bout d’un certain temps, la crainte sembla s’apaiser. Ses épaules se relâchèrent et il dit :

"E-Excusez-moi...Je...Je vous remercie pour m'avoir aidé..."

Qu’il était mignon à s’excuser de la sorte… Un véritable ange roux. Robin soupira et s’assit sur le lit. Il donna une tasse au garçon qui la prit, non sans avoir auparavant ramené la couette sur lui.

« Oh mais de rien, répondit Robin. Je n’allais pas vous laisser seul, dans la neige à mourir de froid. Je ne suis pas un monstre vous savez… Même si mon passé à longtemps fait de moi une bête de foire… »

L’étranger qui disait répondre au nom de Curdberthus ou Curd, lui fit un magnifique sourire qui retourna le cœur de Robin. Quel était ce sentiment ? Ce sentiment étrange qui fit accélérer son cœur et qui lui retourna l’estomac. Qu’est ce que cela pouvait bien signifier… Quoi qu’il en soit, il prit sa propre tasse et se mit à boire.

Ils échangèrent quelques paroles sans intérêt particulier sur le temps qu’il faisait dehors. Ils parlèrent aussi de leurs personnalités mutuelles, afin de faire connaissance l'un avec l'autre. Robin se sentait bien, et son invité semblait se détendre au fur et à mesure. Toutefois, il n’était jamais tout à fait calme, jamais il ne semblait tout à fait serein, comme s’il redoutait quelque chose.

Ils finirent leurs tasses. Robin ramassa celle de Curdberthus et descendit. Il mit les tasses dans le réceptacle destiné à tout ce qui provenait de la cuisine et était sale. Il fit un détour par le salon où il remit, en bon maniaque pratiquant l’ikebana les fleurs de la pièce en place. Puis il voulu s’en retourner vers la chambre ou il avait déposé son invité, quand il entendit un bruit sourd en provenance de la cuisine. Il se précipita dans la pièce où il put constater que Curd s’était levé, avait réussi, malgré ses membres engourdis à descendre les escaliers et s’était à moitié effondré sur la table.

Robin le reprit dans ses bras. Son cœur se remit à battre à toute allure. Robin se sentait tout entier ravagé d’une espèce de feu. Il avait envie… il avait envie d’embrasser Curdberthus. Il aimait les traits fins de son visage anguleux, il aimait ses cheveux roux, savamment coiffés, il adorait l’harmonie de son visage avec son corps. Il aimait tout chez lui, tout ce qu’il avait vu… La chose s’imposa à son esprit.

Il était tombé amoureux de Curdberthus.

Lui, le professeur d’histoire, lui, le rebelle qui refusait toute forme d’autorité, se voyait esclavagé au plus profond de son être, au plus profond de son âme, se voyait attaché amoureusement à quelqu’un d’autre. Il en pleurait presque. Lui revinrent en mémoire, venus d’il ne savait où, un air et des paroles.

« L’Amour est loin, tu peux l’attendre, tu ne l’attends plus, il est là. Quand autour de toi vite, vite, il vient, s’en va, puis il revient, tu crois le tenir, il t’évite ; tu crois l’éviter, il te tient. » (Carmen, Acte 1, L’Amour est un oiseau rebelle)

Alors, Robin perdit tout sens de la mesure, toute sa retenue s’en alla, comme soufflé par le brasier qui animait son corps.

Il embrassa Curdberthus.





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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Mer 1 Fév - 21:44

« Oh mais de rien, répondit Robin. Je n’allais pas vous laisser seul, dans la neige à mourir de froid. Je ne suis pas un monstre vous savez… Même si mon passé à longtemps fait de moi une bête de foire… »


_Un animal de foire? Une personne aussi gentille...?

Le rouquin observa son hôte avec curiosité, se demandant comme une personne qui l'avait secourut et l'avait porté jusqu'ici pouvait avoir été une sorte d'attraction urbaine... Il ne put cepandant s'empêcher de sourire, ses yeux mauves s'allumant d'une étrange lueur malicieuse. Cet homme était tellement acceuillant, si gentil.

Puis, baissant les yeux vers la tasse de thé que l'inconnu lui avait approtée, il prit la parole, vaguement géné par les hurlements du vent. C'était impolit de ne pas se présenter à son hôte, aussi lui apprit-il son nom, son âge, où il vivait, ce qu'il faisait...Il lui énonca aussi les choses qu'il aimait, qu'il détestait...

Il ne savait pas pourquoi, mais quelquechose en cet homme le poussait à se confier. Il voulait s'ouvrir à lui, et espérer la même chose en retour. Bien qu'il serait tout a fait en mesure de comprendre la réaction de son interlocuteur si ce dernier décidait de rester évasif sur sa personne. Mais, heureusement, ce ne fut pas le cas. Ainsi, au cours de leur petite discussion animée, l'irlandais aprés que son sauveur se prénommait Robin.

"Robin...C'est un beau prénom. Le mien est Curdberthus...Ca veut dire "Cheveux de Cuivre" en ancien irlandais..."

Il esquissa un petit sourire gêné. Son nom ne lui plaisait pas vraiment...Bien qu'il fut heureux que ce dernier ait un sens, il le trouvait trop imagé pour lui...Quand à Robin...Ce nom lui rappellait celui d'un héros d'une histoire, un de ces conte où les gentils triomphe toujours sur les méchants...Mignonne utopie...

Dans la réalité, c'était tout autre...Les méchants écrasaient le plus souvent les gentils sous le poids de leurs vices...Il était bien placé pour le savoir...Et Elle, était la méchante, et lui, le gentil captif de ses chaînes...Et malgré le ton amical de l'asiatique, Curdy ne baissait pas sa garde, toujours à l'affut du moindre signe de l'éveil de la chose...Il ne voulait pas que Robin soit spectateur de ces scènes...

Ce qui paraissait transparaître dans son attitude, car le brun lui envoyait de temps en temps des regards singuliers. La tension était encore palpable dans ses muscles même s'il faisait un effort surhumain pour la dissimulée. Lui offrant un sourire rassurant, il répondit:

"Je vais bien, ne vous en faites pas. Je dois encore avoir les muscles engourdis par le froid..."

Il pria pour que l'autre jeune homme le croit et ne se mettent pas à le harceler de questions... Il ne pourrait tout simplement pas y répondre.

Et, quelques heures plus tard, Robin avait quitté la chambre. Dehors, le vent ne faiblissait pas et les flocons tournoyaient gracieusement dans l'air. Le visage de Curdy prit un air boudeur, affectant une petite moue adorable: il n'avait pas envie de rester dans ce lit comme un malade en phase terminale d'un quelconque cancer...Sa maladie à lui ne le laisserait pas dans un état végétatif puisqu'elle avait besoin du corps sain du garçon...




Sortant de la pièce où il reposait, l'irlandais marcha lentement dans les couloirs de la maison. Il s'arrêtait parfois pour observer des cadres photos, des tableaux ou encore ces fameux bouquet de fleurs disposées avec le plus grand soin, dont seuls les japonais avaient le secret.

-Quel beau peuple...

Il finit alors par arrivé dans la cuisine. Ou plutôt, échoué. Comme un navire à la merci des caprices de la mer houleuse, l'adolescent avait attérit dans cette pièce par le plus pur des hasard. Jettant des coups d'oeil curieux autour de lui, il vint s'arrêter prés de la table. Mais ses jambes ne le portaient plus: il était resté dans la neige plus longtemps qu'il ne le pensait...Ses articulations en avaient pris un coup et elles lui faisaient regretter cette petite escapade! Ceci étant, ce qui devait arriver, arriva: il s'effondra à moitié sur la table, se retenant grâce à elle. Et si ça continuait, ses bras le lâcheraient aussi, et il irait voir le sol de plus prés...

Le corps humain est si contraignant, vous ne trouvez pas? N'y gagnerions nous pas à être libre comme l'air? Si seulement l'âme pouvait exister hors du corps, nous ne souffririons plus...Plus jamais de douleur...Mais le rouquin savait bien qu'il n'y avait qu'un seul moyen de se libérer de son enveloppe charnelle: la Mort. Et il ne comptait pas en arriver là.

C'est alors que des bras fermes le soulevèrent et le serrèrent contre un torse chaud, enfermant le jeune homme dans une étreinte réconfortante. Son sauveur était de nouveau intervenu...Robin était un nom qu'il portait vraiment bien...Ses étranges prunelles violettes rencontrèrent le regard sombre de son hôte. Ils étaient si proches...Il pouvait presque entendre son coeur battre...Ou alors c'était le sien qui cognait dans sa poitrine comme s'il voulait sortir.

_Mais qu'est-ce qui m'arrive...? Je me sens...Bizarre...Prés de lui...

Il sentait ses joues s'empourpraient alors que ses doigts fins serrèrent le haut de Robin, et que leurs visages se rapprochaient l'un de l'autre. Bientôt, leurs lèvres ne furent séparées que de quelques centimètres,le souffle de l'autre homme caressant sa bouche, faisant naître un léger frisson dans son dos.

Il ouvrit la bouche pour prononcer quelques mots qui mourrurent sur ses lèvres lorsque celles-ci furent happées par le baiser brûlant de Robin. Perdant toute contenance, il passa les mains dans son dos en le serrant contre son corps tremblant, de toutes ses forces, tandis que ses paupières se fermaient et que le rouquin répondait avec ardeur au baiser de son sauveur.[/size]
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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Jeu 2 Fév - 16:22


Les lèvres de Robin se refermèrent amoureusement sur celles de Curdberthus, tandis que son étreinte se faisait plus forte. Il sentit l’ardeur de Curd lorsque celui-ci lui rendit son baiser… Il senti son cœur, leurs cœurs battre à l’unisson, dans un même mouvement, dans un même bruit sourd et pourtant si clair.



Le temps sembla s’arrêter pour Robin. Il resta longtemps accroché aux lèvres de Curd… Un instant d’éternité qui dura en réalité quelques minutes. Détachant ses lèvres, haletant, il dit :



« Pardon, je… je ne sais pas ce qui m’a pris, je… je te demande pardon… »



Puis, il prit Curdberthus frigorifié dans ses bras et, non sans l’avoir embrassé une fois encore, commença à monter les escaliers. Curd parlait peut-être… Ou peut-être pas… Il n’en savait rien. Il n’entendait que les battements frénétiques de son cœur. Seuls son toucher et sa vue répondaient correctement. Il voyait tout, surtout le corps de Curd entre ses bras d’ailleurs. Il sentait tout aussi. Les marches sous ses pieds nus, son cœur battant, celui de Curdberthus, le corps froid de ce dernier qui était dans ses bras, et ses lèvres, que les siennes effleuraient par instants. Tous ses autres sens semblaient anéantis. Il était aux anges.



Ils arrivèrent dans la chambre de Robin, une grande pièce claire dans un style typiquement japonais. Avec des plantes un peu partout, des estampes, de grands tas de feuilles, pas toujours vierges. Des montagnes de livres s’entassaient autour du lit. Un vrai fouillis… Mais un fouillis culturel.



Robin reprenait peu à peu contact avec la réalité. Il recommença à entendre le vent qui soufflait. Son cœur quitta le rythme effréné auquel il battait pour une fréquence plus calme, plus sereine, plus mesurée… Il redescendit de son petit nuage rose, et posa Curd sur le lit. S’allongeant à ses côtés, il rabattit la couette sur eux deux. Il se fit aussi la remarque que Curd n’aurait pas du se lever… Il était encore frigorifié.



Robin se sentait merveilleusement bien. Il en avait presque oublié la petitesse de son habitation qui le faisait habituellement soupirer, tant il rêvait de palais et de grands espaces… Si cette mégalomanie semblait pour l’instant oubliée, c’était parce qu’il était partagé entre deux émotions, entre deux envies : un Amour inconditionnel pour Curd, qui lui donnait une furieuse et démangeante envie de l’embrasser, et une cruelle envie de le déshabiller. Une cruelle envie de…



Il embrassa rapidement et timidement Curd, tentant d’oublier cette sensation. Il n’osait pas lui demander. Son tempérament, ses racines japonaises ressurgissaient et l’empêchaient de demander une telle chose. Après quelques minutes de débat intérieur à s’agiter dans le lit, il osa enfin. Fermant les yeux pour ne pas voir la réaction de Curd, et posant sa main entre les jambes de ce dernier, il dit d’une voix timide et hésitante :



« Je… Je t’aime, je… j’ai envie de… de toi. Je t’aime et j’ai envie de toi. »



Puis, il rouvrit les yeux, contemplant le visage de Curd.

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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Jeu 2 Fév - 20:32

Combien de temps s'était écoulé? Des secondes? Des minutes? Des heures? Peut être même, des jours...? Curdy n'en avait aucune idée...Et, honnêtement, cela ne le préoccupait pas plus que ça. Il souhaitait seulement profiter de l'instant présent, dans les bras de Robin, alors qu'il sentait son corps fondre sous le baiser passioné de son sauveur. Si seulement cela pouvait durer une éternité...Etre figé dans une étreinte ardente...Dans le temps...Pour toujours...

Mais l'instant magique prit fin, le japonais venant de rompre doucement leur baiser, se confondant en excuse:

« Pardon, je… Je ne sais pas ce qui m’a pris, je… Je te demande pardon… »


Pourquoi s'excusait-il de la sorte? Etait-ce mal? Il ne semblait pas au rouquin, au contraire, qu'échanger ce baiser aprés la flamme qui animait leurs corps soit une mauvaise action...Ce n'était pas comme si tout cela avait été réfléchit. Il s'était laissé emporter dans l'étreinte de son aimé, car c'est ainsi qu'il l'appellerait désormais:

"N-Ne t'excuses pas...Ce...Ce n'est pas grave..."

Voilà qu'il le tutoyait maintenant...Tout dans leur attitude respective démontrait un rapprochement plus qu'intense entre ces deux êtres...Semblables et pourtant si différents...

L'irlandais se laissa faire lorsque le brun le souleva de terre, comme une princesse. Il se sentait rassuré dans ses bras...Il avait l'impression qu'Elle ne pouvait rien contre lui, il se sentait aimé...C'était quelquechose de réconfortant. Et, de temps à autre, leurs lèvres insatiables venaient se dévorées, signe que la passion qui animait leur corps n'avait pas disparut, bien au contraire...

Plongeant ses prunelles mauves dans celles, plus sombres, de l'autre homme, le jeune garçon ne put s'empêcher d'esquisser un tendre sourire. Enfin, il voyait une perspective d'avenir se dessiner... Pour lui... Pour eux. Pour la première fois, il envisageait un futur autre que la solitude, autre que l'ombre, autre que la souffrance...Pour la première fois, il se sentait vivant, car oui, en fin de compte, il vivait.

Enfouissant son visage dans le cou de Robin, le jeune homme fermit les yeux et huma l'odeur de sa moitié. Il aimait cette fragrance...Il voulait qu'elle s'imprime sur sa peau...


Et, sortant de sa petite somnolance, il remarqua qu'ils étaient désormais dans la chambre du brun. Il s'absorba un instant dans la contemplation de la pièce, véritable ôde à la culutre japonaise traditionnelle, avant de reporter son attention sur celui qui venait de le déposer dans le lit. Quelques minutes plus tard, le froid qui avait envahit le corps tremblant de Curdberthus, disparut. Contre le corps chaud de son compagnon, et recouvert par les doux draps du lit, il tombait peu à peu dans le sommeil...Fronçant les sourcils, il sentit naître en lui un sentiment de nostalgie, comme une lointaine époque oubliée qui revenait peu à peu en mémoire...

...Cette impression d'être dans un cocon chaud et rassurant...Il l'avait déjà ressentie. Fermant les yeux, l'irlandais essayait vainement de savoir d'où provenait ce sentiment. Et, peu à peu, derrière l'écran vide de ses paupières closes, des images floues commencèrent à se former. Comme le voile qu'on retire d'un tableau caché, les traits et les formes devinrent plus nettes, voir réelles...Se concentrant sur ces bouts d'images, Curdy entrevit une pièce remplit de jouets et de peluches, possédant un petit lit et baignant dans la lueur réconfortante du soleil. Visiblement c'était une chambre d'enfant, et le bambin qui vivait là devait être trés aimé...Lorsque la pièce emplit entièrement le champ de vision du jeune homme, ce dernier remarqua qu'il était dans le lit dudit enfant...Son corps était plus petit, et dans ses bras tremblants il serrait une peluche en forme de lapin. Il avait aussi une mauvaise toux, et la fatigue qu'il ressentait dans son corps lui indiquait qu'il était malade. Sans doute une grippe.

C'est alors que la porte s'ouvrit, et qu'une magnifique jeune femme entra, souriant tendrement à Curdy. Ce dernier était surpris de la voir: elle lui ressemblait tellement avec ses longs cheveux roux, ses traits fins et ses yeux mauves...Lorsqu'elle s'approcha de lui, il voulut reculer, intimidé par la présence d'une personne qui lui ressemblait tant...Mais son coeur l'en empêcha: cette belle inconnue le connaissait, et il semblait que lui aussi...Il avait l'impression d'être trés proche d'elle...Et quand la femme le prit doucement dans ses bras, le serrant contre son coeur tout en le berçant, chuchotant des mots doux à son oreille tout en caressant ses cheveux, le petit garçon qu'il était devenu se blottit contre elle en souriant: la même impression de chaleur, de tendresse maternelle, de sécurité...

"Chut, mon tout petit... Tu as une vilaine toux, et le médecin va venir soigner ça. Tu verras, tout ira bien...Maman sera toujours là pour toi..."

_Maman...Serait-il possible que...

Cette femme ressemblait tellement à celle qui est présente dans ses cauchemards, la jeune femme morte qui semble endormit...Mais il ne put lui poser la question, il ne put faire le rapprochement car les traits de sa "mère" devinrent flous. Puis elle disparut. Plus rien ne subsistait d'elle, comme un rêve qui venait de s'éteindre. Rouvrant les yeux, le rouquin tomba nez à nez avec une réalité plutot...Agréable.

En effet, Robin s'était rapproché de lui, et leurs lèvres étaient de nouveau scellées. Intrigué, il regarda ce dernier qui semblait visiblement gêné, comme s'il avait quelquechose à lui dire ou à lui demander:

« Je… Je t’aime, je… J’ai envie de… De toi. Je t’aime et j’ai envie de toi. »

Il l'aimait...Un sentiment de joie innomable emplit son coeur, et, rougissant de plus belle, le jeune homme serra le japonais contre lui, nouant ses bras autour de son cou:

"M-Moi aussi...Je t'aime...Je veux...T'appartenir...Robin.."

Oui, c'était ça qu'il désirait: se donner à quelqu'un...Lui appartenir. Il apprendrait à aimer désormais.
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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Jeu 2 Fév - 21:52

Robin ouvrit les yeux. Curdberthus avait rougi... Pendant un instant, Robin craignit avoir blessé ou choqué le jeune rouquin. Mais Curd non sans avoir passé auparavant ses bras autour du cou de Robin, eut une réponse qui, outre le fait qu'elle eut le don de faire rougir Robin à son tour, avait le mérite de le combler d'une joie immense, incommensurable. Il dit :

"M-Moi aussi...Je t'aime...Je veux...T'appartenir...Robin..."

La réponse avait le mérite d'être claire. Curd voulait de Robin, tout comme Robin voulait de Curd. Robin resta quelques instants sans réagir, songeant à leur avenir commun. Lentement, un grand sourire illumina son visage. Il se mit à chanter un chanson en anglais :

"Voudrais tu le faire avec moi. Guérir les blessures, et changer les étoiles. Voudrais tu pour moi, libérer le bout de Paradis qui est en toi." (Nightwish, Ever Dream)

Puis, il retira les mains de Curd d'autour de son cou, le même sourrire illuminant toujours son visage. Il se dénuda entièrement... Se serrant contre son aimé, il se remit à l'embrasser, encore et encore. Puis il le dénuda à son tour. Curd avait toujours un peu froid. Il allait le réchauffer... Le corps bouillant de Robin se cala contre le glaçon qu'était le rouquin. Puis, il commença.

Le lit grinçait atrocement. Leurs bouches s'embrassaient continuellement. A un moment, Robin crut que Curd avait mal. Il s'éloigna donc légèrement de Curd. Pour se coller de nouveau aussitôt contre lui. Ou alors c'était Curd qui s'agrippait. Il n'en savait rien. Il s'en moquait. Tout ce qui lui importait, c'était de faire plaisir à Curd, en se l'appropriant, tout ce qui lui importait, c'était de le rendre heureux. De le combler jusqu'à ses moindres désirs. Jusqu'à ses désirs les plus fous. Soudain, Robin poussa un cri plus long que les autres. Il venait de ressentir une sensation qu'il lui semblait avoir déjà ressentie. Une délicieuse sensation qui envahit tout le bas de son corps, jusqu'aux moindres recoins. Une sensation qui sembla imprégner toutes les pores de sa peau.

Il s'arrêta, essoufflé. Puis embrassant Curd, depuis sa bouche jusqu'à son nombril, il plongea sa tête entre les jambes du rouquin, dont il ne voyait pas la tête. Brusquement, il sursauta et releva la tête. Un liquide chaud, qu'il reconnut comme si son entrée dans le Rêve datait d'hier, coulait dans sa gorge. Un goût pas désagréable. Mais une sensation d'horreur terrible.

C'est alors que les souvenirs se remirent à affluer. Il se souvint... Il se souvint d'un même liquide chaud coulant dans sa bouche. Il se souvint de la douleur atroce... Il se souvint des larmes coulant sur ses joues... Et de sa seule question, qu'il répétait inlassablement... Pourquoi ? Pourquoi...

Ne tenant pas plus face a la vague d'horreur et de souvenirs qui l'accablait, il s'évanouit.
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MessageSujet: Re: Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur Aujourd'hui à 13:28


Et la neige tombait sur le monde comme le désespoir envahissait mon coeur

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