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J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ]

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Aaron
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MessageSujet: Re: J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ] Mer 23 Oct - 10:08

    Vous êtes parti chacun de votre côté, galop vaillant sur vos destriers.
    Il a pris un chemin, toi l'autre, fonçant vers la forêt.
    Au plus grand malheur de tes côtes, toi et Marengo enjambez fourrés et troncs renversés. Tu te reçois à chaque fois, épargnant au possible ton flanc. Un bon moment mérite bien une bonne douleur. Tu es un guerrier, tu peux supporter. Tu ne perdras pas ton honneur et clouerait le museau du Mustang, lui montrant qu'un aigle double toujours un cheval. C'est un jeu de vitesse et de fierté où, d'avance, tu as gagné.

    Tu t’arrêtes un instant et écoutes les bruits autour de toi. A ton arrière gauche, tu entends le bruit étouffé de sabots. Taima est encore loin... Tu souris et repars en furie.
    Tu galopes, encore et encore et arrives près du hangar. Plus qu'un kilomètre.
    Plus que 900 mètres lorsque tu tousses à expulser tes boyaux.
    850 mètres. Tu as soudainement trop chaud, tu transpires sans raison à grosses gouttes. Une larme de sueur te coule dans la bouche et le goût iodé te fait penser que cette course n'était pas sérieuse.

    Les mètres défilent à présent sans que tu puisses t'en rendre compte. Ta vue est brouillée et Marengo est passé en pilote automatique. Il saute, tu chutes, non préparé à te recevoir. Il continue sa course, tu roules sur les feuilles mortes. Tu as le tournis, l'envie de dégueuler sur le bords des lèvres. Tu jures. Tes côtes sont en feux. Tu essayes de bouger mais tu es terrassé au sol par la douleur. Tu es seul et tu as besoin de secours.
    Tu ne vois pas bien ce qui t'entoure, la vue floue et par désespoir tu fais silence essayant d'entendre Taima derriére le tambourinement de ton coeur.
    Rien. L'indien est loin et cette putain de forêt te semble dense comme jamais.
    Tu perds connaissance un instant, reviens à toi celui d'après, coeur calmé et étrangement reposé. Si ton crâne va exploser, ta vue a arrêté ses caprices et tu découvres enfin où tu as atterri.

    A quelques mètres devant toi, une grande marre, un trou d'eau pas tout à fait croupi. Tu as l'idée de boire mais tes yeux se déportent et vite quelque chose d'autre attire ton attention : Sur la rive, reposant tranquillement sur l'herbe grasse, tu aperçois un objet familier qui n'a rien à faire ici, totalement déconnectée de son univers. Sa présence dans cette forêt et dans Espérance est presque une aberration. Ton esprit doit déconner...
    Tu te frottes les yeux, te pinces pour échapper à l'illusion.
    Aie.
    Non tu ne rêves pas.
    Sur la rive voisine se trouve bien une horloge. "Cette" horloge d'un blanc austère, ce cauchemar chronique aux gros chiffres sombres qui t'avait poursuivi de longues heures de son tic-tac lorsque ta carcasse amputée et en phase de rétablissement ne pouvait que s’imbiber d'émissions abrutissantes, nuit et jour, jour et nuit.
    Tu te souvenais à présent parfaitement : Tu t'étais rendu compte de sa présence vicieuse une de ces nuits où la douleur de tes jambes fantômes avait chassé le sommeil d'un bon coup de pied. La télévision était en sourdine et tu regardais les images désincarnées d'une série de pauvreté intellectuelle où se chamaillait un gentil charismatique et un méchant aussi bête que monstrueux. Les épisodes s'étaient finis sur la victoire du beau et de l'intègre.
    Comme toujours.
    Alors que le Tic tac névrosant résonnait, unique bande-sonore de la connerie visuelle, tu avais réalisé toute l'ampleur de ta condition: Un esprit dégradé dans un corps dégradé; un handicapé.
    Tu te rappelais les aides-soignantes beaucoup trop attentionnées, mièvres, te faisant passer pour un gosse de cinq ans. Ces dames qui te connaissaient avant avec tes jambes mortes et qui avaient changées de comportement après ton amputation. Tu comprenais qu'avoir des jambes, même mortes et de ne pas en avoir du tout n'était la même chose, que les "Autres", ceux entiers, s’arrêtaient à la vue, faisant l'amalgame entre ce qu'ils voyaient extérieurement et ce qu'ils pensaient se trouver à l'intérieur. Pour eux, tu étais teubé vu que tu n'avais plus de jambes. Il fallait s'abaisser à ton niveau de compréhension et t'obliger à regarder des émissions pour décérébrés.
    Au final, cette nuit-là porté par la rage, tu avais pleuré jusqu'au matin. Pleuré de haine et de tristesse contre le monde et cette maudite horloge, pleuré tes jambes disparues . A partir de cette longue veillée, l'horloge, pour toi, était devenue l'Horloge et l'Ennemie de Baudelaire, le témoin et le rappel de ton incapacité, des heures qui passent t'enfonçant chaque seconde un peu plus dans ton immobilité.

    La bulle mémorielle a fini de t'éclater à la figure et sous l'émotion, ton nez te pique. Tu as envie de pleurer mais pour ne pas sombrer, tu relativises, expires faussement soulagé : Cette horloge, au moins s'était tu.
    A cette pensée, surement coup d'un destin cruel, les rouages retrouvent leur vie, se remettent en marche, tournent et s’emboîtent jusqu'à la mécanique du coeur.
    TIC...
    TAC...
    L'aiguille qui égrenne les secondes se déplace sur la droite. Une fois, deux fois, sans s'arréter.
    Tes yeux s'écarquillent et prit d'une terreur mystérieuse tu cries de peur, cries encore plus fort de douleur.
    Pour la première fois, le temps dans Espérance s'est remis en marche.


Informations supplémentaires : Comme tu t'en seras douté, Aaron fait une soudaine crise de fiévre (mieux vaut tard que jamais, il est un peu long à la détente le petit XD). Son état s'empire avec la chute vu qu'il fait un petit traumatisme crânien ( bonjour je saigne mais je ne m'en suis pas rendu compte!) et son évanouissement est en réalité assez long (à toi de déterminé sa durée). Si les décors existent vraiment, l'horloge est une totale hallucination. En vrai, à la place, c'est le petit marcassin de Taima qui dort paisiblement ♥ Dernière chose: Aaron a perdu une de ces prothéses dans sa chute ou plutôt, elle est resté dans l’éperon... et oui ce blaireau l'avait mal attaché à son moignon XD
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MessageSujet: Re: J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ] Ven 25 Oct - 21:28

Le silence lui claqua à la gueule. Il avait beau tendre l'oreille aussi loin que possible, aucun son humain ne lui parvenait. Il n'y avait que le bruissement des feuilles, le doux craquement des branches et la valse des oiseaux. Pas d'Aaron. Pas de cri, de supplique, de murmure. Rien. Taima fit pivoter Boston, que la course avait quelque peu apaisé. L'animal piétina un instant, de quoi permettre à l'Amérindien d'observer les alentours à la recherche d'une tache disparate dans le tableau végétal. Mais aucune tignasse blonde ne se présenta à ses yeux. Ses lèvres restèrent entrouvertes, séparées par un filet d'inquiétude. Ce n'était pas normal. Connaissant le palefrenier -ou justement, ne le connaissait pas assez- il aurait déjà dû être là, savourant sa chevauchée, rageant de sa défaite, qu'importe. Or, il n'y était pas. Une seconde fois, son prénom franchit les mâchoires du garçon, un peu plus fort : « Aaron ! » Une once de contrariété pointait dans son accent. S'il avait été dupé et que le cul-de-jatte lui avait fait faux bond, profitant de son enthousiasme pour filer à l'anglaise... Non. Cela ne lui ressemblait pas. Il avait dû se passer quelque chose. Quelque chose de grave.
Il revint sur ses pas, contourna le hangar sans y trouver personne puis s'enfonça de nouveau dans la forêt. Sa monture trépignait à l'idée de repartir au galop mais il s'efforçait de la retenir, non seulement parce que son cul réclamait un coussin de coton, mais surtout parce qu'il ne voulait pas risquer de passer à côté d'un indice en se déplaçant à trop vive allure. Plusieurs minutes glissèrent, durant lesquelles il eut l'impression de marcher en rond sur un périmètre restreint, sans parvenir à entendre quoi que ce soit. Si cet idiot n'a pas l'idée d'appeler, il peut toujours courir... songea-t-il alors que des grains d'agacement s'amoncelait dans son crâne. Pourtant, il poursuivit ses recherches, se considérant dès lors vainqueur par forfait. De toute manière, pas question de laisser son adversaire contester cette décision ; les absents ont toujours tort.

Et soudain, un hurlement. Boston lui-même se figea net, immobile et aux aguets, les oreilles frémissantes en direction de l'ouest. Taima se grandit tant qu'il put afin que sa vue porte au maximum, quand bien même l'écran des troncs et des buissons lui dissimulaient nombre de détails. Il avait entendu lui aussi, et surtout il avait reconnu le timbre juvénile et cependant mature de son compagnon. Mais parce que ce n'était ni un cri de joie, ni une exclamation d'émerveillement, la résonance en devenait lugubre. L'Indien n'osa pas appeler en guise de réponse, ne serait-ce que pour prévenir qu'il était proche. Inconsciemment, il flanqua un coup de talon dans les côtes de sa monture qui sursauta. Alors qu'ils repartirent en direction de la voix -c'est-à-dire, avouons-le, plutôt à l'aveuglette- ils furent arrêtés une dizaine de mètres ensuite par la silhouette de Marengo, broutant de jeunes pousses de noisetiers en bordure d'un sentier.
Le gamin fit une grimace. Ce n'était pas tant la découverte de l'animal sans cavalier qui le perturbait, mais davantage la présence de cette jambe de bois, pendant à l'étrier, et qui signifiait qu'Aaron avait été désarçonné. Si c'était le cas, l'explication première à une telle situation était qu'il avait été dérangé durant sa course. Par quelqu'un, quelque chose ? En un millième de seconde, Taima fit l'inventaire des possibilités. Il ne croyait pas qu'une branche en travers de la route ou encore un mauvais saut eussent pu déstabiliser le blondin. Celui-ci était trop expérimenté pour se faire avoir par des aléas aussi simplistes, d'autant plus qu'avec de bons étriers et rênes, il n'avait aucune excuse pour ne pas tenir en selle. Non, c'était autre chose. De plus dangereux. D'invisible. Une chute causée par un facteur à la fois fulgurant et puissant, assez pour l'abandonner à terre. Les crocs serrés, le garçon continua dans la direction opposée à celle de Marengo. Il considérait que s'il rebroussait chemin, il finirait par tomber sur le cavalier malchanceux.

Et ce fut le cas. À l'instant où il l'aperçut, il sauta à terre et courut vers lui pour s'agenouiller dans les taillis qui l'entouraient. Ses tempes se mirent brusquement à tambouriner. « Oh, can your hear me ? » demanda-t-il les paumes ouvertes, prêtes à lui saisir les épaules pour le secouer. « Aaron, what did you do ? » Constatant qu'il était beaucoup trop près et que, malgré son état, Aaron était bel et bien conscient, Taima se recula d'un coup. Un soupir d'embarras, entre soulagement et fausse indifférence, acheva sa phase d'anxiété. L'aigle était vivant, c'était tout ce qui comptait. Maintenant, il pouvait redevenir le mioche terriblement chiant qu'il était d'ordinaire. Dans une moindre mesure, néanmoins. Il avait quand même des interrogations et des doutes en suspens. Et si Aaron refusait de lui expliquer le problème, il le découvrirait par lui-même ; on ne mord pas la poussière sans raison, pas plus qu'on ne crie de peur.
Les mains dont il ne savait pas quoi faire, il les posa sur les hanches du petit blond pour ensuite lui remonter le vêtement, et ce qu'il vit le fit froncer les sourcils. Puis il remonta, lui tourna la tête des deux côtés, lui inspecta le cuir chevelu, écartant négligemment les mèches couleur paille, et ici aussi eut une moue ennuyée, tandis qu'il sentait la peau brûlante sous la sienne. « Don't move, grommela-t-il alors. You can't... » Stand up. Bousculé dans le dos, l'Indien n'acheva pas sa phrase. Une boulette de poils venait de rentrer en collision avec ses reins, comme si elle essayait de le renverser. Futile effort qu'il accueillit avec un léger sourire et sa langue natale : « Kahòn:tsi ! Hánio, iah thratekhwákwas. » L'animal, farouche, ne sembla pas évidemment pas comprendre, mais voulut réitérer son geste. Il se heurta à du vide, Taima s'étant levé en direction du point d'eau.

Là, il passa rapidement ses doigts sous la surface pour en juger la limpidité puis, cela fait, il retira son vêtement qu'il trempa dans l'onde. Le tissu s'imbiba aussitôt du liquide glacé avant qu'il ne le ramène auprès d'Aaron et qu'il l'applique sur son visage, au-dessus du nez. Ainsi, le blond ne voyait rien, mais il avait la tête au frais pour faire baisser la température. C'était, pour l'instant, l'unique chose qui préoccupait l'Indien, qui se mit toutefois à réfléchir à un moyen de transporter un unijambiste fiévreux dont les flancs viraient au bleu. Sans arrêter la mort à son tour, car il faisait froid à cette période de l'année et ce n'était pas très raisonnable de se déshabiller de la sorte. Tant pis. Il s'assit en tailleur près d'Aaron et posa la boulette de poils entre ses jambes, où elle couina un peu avant de se tasser. Elle reconnaissait l'odeur de l'humain qui avait pris soin d'elle et, bien que toujours méfiante, sa jeunesse la rendait plus réceptive aux caresses qu'un adulte. Même si pour le moment, le dit humain ne s'intéressait pas trop aux grattouilles qu'elle pouvait quémander, et lui préférait un autre hominidé. Hominidé qu'il avait bien envie de gifler, là tout de suite, pour lui avoir inspiré une anxiété qu'il n'avait jamais connue auparavant à l'égard de quelqu'un d'autre que sa soeur. Il abandonna un bref reproche. « Why you didn't tell me you're hurt ? » L'amertume avait envahi sa gorge.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ] Mer 8 Jan - 18:14

Dans ton délire fiévreux,  tu le vois approcher sur son fougueux destrier, prince venant sauver sa princesse.  Muet et hébété tu ne bouges pas un cil quand  il s'agenouille à tes côtés, ne réponds pas un mot à ses interrogations inquiètes. Pas vraiment là et surement ailleurs, tu le regardes comme tu regardes le vide, sans rien voir vraiment, tes pupilles dilatées sur le bleu tes yeux, en seule expression.
Il soupire, se détend et gosse suractif ne supportant pas le poids de l'immobilité et de l'incertitude, t’ausculte, te ballotte comme une poupée de chiffon.

« Don't move, You can't... »
scream.

Le son reste coincé dans ta gorge et la panique te reprend, se lit au fond de ta prunelle : l'horloge s'est déplacée à quelques mètres seulement, égrainant ses TIC TAC bien trop près de toi.  Tu te tétanises et ton épiderme se couvre d'un duvet clair et hérissé, de longues gouttes froides glissant sur l'échine de ton dos avant de s'écraser sur tes reins. Tu as chaud et tu es terrifié alors que l'horloge, provocatrice et détestable, te fait face dans un duel de regards digne des plus beaux westerns.  
Tu veux appeler à l'aide mais il n'y a plus personne pour t'aider, l'indien ayant surement déserté, loin du champs de ta vision. Tu maudis le monde dans un baragouinage improbable avant  de sursauter, surpris, que que ta vue se livre  soudainement à une cécité  pesante et glacée. Quelques secondes de réalisation, quelques secondes de compréhension et tu arraches le linge mouillé de ton visage, redécouvres l'indien face à toi en tailleur, l'Horloge entre les cuisses et une question en paroles.
Tes poings se serrent et machinalement, devant l'Ennemi, tu recules, les mots bouffées par la crainte, une main pointée vers l'horloge.

"It's that! Destroy this shit!!!!!!"
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MessageSujet: Re: J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ] Mar 14 Jan - 20:23

L'index grattouillant inconsciemment le haut du crâne du jeune blaireau, Taima attendait une réaction de la part d'Aaron autre que ce regard hagard, brillant comme au réveil d'un cauchemar. Qu'avait-il bien pu apercevoir pour se trouver dans cette fébrilité ? Quel sentiment tambourinait dans son torse pour qu'il s'agite de la sorte ? À peine l'Indien tendit-il la main vers son compagnon que celui-ci s'écarta brusquement, retirant de devant ses paupières le vêtement trempé qui servait à apaiser sa fièvre. Fièvre qui embrase encore son front et empourpre ses pommettes. C'est étrange, cette manière qu'il a de bouger, dans une sorte de ralenti saccadé, de tremblement vivace ; l'on dirait qu'il cherche à s'échapper de quelque chose, de quelqu'un. Sauf que lorsqu'il se retourne, c'est pour ne trouver que des arbres, des buissons, des arbres et encore des buissons. Rien. Pas de monstre, de revenant, de Miséricorde. Tout à coup, un grognement franchit ses dents tandis qu'il esquisse un léger recul, surpris par le soudain accès de violence du blondin. Le blaireau, lui, a poussé un cri et griffe les cuisses de son maître, le faisant grimacer avant qu'il ne le serre entre ses paumes.

« Aw, calm down, calm down ! » lance-t-il, d'une voix ferme mais agacée. Le comportement de ce freluquet lui aurait presque fait peur. Et il n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi il est dans cet état, jusqu'à ce qu'il constate que le doigt d'Aaron désigne un point dans sa direction. Un point qui couine toujours à quelques centimètres de son visage. Le petit animal, la noiraude tremblante.
Sceptique, le Mohawk arque un sourcil avant d'avancer les mains vers l'Américain. Nul besoin d'en faire plus pour prendre conscience que cette merde dont il parle est en réalité la bestiole qui frémit à un mètre de lui. Ses mots se font plus sérieux. Plus sévères. « Man, you're delirious ?! » La réponse s'impose d'elle-même.

Alors, pour pallier tout comportement brutal, pour éviter à son animal de recevoir un coup violent qui aurait raison de son minuscule coeur, Taima le dépose dans l'herbe avec une lenteur calculée, sans cesser de fixer Aaron du regard et de lui parler. « Just calm down. See, it's nothing, it's gonna come off, gonna disappear... No need to worry, keep it calm. I'm here, okay ? You're nothing to be scared about... I'm looking out for you. » Le blaireau, laissé sans entrave, se demande quoi faire puis, après avoir levé son museau pour affronter l'homme qui l'a terrorisé, s'enfuit vivement dans les fourrés. Ne reste plus que les deux humains, l'air perdu.

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MessageSujet: Re: J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ] Sam 15 Fév - 11:21

Entre vous deux il y  a un mur de verre , étouffant bruits et pensés, vous laissant seulement votre vue et  vos  gestes. handicapé dans votre compréhension.
Vous vous ne vous comprenez pas à croire que le monde est perçu différement par chacun.  Pourtant l'indien doit se douter qu'il y a avait un probléme, lui qui caresse calmement un objet inanimé.  Il   est fou...
Ou peut-être était-ce toi.
Cette dernière idée se fait unique quand les métamorphoses d'Ovide font leur apparition dans l'absurdité de ce conte.
l'horloge se transforme en blaireau et tu comprends : tu hallucinais.
La tension retombe et ta tête  se pose  sur l'épaule du Mowhak.  Le dos voûté, les côtes en feu et les yeux cachés par tes méches, un hoquet lacrymal te reprend. Tu chiales comme une gonzesse, le cache comme un piètre mâle. Tu es pathétique toi  et tes mains à la recherche d'un soutien, effleurant les hanches de Taima pour finalement attraper le tissu de son pantalon.

"Go back... you won... (I)'just a looser...  a femelle...."

Une goutte froide glisse le long d'une de tes méches et vient mourir sur l'épaule de l'Indien.
La course est finie.
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MessageSujet: Re: J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ] Lun 24 Mar - 20:45

La scène paraît irréaliste. Invraisemblable et surtout incroyable. Stupéfiante. Taima ne pense même pas pouvoir en revenir tant il n'imaginait pas que cela puisse se produire. Et pourtant. Pourtant, c'est bien contre son épaule qu'Aaron vient de s'appuyer, ou plutôt de dissimuler son visage, comme s'il n'avait pas trouvé meilleur endroit pour dévoiler et cacher tout à la fois les sanglots qui effleurent sous ses yeux. Dans le silence de la forêt, l'on entend cet écho singulier, si douloureux, qui émane du gamin. Ce blondinet auparavant si fier, presque autant que l'Indien et c'est là peu dire, qui se faisait une joie de lancer des défis au Mohawk et s'enorgueillissait de le vaincre à la course. Maintenant, le Mustang tombe des nues en le recueillant contre lui, ne sachant s'il vaut mieux le consoler -comment on fait, déjà ?-, le repousser parce que bon, il est bien gentil mais ils ne sont pas les plus grands amis du monde non plus, ou encore le gifler pour qu'il se ressaisisse ; et cette troisième solution serait de loin la plus charmante s'il n'y avait pas, au fond du fond de son coeur d'adolescent vaniteux et guerrier, une infime braise de compassion et d'empathie à l'égard du palefrenier.

De ses paroles de vaincu, Taima ne retire aucune gloire et cela ne le surprend même pas. Loin de se sentir coupable malgré tout, il n'éprouve pas cette satisfaction victorieuse, cet honneur conquérant qui est le propre des vainqueurs. Il a gagné, certes, mais par abandon de l'adversaire. Il n'y a pas eu de combat à la loyale. Il sait qu'on triomphe sans gloire quand on a vaincu sans péril, disait Sénèque, et c'est cette réalité bien cruelle qui s'exerce ici. Et puis il s'inquiète. C'est tellement étrange de voir Aaron dans cet état, lui qui ne s'est jamais plaint de ses prothèses, lui qui regarde toujours droit devant lui ou vers les cieux mais ne baisse jamais l'échine devant la difficulté. Mal à l'aise, victime d'un désagréable frémissement de la nuque qu'aux reins, l'Indien réussit toutefois à marmonner :  

''It's not about winning or being a female. 'Cause I shall have completely lost if I leave you there.''

Il laisse traîner ses bras le long de son corps, ne pouvant se résoudre à étreindre l'Américain en retour. La rancune est tenace, sans qu'il ne sache d'où elle provient réellement. Quelque chose le perturbe dans toute cette guerre microscopique, dans ce conflit minime qui sous-tend, quelque part, des vérités plus larges, historiques et séculaires.

''Now, let's come back ; if I want to go away for here, I'm going to need you to check this fucking airplane. I need you safe.''

Et, ni une, ni deux, il agrippe Aaron sous les cuisses puis, après avoir légèrement cafouillé pour se remettre sur ses jambes, le hisse sur son dos, non sans le prévenir un peu tard de la manoeuvre : "Woops, sorry if it hurt." Allez hop, en route pour se soigner. On rentre à la maison.

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MessageSujet: Re: J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ] Jeu 24 Avr - 18:33

« Woops, sorry if it hurt. »

Amorphe mais pas insensible, tu pousses un râle de douleur. Tu as mal puis, rapidement,si la douleur ne disparaît pas, tu sens la peau chaude de l'indien contre ton abdomen. C'est diffus et agréable, plus tiéde que le cuir équin.
C'est un contact nouveau, celui d'humain à humain, Ce n'est pas désagréable si bien que tu aurais  volontier enrouler des bras autour de ses épaules si elles n'avaient pas appartenu à l'indien.

En silence, les larmes inondes tes joues. Pourtant tu n'es plus vraiment triste ou effrayé, un sentiment absurde t'habitant entre ivresse et détresse. C'est un peu étrange , tu souffres d'un mal de chien mais tu as envie d'en rigoler. Tu détestes être si faible mais resterait bien plus longtemps contre le mowhak. C'est rassurant que de toucher les gens.
Sans raison, tu souris, colle un peu plus la joue blanche contre l'épiderme humide du peau-rouge.
C'est vrai que cet idiot à sacrifier sa chemise pour toi. Like a true friend...

Trimballé comme un vulgaire sac de pommes de terre, Taima te hisse sur Boston. L'Indien ne s'assit pas sur le canasson mais prend les rennes et lentement, tout trois, vous retournez au paddock.
En manque de jambes et d'équilibre, tu allonges ton buste sur ta monture, attrapes entre tes doigts sa crinière. Sur le chemin du retour, l'ambiance est pesante, la douleur vrille tes côtes. Tu as envie de parler pour oublier, pour t'excuser et remercier.

« You saved me two time today .You carried me like a princess... I'm really a female... »

Le moqueur.

« Taima... I'm forever grateful... »

L'humble.

« Want you be my friend ? »

Le sincère.
Le silence te répond mais tu ne t'en formalises pas. Il n'a peut-être pas entendu. Tu parles si bas.

« No no no... I have a better idea... Want you be my bro ? Big brother... It's cool, isn't it ?

Tu t'allanguis un peu  plus sur l'encolure de ta monture qui ne bronche pas.  Tes yeux sont clos, abbatus comme tout ton être par la fatigue et la douleur. Tu as envie de dormir.

No worry, big brother is watching you.



[Voila~ tu peux cloturer je pense... Bon j'ai un peu détourner le big brother et son sens 8D ]
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J'aimerais sur tes ailes [PV Taima ]

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